SCÈNE III
Les Mêmes., ODETTE, rentrant nne cigarette aux lèvres. ODETTE.
Bébé rit aux éclats, il a son bonnet de travers : je crois qu'il s*est grisé !
GEORGES
Ah! ma chère!... vous avez tort de fumer.
ODETTE
Parce que ?
GEORGES
Parce que... vous êtes un peu pâle.
ODETTE
Vous me trouvez pâle ? Je mettrai du rouge.
GEORGES
Allons, bon ! en voilà bien d'une autre !
ODETTE
Gaston, où se vend le meilleur rouge ?
GASTON
Mais, je vous le demanderais, si j'en avais besoin.
ODETTE
Je n'en ai jamais mis, je vous jure; c'est la première fois que Georges me trouve trop pÀle...
GjkSTON, à Oeorgei.
Tu l'entends... C'est pour toi...
GEORGE
Grand merci ! Je tous prie, ma chère...
On entend un coup de feu.
GASTON
Holà ! qu*est-ce donc ?
ODETTE
Ne VOUS inquiétez pas !... C'est notre voisin, M. Kent qui a établi un tir dans le jardin de son hôtel... (Mouvement de Gaston vers la salle à manger.) Dans une allée couverte : on ne voit d'ici que les cimes des arbres... Mais tous les matins, depuis quelque temps... (on entend deux coups de feu.) Tenez I encore! — je Fentends qui tiraille avec son ami Villiers.
GASTON
Villiers ! Ah bien I que dirait-il de cette fantaisie, lui qui, Tautre jour, s'extasiait sur cette belle pâleur !
ODETTE
Est-ce qu'il est toujours épris de moi, cet imbécile?
GASTON
Comment I imbécile !,.. Il a été attaché d'ambassade.
Coup de feu.
Parlons-en. Il devait faire un joli diplomate I... Fils d'un gros industriel, attaché d'ambassade par la grâce de je ne sais quel personnage qui avait des actions dans la maison de monsieur son père et des obligations à madame sa mère, il croit que les Villiers sont du Petit Club, de père en fils, depuis neuf cents ans. Lorsqu'il fait une visite, par n'importe quel temps, il fait entrer sa voiture dans la cour afin de ne pas ternir ses bottines... Diplomate, ça !... Parce qu'il a collectionné les cocottes de trois ou quatre capitales?... Il n'a qu'un