I£PG0]C£NC
Bernas fils de Ellen...
au mois de Panemou a bâti le
temple de Jupiter de Be'elfegor et le sanctuaire a dédié...
L. 1. Si la dalle sur laquelle est gravé ce texte n’a pas été retaillée dans le haut, nous possédons la première ligne de l’inscription. Ce qui ferait croire qu il en est réellement ainsi, c’est qu’on ne distingue absolument aucune trace de lettres au-dessus de cette ligne. En s’appuvant sur le nabatéen Dm on pourrait proposer de lire au début [AHMAJC : on croit reconnaître sur l’estampage un jambage de l’A- Le mot suivant devrait alors correspondre à SSn ; il faut le lire sûrement EAAHN- Bien que la dernière moitié du N soit fortement endommagée, l’autre moitié est trop caractéristique pour permettre d’y voir un A. Mais on sait combien ces deux lettres N et A permutent facilement, soit dans la même langue soit dans la transcription d un mot d’une langue dans une autre. Après le N il reste encore de la place pour deux lettres.
QUELQUES TEXTES HÉBREUX, GRECS ET LATINS
Col
L. 2. — Le groupe MOYMHNOC est absolument sûr quoique le haut du C ait un peu souffert. On est porté tout naturellement à restituer iravsgou gviviç, d'autant plus qu’il y a l’espace juste pour quatre lettres, à placer, deux à la fin de la 1. 1 et deux au début de la 1. 2. Cependant le fragment de lettre qui précède le premier M peut difficilement appartenir à un G: c’est plutôt le reste d’un M ou d’un A, de sorte que la lecture ravage u serait plus objective que zavsgou. U est assez curieux qu’on donne comme date le mois seulement et pas l’année; aussi, on pourrait être tenté de chercher cette année dans la 1. 1; mais cela ne paraît pas possible s’il ne manque que quatre lettres au début de l’inscription. Peut-être quelquesuns chercheront-ils dans cette ligne 2 un équivalent du nabatéen i-c y 1. 3. Il faut avouer que ce serait en effet fort suggestif.
L’intérêt principal de ce petit morceau est dans la mention du Jupiter de Beelphegor. BGGA(j)G, à la fin de la ligne 5, doit être complété en effet en BssAçefwp] ou Bss/,sc[yo)p] ou BssX<p$[ycp] , peu importe l’orthographe sur laquelle les auteurs varient; mais on ne peut douter qu’il ne s’agisse de ce Dieu, la grande divinité de Moab (1). Beelfegor signifie le Ba'al de Fegor ou de Fogor; ici le mot est considéré comme un nom de lieu. On avait donc fini par confondre le dieu avec la montagne sur laquelle celui-ci était honoré.
D’après les données de la Bible (2) et les renseignements fournis par Y Onomasticon, la montagne de Fogor était située auprès de la vallée du Jourdain, non loin du mont Nebo. Eusèbe et saint Jérôme placent la ville de Ti y S rva, localisée au pied de la montagne de Fogor, à six milles audessus deLivias (3), aujourd’hui tell er-Râmeh. L’existence d’un sanctuaire de Be elfegor à Zizeh ne modifie nullement ces identifications ; elle prouve seulement que le culte de Be elfegor ou de Zeus Be'elfegor devenu Zeus de Be'elfegor n’était pas limité à la seule montagne de Fogor et qu’on lui élevait des temples ailleurs dans le pays de Moab.
(1) Nombres, 25, 3, 5. — Beelfegor quod interpretalur simulacrum ignominiw. Est au le ni idolum Moab cognomenlo Baal super montent Fogor quem Lalini Priapum vocant (S. Jérôme, Onomast., 101, 38). — Ailleurs le même auteur écrit : « In Nabo enim erat Chamos idolum consecrattim, quod alio nomine appellalur Beelphegor » (in /s. 15, 2).
(2) Nombres, 23, 28. — Deul. 3, 29; 4, 46; 34, 6. — ,/o.s. 13, 20.
(3) Onomasticon, 103, 7; 233 , 78.
§ 3. — Inscriptions latines.
En passant h Zizeh en 1909, nous avons copié sur un mauvais tronçon
de colonne un fragment d’inscription latine très mal gravée (fig. 58), appartenant vraisemblablement à un milliaire romain. Ce texte doit dater des empereurs Dioclétien et Maximien.
On lit clairement le nom du premier :
Aurielio ) Val(erio) Dioclteiano, et la formule du pluriel au début : IMPP CAESS prouve que les deux étaient mentionnés (1). La pierre aurait été trouvée au même endroit que l’inscription gréco-nabatéenne, c’est-àdire dans quelques ruines enfouies sous terre et situées à deux cent cinquante mètres environ au sud-est du qala'ah de Zizeh (2).
Au printemps de 1910 on avait fouillé de nouveau au milieu de ces ruines pour en extraire des pierres de construction. On avait dégagé de la sorte une borne milliaire entière portant une inscription. Celle-ci est très détériorée (fig. 59); néanmoins on peut arriver à reconstituer assez facilement le texte en s’aidant des miUiaires relevés par le II. P.
Germer-Durand sur la voie romaine d’Ammân (Philadelphie) vers le nord (3) et dont quelques-uns appartiennent comme celui-ci à la restauration de la voie par Caracalla. —
(Imperator Cæsar Marcus ) A are(lius Severus A)nton(inus pias felix A)ug(ustus) pa(rthi~ eus maximus b)ritann[icus mciximus ponlifex maximus tribunitiæ potestatis... consul...) per Fur(ium Severianum ) leg(atum) Au(gusti proprætore consulem ) desig (nation. Mi/lia ) XII.
(1) Cette formule n est point courante dans les textes de la région datés de deux empereurs: on trouve plutôt : Dominis nostris... (RB., 1897, p. 580).
(2) RB., 1909, p. 588.
(3) RB., 1895, p. 394 ss.
AV/U m t o n,
V f PA M TA N N N E \\ HH/
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PER Fui