MISSION RÉUSSIE
Il cn va tout autrement dans la famille voisine.
M. X.., lui aussi, est marchand et père d’une nombreuse famille; mais, chrétien avant tout, il a toujours considéré comme son premier devoir de donner à ses enfants une éducation vraiment chrétienne.
On prie dans cette maison.
Chaque soir, le père rassemble tout son monde autour de lui, et, en qualité de chef de la maison, il tient à honneur d'offrir à Dieu l’hommage de sa famille. Avec lui, le dimanche, les grands garçons vont à la messe; avec lui, ils se confessent et communient souvent. Il sait que, « sans les sacrements, les jeunes gens s’en vont de chute en chute, et que les habitudes mauvaises s’enracinent bien vite dans leurs jeunes cœurs »; aussi, par la parole et par l'exemple, cherche-t-il à les prémunir contre les dangers, et souvent il communie avec ses fils et pour ses fils.
Ses garçons voient tous les jours, dans la personne de leur père, la religion vivante et agissante. Ils ont sous les yeux les vertus qu’un chrétien doit pratiquer : la fidélité inviolable à la loi de Dieu, la charité, la douceur, la générosité à faire des sacrifices et à fuir les cccasions de péché, l'honnêteté parfaite dans les affaires et les relations sociales.
Donner le bon exemple à ses enfants est le premier devoir du père, mais il lui faut de plus éloigner d'eux ce qui pourrait être un danger; aussi veille-t-il avec soin sur leurs lectures et sur leurs liaisons. Comme chef responsable de la famille, il a le droit et le de oir d'exercer ce contrôle. Aucun journal, aucun livre n'entre dans sa maison sans sa permission. Toute la correspondance lui passe par les mains.
Etudiant le caractère de ses fils, il surveille les côtés faibles, ce:1x que le démon essaiera d'attaquer, et, par de sages conseils, il les prémunit contre la sensualité, là passion du jeu ou de la boisson, les mauvaises compagnies, les liaisons dangereuses. Au besoin, il saura être ferme et blâmer sévèrement ce qui est mal. Ses garçons, le premier moment d’humevr passé, lui savent gré de cette réprimande, dans leu: conscience. Ils comprennent, ex effet, que ni la passion ni le caprice n'’inspirent la conduite de leur père, mais uniquement la loi de Dieu et le bien de leur âme.
À des jeunes gens de dix-hüit ans il faut des distractions et des amis. Le père l’a compris. Aussi, pour éloigner de ses fils les tentetior “langereuses, veille-t-il à leur donner de bons amis des récréations honnêtes. Le dimanche, l’on sort en famille pour aller visiter {es parents ou faire une agréable excursion à la campagne. Le soir, on passe joyeusement la -oirée dans des amusements honnêtes. Par tous les moyens possibles, le père s'efforce de rendre la maison agréable à ses fils.
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Il est leur confident, leur ami et leur guide. Il leur fait prendre ainsi peu à peu des habitudes d'ordre, de régularité, de vie chrétienne qui per-evéreront dars la suite. Par ses exemples et ses paroles, par des prières fréquentes et prolongées, il a réussi à façonner l’âme de ses enfants à la ressemblance et à l’image de son âme.
Ce père de famille pourra, en tonte assurance, se présenter un jour au tribunal de son Dieu. Il a rempli fidèlement la noh +t grande mission qui lui fut confiée. Non seulement il a élevé des hommes qui porteront dignement son nom, mais il a formé des chrétiens qui marcheront toujours d’un pas ferme dans les sentiers du devoir. Jamais, en effet, le démon ne réussira à ruiner une éducation chrétienne, commencée par une mère pieuse, et menée ensuite à bonne fin par un père vigilant et dévoué.
Sur son lit de mort, ce père pourra en toute confiance donner à ses enfants rendez-vous au ciel, chez le bon Dieu. Ils seront fidèles au rendez-vous. Il leur laisse profondément gravé dans le cœur un souvenir qui les maintiendra dans le droit chemin, ou les y ramènera s'ils ont, pour un temps, le malheur de s’en écarter.