‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 102 sur 201 · A TRAVERS LE MONDE : SPÉCULATEURS ET VOLEURS · texte numérisé non relu

A TRAVERS LE MONDE : SPÉCULATEURS ET VOLEURS

« C'est un voleur! » — Le vol devant le monde et l'Eglise. — Au pays du commerce et de la spéculation. — Emprunteurs et voleurs. — Conseils du diable. — Le jeune commis et le diable.

Voler, c’est prendre le bien d'autrui et le retenir contre sa volonté, nous dit le catéchisme.

Les lois divines et humaines punissent sévèrement cette faute, et le monde, si indulgent soit-il pour d’autres faiblesses, reste inflexible et impitoyable vis-à-vis de celle-là. I] ne l’oublie jamais, et ne la pardonne jamais non plus.

C'est un voleur! Quelle répugnance immédiate produisent ces quelques paroles! Quel froid elles jettent dans l’âme. Quelle méfiance elle, suscitent!

Un jeune homme sollicite de l’emploi dans un magasin, il plaide sa cause avec chaleur et va la gagner, lorsque quelqu'un chuchote à l'oreille du marchand : « N’engagez pas cet homme, c’est un voleur! » Aussitôt, la main qui se tendait vers le

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malheureux solliciteur se retire, les yeux se détournent, le visage devient dur et la demande est refusée. Il en sera de même partout où retentiront les fatales paroles : Cet homme est un voleur.

Terrible en vérité est le châtiment que le monde inflige à ceux qui se rendirent coupables de cette faute, ne fût-ce qu'une seule fois Ni l’expiation courageuse, ni le repentir sincère, ni les résolutions les mieux affermies, ne peuvent ensuite ramener la confiance perdue. Comme l’esclave d'autrefois, marqué au front d'un fer rouge, l'homme qui fut un voleur porte un stigmate de déshonneur qu'il ne pourra plus jamais effacer. Parfois même, pour trouver à gagner sa vie, force lui sera de quitter sa patrie et de s’en aller, sous un ciel étranger, traîner une existence douloureuse et pleine de remords.

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