‹ Misères humaines [microforme]Chapitre 78 sur 201 · EN PAYS ANGLAIS · texte numérisé non relu

EN PAYS ANGLAIS

En pays anglais, les négociations sont autrement longues et bien plus compliquées.

Des coutumes étrangères à nos mœurs catholiques et fortement combattues par l'Eglise se sont peu à peu glissées au sein des meilleures familles, et, malheureusement, on les a acceptées.

Je dis malheureusement, car cette fréquentation à l'anglaise, avec les libertés qu'elle tolère, expose les jeunes gens aux plus dangereuses, comme aussi aux plus irrésistibles des tentations. Trop souvent elle cause aux parents de cruelles déceptions, et aux enfants de cuisants remords, sinon le déshonneur ct la ruine.

C'est la malédiction des familles catholiques!

Aveu plus triste encore! D'’ordinaire, ce sont les mères de famille elles-mêmes qui maintiennent et

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— justifient une pratique si contraire aux bonnes pas mœurs, en permettant à leurs filles cette liaison in: » la time qu'on nomme la fréquentation. Elles ont hâte oix. de marier leur fille. Aussi, dès que celle-ci revient ent, du couvent, la mère s'imagine n'avoir rien de mieux sera à faire que d'ouvrir la porte de sa maison à tout jeune homme Pouvant, dans un aveñir plus ou ent moins rapproché, devenir un gendre acceptable. ent Un aveuglement étrange s'empare alors de ces femmes chrétiennes. Mettant de côté les salutaires avis de l'Eglise, oubliant les leçons de leur propre expérience, elles ne veulent rien voir de dangereux dans cette intimité, dans ces tête-à-tête prolongés, dans ces sorties jusqu’à des heures avancées de Ja pe nuit. Naïvement, elles comptent sur les sentiments ru rent d'honneur du jeune homme, sur la vertu de leur fille. — Bien sûr, elle est trop bonne, ma fille, ne elle a été trop bien élevée. Elle connaît trop son ia devoir pour avoir rien À craindre.

nl Religion, conscience, devoir, tout cède devant ce raisonnement aveugle.

in à pose ussi . LE PÈRE S'EFFACE aux ret Notons encore un fait étrange. Durant les ma. Nœuvres compliquées qui doivent préparer le mariage, le père s'efface. Il se tient à l'écart, il abdique

toute

ingérence quelconque dans une affaire qui im-

porte tant à l'honneur de sa maison, au bonheur de sa fille.

Ce n'est plus le chef de famille, ayant autorité pour introduire chez lui ou éloigner de sa maison qui bon lui semble.

Ce n'est plus le père, chargé de protéger sa fille et de l’aider à faire un établissement sérieux et bien choisi.

Ce n'est plus le chrétien, obligé en conscience de veiller sur l’âme de ses enfants, de défendre leur innocence, d’écarter les dangers que son expérience de la vie lui fera bien vite apercevoir. Il laisse la femme usurper toutes ces fonctions; seule, elle a le monopole d'opérations si graves et si pleines de res ponsabilité.

Encore une fois, l’homme s’efface, il se tient à l'écart, il abdique. Tout au plus, quand la mère et la fille seront tombées d'accord, consulteront-elles le père de famille sur le choix qui a été fait. Au besoin même, elles le lui imposeront malgré ses répugnances.

Pères de famile, laissez-moi vous le dire franchement, pareille conduite, en ces circonstances, est une abdication de vo: droits les plus sacrés, un abandon de vos obligations les plus graves.

Vous êtes responsables de ce qui sc ‘asse dans votre maison.

ous avez le droit et le devoir de vous opposer à des pratiques dangereuses, à jes liaisons prématurées qui ne peuvent que compromettre l’honneur de votre famille et l'innocence de votre fille.

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