GASPILLAGE EN GRAND. — LA FEMME INTENDANTE DE MAISON
Voilà donc Madame maîtresse souveraine de la bourse. Elle y va largement et continuera toujours d'y aller largement, car l'économie est un mot qui ne se trouve point dans son dictionnaire; elle n’en connaît même pas la signification.
Chaque jour, elle sert à son mari de bons dîners, bien appétissants, bien variés; mais, par exemple, que celui-ci n'ait pas la curiosité de savoir combien a coûté ce qu'il voit sur la table... C'est l’affaire de la ménagère.
En bonne vérité, cette femme n'entend absolument rien au prix du beurre et du fromage. À peine sait-elle distinguer un gigot de veau d’une épaule
\ — 5% — de mouton; mais des marchandes comploisantes Jui indiquent volontiers les bons morceaux et les lui vendent au prix fort, bien entendu.
La table est toujours abondamment servie de viandes fraîches et de première qualité. Jamais il n'y parait de plats réchauffés, jamais de ces hachis au goût douteux et mêlé, lointain souvenir des jours classiques! Où donc vont les restes ?.. ;
— Monsieur, si par hasard, après le repas, vous faisiez un tour aux offices, vous verriez des femmes et de jeunes enfants s’en aller avec des paniers bien remplis : ce sont les neveux et les cousines de votre cuisinière, qui viennent s’approvisionner à vos dépens; mais ne faites pas attention à cela. Vous occuper de ces détails-là serait au-dessous de votre dignité.
Respectez les secrets de la cuisine et de la cuisinière. d