NOMINA, GENTESQUE
communiquüoit aux particuliers par les diplômes des princes et des magis-, trats : je ne parlerai que de la construction des chemins. Les ouvriers. commençoient par tracer au cordeau deux sillons profonds. Ils creusoient ensuite un fossé de l’un à l’autre qu’ils remplissoient de sable et de bonne terre pour donner au chemin une assiette ferme. Dans .un terrein uni et solide, cette levée, qu'on nommoit Agger, ne s’élevoit qu’à fleur de terre, en lui donnant toujours une pente suffisante pour l'écoulement des eaux. Mais dans la plûpart des endroits on lui donnoit jusqu’à dix, quinze et même vingt pieds de hauteur au-dessus des champs voisins, et puisqu'on n'a certainement pas voulu les dépouiller de leurs meilleures terres, il a fallu beaucoup de dépense pour les charier de loin. Sur cet agger on plaçoit quatre couches différentes de matériaux. 1. Le Statumen. C’étoient des pierres larges et plattes, couchées les unes sur les autres et assises dans un ciment de chaux nouvelle ; cette couche avoit dix pouces d'épaisseur. 2. La Ruderatia. C’étoient des pierrailles, des pots cassés, des tuiles, des briques répandues avec la péle, et affermies à grands coups de barre. Elle avoit dix pouces d'épaisseur. 3. Le Nucleus. C'étoit une craie grasse et gluante, qui servoit de crment et qui unissoit tout l'ouvrage. Il avoit un pied d'épaisseur. 4. La Summa Crusta. Elle avoit six pouces d'épaisseur, et par conséquent l'ouvrage entier avoit trois pieds. Cette surface étoit ordinairement composée de pierres d'une grandeur inégale et médiocre, (Gilarea) ; quelquefois, à la vérité, c'étoient de gros cailloux (Siler), et quelquefois même on y a vu des carreaux taillés d’une façon régulière. Domitien alla jusqu'à paver son chemin de carreaux de marbre. On choisissoit sur-tout ces pierres un peu raboteuses, (qu’on nommoit Fistulose) parcequ’elles donnaient plus de prise aux pieds des chevaux, et on observoit de les coucher toujours tout de leur long et jamais sur les côtés. La largeur ordinaire du pavé étoit de vingt pieds, mais lorsque l'Agger s'élevoit au-dessus du niveau de la terre, chacun des côtés occupoit à peu près le même espace, et le chemin entier avoit soixante pieds de : largeur. Le réglement qui défendoit de donner aux chemins plus de huit pieds ne pouvoit point regarder les voies militaires,
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