‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 4 sur 201 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

dans toutes les familles. Cette phrase convient en tout point aux Misères humaines. Et c’est dommage qu'elle soit si usée pour dire une chose si vraie.

Aussi bien, les évêques les plus éminents de notre épiscopat ont jugé comme nous le livre du P. Hamon. Ils ont conseillé à leur clergé et surtout aux jeunes prêtres d'étudier ce livre et de s'en servir, afin de rendre plus pratique et plus substantielle leur prédication. Les missionnaires l'ont répandu et continueront de le répandre, nous en sommes sûr, parmi leuis auditeurs.

Les Misères humaines c’est, quand la mission est achevée, la mission qui se continue dans les familles. C’est le missionnaire et le curé à domicile.

Les lois principales qui régissent les mœurs, les points essentiels du Credo y sont traités ct élucidés. Les questions d'autorité, d’éducation, d'accord et de désaccord dans les ménages, de tempérance, d'économie, y sont résolues avec la clarté brève de l’homme qui a vu et entendu, qui a assisté aux scènes du dehors et a reçu les confidences intimes du dedans, qui connaît l’infaillible solution et la donne avec autorité. Souvent même le tour original qu’il lui prête et le portrait qu'il y joint, donnent à son enscignement un intérêt et un agrément rares en pareilles matières. Plus d’un trait, ironique parfois, apos-

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tolique toujours, fixc cet enseignement pour toujours dans la mémoire.

Il suffit de lire les premiers chapitres : La Lune de miel, et la Lune rousse, pour se convaincre de cetie vérité et être entraîné à lire tout le livre.

Le P. Hamon n’a guère pourtant visé de mérite littéraire. Il avait bien autre chose à faire et il visait plus haut. ’‘algré cela, — et peut-être à cause de cela, — il atteint souvent aux formes littéraires du meilleur aloi, à celles qui ne se perdent pas dans de vaines amplifications, dans des recherches d’ornements agréables et inutiles, qui plaisent à l’imagination et laissent vide l’esprit.

Son style est fait de bon sens, de clarté, d’une logique imperturbable, de cette vue précise et sûre des choses, qui fournit le mot propre et la phrase brève pour dire tout ce qu’il faut dire. Ce missionnaire n’a pas besoin de beaucoup de détours pour arriver au cœur humain. Il en sait toutes les avenues et il y va tout droit. Il r’a pas besoin non plus de rechercher longtemps pour découvrir la plaie intérieure dont souffre ses patients. Il y applique parfois si directement la main et le remède, que le malade pousse un cri de surprise ou de douleur; mais se console bientôt en sentant que cette main apporte le remède qui contient tout ce qu’il faut pour guérir. Voilà pourquoi nous avons cru faire œuvre de

PRÉFACE IX

zèle en publiant — et à des milliers d’exemplaires — ce livre du P. Hamon. Il va permettre au grand missionnaire, qui a tant aimé les âmes et a donné quarante ans de ses labeurs et de sa vie aux Canadiens français, de continuer parmi eux son apostolat.

Louis LALANDE, £. J.

Montréal En la fête de saint Jacques, apôtre.

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