‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 151 sur 201 · DIACONESSES PROTESTANTES · texte numérisé non relu

DIACONESSES PROTESTANTES

Mais les révérends ministres ne se contentent pas seulement de ramasser les épaves jetées à la côte par l'Eglise catholique, ils ont à leur service tout un corps d’auxiliaires, à la fois osé et entreprenant pour le service actif : ce sont les diaconesses protestantes.

Ils les envoient fourrager hardiment au sein même des familles catholiques, et ces dames apportent à leur besogne une activité, un enthousiasme que des femmes seules savent mettre aux entreprises dont elles veulent le succès.

Rien ne les arrête et rien ne les rebute : ni les courses fatigantes, ni des réceptions souvent peu bienveillantes, ni l'humilité du logis, ni la malpropreté de la maison, qui menace de maculer les riches toilettes et les belles robes de soie des visiteuses. Elles vont partout, et partout aussi, surtout dans les farailles les plus pauvres et les plus chargées

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d'enfants, elles font une propagande acharnée pour les amener à la crèche protestante,

Si .ces dames appliquaient leur zèle à convertir les Chinois infidèles, on n'aurait, à coup sûr, que des louanges à leur donner; elles feraient du bien à ces hommes en leur communiquant au moins quelques notions de christianisme.

Si elles travaillaient, au sein de leur famille religieuse, à prouver aux « Unitariens » l'existence de la Trinité sainte, aux « Presbytériens » la nécessité d'admettre des évêques et des sacrements, aux « Congregationalists » l’absurdité de se contenter d’une indifférence générale vis-à-vis de tous les Credo et toutes les professions de foi; si elles s’efforçaient de ramener à la foi chrétienne les milliers et milliers de leurs coreligionnaires qui aujourd’hui ne croient plus à rien qu’à eux-mêmes et sont devenus, en définitive, de purs rationalistes, niant la divinité du Christ, rejetant la révélation surnaturelle et n’admicitant d’autre règle de croyance que leur raison individueile, leur activité aurait un but louable et serait digne d'éloges.

Mais non, ce n’est pas à ces mécréants que ces dames s’adressent; leur sollicitude se porte sur les Cansdiens-Français catholiques, et c’est à les convertir qu'elles consacrent leur zèle bruyant et affairé.

Esi-ce donc là faire une œuvre méritoire et agréable à Dieu?

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