‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 24 sur 156 · la terre en entier · texte numérisé non relu

la terre en entier

L. 1. — ùm « son fils ». L’inscription étant incomplète, on ne connaît pas le nom propre auquel se rapporte le pronom iy. — presque effacé sur notre estampage; ’Asad est un nom fréquent en arabe « lion »), où nous le trouvons comme nom propre d’homme et de tribu. D’après CIH., 84, il est également nom propre de tribu en sabéen (Hartmann, Arcib. Frac/., p. 355). 7Ûm est employé encore comme nom commun dans le sens de « guerrier » (Hommel, Aufsatze..., p. 29 s.). — p, nom propre pour Müller, est assimilé par Mordtmann à la préposition p = « de » (1). Il nous semble que le développement normal de la phrase s accommode parfaitement d un verbe après le wciw. Puisque le verbe précédent a disparu dans la cassure de la pierre, nous ne connaissons pas le sens de la proposition antérieure, mais comme l’inscription parle de supplicalions et de prières, on ne sera nullement étonné de trouver ici un verbe tel que p, répondant à l’hébreu pn, à l’arabe ^ signifiant « avoir de la bonté pour quelqu’un, lui témoigner de la faveur ». — amTiiyc, à l’état indéterminé. On sera tenté de comparer ce mot à l’arabe « en piété, agissant pieusement », destiné

à accentuer la signification du premier verbe p; f ^ « il a

témoigne de la faveur avec piete ». Le sabéen | « la commu¬

nauté des gens pieux » est connu. — ... foni termine la ligne. Restituer peut-être pyn « garder en sa possession ».

L. 2. Tn, fin d un mot restitué Tnyù? par Mordtmann. — 713 « à Wadd ». 11 s’agit d’une consécration à Wadd qui doit garder l’objet offert et le protéger contre toute main sacrilège. Pour l’explication des mots qui suivent, v. n° 11, 3. Le dernier verbe est à compléter

L. 3. — pi égale jjj « et si ». Le 1 est en partie visible sur l’estampage, surtout vu par derrière; le n parait sûr. — pjœfoi est une forme 5 répondant à la 4e forme arabe, JpJ. La première forme signifie

« retentir avec fracas » en parlant de la voix, et principalement du tonnerre (2). A la 4e forme (jpij veut dire « faire parvenir la voix ou

le bruit aux oreilles de quelqu’un »; cf. l’expression arabe .LJ! répondant à ïicUy JplJ. Que i&Lz « la grande voix criarde » soit

(1) Grimme compare p à l’arabe « temps ».

(2) Les observations très ingénieuses de Millier sur et surtout iûtU» ne sont pas en

rapport avec le sens général de l’inscription.

INSCRIPTIONS MINEENNES.

devenue synonyme de tonnerre ou voix du ciel, c’est certain; mais c’est un sens dérivé, non original. Logiquement, Jp^>l veut dire « faire parvenir son cri à quelqu’un », ou « frapper les oreilles de quelqu’un de ses cris » (1). Au n° 24, 6, on trouve la 10e forme de ce verbe, psnmfo « crier pour soi, intercéder ». pyyû? aura donc ici le sens de « faire entendre sa voix ». — mbïn « en prières ». Il est naturel de regarder ce mot comme spécifiant le précédent : le personnage dont il s agit élève sa voix en prières. Si mSsa était pris dans le sens ordinaire de chapelle, l’inconvénient ne serait pas bien grand; on désignerait par là une chapelle dans le sanctuaire. Mais on préférera sans doute la traduction suivante, si naturelle et si simple : « Il éleva sa voix en prières dans le sanctuaire » (2). — Le mot final ne doit pas être lu “1 comme dans Müller, mais i27p ; les lettres sont très visibles sur 1 estampage, sauf le “i dont on n’aperçoit qu’une partie : ce qui ne suffit pas pour mettre en doute le déchiffrement proposé. Qarnaw était une des villes principales du royaume de Ma'in, cf. Hartmann, Ar. Frag., p. 135, 178, 349.

L. 4. — iypyyiyi a la même signification qu’à la ligne précédente. Mais ici on a le régime direct exprimé dans le pronom iy qui se rapporte au dieu, peut-être à Wadd, mentionné lignes 2 et 5. iypyïiyi « il le prie ». — iynnio « pour ses clients » suivant l’interprétation de Mordtmann, Beitràge ..., p. 41 (3). — tnpa « à Qarnaw », déjà deviné par Hommel et Mordtmann, est certain comme lecture. A la fin de la ligne, les vestiges d’un n ou d’un \

L. 5. — vyirniy, lu par Müller sans difficulté, a été rejeté par Mordtmann qui propose Tnrnu « demander conseil ». L’avant-dernière lettre en effet peut prêter matière à tâtonnement : le cercle n’est pas complètement fermé à gauche, à cause d’un défaut de la pierre; on ne saurait donc décider si, du fait de son développement et de sa dimension, il a plutôt les apparences d’un 1 que celles d’un y; on aperçoit bien, à peu près au milieu du cercle, en haut, le commencement d une barre transversale qui ne serait autre que la barre régulière du T, mais elle s arrête brusquement vers le milieu, sans motif, et parait n être autre chose qu’une éraflure de la pierre. De cet examen il résulte que le V est plus

(1) Le sens de briser pour est un sens dérivé (Hommel, Aufsâtze..., p. ^0).

(2) Remarquer que pyjfiy prend son régime avec n comme l’arabe

(3) Il ne répugnerait pas absolument de traduire par : « à ses oreilles », en faisant rapporter le pronom ullîxe iy ii un nom de dieu mentionné auparavant; cf. n* 30, 5.

probable que le 1. Le verbe nyurniy à la forme st, répondant à la 10° forme arabe a le sens de « reconnaître, concevoir », peut-être « récom¬

penser ». Le sujet du verbe est n. Le mot suivant est effacé, et ne laisse voir distinctement que les deux premières lettres peut-être la troisième est-elle un ir. On ne voit pas la possibilité de restaurer «iniiir, d’autant plus que rarement on trouve ces deux divinités mentionnées ensemble en dehors de Nikrah; c’est en triade qu’elles se présentent. — Dirnnruùn « dans leur piété ». Le a est gouverné par le verbe -iyxzrnür ; et offinnnai» est le masdar de la 4e forme; on a trouvé le participe de ce verbe à la ligne \ .

L. 6. — 'jn, fin d’un mot? La lettre précédente ne saurait être déterminée d’après notre estampage, mais il ne paraît pas que le n soit précédé d’une barre de séparation : on notera de même que la barre de séparation, après le nûn, a laissé très peu de trace. Il ne semble pas que ce in-.' ait la meme valeur que in de la ligne 1, — Snis. Le premier signe a 1 aspect d un il? , car la barre supérieure perpendiculaire s’abaisse directement au milieu de la barre transversale et elle ne porte a son extrémité supérieure, du moins sur notre estampage, aucune trace du crochet propre a 1 alef ’ mais on constatera que son sommet se perd dans une éraflure et que le corps inférieur du signe est plus petit et plus mesquin que celui du fo, dans ce texte. La lecture bna est donc très probable, mais son interprétation reste douteuse. Müller considère bna comme l’équivalent de brus « famille »; v. Mordtmann, Beitràge..., p. 7. Grimme, ZDMG., LXI, p. 84, propose de voir dans SnN l’équivalent de l’hébreu bn « profane », et dans jn l’arabe ^ « temps ». Il

traduit brus | par « temps de la non- consécration » zeit der Weihelosigkeit. — jmiosr « 'Ammirata' », nom d’un clan ou d’une famille, x.n 11, G. jp’i'r « ce qu ils possèdent ». Le nûn final parait être ici le signe du pluriel? Il ne semble pas possible de lire deux nûns (Hommel, Süd-ar. Chrest p. 26). A la fin de la ligne ... an.

L. 7. — Après les premiers mots frbn | dïin « la terre en entier », on n aperçoit que des traits confus. La restitution de Mordtmann est possible, aitfjban; cependant le x n’est pas clair; deux lettres, dont on aperçoit la partie inférieure, sont à rétablir devant le n. Le texte est trop mutilé pour fournir autre chose que des suppositions.

L. 8. On n aperçoit que 1 extrémité supérieure de quelques lettres.

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

2tSl

Texte inédit.

A l’intérieur du village d’el-'Ela, sur une pierre encastrée dans le mur de la maison située en face de l’habitation du cheikh Sâlem, non loin de la porte méridionale. Les caractères sont réguliers, fortement gravés; malheureusement la pierre, étant friable, a été usée par le frottement; l’inscription est réduite à un simple fragment, tronqué de tous côtés. Longueur 0m, 34; largeur 0m,20; hauteur moyenne des lettres üm,045 ; 5 lignes; estampage (fac-similé, pi. XCVI). Nous lisons :

... pi | ram | rva ... A ... api | Sa | iirnm | m ... .2

... | api | pa | San | * ... .3

... ma | ynnûn | *mw ••• A ... tanSto | Sa | p | is ••• -3

\. ... Qu’ arrivent les dons et ...

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