LES PAROLES D'UN DOCTEUR
Ecoutez, Madame, comment un homme du monde apprécie le rôle de la mère dans l'éducation de son fils.
« Ce n'est pas chose facile, dit le D° Bélouino, que de bien aimer les enfants. Au fond de ce sentiment si doux, ‘l y a une immense responsabilité. Ils reçoivent de leurs mères une multitude d'impressions qu'ils gardent toujours. Ils ont dans leur propre neture un grand nombre de penchants quil faut diriger, réformer, car les caprices de l'enfant deviennent les vices de l’âge mûr, et les fautes Itgères qu’il commet seront peut-être des crimes plus tard. ”i faut qu'elles s’attachent à dévciopper la raison chez leurs enfants, et à étouffer le caprice. De bonne heure, elles doivent les initier aux règles de la morale et de la justice... Si l'enfant a commis quelque faute, il est juste qu'il soit puni, pour qu'il connaisse l'équité. Si par une fausse tendresse la mère lui épargne des corrections qui sont douces, d’autres plus tard lui en infligeront peut-être de terribles. » (Rélouino, Des Passions, t. I, p. 163.)
Dernièrement, un journal des Etats racontait le fait suivant :
Une mère avait gâté son garçon en refusant de le corriger de ses défauts. Or, à vingt-cinq ans, ce
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jeune homme était devenu un voleur et un débauché. Dans une de ses expéditions nocturnes, surpris par le maître &e la maison, il l'avait tué d’un coup de revolver... Saisi par la justice, il fut condamné à mort.
La veille de l'exécution, il invita sa mère à venir le visiter dans son cachot.…. La pauvre femme se présenta tout en larme et voulut embrasser son fils... Celui-ci, la repoussant rudement, lui dit d’une voix dure :
« Ma mère, vous le savez, je vais être pendu demain pour avoir assassiné et volé... Mais c'est à la maison que j'ai fait mon apprentissage de voleur. Je volais des fruits, je volais de l'argent, mais jamais vous n'avez eu le cou.age de me corriger de mes mauvais penchants.…..
« Voyez où cela m'a conduit!
« Demain, ma mère, soyez présente à l'exécution et quand vous me verrez pendre au bout de la corde, dites-vous ceci : Mon fils meurt comme un criminel, mais c'est moi, sa mère, qui en suis la cause.
« Je ne l'ai pas corrigé comme j: is le faire... J'ai manqué à mon devoir... Oui, « st ma lâcheté qui a conduit mon fils à l’échafaud.
« Voilà ce que j'avais à vous dire... Allez-vousen. »
Ft le misérable, tournant le dos à sa mère, ne daigna plus lui dire une parole, ni même lui donner un dernier regard.