NOMINA, GENTESQUE
lac et du fleuve Velinus et qu’on nous donne pour la première patrie des aborigines, je trouve, 1. Reate; 2. Lista; 3. Tiora; 4. Trebula Mutusca ; et 5. Cutiliæ, avec les eaux du même nom qu’on appelloit le nombril ou le centre de l'Italie. Parmi les montagnes je vois, 1. Falacrinum; 2. Amiternum; 8. Foruli; 4. Interocrea; 5. Forum Decii; 6.
-Vespasie ; 7. Nursia; 8. Corsula. Entre les montagnes je remarque
" nommément, Severus, Tetrica et Gurgures.
Strab. Geog. v.
Sil. Italic. viii.
Virgil. Eneid.
vii. 706.
Idem, vil. 629.
Le pays des Sabins est long mais étroit. Il produit de l’huile et du vin, et nourrit beaucoup de bétail. Les guerres avoient détruit la plûpart de leurs villes Du tems d’Auguste, Cures,. autrefois si considérable,
n’étgit plus qu'une bourgade, Eretum et Trebula n’étoient que de mau-
vais villages.
Ecce inter -primos Therapneo a sanguine Clausi Exultat rapidis Nero non imitabilis ausis ; Hunc Amiterna cohors, et Bactris nomina dacens Casperia ; hunc Foruli, magnæque Reate dicatum Cælicolum matri; nec non babitata pruinis Nursia, et a Tetrica comitantur rupe cohortes : Cunctis hasta decus, clipeusque refertur in orbem, Conique implumes, ac levo tegmina crure.
Ibant, et leti pars Sancum voce canebant,
' Auctorem gentis ; pars laudes ore ferebant, Sabe, tuas, qui de proprio cognomine primus Dixisti populos magnâ ditione Sabinos.
Ecce, Sabinorum prisco de sanguine, magnum Agmen agens Clausus, magnique ipse agmini instar : Claudia nunc a quo diffunditur et tribus et gens Per Latium, postquam in partem data Roma Sabinis : Una ingens Amiterna cohors, priscique Quirites, Ereti manus omnis, olivifereque Mutusce :
Qui Nomentum urbem, qui rosea rura Velini ; Qui Tetrice horrentes rupes, montemque Severum, Casperiamque colunt, Forulosque et flumen Himelle. Qui Tiberim, Fabarimque bibunt : quos frigida misit” Nursia, et Hortinæ classes, populique Latini: Quosque secans infaustum interluit Al/ia nomen. Quinque adeo magnæ positis incudibus urbes Tela novant, Atina potens, Tiburque superbum, Ardea, Crustumerique, et turrigere Antemne.
Horatit
ANTIQUE ITALI2. 329
Honarir Vitta. Ce poëte avoit une maison nommée Ustica dans le v. , Graver, > pays des Sabins; le mons Lucretilis, le canton de Mandela, le ruisseau pe 670, 1,2. Digentia, et la fontaine Blandusia, tout en détermine la situation à Monte Libretto entre Cures et Regillum, et à vingt milles du monte Soracte que le poëte appercevoit de loin. Je sats cependant qu’il y a une petite dispute sur la situation de cette maison. | * Scribetur tibi forma loquaciter, et situs agri. . Hot. Epist. i. Continui montes ; ni dissocientur opac4 16.
Valle, sed ut veniens dextrum latus aspiciat sol, , ” Lævum decedens curré fugiente vaporet.
Temperiem laudes. Quid, si rubicunda benigne Corna vepres et pruna ferunt ? si quercus et ilex Multa fruge pecus, multâ dominum juvat umbra ? Dicas adductum propius frondere Tarentum. . . Fons etiam rivo dare nomen idoneus ut nec Frigidior Thracam, nec purior ambiat Hebrus, . Infirmo capiti fuit utilis, utilis alvo. .
He latebræ dulces, etiam (si credis) amœne, Incolumem übi me præstant Septembribus horis.
REATE. Le territoire de Reate étoit tout en pâturages. On y voyoit Varro de Re les anes de l'Italie les plus grands et les plus beaux. Ils se vendoient Lee” quelquefois de soixante à cent mille sesterces. On a donné jusqu'à trois — ou quatre cens mille sesterces pour des étalons'de cette race. La come de leurs pieds s’endurcissoit si on les envoyoit à la montagne pendant l'été.
Les environs de Reate et du lac Velinus s’appelloient Rosea Rura. Ciuvier, Ita. L’herbe croissoit si bien et si vite dans ses beaux pâturages que si on y 0. oT, 678. ” laissoit une perche le soir, le lendemain matin on ne la retrouvoit plus.
Quelques commentateurs l'ont entendu plaisamment de la hauteur et
non de l'épaisseur d’une perche; mais la dernière étoit bien assez pour
faire donner à ces champs le nom de graisse de l'Italie. Et quantum longis carpent armenta diebus os ° Virgil. Georg. ii. Exiguaé tantum gelidus ros nocte reponet. . 200.
II. Marst. Ce nom leur donna d’abord une origine Phrygienne et les fit descendre, dans l'esprit des Grecs, du célèbre Marsyas. Leur pays, que les exploits de ses habitans et sur-tout la Guerre Sociale ou Marsique* a rendu bi fameux, étoit petit et rempli de montagnes. La grande
* Mon Journal le 1 Novembre, 1763. .
“VOL. III UU chaine
330 ' NOMINA, GENTESQUE
chaîne de l’Apennin le séparoit des Piceni, des Vestini, et des Peligni. Ii ne partageoit qu’avec les Sabins tout le pays qui est entre ces montagnes, le Nar, le Tibre, et PAnio. Je n’y trouve que peu de villes V. Cluvier, Ita, autour du lac Fucinus. 1. Alba Fucentia, ou Fucetia, colonie au nord Antiq-li-e15. qu Jac; 2. Cerfennia, à lorient; 3. Marubium, au midi; 4. Anxentia ; et 5. Lucus Angitiæ, à l'occident. Dans les montagnes je ne vois que quelques bourgades sans nom dont la situation est mal connue.
Virgil. Æneid. Quin et Marubiä venit de gente aacerdos,
vil. 750. Fronde super galeam et felici comptus oliva, — Archippi regis miss, fortissimus Umbro:
Vipereo generi et graviter spirantibus hydris Spargere qui somnos cantuque manuque solebat, Mulcebatque iras, et morsus arte levabat.
Sed non Dardanie medicari cuspidis ictum Evaluit ; neque eum juvére in vuluere cantus Somniferi, et Marsis quæsitæ in montibus herba. . Te nemus Angitia, vitrei te Fuctnus unda, Te liquidi flevére lacus.
Sil. Italic. viil. He bellare acies norant; at Marsica pubes
497. Et bellare manf et chelydris cantare soporem, Vipereumque herbis hebetare et carmine dentem. Æetæ prolem Angitiam malg gramina primam Montravisse ferunt; tactüque domare venena, Et lunam excussisse polo, stridoribus amnes Frænantem, et silvis montes nudasse vocatis, Seu populis nomen posuit metuentior hospes Cum fugeret Phrygios trans æquora-Marsya Crenos Mygdoniam Phæbo superatus pectine loton.
MARUBIUM.
Idem, viii. 507. Merruvium veteris celebratum nomme Marni, Urbibus est ills caput.—— ALBA FUCENTIA.
Idem, vil, 509. ———— Jnteriorque per udos
Alba sedet campos, pomisque rependit aristas. Cætera in obscuro famæ, et sine nomine vulgi, Sed numero castella valent.
Vell. Pater.1.i. Les Romains y envoyèrent une colonie, l'an de Rome 459. Strab, Geog. Comme elle étoit dans l'intérieur des terres, et très bien fortifiée, le me sénat y envoyoit souvent des prisonniers d'importance.
| Le
Le sénat ordonna à Q. Cassius d’y conduire son captif le Roi Persée, tit. tiv, xv. 48. avec son fils Alexandre, de lui faire une maison, et de lui fournir de l'argent et des meubles. Le Roi Syphax avoit déja été traité de la méme manière.
Après avoir demeuré quatre ans à Albe, Persée y mourut, aussi bien V Vell. Pater. Li que son fils Alexandre.
Lacus Focrnwus. Ce lac, nommé aujourd’hui Lago de Celano, a environ trente milles Romains de circonférence, quand il est dans son état naturel; mais souvent it se débordoit dans les campagnes voisines, Tout le terrein jusqu'aux montagnes étoit quelquefois sous les eaux et quelquefois des champs fertiles et cultivés. L’an de Rome 616, le lac Fucin Jul. al Desens inondh tout le pays circonvoisin à cing .milles alentour. Strabon attribue Sirab Geog, I ces phénomènes aux sources dans le lac même et qui sont plus ou moins Sueton, in Sul abondantes, Jules César, qui.voyoit tout en grand, vouloit creuser un nes canal qui déchargeroit ce lac de ses eaux superflues: La mort arréta l'exécution de ce projet qu Auguste, plus sage ou plus timide, n’osa jamais entreprendre, quoiqu'il y fut souvent sollicité par les Marses. Claude Tacit. Anal. enfin eut le courage de latenter.. Tl falloit creuser ce canal depuis le lac Sueton. in jusqu’au Liris. L’intervalle n’étoit que de trois milles; mais on ne pou- Plin Hit Nevoit éviter une montagne haute et pierreuse. On la coupa dans une Dion. Hist. partie de son étendue; dans le reste on se contenta de la percer. Enfin Rewer iN ands au bout de onze ans et par le travail assidu de trente mille hommes, ce DENTS canal se trouva achevé A. U. €. 805 et de l’ère Chrétienne 52. L’em- | pereur, pour étaler aux yeux de la capitale la grandeur de son ouvrage, yattira tout le peuple par une superbe naumachie qu’il leur donna.
Deux flottes, qui représentoient-les Rhodiens et les Siciliens, y combattirent à toute outrance. Chaque escadre étoit composée de douze galères à trois rangs de rames, et à leur donner trois cens hommes par galère, il y auroit eu plus de sept mille combattans. Le nombre me plairoit bien mieux que les dix-neuf mille de Tacite. Un Triton d'argent s’élevoit du fond des eaux pour sonner la charge, et uneflotte encore plus nombreuse environnoit ces malheureux condamnés et les obligeoit de verser leur sang pour l’amusement du peuple Romain. Après ce spectacle on ouvrit le canal, mais on s’apperçut bientôt combien l'ouvrage étoit imparfait, et que l'ignorance ou la négligence des ouvriers ne lui avoit pas donné‘la profondeur nécéssaire. On chercha’ à y remédier, on crut avoir réussi, mais une inondation montra bientôt que le principe du mal subsistoit vu? toujours.
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Ælos Spartian. toujours.. Faut-il donc s'étonner si Néron et Hadrien ont été obligés de
Ve. Ital. rétablir cet ouvrage, et que malgré leurs travaux il n’en reste plus de
18. p. 763— vestiges? Pour les faciliter et les perfectionner il falloit ’art des écluses que les anciens n’avoient point.
Clavier, Like = IIT. Æqur. Les Æqui, qu'on appelloit aussi les Æquiculi, ces anciens
ennemis de Rome naissante, habitoient les deux rives de l’Anio depuis Varia jusqu’à ses sources. Leur pays perçoit d’un côté entre les Sabins et les Marses i d’un autre côté il s’étendoit jusqu’à Algidum entre Alba, Tusculum, et Preneste. Je crois que dans la suite on ajouta au Latium tout ce qu’il falloit pour le pousser jusqu’à l’Anio, mais il ne vaut pas la peine de partager les Æqui. Je trouve dans leur pays, 1. Algidum, avec sa montagne et sa forêt; c’étoit la place forte des qui et leur poste avancée; 2. Corbio; 3. Vitellia; 4. Bole; en-deca del’Anio. Au-delà de l’Anio, 1. Varia; 2. Sublaqueum; et 3. Treba sur la rivière; 4. Car-.
seoh dans les montagnes.
Virgil. Ea. vit Et te montosæ misere in praia Nursæ, 748. Ufens, insignem fam et felicibus armis : Horrida precipue cui gens, assuetaque multo Venati nemorum, duris Æquicula glebis :
- Armati terram exercent, semperque recentes Convectare juvat prædas, et vivere rapto.
Sil. Italic, vii. Quique Anienis habent ripas, gelidoque rigantur | 570. Simbrivio, rastrisque domant Æquicula rura. , ALerpum.
Ovid. Fast. vi. Scilicet hic olim Volscos Æquosque fugatos p- 682. Viderat in campis Algida terra tuis.
| Hor. Carm. iv.4 Duris ut ilex tonsa bipennibus Nigræ feraci frondis in Algido, &c.
Sil. Ital. xii. - — Nec ameena retentant 536. Algida.
CARSEOLI.
Ovid. Fast. iv. oe Frigida Carseolis ; nec olivis apta ferendis pe 998. Terra; sed ad segetes ingeniqsus ager. Vell; Pater. i} On y envoya une colonie A. U. C. 461. Aug Lite. IV. PELIGNI. Cette nation, qui étoit Illyrienne d'origine, occupoit M. un petit canton entre l’Apennin, le Sagrus, et PAternus. I] étoit tout
dans
ANTIQUÆ ITALIÆ. 333
dans l'intérieut des terres. Les Marucini et les Frentani l’empéchoient de s’étendre jusqu’à la mer. Je n’y trouve que, 1. Sulmo; 2. Corfinium plus près de l’Apennin et de l’Aternus; et 3. Super Equum. SuLMo. Sylla fit raser cette ville après sa victoire, mais il paroît qu lle Flor. iii, 21. se rétablit bientôt après.
Serus ab Iliacis et post Antenora flammis Ovid. Fast. iv.
Attulit Æneas in loca nostra Deos. …
Hujus erat Solymus Phrygia comes unus ab Idâ A quo Sulmonis moenia nomen haberit.
Sulmonis gelidi patrie Germanice nostre Me miserum Scythico quam procul illa solo est !
Me pars Sulmo tenet, Peligni tertia ruris. Ovid. Amor. Parva, sed irriguis ora salubris aquis. ii. Eleg. 16
Conjungitur acer si, Italic. viii.
Peligaus, gelidoque rapit Sulmone cohortes.
Corrinium. Les alliés de la ligue Italique choisirent cette ville pour Dioder. Sic. L leur nouvelle capitale. Ils l’embellirent beaucoup et construisirent un cerpt Legate | forum avec une très belle Curia. Toute cette grandeur t tomba avec la ligue. | |
V. Vestini. Ii est aussi difficile qu’il seroit inutile de marquer avec Clavier, Til précision les bornes de ces petites cités qui se confondoient les unes dans 39°" " *° les autres. II paroît que les Vestini étoient renfermés entre le Picenum, la mer, et la rive gauche de l’Aternus. J’y trouve, 1. Aternum sur les bords de cette rivière ; 2. Pinna, le chef-lieu du canton; 3. Peltuinum ;
4. Aufina; et 5. Avia, la plus éloignée de la mer. Elle s’appelloit aussi Aveia et Avilla.
Haud illo levior bellis Vestina juventus
Agmina densavit : venat( dura ferarum.
Que, Fiscelle, tuas arces, Pinnamque virentem, Pascuaque haud tarde redeuntia tondet Aville.
Sil. Italic. viii.
VI. Marrvucini. Ce petit peuple occupoit le canton entre l’Aternus Clov. Ital. An-
et le Forum. On ne trouve parmi eux que la seule ville de Teate, qui pa- pie te roît, à la vérité, avoir été très considérable. __ Marrucina simul Frentanis æmula pubes, Sil. Italic. viii. - Corfini populos megnumque Teate trahebat. 521. |
Silius se trompe à la vérité par rapport à Corfinium. Ce
Plin. Hist. Nat.
ii. 83.
Clev. Ital. Antiq. L iv, c. 9,
Id. Lin c. 7.
Strab. Geog.
T. Liv. x 38.
334 NOMINA, GENTESQUE
Ce fut du vivant mêmé de Pline, la dernière année de Néron, qu'il arriva un prodige dans ce pays, et sur les terres de Veetius Marcellas, chevalier Romain. Une vigne et un terrein planté d’oliviers traversèrent réciproquement le chemm public qui les séparoit et changèrent de place. Ce fut apparemment un tremblement de terre.
. VII. FRENTANI. Ce peuple, avec moins de réputation peut-être que ses voisins, occupoit plus de territoire. Il s’étendoit sur une côte maritime de quatre-vingt milles depuis l'embouchure du Forum jusqu’à celle du Frento et au commencement du promontoire du Mont Garganus. Voici ses endroits principaux, 1. Ortona, Ie Sagrus; 2. Histonium’; 3. Buca, le Tifernus; 4. Anxanum; 5. Larinum, ville considérable, le chef-lieu des Larinates qui avoient un territoire étendu, et qui formoient une cité presque indépendante du corps des Frentani.
VIII. Samnires. Ce peuple célèbre a donné son nom à la région entière qui n’étoit remplie en: effet que de ses alliés. 11 descendoit des Sabins, (avee qui on l’a souvent confondu) et les autres eités de la provinee paroissent avoir été ses colonies, ses confédérés, ou ses sujets. Les Samnites habitoient un pays assez étendu, rempli de forêts et da. montagnes, et renfermé entre les Frentani, les Peligni, le Latium, la Campenie, les Hirpini et l’Apulie, et, pour parler plus précisément, entre le Sagrus, le Vulturnus, le Sabbatus, et le Frento. Mais cette cité belli queuse, qui mettoit sur pied 80,000 fantassins et 8,000 cavaliers, se ré: pandoit souvent au-delà de ses frontières. Elle avoit subjugué les Cams paniens, les Marses, et plusieurs cités du Latium ; ses troupes couvroignt l'Apulie et la Lucanie. Elles faisoient quelquefois des courses jusqu'à Ardea dans le pays des Rutuli. C’est une remarque qu'il faut faire quand on lit Tite Li e, que le théâtre de la guerre Samnite est rarement dans le Samnium même. Le peu.que nous savons de leurs loix me paroît digne de Lycurgue. On donnoit tous les ans les dix plus belles filles aux dix jeunes guerriers qui s'étoient le plus signalés. Dans leurs dangers extrêmes ils offroient un sacrifice public dans un pavillon immense. Ils y. faisoient entrer leurs braves les uns après les autres pour les engager à leurs drapeaux et à la bravoure par les sermens les plus atroces. Ilsse choississoient ensuite mutuellement jusqu’à la concurrence de 16,000 hommes. Cette phalange redoutable se nommoit Legio Linteata, non pas de leurs cuirasses puisqu'elles étoient d’or et d'argent, mais des toiles
qui
qui avoient couvert le pavillon sacré, Cette institution toute belliqueuse leur avoit valu beaucoup de victoires. Elle fit longtems balancer la fortune entr'eux et les Romains. La république ne les subjuga qu'après six guerres sanglantes, ou plutôt après une guerre continue de soixantedix ans, où leurs généraux méritèrent vingt-quatre triomphes, et essuyèsent presqu’ autant de revers. Les Samnites demeurèrent soumis pendant quelque tems qu'ils ne signalèrent leur valeur que contre les ennemis du nom Romain; on les regardoit avec raison comme les meilleures troupes de la république. Ils reprirent les armes à la fin, et on voit qu'ils étoient les chefs de la guerre sociale. Leur révolte leur coûta cher. Après quelques avantages les légions Romaines victorieuses par-tout portèrent le fer et le feu dans leur pays, détruisirent jusqu'aux vestiges de leurs villes, et exterminèrent leurs habitans.* Sylla les massacra partout; il en fit égorger quatre ou cing mille dans l’Ovile, et il défendit qu'on leur rit jamais quartier ; moins par cruauté que pour assurer le salut des Romains qui étoit incompatible avec celui de ses rivaux. L’entre-
prise de Pontius Telesinus ne le justifie que trop. Le peu qui restoit des. Samnites se sauva de l'Italie, et le pays n’étoit qu’un désert du tems de
Tibère : la plûpart des villes étoient détruites, Celles qui subsistoient encore n’étoient plus que des villages, Voici les endroits principaux du Samaium, 1. Æsernia, colonie près des sources du Vulturnus ; 2. Allifæ, sur la même rivière ; 3. Telesia, colonie sur le Sabbatus ; 4. Beneventum, colonie; 5. Caudium, entre Beneventum et Capoue; 6. Sæpinum, colonie; 7. Tifernum; 8. Triventinum sur les frontières des Frentani ; 9. Bovianum, colonie vers la source du Tifernus et dans le centre du pays ; 10. Aufidena, colonie en-deça du Vulturnus et sur les frontières du Latium. Il y a encore beaucoup d’endroits dont on ignore la situation.
Hee genus acre virûm, Marsos pubemque Sabellam
' Extulit.
Affuit et Samnis, nondum vergente favore
Ad Pœnos ; sed nec veteri purgatus ab ir4 :
Qui Batulum, Nucrasque metunt, Boviania quique
Exagitant lustra, aut Caudinis faucibus herent ;
Et quos aut Rufre, quos aut Æsernia, quosve
Obscura incultis Herdonia misit ab agris.
* Plutarque dit 6,000, Samnites et Lucaniens. C’étoient les restes de l'armée de Telesinus, {in Sylla.) BrE-
' Virgil. Georgic.
J. ii. 167.
Sil. Teal. viii.
Mémoires sur la Suisse, tom. iii.
apud Bibliotheque Raisonnée, tom. xivii. p. 41