PETIT CATÉCHISME DE LA FRÉQUENTATION
— Votre fille est fréquentée, Madame?
— Oui, Monsieur.
— Et le jeune homme qui la courtise vient la voir souvent?
— Oh! oui, Monsieur, plusieurs fois la semaine. D'ordinaire, il passe même avec elle tous les aprèsmidi du dimanche.
— Laissez-vous ces jeunes gens seuls au salon?
— Âh bien! Monsieur, j'ai mes occupations à la maison. Je ne puis pas tenir compagnie à ma fille durant des heures entières. D'ailleurs, j'ai remarqué que les jeunes gens ne semblent pas trop le désirer eux-mêmes. Quand je suis [à, ils n’ont plus rien à se dire, mais, dès que je tourne le dos, la conversation reprend plus animée que jamais... La porte reste ouverte et je les surveille de loin.
— Leur permettez-vous de sortir ensemble sur la
rue?
— Sans doute, Monsieur, quand le temps est beau, ils font une promenade ensemble, ou même un tour de Voiture à Ja Campagne... Ma fille aime beaucoup à prendre le grand air, mais elle rentre toujours à des heures convenables, jamais plus tard que dix ou onze heures du soir,
— Et le jeune homme a demandé votre fille en mariage ?
— Pas encore... mais j'ai bon espoir...
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— Quel âge a-t-il?
— Vingt ans, l'âge de ma fille.
— Est-il en état de s'établir?
— Non, pas avant deux ou trois ans. C'est un jeune commis; il ne gagne encore que quatre piastres par semaine; ce n'est pas assez pour se marier, mais dans une couple d'années, il aura certainement une augmentation de salaire.
— Et ces jeunes gens se fréquentent déjà depuis longtemps?
— Oui, Monsieur, voilà bientôt deux ans que le jeune homme vient voir ma fille.
— Voudriez-vous me permettre, Madame, une dernière question, délicate, mais cependant bien importante?
Cette fréquentation dure déjà depuis deux ans, et, d’après vous, elle durera encore deux autres années, au moins, avant le mariage. Ainsi donc, pendant quelque quatre ans, ces jeunes gens vivront en liberté complète, ils auront ensemble des 12iations intimes et presque quotidiennes.
Ne craignez-vous, Madame, que la vie chrétienne de votre fille n’en souffre? Que ses mœurs...
— Oh! pour cela, Monsieur, je suis parfaitement tranquille. Ce jeune homme est tout à fait honorable... Quant à ma fille, je réponds d'elle comme de moi-même.
— Voilà certes, Madame, une assertion bien positive, une promesse bien hardiel Laissez-moi vous répondre en faisant appel à votre foi de chrétienne et à votre expérience personnelle,
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