ÏT5 nnmn Haddhamah a écrit
Le n du début est un peu détérioré et on pourrait même se demander s'il n’y aurait pas eu quelques lettres en avant, nnmn a bien l'air d’un mot composé dans lequel entre comme premier élément le nom divin nn pour mn, absolument comme dans les noms propres araméens mmn, msnn etc. (Lidzbarski, Handbuch., s. v.). La seconde partie nnn correspondrait au verbe nnn « résonner», sens qui va très bien pour le dieu du tonnerre. Il est vrai que le nom ainsi expliqué ne convient guère à un Juif orthodoxe; mais les papyrus araméens d’Éléphantine nous ont montré encore une fois qu’il fallait en rabattre beaucoup de l’orthodoxie des colonies juives établies loin de la métropole, où déjà un certain nombre ne se faisaient pas faute de prévariquer et de porter des noms païens.
Au même endroit et à côté de la précédente. Caractères petits et gras, mal conservés et par suite d’une lecture difficile.
bNimr (3n) abybN n'awn "ifj nby :x
Dieu est éternel! ( Abi ) Samuel.
QUELQUES TEXTES HÉBREUX, GRECS ET LATINS
au début doit être une sorte d'exclamation dans le genre de Placé en tc‘te tles graffites nabatéens (1); la partie supérieure de \(def est endommagée. Après ce mot viennent deux lettres effacées dont la première pourrait être un n et la seconde un 2. Les deux signes suivants nous paraissent devoir être combinés en un seul et former un r, un peu détérioré dans le bas; dès lors, la lecture Sridut est plus que probable, bien que la lettre du milieu ressemble moins à un 1 qu’à un 1 (2). Si, bien que cela paraisse difficile, on essaie de décomposer ce que nous avons pris pour un xi, le dernier mot sera lu Snid, nom propre déjà rencontré en nabatéen.
Aucun des différents essais d interprétation auxquels nous nous sommes livrés pour les deux dernières lignes ne nous paraissant satisfaisant, nous nous contentons de transcrire les lettres qui semblent le plus probables. La lettre qui vient après le a, 1. 2, pourrait être un nûn final au lieu d un 7. L’avant-dernier signe de cette même ligne, lu 1, n’est qu’un tout petit point, bien moins développé que le dernier signe de la ligne suivante auquel nous donnons la même valeur. La lettre qui vient après 1 alef, 1. 3, doit être un nûn; on s’attendrait a lui voir une forme finale. Les deux y dans cette dernière ligne n’ont pas tout à fait la même forme ; le second se rapproche plus que l’autre de celui de la 1. 1 .
Sur le même rocher; caractères analogues aux précédents.
nnmn Haddhamah.
Quoique, d’après les deux copies, la dernière lettre ressemble plus à un n ou à un n qu’à un n, on n’hésitera guère cependant à retrouver ici le même nom que plus haut, n» 3. Les deux graffites sont tout à fait voisins l’un de l’autre et ont été gravés de la même façon.
Sur la paroi du massif de Hereibeh où se trouvent de nombreux graffites lihyanites, auprès des graffites n0' 248 et ss. Estampage et copie.
b« p ttnab Par Arm /Us de Nagal (?).
(lj O11 remarquera que le mot übybx est eu dehors de l'alignement; peut-être a-t-il été ajouté après, mais par le même individu, car les lettres ressemblent à toutes les autres.
(2j .S“l eu? pourrait parfaitement être un nom propre, mais on préférera sans doulc lire
Nous considérons comme un S le signe du début; ce n’est peut-être pas une lettre, cin revient fréquemment en phénicien comme nom propre (Lidzb., Handbuch).
Le dernier mot à peine gravé est d’une lecture difficile; les lettres sont très mal formées.
Tout à côté du précédent. Il a été copié par Euting ( Nabat . Inscr., p. 13, n° 44) et donné par le Corpus ( CIS II, n° 121). Estampage et copie (pl. XCIV).
yny p “UsaStf ’ Elnafiyu fils de ' Abdu .
Les nouveaux documents prouvent qu’il faut lire au milieu p au lieu de il; ils confirment pour le reste la lecture du Corpus. Les deux noms ont une terminaison nabatéenne. Seul Yalef du début appartient très nettement à l'alphabet hébreu; aussi peut-être vaudrait-il mieux ranger ce graffite parmi les graffites ai’améens dont l’écrilure se rapproche beaucoup de l’hébreu carré (cf. nab. nos 223, 319, etc.).
A IJereibeh, au nord des précédents; au-dessus d’une inscription arabe, entre les deux graffites lihyanites nos 316 et 317.
mn Et a écrit 7sma 'U
p~y p fils de Sadoq.
Cette fois, c’est bien de l’hébreu quoique fortement influencé encore par l’araméen ou l’arabe. Ainsi biynDN, qui répond sûrement au nom biblique bwatth, se rapproche beaucoup moins de la forme hébraïque que de la forme syriaque et de l’arabe — p“ï pour p*ny
justifie pleinement la lecture proposée ci-dessus au n° 2, “pi pour -pu.
§ 2. — Inscriptions grecques.
Ces inscriptions grecques ne sont généralement que des graffites dont le contenu est assez insignifiant mais qui valaient cependant d’être notés surtout tà cause de l’endroit où ils se trouvent (pl. CLIII).
N° 4. — Sur la petite colline de Qebour el-Gindy entre Médàin-Sàleli et el-'Ela, au milieu de graffites nabatéens (nos 225 ss.).
QUELQUES TEXTES HÉBREUX, GRECS ET LATINS. 645
MvY]<r6rj Mdyvoç T Kaaff'iî S(popieoapiç).
Qu’il soit fait souvenir de Magnus — Cassius cavalier à chameau.
Il doit y avoir deux graffites séparés par uu ouasem, ce qui prouverait bien que ces soldats malgré leurs noms grecs ou romains sont simplement des Arabes. Le second graffite est inachevé. On pourrait être tenté de le lire Kau<noowpou et de rattacher ce mot à celui qui précède : « Magnus fds de Cassiodore » ; mais Iluber et Euting ont copié dans le voisinage un autre graffîte qui porte : MvïjcOrj Kxffal(ç) SpcgeSapiç (1). Il doit s’agir ici du même individu et nous complétons notre graffîte à l’aide de celui de nos prédécesseurs. Kauat; doit être pour Kaaaioç comme Spogsoapiç pour SpogeSâptoç. Les dromedarii figurent dans plusieurs inscriptions du Haurân (Waudington, nos 1946, 2267, 2424).
N° 5. — A cinq minutes au nord-ouest du précédent, tout près de la voie ferrée (p. 14), sur un gros bloc éboulé.
Mv(7])<70îj Qu’il soit fait souvenir
’AvtwvTvoç d’Antonin.
Le graveur a oublié le premier rr
N° 6. — Au même endroit.
MvYjaOîj po; e iXvjç Spo puSdpoç 3(J>
Qu’il soit fait souvenir de Severus, de l’escadron de cavalerie à chameau de la centurie Flavia.
Eïàtjç reparaît encore plus clairement au n° 10 et toujours devant le mot opc[j.zoip’.o; ; ce ne peut être que pour IX-qq « troupe, escadron ». La construction n’est guère grammaticale; mais on constatera d’autres entorses aux règles de la grammaire et à l’orthographe dans ce grec de troupier, appris sans doute à la caserne et qui pourrait être comparé au français de nos légionnaires ou de nos turcos. — A la fin de la 1. 3, on serait porté à lire o<p6ïj (voir le fac-similé, pl. CLIII) et c’est ainsi que nous avions lu tout d’abord. Nous croyons maintenant qu’il faut voir dans la première lettre qui ressemble à un C renversé, non point un O incomplet, mais un sigle ; il rappellerait assez bien le sigle de la centurie. Le cj) qui vient après serait une abréviation du nom de cette centurie (2). Quant
(1) Il ciîER, Journal..., p. 407. — Eutinc., Nabal. Inschr., p. 1:1.
(2) L’auteur de ce graffile serait-il un vétéran de la cohors I Flavia stationnée à Moleatha en Palestine? Mais la Nolitia dignilatum ne signale connue cavaliers à chameau dans la Pales-
aux deux dernières lettres qh, elles appartiendraient au graffite suivant dont la première ligne MNHC est à compléter en MNHC0H-
N° 7. — Immédiatement au-dessous du précédent.
Mvï)<r0î) Qu’il soit fait souvenir
OùXmot vôç de Ulpianus
tTTcûç cavalier.
Le graveur ayant mal pris ses dispositions s’est trouvé arrêté à la 1. 1 par une cassure et a complété son mot en écrivant les deux dernières lettres au-dessus, à la fin du graffite précédent. — êttsûç pour Êmce'jç n’a pas de quoi surprendre.
N° 8. — Au même endroit.
Mvr,aôîj Qu’il soit fait souvenir
OùaêaMdç de Wahaballat.
Cette fois le nom est bien sémitique; nous l’avons retrouvé dans le voisinage sous la forme înStorn (nab. n° 225).
N° 9. — Au même endroit :
Mv7]a6î; Qu’il soit fait souvenir
’Avtwvsîvoç d’Antonin.
C’est très probablement le même individu qu’au n° 5, quoique l’orthographe ne soit pas la même.
N° 10. — Au même endroit.
MvYlffÔŸ,
Qu’il soit fait souvenir
OuXinç Md
de Oulpis ( et de)
yvoç Î7nrou;
Magnus, cavaliers
£iXvj<; Spoue
de l’escadron des
Sdpio;
dromadaires .
Oüakiç doit être pour Oüàtuoç, à moins qu’on ne préfère y voir un nom familier de OùX-Ktavôç paru au n° 7. La mention de Màyvoç, identique sans doute à celui qui a gravé le n" 4, rendrait cette supposition assez vraisemblable; ici les deux soldats auraient signé ensemble. Il faut sup-
line que Valu Antana dromedariorum cantonnée à Admatha, aujourd’hui hirbet el-Hammam à côté de Ma'ân (I, p. 37 s.). Il esl possible qu’à un moment les Romains aient eu à Moleatha, comme aujourd’hui les Turcs à Bersabée qui est dans la même région, quelques cavaliers à chameau.
QUELQUES TEXTES HÉBREUX, GRECS ET LATINS
poseï- en eflet deux noms distincts quoiqu’il n’y ait pas de conjonction; le pluriel {--aiz pour Stctcsç prouve qu’il s’agit bien de deux individus. Les deux dernières lettres sont simplement tracées en pointillé et n’ont pas été gravées. On aurait attendu un pluriel.
^ 11- ■ 'A- quelques pas des précédents, dans le même groupe de rochers. Grandes lettres mal soignées.
MveuOÿ, Qu’il soit fait souvenir
Oùa6aXX«ç du Wahaballal.
Identique au n" 8, avec une lautc en plus dans le premier mot. N° 12. — A côté du n° 11.
Mv/)<70îj Qu’il soit fait souvenir
•AOYA de ... Wa(haballat).
Le nom doit être incomplet; en avant du premier A il y a un signe détérioré et méconnaissable.
N' 13. — Toujours au même endroit.
Mvï)(ff)0îj Qu’il soit fait souvenir
vAï>Xoç de Aphlos.
Le A est très effacé; néanmoins la lecture ne semble pas douteuse. Un graffite nabatéen voisin porte abu; dSsn‘ 72 min (n° 243).
N°14. — Dans la plaine de Médâin-Sâleh, au sud-est du gebel Etlib, sur le côté ouest d’un mamelon isolé. Grandes lettres très détériorées et d’une lecture difficile. Ce sont encore des signatures de soldats.
MvYjGÔ/j .
Ixxur,<; aXa PstouXwv. Mvv-jaQyj ô tônoç
Qu’il soit fait souvenir .
cavalier de l’aile des Gélules. Qu’il soit fait souvenir du pays.
Le nom est à peu près entièrement effacé; c’est à peine si on arrive à distinguer quelques traces de lettres. La deuxième ligne ne se lit pas non plus sans difficulté (1); la transcription que nous en donnons nous
(I) dans le fac-similé nous avons dû renvoyer à la ligne, faute d’espace, mais les lettres hotottoc doivent être placées à la suite de (j.vy)<tO ainsi que l’indiquent les deux tirets; par contre OTTOYANH, n” 15> avec le signe qui précède, doit être renvoyé à la ligne; c’est ce que nous avons voulu marquer par la barre ajoutée après N*
paraît cependant sûre, sauf peut-être pour une lettre. — ’Exxuy jç est la transcription du lalin eques, de même que oX a correspond à ala. Il faudrait le second mot au génitif, mais nos troupiers n’étaient pas sans doute très ferres sur l’emploi des cas. — rexcupwv ne peut être que pour IYrcuXtov qui figure plus bas, au n° 16. Nous n’avons pas plus hésité pour le P que pour les autres lettres de ce mot; aussi nous ne croyons pas qu il y ait là une faute de copie. Ce soldat aura écrit comme il prononçait, Texoupwv; le changement entre elles des deux liquides p et a est du reste assez courant. — La fin de la ligne pourrait appartenir à un autre graffïte bien qu’il soit difficile de faire un nom propre de Otcttoç; mieux vaut lire b totio; en deux mots et voir là un souvenir envoyé au pays natal ou à l’endroit où l’on servait.
N° 15. — Au même endroit et tout à côté.
Qu’il soit fait souvenir de Urbain et de celui qui lira où qu’il soit.
Le style de ce graffite rappelle celui de certains graffites nabatéens dans lesquels il est fait mention du lecteur (1). Le dernier mot doit se rapporter à Oipêaviç, à moins de supposer un singulier pour un pluriel et de le faire rapporter aussi au lecteur.
N° 16. — Au même endroit, mais sur la face est de la colline, à côté de l’inscription libyanite n° 6, à plusieurs mètres du sol. Copie et photographie (pi. LXX, 3). Il y a quatre lignes qui ont l’air de se faire suite (voiries pl. LXX, 3 etCLIII); cependant, d’après la forme des lettres et surtout d’après le sens, il semble qu’il soit nécessaire de distinguer deux graffites. Nous lirions le premier :
Folskianus Severus cavalier, à deux reprises, de l’aile des Gélules.
Le second graffite formé de la fin de la troisième ligne et de toute la quatrième est moins clair. On lit matériellement :
’EttOIYjŒ SV lyo. . . ?
paou àXs IA0EMAMOY FoSXtou.
1. Par exemple clans ce graffite dePélra, Nirol NNIp oStî? (CIS., II, 446).
QUELQUES TEXTES HÉBREUX, GRECS ET LATINS
A fait .
. de l’aile .
Par suite d'un défaut du rocher, la fin du mot | SeouÉpc; — avec un e — a été écrite à droite dans le haut. — ’Ey.ûv); avec un seul y. cette fois. — Aî; parait bien appartenir au premier graffite dont les lettres sont plus grandes que celles du second. Folskianos était un rengagé. — vAXe rend le génitif latin « alae ».
La fin de la première ligne dans le second graffite paraît incomplète. Il est difficile de dire si eyo est pour eyw ou si c'est le commencement d’un nom propre. Le graveur avait oublié le A dans aXs ; il l’a ajouté ensuite au dessus du mot. Le | qui vient après appartient-il à àXs qu’il faudrait lire alors aX si. ou bien est-ce le chiffre 10, ou bien encore doit-il être rattaché au mot suivant? autant d’hypothèses entre lesquelles il est difficile de choisir. A0E ne peut guère être pour ’A0v;vtov ou ’AOv^aiwv. La mention de Thema ou Theman serait beaucoup plus en place, mais il est difficile d'aboutir à celte lecture. Du reste, les deux lettres qui viennent après G sont un peu douteuses. On ne trouve point, dans les ailes de cavalerie mentionnées par la No t ilia, un nom qui puisse être rapproché de ce qu’on lit ici. D’ailleurs il ne figure pas non plus dans cette même liste d’aile de Gétules. Si on pouvait savoir à quelle époque cette aile a été constituée on aurait là un point d’appui pour dater ces graffites. Il est possible qu’ils aient été gravés par des soldats romains en campagne chargés d’escorter quelque caravane officielle. On pourrait songer aussi à des vétérans qui après avoir servi dans les armées de l’empire auraient affecté, une fois rentrés chez eux, d'employer la langue apprise à la caserne. La Notifia parle, à propos des troupes de Palestine ou d’Arabie, A' équités indigence, Saraceni, Thamudeni etc. Un certain nombre de ces cavaliers étaient des Arabes. Il devait y avoir des troupes auxiliaires dans le genre de nos gowns algériens, mais quelques-uns aussi, beaucoup même, étaient incorporés dans l’armée régulière et servaient soit dans des corps spéciaux soit dans des corps qui leur étaient apparentés.
N° 17. — Sur la même paroi que les graffites n° 14 et n° 15.
MvïjffQvj r£p[j.a(vôç) Qu'il soit fait souvenir de Germain .
Le graffite parait inachevé. Espp.a doit être complété en Fspp.avoç; on croit reconnaître le commencement d’un N-
N° 18. — Dans le défilé de Mabrak en-Nêqah, à gauche en venant du
nord, se trouvent quelques rares noms grecs, au milieu des graffîtes nabatéens. Nous y avons relevé le nom de ZH0OC à ajouter à ceux que Doughty a copiés au môme endroit ( CIS ., II, pl. XLI).
N° 19. — Dans l’ouûdy Hanzlreh, sur un rocher dans la vallée, en face de la pierre appelée el-IJanzîi’eh (I, p. 86).
IIstom N«Ç«xa A Pierre Nazal'a IIsxpoç Pierre.
Le reste est indéchiffrable.
N° 20. — Dans le Ilarrah, au sud-est de Tebouk (p. 181).
Os i o)S(w) poç Théodore.
Malgré son incorrection, ce mot est bien gravé et on ne peut pas se méprendre en le copiant.
N"21. — Inscription gréco-nabatéenne de Zizeli (voir plus haut, nab. n ' 392, p. 234, et pl. LXXI). Le commencement et la fin du texte grec sont endommagés. Ce qui subsiste se lit sans difficulté.