‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 62 sur 201 · ATTITUDE DU PÈRE · texte numérisé non relu

ATTITUDE DU PÈRE

La fermeté du père fera-t-elle du moins contre- Poids à 11 faiblesse de la mère? Secondera:t-il les ‘Horts des maîtres, en suivant de près le progrès dns les études et la réforme du caractère?

Le père ne S OCCUpe pas de cela,

Tout entier à ses affaires et à son commerce, à

brie

peine jette-t-il un coup d'œil distrait sur les bulle. tins du mois, qui lui disent ce qu'on pense de son garçon pour le travail et la formation du caractère. Si les notes sont par trop mauvaises, il aura, peutêtre, un mot d'humeur, un reproche, en passant. Mais de suivre les études de son fils, de s'appliquer à lui donner de bons conseils, de faire appel à l'autorité, à la punition, pour obtenir plus de travail ou plus de discipline, il n'y songe pas.

Ainsi entravée d'une part par l'indifférence du père, de l’autre, par la faiblesse de la mère, l'œuvre du collège, la formation du jeune homme ira bien lentement. Encore les quelques germes de bonne volonté qu’à force de patience et de persévérance les Pères avaient réussi à semer dans le cœur de ce jeune homme, sont-ils destinés à périr au temps des ‘acunces.

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Ils sont rares, les pères de fanull. issez énergiques pour dire à leurs fils ce que l’un d'eux disait à son garçon paresseux et indiscipliné : « Ecoute, mon garçon, les vacances sont pour les écoliers studieux; toi, tu as fait le paresseux et le vagabond durant l’année, tu n’as donc pas besoin de repos. Je te supprime les vacances... Tu travailleras ,°ndant ce temps-là. » Ainsi fut fait.

Le plus souvent les vacances sont la revanche de la mère. Triste revanche, hélas! Par une indulgence sans réserve, cette femme détruira en deux mois l'œuvre de réforme péniblement ébauchée au collège pendant les dix mois de l’année scolaire.

ulle- À la rentrée des classes, tout sera à recom-

. mencer.

tère.

peut-

sant. LA SORTIE DU COLLÈGE

quer

l'au-

l ou Péniblement le jeune homime s'est traîné à travers les classes du collège, donnant la moindre

du somme possible de travail, d'a lication et d’obéis-

uvre sance aux règlements de la maison. Enfin il a ses

bien vingt ans! Les études classiques sont finies, c'est

Dnne l'heure de choisir une carrière... La lutte pour la

ance vie va commencer.

e ce Un garçon laborieux, persévérant et rangé dans

mps sa conduite, se fera jour assez vite au milieu de nombreux concurrents. Il est préparé par les études et la discipline du collège à faire son chemin dans

ergi- la vie. En peu d'années, il se créera, comme avocat,

ait à médecin ou commerçant, une position honorable,

ue, qui ne fera que grandir dans la suite.

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k "n° LES FRUITS SECS

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ence Tout autre, hélas, sera la carrière de l'enfant gaté

Hiüis Par ses parents.

col-

Pour les raisons que nous venons d'exposer, la Mission du collège n'a donné que des résultats mé-

diocres, ou même elle a échoué complètement.

L'éducation virile et chrétienne n'a point pénétré à l'intérieur de l’âme, elle s’est arrêtée à la surface. Tout en se pliant, par nécessité, à la discipline du collège, le jeune homme n’a rien réformé de ses ten-

dances mauvaises, il n'a rien mis en réserve dans son cœur... Pas d'amour du travail, pas de générosité de caractère, pas d'énergie de volonté ni de persévérance dans l'effort, aucune ambition de succès, aucune disposition à faire bon visage au sacrifice, même le plus

léger.

L'éducation du collège n'a pu changer la nature molle et sensuelle que la faiblesse de la mère avait laissé se développer librement à la maison et qu’elle a encouragée pendant les études.

Aussi, dès qu'il est son maître, le jeune homme se hâte de jeter le masque qui l’importunait et se montre tel qu'il est.

Ennemi de toute contrainte, profondément égoïste, ardent aux plaisirs, léger et frivole, il est incapable par un travail persévérant de se faire une carrière dans le monde. L'oisiveté, la faiblesse de caractère le jetteront aisément dans le vice et la débauche. A trente ans, cet homme, déjà flétri dans son âme ct dans son corps, n’aura plus d’aptitudes pour rien, plus d'’espérances, plus d’avenir…

Un triste et honteux naufragé de la viel

L'œuvre néfaste de la première enfance porte alors ses fruits. La vie se chargera de châtier les enfants gâtés par leurs parents; ils deviendront des vauriens, ou des hommes inutiles et nuls.

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« Oui, nous avons gâté notre garçon, me disait un père de famille. Ma femme et moi, nous n'avons pas voulu le corriger quand il était jeune... Aujourd’hui, il fait roise U£sespoir et notre honte. Ah! que Dieu lui envcie donc une tonne maladie, qu'il lui laisse le temps ‘e se prép: rer et l’enlève. Je le bénirais de bon cœur! » Il est triste de n'avoir qu'un pareil souhait à faire pour un fils unique, gâté par ses parents.

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