SYBARIS
Synanis. Cette ville Grecque, située entre les deux rivièrés Sybaris ¥- cr Itaet Crathis, et qui s’étendoit de l’une à l’autre dans un espace de cinquante cit p 1263— stades, devint puissante bientôt. Elleavoit rangé sous ses loix quatrenations Strab. Geog. vi barbares; vingt-cinq villes lui obéissoient. Elle mettoit sur pied trois cens pe milles hommes : il y a sûrement de I’hyperbole; quand ce nombre seroit celui de tous ses citoyens et sujets en age viril, il nous donneroit encore pour cet état près de 900,000 ames. On peut s'en contenter. Son luxe égaloit sa puissance. Ses festins se préparoient une année à l'avance, et lorsque les citoyens voyageoient ils effaçoient la magnificence des plus grands rois. Les Crotoniates détruisirent Sybaris et sa puissance 510 ans avant J.C. Ses malheureux citoyens, dispersés par toute la Grèce, engagèrent les Athéniens à rétablir leur ville l’'an452. Thessalus, à la tête d'une colonie nombreuse, la rebâtit avec beaucoup de régularité, ayant tiré au cordeau trois grandes rues, coupées par quatre autres. Bientôt la discorde se mit dans l’état à l’occasion du partage des terres. Les nouveaux citoyens exterminérent les anciens, et demeurérent maîtres de la ville sous le nom de Thurium. Elle fleurit pendant quelque tems. Rivale malheureuse de Tarente, elle se mit sous la protection des Romains qui lui envoyèrent une colonie. Elle prit alors le nom de Copia, mais elle ne regagna plus son ancienne splendeur.
Lacanrisa, colonie des Phocéens ; son vin étoit doux, et très estimé par Strab Geog t. les médecins. Pie. Hist Hist. Nat.
HERACLEA, colonie dés Phocéens. On y montroit un Palladium, re- Sp. Geog. 1. lique fameuse qu’on sé vantoit aussi de posséder à Rome, à Lavinium, et “> ***
dans plusieurs autres endroits.
Merarontum. La tradition veut qu’un capitaine Pylien, séparé par ra as. Vall une tempête de Nestor son chef dans leur retour de Troie, ait fondé Me- Paierc.1.i. 1. tapontum; mais l’histoire en fait une colonie des Achéens que les“ Lacédémoniens avoient chassé de leur pays: aussi furent-ils toujours les ennemis implacables « de ceux de Tarente.
La vigne est quelquefois très grande; il y en avoit des colonnes dans pin. Hist. Na. le temple de Junon à Metapontum. tars xiv. 1
Pzstumu. Cette ville, nommée par les Grecs Posidonium, et qui a Surab. Geog. | | donné son nom au golfe où elle est située, est une colonie Dorienne, qui “7 a passé successivement aux Sybarites, aux Lucaniens, et aux Romains.
Elle est située auprès du Silarus.
| VOL. HI. 8 8 | On
Cluv. Ital. Antiq. liv. c. 14 Pe 1255. :
Sil. Italic. viii.
Virg. Georg. iv.
Vell. Paterc. L
. Strab. Geog. 1. v.
Virg. Geog. int.
Sil. Italice viii.
Strab. Geog. L vi. p. 174. |
Virg. Æneid, vi.
Strab. ere L
314 NOMINA, GENTESQUE
On voit, auprès. de Pastum, un étang salé, d'où sort une rivière de la même qualité, qui, après un cours de deux milles; se perd dans les me? rais, et rend le climat de Pæstum assez mal sain. Ce fut auprès de cet étang, Stagnum Saisum, que Crassus remporta un avantage sur les gle diateurs. .
quem Picentia Pesto
Misit, Forsitan et piagues hortos quæ cura colendi Ornaret, canerem, biferique rosaria Pæsti.
Les Romains envoyèrent une colonie à Pæstum A. U. C. 480. Fruvius SiLARuUs. Le Silarus, qui reçoit le Tanagrus, a la propriété de changer en pierre le bois qu’on y jette sans lui faire perdre sa couleur ni sa figure. | Est lucos Silari circa, ilicibusque virentem Plurimus Alburnum volitans, cui nomen Asilo So Romanum est cestren Grail vertere vocantes: Asper, acerba sonans: quo tota exterrita sylvis Diffugiunt.samenta, furit mugitibus æther . Concussus, aylyeque, et sicci ripa T'anagri. Nunc Silarus quos nutrit aquis, quo gurgite tradunt Duritiem lapidum mersis inolescere ramis, .-
Veuia. Cette ville, appellee par les Grecs Elza, est une colonie des
. Phociens. . Ce peuple s'y retira après la prise de sa ville par les-Perses.
Un territoire borné et stérile l‘obligéa.de s'attacher à la mer. Une marine puissante et de sages loix le mirent bientôt en état de se défendre avec avantage contre lès Lucaniens et le peuple de Pæstum quoiqu ils lui fussent trés supérieurs en forces.
~ Pro. PALINURUS: --- —-— tua finitimi longe lateque per urbes Prodigiis acti cœlestibus ossa piabunt, 8 Et statuent tumulum, et tumulo solemnia mittent : Æternumque locus Palinuri nomen habebit.
His dietis cure emote, pulsusque parumper Corde dolor tristi: gaudet cognomjne terra.
Buxentun. Buxentum, ou Pyxus,,est,a la fois. de nom du promon-
Veh pare Li. toire, de la rivière, et de la ville. Ceux de Messana y envoyèrent uné
. colomie,
ANTIQUE ITALIXÆ.: 315
colonic, quise dispersa bientôt. Les Romains. y en établirent une l’an de Rome 558. Oo
que Burentia pubes - -Aptabat dextris irrase robora clave.
seu sunt Burentia cordi Rura magis, centum Cereri fruticantia culmis.
- Comme Buxentum étoit un pays stérile, Cluvier a conjecturé qu'il faut Pet hr Ital.
lire Byzacia, la partie la plus fertile de l'Afrique. L'idée est ingénieuse; et depuis Cluvier, Byzacia, appuyé de l'autorité d’un MS. est entré dans
Si. ftalic. viii.
Idein. ix. 204. |
Liv. c 14. p. 1261.
Silius Italicus
publié par Draborch à
le texte de Silius Italicus. It me paroît cependant qu’ Hannibal ne peut Utrecht.
guères offrir à ses soldats que le choix des campagnes Italiques, le prix de leur victoire; selon l'usagée ancien d'envoyer des colonies sur les terres dont on dépouilloit dès peuples vaincus.
. I}. Brurrsum. Comme il n'étoit point soudivisé par la politique il faut suivre la méthode que nous fournit la nature. Sur la côte Toscane 15. je trouve, 1. Cerillæ ; 2. Clampetia; 3. Terina; 4. Tempsa; 5. Lamelia; 6. Vibo Valentia; 7. Medamna; 8. Taurianum; 9. Scyllæum, avec son promontoire, le promontoire Cenis, lz colonne de Rhegium; 10. Rhegium, et le promontoire Leucopetra, la pointe la plus méridionale de l'Italie. Du promontoire Leucopetra à celui d’Hercule, Ja côte suit la direction
Clavier, Ital. Antiq L. iv. c.
Stra trab. Geog. L vie
de l’occident à l’orient. -Aprés avoir tourné celui-ci, on se porte au nord. ©
J'y vois le promontoire Zephyrium, 1. Locri, la Sagra; 2. Caulonia, le promontoire Cocinthum; ‘3. Scyllaceum; 4. Le Camp d’Hannibal; 5. Pe tilia, les trois promontoites Iapygiens et l'entrée du golfe de Tarente; le
temple de Junon Lacinienne; 6. Croton, le Næethus; 7.. Crimisa, avec — sa rivière et son promontoire ; 8. Ruscianum, et, un peu plus loin, le Cra- :
this. Presque toutes ces villes étoient des colonies Grecques qui s’étoient emparées des côtes en:-larssant aux barbares l’intérieur du pays. Celui-ci étoit sauvage et mal peuplé, couvert de montagnes qui étoïent une suite de l’Apennin, et d’une forêt immense nommée Si/a qui fournissoit de la
poix excellente. J'y vois, 1. Pandosia; 2. Consentia; 3. Volcentum; |
et 4 Mamertum.
- - CERILLZ.
— Et exhauste mox Pæno Marte, Cerilla.
Tempsa. Cette ville, nommée anciennement Temesa, étoit fameuse —
ss2 | es du
‘+ Gil, Italic. viii.
316 NOMINA, GENTESQUE
du tems d’Homére pour ses mines de cuivre dont Strabon a vu les traces. Les marchands y venoient de la Grèce. | / | Es Tepeony pera yaAxoy | Homer Ody. On observoit à Tempsa un usage assez commun parmi les payens, | d'offrir tous les ans une jeune fille pour appaiser un génie irrité qui devoit être Ulysse. Un jeune Grec eut la hardiesse de se battre avec le génie, qui s'enfuit et qui se jetta à la mer. La superstition finit, mais la . fable continua toujours de faire partie du symbole des Tempsains. Pausanias y vit un ancien tableau où cette aventure étoit représentée.
Strab. Geog. ViBo VALENTIA. Cette ville, nommée par les Grecs Hipponium, Patek ie ‘4 étoit une colonie des Locriens. Les Bruttiens l'enlevèrent à ce peuple, et les Romains y envoyèrent, A. U. C. 509, une colonie qui devint très florissante. Agathocle, roi de Syracuse, s'étant rendu maître de la ville, y construisit un port. La ville est située au milieu de riches prairies ornées de fleurs de toutes les espèces. La tradition se saisit de cette cir-
constance pour y transporter la scène de l'enlèvement de Proserpine. F. Clavier, Ruecium. Cette ville fut fondée par ceux de Chalcis. Une colonie ba Ant. de Messéniens échappée à la fureur des Lacédémoniens vint s’y établir et acquit bientôt l'autorité souveraine. Elle se distingua bientôt par sa puissance, ses colonies, et par les grands hommes qu'elle a produits. Strabon. Geog. Denys l'ancien la prit et la détruisit de fond en comble ; mais son fils la PR ive rétablit en partie, et lui donna le nom de Phebea qu elle ne conserva pas. Elle souffrit beaucoup par la trahison de sa garnison Campanienne qui égorgea tous les anciens habitans, et par un tremblement de terre. Appian. de Bell. Peu avant la guerre sociale Rhegium étoit du nombre de ces dix-huit 506. 658. Eat, villes malheureuses que la beauté de leurs édifices, et la richesse de leurs Hen Seephan. torres avoient fait choisir aux Triumvirs pour assouvir la cupidité de leurs vétérans. Cependant César accorda sa grace à Rhegium; mais voyant que la ville étoit dépeuplée il y envoya une colonie de ses troupes de la marine, et lui donna le nom de Julium Rhegium. Sa situation avanta- Plin, Hit, Nat. geuse l’a soutenu dans toutes les révolutions. C'est le lien de l’Italie et
Ne 8. de la Sicile, dont il n’est séparé que par un détroit de douze milles de longueur, et dont la largeur, à la Colonne Rhegine, n'est que d’un mille et demi.
Virgil. Æneid, Hee loca, vi quondam et vastâ convulsa ruinâ
iil. 414.
(Tantum ævi longinqua valet mutare vetustas) Dissiluisse
ANTTQUE ITALIÆ. 317
-¢: Disiluisse fernnt ; quam protinus ntraque tellus Una foret, venit medio vi pontes, et undis Hesperium Siculo latus abscidit ; arvaque et urbes Litore diductas engusto interluit æstû.
“Ii paroît que Virgile n’a fait que suivre une ancienne tradition adoptée par Eschyle, Strabon et Pline le Naturaliste.
Locrr Erizepuyrit. C'est la troisième tribu des Locriens. Les auteurs ne sont pas d'accord de laquelle des deux autres elle est sortie, des Ozolæ auprès de l’Etolie ou des Epicnemedii auprès de l’île d’Eubée, mais on convient que cette migration s’est faite Olymp. xxiii. 2. avant J. C. 683. Locri, favorite de la nature, ne ressentoit jamais des horreurs de la peste, mais elle jouissoit d'un bonheur encore plus grand dans les sages loix que Zaleucus lui donna; loix formées sur l'étude réfléchie de celles de la Crète, de Sparte, et de l’Aréopage ; loix dont la clarté et la simplicité surpassoient de beaucoup les raffinemens ingénieux de celles
Strabon. .
vi p.178. Pin.
Hist Nat. iii. 8.
Cluvier, Ital.
‘Antiq. L iv. c. Strab. Geog. 1.
vi. p. 179.
de Thurium. Dans la bataille de la Sagra Locri avoit 100,000 combat-.
tans : en prenant ce nombre pour celui des citoyens en age viril la colonie entière étoit composée d'environ 300,000 ames. Denys, roi de Syracuse et maître de Locri, le traita avec une cruauté et une insolence que ce peuple ne rendit que trop bien à la famille innocente et infortunée de ce prince. Les Locriens étoient les bons amis des Rhégiens, ils passoient librement sur les terres les uns des autres, mais leurs cigales plus réservées ne traversoient jamais la rivière qui faisoit la borne. De ces cigales il n’y avoit que celles de Rhegium qui chantassent. L’aridité d'un terrein sans ombre quelconque leur donnoit ce talent. —————cuncta malis habitantur mœnia Græcis.
| Hic et Narycii posuerunt mœnia Locri.
Scyzraceun. C'est à Scyllaceum, colonie des Athéniens, que l'Italie
est la plus étroite. La traversée d’une mer à l’autre n’est que de vingt
milles. Denys de Syracuse s’étoit proposé d’y construire une muraille
pour séparer ses sujets de l’isthme du commerce et des incursions des Lucaniens ; mais il ne put exécuter ce dessein.
Croton. Cette ville, éloignée de Thurium de deux cens stades, étoit colonie des Achéens, fondée dans le même tems que Syracuse. Elle se distinguoit par la bonté de l’air et la bravoure de ses citoyens qui s'adonnèrent avec tant de succès à la gymnastique que.sept Crotoniates
rem-
Virgil. Æncid.
iii. 398.
Cluvier, Ital.
Antiq. I. iv. c. Strab. Geog. |.
vi, Pe 262. T.
Liv. xxiv. 2. 3.
318 NOMINA, GENTESQUE
remportérent une fois les sept prix des. jeux.Olympiques.-; Milon, leur fameux athlète, commandoiten méme.tems.l'armég qui. rémporta cette victoire signalée sur les Sybarites. Mais à la journée de la Sagra, Crotone succomba à son tour sous les armes des Locriens et des Rhégiens,
" Ce -combat, où il est question de 130,000 Crotoniates,. me. fait ‘juger . que la république avoit environ 400,000 citoyens.: Depuis :ce moment
. Tit Liv. xxiv. 3. |
Plin. Hist. Nat.
il, 107.
Strab. F008: vi p- 176
Idem. vi. p.176.
Strab. Geog.
vi. p. 175, Tit.
Liv. xxiii. 80,
Virgil Æneid, |.
ii 401.
Crotone n’éprouva que des:revers. Denys s’en rendit maître, iet cette ville, dont les murs avoient douze milles de. circonférence, étoit à peine à moitié habitée du tems.d'Hannibal. . ue os ee Junonis Laciniz TemPLum. .A six milles de Crotone, o: on voyait ce temple respecté de toutes les nations. voisines. I] .étoit au milieu. d’un grand bois sacré qui renfermoit des pâturages. fertiles où paissoient les | troupeaux de la déesse sans craindre ni les hommes ni les animaux féroees, Le soir chaque espèce se séparoit d'elle-même des autres pour regagner tranquillement son écurie. Les troupeaux ne contribucignt pas moins aux richesses du temple. que les, offrandes mêmes. .Les. prêtres aveient employé ce revenu à faire faire une colonne d'or massif. Hanmibal:n’osà jamais piller ce temple. Mais le Censeur. Fulvius Flaqeus fit enlever la moitié des tuiles, qui étoient de marbse, pour couvrir son temple. de Ja fortune des Chevaliers. . Sa mort subite fut: attribuée à la vengeance de Junon et le Sénat fit remporter les tuiles. . La légende porte qu'un autel placé devant le temple ne vayoit jamais ses cendres ébranlées le moins du monde par les vents. een rise
Panposia. Cette ancienne ville des Oenotriens et ensuite des Brut tiens étoit placée sur trois collines. L’Acheron couloit sous ses- murs. Ce fut là que périt Alexandre, roi d'Epire. Elle étoit sur la frontière du Bruttium et de la Lucanie. =
Consentia. Elle étoit le chef lieu des Bruttiens,
Perrura. Fondée par Philoctéte, elle demeura. fidèle aux Romain, pour qui elle soutint un siège opiniâtre contre Hannibal. Je ne congois pas comment cette ville Grecque au fond, du Bruttium pouvoit être, du tems de Strabon, la copie des Lucaniens ; : elle étoit alors assez considérable.
Hic illa ducis Melibæi : Parva Philoctetæ, subnixa Petilia muro.