DEUXIÈME VISITE
— Dites-moi donc, laissez femme et enf:
aux Cartes avec vos amis ?
Réponse de
et de ma maison ; pas?
Examen de conscienc:
et je l'aime de tout i homme...
je vous prie, pourquoi vous
ints seuls à la maison, pour aller passer vos soirées au cab
— Voici, Monsieur. Je suis dé
c'est court et complet, n'est-ce
des deux époux
LA FEMME Je suis trop vive. trop susceptible, Je m'emporte pour un rien.
Je äGis alors des paroles blessantes.
Je tiens trop à mes idées.
Je veux toujours gagner mOn point, et si je dois cé-
der, je montre de la mauvaise humeur...
Tout cela met du trouble
dans ma maison et fait de la peine à mon mari...
Et pourtant j'ai un bon et je l'aime de tout
| mon cœur...
* ENCORE CHEZ L'OUVRIEN
arét à boire et à jouer
l'homme
goûté de ma femme
... trop
ur un paroles
s idées, gagner dois céà mau-
trouble fait de
n bon le tout
vous pour ouer
ue
Voulez-vous des détails Ma femme n'a pas d'or. dre. Elle ne peut jamais me servir mes repas à de: heures fixes, il faut toujours qu'elle soit en avance ou en retard... Quand j'arrive de ma besogne, la soupe est trop chaude ou trop froide, la viande dure comme des semelles de bottes ou brlée comme du charbon. D'autres fois, rien n'est prêt... il me faudra attendre une demi-heure, une heure, avant que la table soit servie.
Tou‘ cela, vous en conviendrez, n'est guère amusant ; 1r un homme qui travaille fort et qui rcvient à la maison avec un gros appétit.
Ce n'est pas tout.
La maison est toujours sens dessus dessous, lo linge traîne Partout, sur les chaises, sur le sofa, sur les lits. Les habits sont pleins de poussière ou de boue, les enfants mal peignés et malpropres; tout est d’une saleté dégoûtante…
Enfin, pour achever de me mettre de mauvaise humeur, à peine suis-je installé au coin du feu pour lire mon journal, en fumant la pipe, ma femme se souvient qu'elle n'a pas fait je ménage. La voilà qui prend son balai, et, ma parole d'honneur, je crois qu'elle fait exprès de m'envoyer tout droit
au nez et dans le gosier des nuages de poussière ct de saleté...
Alors la colère m'emporte... Mieux vaut aller au club que de se voir maltraité de Ja sorte à la maison... Voilà mon affaire.
Réplique de la femme
— Mon mari ne dit pas tout, Monsieur, laissezmoi vous conter à mon tour le reste de l’histoire.
Il m'’accuse de ne pas lui préparer exactement ses repas! Mais [a chose est impossible avec un homme comme lui, par la bonne raison qu'on ne sait jamais au juste quand il rentrera à la maison!
Il quitte la besogne à six heures, c’est vrai, mais ensuite il s'amuse à flâner avec les amis ou s'en va prendre un coup à l'auberge. Souvent il
ne revient que sur les sept ou huit heures du soir...
Est-ce ma faute, À moi, s’il trouve alors la soupe {trop froide et la viande trop cuite?
Mais c'est toujours comme ça : nous autres, pauvres femmes, nous avons toujours tort. Les hommes sont parfaits, les femmes ont tous les défauts, tous les vices, c’est bien entendu.
— Allons, Madame, calmez-vous! Non, il n'en est Pas ainsi. Dans les difficultés de ménage, les
femmes n'ont pas toujours tort, et vous savez très bien défendre votre cause.
Votre mari fait certainement mal, la journée finie, de ne pas rentrer tout de suite au logis. Il fait encore
plus mal d'aller au cabaret gaspiller son argent avec ses Camarades. Mais,
s'il promet de se corriger et
ssez-
’his-
nent un
TL ee
de revenir tout droit à la maison, après son travail, croyez-moi, ayez toujours pour lui un bon petit souper, bien appétissant, bien cuit, et servi sur une table bien propre, à l'heure précise.
‘nus ne sauriez vous imaginer, Madame, combien l'estomac a d'influence sur l’humeur d’un homme.
Avez-vous jamais vu votre mari porté à la colère et à la dispute, après un bon repas? D'ordinaire, quand l'estomac est content, l’homme tout entier, lui aussi, est content et d'humeur pacifiante, tout disposé à prendre les choses du bon côté... Faites donc de votre mieux pour que votre mari oublie au plus tôt le chemin du cabaret ou du club...
Quant à la question du balayage et de l’ordre.
— Ah! monsieur, pour cela, je l'avoue, il y a peut-être un peu de ma faute... mais, vous le savez, une femme seule a tant À faire dans un ménage!
— Sans doute, Madame, sans doute. Mais rendez la maison aussi agréable que possible à votre mari.
Un ouvrier aime son petit chez soi, mais il le veut propre et arrangé avec goût : les habits bien pliés et brossés, à leur place dans les armoires, la maison bien balayée, les enfants bien peignés, bien débarbouillés, prêts à mettre un bon baiser sur les joues de leur père quand il reviendra de la besogne; enfin, sur la table, un bon souper. Ne l'oubliez jainais, Madame, la question de l'estomac est capitale pour le bon: ur domestique.