CHAPITRE III Pink
Elévation du bras après l'opération de Halsted.
Méthode de Willems.
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Le Docteur Ch. Willems, professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Liége, fit, au XXXI° Congrès français de Chirurgie (octobre 1922), une communication fort appréciée sur sa méthode d’élévation du bras après l’amputation du sein, qu’il emploie avec plein succès depuis de longues années : au lieu d’immobiliser le bras abaissé, il le relève dès le premier moment et le maintient en position presque verticale pendant toute la période de cicatrisation, c’est-à-dire pendant une quinzaine de jours.
M. Willems décrit ainsi sa méthode :
« Immédiatement après l’opération, l’opérée est mise au lit avec un pansement qui ne prend que le thorax et laisse le bras libre. Ce bras est relevé par-
dessus la tête et est attaché dans cette position à la tête du lit. À vrai dire, il ne faut pas placer lé membre dans une position strictement verticale. La position optima est l'élévation presque verticale, avec un peu d’antéposition.
« Dans la position tout à fait verticale, l’axe du bras étant parallèle à celui du tronc, la peau, tendue, fait pont par-dessus la cavité axillaire qui n’est pas effacée. Un creux persiste, où le sang peut s’accumuler et qui, en tout état de cause, est loin de favoriser l’accollement de la peau au plan profond.
« Lorsqu’au contraire, le bras relevé est incliné un peu en avant, de manière que son axe fasse avec l’axe du tronc un angle très obtus ouvert en avant, la peau de l’aisselle est détendue, le creux est effacé, et la peau peut coller dans la profondeur.
« Dans les premiers jours, le bras relevé au-dessus de la tête doit être calé dans cette position, pour obtenir le relâchement musculaire et éviter la fatigue. Quand ce calage est bien fait, les malades se plaignent peu. Au bout de quelques jours, elles sont habituées.
« La réunion primitive n’a jamais été compromise par la position du bras. Je trois même que la ligne de suture, maintenue rectiligne, se réunit plus facilement que lorsqu'elle est pliée en deux, comme dans la position ancienne.
« Mais, fait capital, je n’observe plus jamais de limitation dans le mouvement d’élévation. S'il survient encore un peu de raideur articulaire, l’élévation n’en est pas amoindrie. Rappelons-nous un fait que nous observons couramment en chirurgie arti-
culaire : c’est que, lorsqu'il faut se résoudre, pour une raison quelconque, à l’ankylose ou à l’enraidissement de l’épaule, il y a avantage à voir se produire cette raideur dans la position relevée du bras, parce qu’il est plus facile de faire passer une épaule raide de la position haute à la position basse, que de la position basse à la position haute. La position haute soulage les muscles élévateurs, toujours moins puissants que les abaïisseurs. »
Il est à remarquer que, même depuis qu’il pratique l’exérèse large des téguments et des pectoraux, suivant la technique de Halsted, M. Willems ne voit pas plus qu'avant, chez ses opérées soignées par le procédé du bras relevé, se produire des raideurs ou des diminutions dans le pouvoir d’élévation ‘1;
Il applique sa manière de faire « à tous les cas d’amputation du sein, même après les ablations les plus larges, même après les vastes autoplasties auxquelles on est parfois réduit pour fermer d'énormes brèches laissées par l’exérèse ».
M. Willems voit à l’élévation immédiate un autre avantage :
« L’accolement du bras au tronc a sans doute une part de responsabilité dans l’apparition de certains œdèmes du bras et de la main, indépendants de toute récidive de la tumeur. Dans la position du bras abaiïissé, la veine axillaire, mise à nu au fond du creux, se trouve détendue et subira plus facilement que dans la position du bras relevé, où elle est tendue, l’action compressive du tissu cicatriciel qui va remplir le creux. Depuis que j'utilise l'élévation du bras, je n’ai