SECT. IX
LUCANIA ET BRUTTIUM.
V. italia Anti Lucania. Le sang unissoit les Lucaniens et les Bruttiens avant que. qua de Delisie.
as Li Meet les Romains en formassent une province. L’un et l’autre peuple sortoient
“p.175 des Samnites, dont les colonies successives se poussoient peu à peu jusqu’à l'extrémité de l'Italie. On ignore l’époque où les Lucaniens se détachèrent du corps des Samnites, mais on sait que vers l’an 356 avant J. C. une grande multitude de bergers Lucaniens se jettèrent sur les débris de la monarchie de Syracuse et prirent la forme d’une nation et le nom de Bruttiens. Quelques-uns ont cru que c’étoit un sobriquet injurieux d'esclaves fugitifs que leurs voisins leur donnoient. Cette région étoit la seule qui s’étendit aux deux mers, jusqu'au Silarus sur la mer Toscane qui la séparoit de la Campanie, et jusqu’au Bradanus sur le golfe de Tarente qui la divisoit de l’Apulie. Ces deux nations demeurèrent toujours fidèles à leurs ayeux Samnites et souffrirent avec eux. Des revers perpétuels les avoient tellement abattus que du tems de Strabon ils vivoient épars dans quelques bourgades obscures et foibles, ayant perdu leurs usages, leur langue, et tout ce qui peut distinguer un corps politique. On ne peut suivre une autre méthode, en parlant de cette province, que celle-ci, 1. La Lucanie propre, et 2. Le Bruttium.
Cas Teal. Lucania Propria. Les bornes de la Lucanie sont faciles à marquer. Du côté des terres c’étoient celles de la région. Le Laus sur la mer Toscane et le Crathis sur le golfe de Tarente la séparoient du Bruttiun. L’Apennin la coupoit du nord au midi, et formoit ainsi deux parties, dont celle du golfe de Tarente étoitune grande et belle plaine arrosée de vingt rivières. J’y trouve, 1. Sybaris, ou Thurium: 2. . Zagarina; 8. Heraclea entre le Siris et l’Aciris; 4. Metapontum; 5. Grumentum; et6. Acalandra. L'autre côté de l’Apennin n'offroit qu’un pays plus étroit eten général sablonneux et peu fertile. J’y vois, 1. Pæstum ou Posodonium; 2. Elæa ou Velia; 3. Pyxus ou Buxentum. Je ne parle pas de quelques bourgades dont nous ne connoissons que les noms.