COLLÈGES ET COUVENTS
Le collège n'est pas une école de réforme. — Comment les parents font échouer l'œuvre du Collège. — Attitude de la mère. — « Les Pères sont trop sévères. ils ne savent pas prendre les enfants par le cœur. » —— Attitude du père. « Je ne m'occupe pas de Cela... » — La sortie du collège. — Les fruits secs. — Digression : Les collèges classiques. — « Jis ne sont pas à la hauteur de leur mission. » -- « Ils ne forment pas des hommes. » — Le but du collège classique. Réformes! Réformes! Ce que l'on demande aux parents de réformer.
La faiblesse des parents a porté ses fruits. A dix ans, le garçon est devenu insupportable. Paresseux et menteur, gourmand et capricieux, il n’écoute plus personne; on ne peut plus en venir à bout à la maison. Avec des allures moins turbulentes, la petite fille, elle aussi, n’agit plus qu’à sa fantaisie. Impossible d'en obtenir du travail et de l'application.
Que faire? La difficulté est vite résolue ;
— Envoyons notre garçon au collège, plaçons notre fille au couvent... Les bons Pères et les révé-
rendes Sœurs sauront bien réformer l'humeur de ces enfants-là, et les préparer pour l'avenir... Et la motion est adoptée à l'unanimité.
COLIÈGE ET COUVENT
Pour nombre de parents, le collège (et l'on peut dire la même chose du couvent) n'a plus pour mission de continuer l'œuvre de l'éducation, commencée ‘au foyer domestique. Il doit, au contraire, la supprimer d'abord, pour la reprendre à nouveau sur des bases différentes.
Le collège est simplement une institution de correction, une sorte d'écoles de réforme, où l’on envoie des enfants, gâtés par leur mère, négligés par le père, élevés dans des habitudes de mollesse et de sensualité.
Jusqu'à leur entrée au collège, ils n’eurent d'autre règle que leur caprice, d'autre occupation que de satisfaire leurs fantaisies. Ils ignorent la signification même de ces mots : sacrifice et devoir. Et l’on demande au collège de changer tout cela!
Bien plus, on exige de lui qu'il transforme ces penchants vicieux en qualités solides et énergiques, qu'il prépare ces jeunes gens à des carrières où le succès ne s'obtient que par le travail et la force de a la volonté. ci iude besogne, en vérité, que celle-là! Tâche dif-
ficile et ardue! Pour réussir, il faudra bien de la patience et du dévouement!
Si du moins les parents voulaient seconder le travail de réforme, rendu nécessaire par leur indulgence excessive; s'ils appuyaient de leur autorité l'autorité des maîtres, obligés de sévir pour donner quelque énergie à des natures amollies et gâtées; s'ils montraient quelque fermeté dans les paroles et surtout dans les actes, peut-être arriverait-on enfin à des résultats satisfaisants. Sous la double influence des parents et des maîtres, les enfants, encore jeunes et pliables, entreraient dans le moule viril où l’on s'efforce de les jeter.
Mais non... Trop souvent c’est juste le contraire qui a lieu. A certains parents je dois dire une vérité difficile à exprimer, mais salutaire à entendre, s'ils veulent comprendre l’inconséquence de leur conduite et les tristes résultats qu'elle prépare. Cette vérité, la voici : Souvent, très souvent, l'œuvre formatrice du collège reste incomplète ou même échoue misérablement, par la faute des parents, de la mère surtout.
Cette appréciation vous semble sévère, Messieurs, vous vous récriez, Mesdames, et vous trouvez cette accusation bien exagérée et injuste.
Permettez-moi de la justifier.
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