‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 103 sur 201 · L'ÉGLISE ET LE VOL · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE ET LE VOL

Plus indulgente pour l’homme qui, après une chute, se relève et se repent, l'Eglise lui rend son droit aux sacrements et à tous les bienfaits de Fordre surnaturel. Cependant, inflexible gardienne du droit et de la justice, elle exige du coupable un acte qui rend à la fois le pardon plus difficile et la réparation plus sévère. Le vol a lésé les droits du prochain; or la justice demande que ces droits soient rétablis, et le coupable n'obtiendra son pardon qu'en s’engageant sé"i-nsement :

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1° À restituer ce qu'il a volé.

2° A restituer tout ce qu'ii a volé.

3° À le restituer à la personne même à qui il l’a volé.

Et ces obligations ne meurent pas.

Les années ne font jue rendre leur poids plus accablant, elles continuent de peser sur la conscience

du coupable durar ie entière, jusqu'à la mort. La loi humaine, des raisons d'ordre social, peut admettre la } iption qui =mpêche tout recours devant les * aux: mais ‘’Eglise, elle, ne reconnaît point cett scription pour la conscience. L'obligation de rest » reste urgente, tant qu'on ne

l'a pas acquittée.

Et cependas mals ondamnations sévères et ces anathèmes, premd : bien d'autrui est une tentation à laquelle “nbre d'hommes suc-

combent de nos jours Tant de mobiles secrets poussent à convoiter le bien du prochain! On veut avoir plus de confort à la maison, porter de plus beaux habits, s'amuser, jouir. Or tout cela coûte cher, et le salaire des jeunes commis, les bénéfices du marchand, suffisants pour une existence modeste, ne le sont pas pour une vie de luxe et de plaisirs. C’est le rêve, pourtant! Alors, | que faire? De la convoitise à la prise de possession,

quand l'occasion est favorable, la distance est assez facile à franchir...

Mais pénétrer de force dans une mai:on, prendre brutalement de l'argent dans la poche au prochain, sont des actes qui mènent au déshonneur et au pénitencier.. N'y aurait-il donc pas moyen d'augmenter son salaire, d'accroître ses revenus, d’arrondir sa bourse aux dépens du prochain, sans s'exposer aux rigueurs de la loi, sans même trop alarmer la conscience? L'homme est perplexe, la tentation le mord au cœur. C'est alors que l'ennemi entre en scène.

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