‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 35 sur 201 · LA CLIENTÈLE DES CLUBS · texte numérisé non relu

LA CLIENTÈLE DES CLUBS

Donc les clubs sont nombreux dans nos grandes villes.

Nous ne parlerons pas + clubs qui ont pour but les exercices athlétiques, la littérature ou les affaires. Bien dirigés, ils peuvent être uliies, surtout aux jeunes gens. Nous ne nous occupcrons que des clubs d’araussnients et de plaisirs.

Leur clientèle est d'ordinaire assez mélée.

Ils servent de rendez-vous aux hommes d'affaires et aux politiciens; souvent aussi, ils sont la ressource des bourgeois désœuvrés, mais leur plus forte clientèle se recrute d'habitude parmi les hommes qui s’ennuient à la maison, ou qui, pour une raison ou Pour une autre, croient avoir à se plaindre de leur femme.

Parfois, certains ménages se font, d’un accord mutuel, cette existence séparée. Pendant que l’homme se rend à son club, la femme va au théâtre ou aux réunions d'amis. Il n’y a de commun entre ces époux que la cohabitation, et chacun d’eux suit son chemin particulier dans la vie. Mais, à part ces exceptions, très rares du reste, toutes les femmes mariée, protestent avec énergie contre la fréquentation des clubs. Par prières et remontrances, elles s'efforcent d'en détourner leurs maris, comprenant d'instinct que, s'ils s’accoutument à laisser la maison chaque soir, c'en sera fait bientôt de l'union des cœurs et du bonheur domestique.

Et les femmes ont raison.

Aucune pratique, en effet, ne détend plus vite les liens qui doivent unir les époux ensemble et n'amène plus facilement la séparation des esprits et des cœurs; autune ne s'oppose davantage à l’éducation des enfants; enfin aucune habitude n'expose l'homme à des tentations plus dangereuses et plus irrésistibles.

Certes, voilà un réquisitoire bien violent contra une institution si chère à tant d'hommes mariés. Est-il exagéré ou injuste? Voyons cela,

Page 1