‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 29 sur 156 · L. 7. ... Idkar’il du Ahram · texte numérisé non relu

L. 7. ... Idkar’il du Ahram

Sur la signification de tTiJTîO | UtpïÀ’lllÉ1) à la Uëae L v. n° 8, 4.

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

niches sur l’immense paroi de rocher si bien préparée cependant pour les recevoir. Le mot mbs peut être au pluriel ou au singulier. — ànapù; « sa consécration », c’est-à-dire l’acte par lecjuel il consacrait tout son avoir aux dieux, ou mieux l’ensemble des objets consacrés aux dieux. — àvocx « ses inscriptions », comme l’arabe « lignes d’écriture, écriture ». — ijnh[5?]. Le y se trouve à la place d’une cassure de la pierre. Le i final n’est pas visible; mais le mot se restitue aisément en entier. Vraisemblablement, il est juste aussi de rétablir avec Mordtmann les noms de \Nadd et de Nikrah, dieux de Ma in : pa | nbxbx | | th | ïipT | mnst;

cf. n° 17, 3.

L. 3. — pn | n... confirme la restitution proposée, laquelle, si elle était certaine, fournirait la preuve que l’inscription est fort endommagée puisque l’espace qui a disparu contient les IG lettres des mots rétablis. — “T33. « contre quiconque ». Sur notre estampage, les caractères ont souffert. On peut cependant les restaurer sûrement. — Les trois verbes qui suivent se rencontrent fréquemment dans les inscriptions de l’Arabie du Sud. Après xsitf, Muller restitue avec beaucoup d a-propos : | p | nom) no(vo | □itfnapn « et enlèvera de leurs places au jour de... ». Sur la signification et la coordination de ces verbes entre eux, y. Mordtmann, Beitràgc..., p. 15 s.

L- 4. — na, finale de nnv « jours de... ». Le roi ici nommé est ’Elyafa \asur, petit-fils de Yaü' ’Elsàdiq, fils de Waqah’il Yafi'et père de Hifnam Riyam, tous trois rois de Ma 'in, cf. Hartmann, Arab. Frag., p. 126 s. — 1) après notre texte, Elyafa' Yasur est seul roi de Ma in. Dans l’inscription d’IlALÉvv, 534, nous lisons que son fils, Hifnam Riyam, était roi avec lui. Le qui prouverait que cette dernière inscription est d’une époque postérieure. Notre inscription est datée du Kabirah de Hamy, tan | naja,. Le nom tan se retrouve dans les nos 88, 202, et avec l’élément divin bx dans n° 81. bxian à comparer avec l’hébreu bxian (?), I Chron. 4, 26; cf. l’hébreu

’arp, 1 Chron. 7, 2. tan est à rapprocher de l’arabe « enceinte

sacrée » ou bien de ^>.1 « protégé ». Il paraît fort probable qu’il faille

distinguer de inn le nom propre 'pan des nos 18, 4; 132; 162, et de Muller, Epigr. Denkm., XIX, 8.

L. 5. — « la plate-forme » comme à la ligne 2. — 'jn'opiz; « la

consécration ou mieux les objets consacrés ». — pni2X“ « du Abarhan >: pris comme un nom de mois par Mordtmann, Beitràge..., p. 21. Et cette

ccs formules pour marquer la date. Sans cela, on serait porté à chercher

2co MISSION ARCHÉOLOGIQUE EN ARAIIIE.

dans îrmxi un nom propre d’homme qu’il serait permis peut-être de rapprocher, en quelque manière, de Abraha de Ibn Qütaybau, Ma arif , apud Hartmann, Arab. Frac,., p. 483. Ce (qui par sa forme extérieure

rappelle orna») serait, dans ce cas, le Kabir, mwï. Mais on doit reconnaître que cette explication se heurte à de grandes difficultés et reclame la découverte d’autres textes pour être appuyée. — Après msn, Millier restitue üms | pip. Cette formule répond à l’arabe ig « dont le Kabirah est le premier », en entendant dans le sens de « premier en

préséance, en dignité » et non dans celui « d’antériorité de temps ». Le Kabir, ainsi appelé, était le président des Kabirs; nous dirions le premier ministre ou le président du conseil : cf. Hartmann, Arab. Frag., p. 441. La restitution imss | pip est fort admissible; elle ne suffit pas pour emplir l’espace entre msn et pais, si nous la comparons aux restitutions des lignes 3 et 4, où nous comptons 16 lettres rétablies, et à la ligne 5, 8 seulement. Le nom propre de ce premier Kabir devait être aussi

exprimé. .

p 6. c’est au commencement de celte ligne que Mordtmann, bei-

tràge..., p. 22, place inss | pïp. — pois, appellation d’un dignitaire a la cour du roi minéen, dignitaire assez considérable puisqu’il participait a l’ éponymat avec le premier Kabir. La racine sais signifie « entendre ». □sais répond à l’arabe ou peut-être ce dernier de préférence :

le Qoran l’a conservé comme étant un des appellatifs de Dieu. On pourrait peut-être traduire om par « auditeur ». Le dignitaire chargé d entendre la cause des inculpés, on plutôt les décisions des juges ou du conseil des ministres, cf. Glaseb, 282, 8, apud Hartmann, Arab. Frag., p. 412, note 1. - Sxnm « Wahab’il, don de ’El ou ’El a donné ». Ce nom se rencontre plusieurs fois en minéen. On trouve aussi 3m, 22, 3, sans le nom divin Sx.

Y,n « Hayyu » à comparer avec l’arabe Ibn Dor., 197, 17; nom

fréquent dans les graffites minéens et en nabatéen (JS., Mission..., 1, p 209, 211, etc.), vn signifie « la vie ou le vivant ». On notera que la forme minéenne sc rapproche de la forme nabatéenue par le maintien du icaw final. — ymosn est un mot qui revient fréquemment dans les inscriptions et les graffites d’el-'Ela. Il désigne une famille minéenne qui devait occuper un rang remarquable dans le royaume puisqu un de scs membres, Wahab’il, était Samf h la cour du roi. ymoy est composé de deux éléments : as qui peut répondre à l’arabe « oncle paternel » ou

rappeler le dieu as des inscriptions qatabéennes (MÜVG., 1906, p. 249, 258, etc.). Sur l’emploi de as dans les noms de l’ancienne Arabie, v.

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

Weber, OLZ., 1907, p. 146, et Ibn Dor., 226, 2, 4. Le second élément est "m « paître dans des pâturages abondants ». Le mot ymay voudrait donc dire : « le dieu 'Amm conduit aux pâturages ». On pourrait rapprocher cette idée de celle qui est exprimée dans Ps. 23, 1-2 : Nttn niNJ3... 'SH nvn aïr-ni « Yahvéh est mon pasteur... ; il me conduit dans de gras pâturages ».

Texte inédit.

Inscription gravée sur une pierre encastrée dans le mur d une maison, dans la grande rue qui va de la porte S.-O., au corps de garde, au N., à l’intersection d’une rue transversale qui se dirige vers une petite porte, à l’ouest, à lm,50 au-dessus du sol. La pierre est usée et tronquée de tous côtés; l’inscription est donc incomplète. Les caractères étaient réguliers et bien gravés, si nous en jugeons par les vestiges qui nous ont été conservés. Longueur 0m,48; largeur 0m,21; hauteur moyenne des lettres O"1, 03; 6 lignes; estampage (fac-similé, pl. XCVII). Nous lisons :

. ri | rjr\2;j | iï ... .1

...ï | bain | mrni | om | ûrapi | bain | ^n[x*iS.].. .2

...[□jûms'H | □imsaüH 1 p | po | | iirna . 3

...[pi]3f | npri i ]TD | “bo | yrn | rpaK | nai ... .4

...[fcnjas | jnrip | aïraJi | toiN | rmaï | Nfnri —

. Sm | jtÿi . . . ’ . 6

2. ... La [ lévilesse ] Maw'il et sa propriété Ratam et a consacré Mawil...

3. ... Son inscription (?) aux dieux de Ma "in, quiconque les écartera et les détruira...

4. ... aux jours d”Abikarib Yatî ' roi de Ma lîn et de Waqah Sâd[iq]...

5. ... A inauguré le Kabtr 'Aies du Sa'ab , son premier Kabirah...

L. 1. — Des quelques lettres qu’on aperçoit, il est difficile de tirer un sens; le premier mot lui-même n’est pas certain.

L. 2. — ■jn; Un d’un mot qui a disparu; peut-être est-il permis de rétablir înNlb « lévitesse » comme dans 27, 3. — bsia doit être considéré comme un nom propre féminin d’après 27, 3, 5 et aussi parce qu ici le verbe mrn, gouverné par bain, est au féminin. On connaissait déjà comme nom propre nbisio (Müller, Epigr. Denkm., X L V III, et notre n° 164),

rapproché de l’arabe üJîy», nom de tribu (Tri* Dor., 160, 10; Kit. el-Aÿ., XIX, 31). — il") j pi « et sa propriété »; le pronom ü? est féminin. — orn n’a rien à voir, semble-t-il, avec nnn accolé au nom d’une divinité; il doit être ici un nom propre; voir dans Yaqut, II, 753, un nom de Heu appelé Jj et dans Bekry, p. 398, — rnivn « et elle consacra ». On

voit clairement que bxia est féminin. — Le ï qui termine la ligne n’est pas suffisant pour restituer le mot suivant, peut-être mbï?

L. 3. — ùnu, peut-être croc « son inscription ». — ryn | nbxbx « dieux de Ma'în ». Nous retrouvons ailleurs, n° 17, 3, par exemple, cette expression. La colonie minéenne d’el-'Ela avait apporté de la mère-patrie ses divinités, ses usages, les phrases stéréotypées de ses inscriptions votives. Les autres mots qui terminent la ligne sont d’un usage fréquent dans les inscriptions minéennes : « Celui qui les enlèvera ou les détruira ». Le suffixe aù? est au pluriel; ou il se rapporte à plusieurs objets ou bien rc[irx] est au pluriel.

L. h. — nm, a restituer probablement en naît « aux jours de ». — [a]“i:âx. Le dernier signe est effacé sur l’estampage ; mais il se restitue aisément. Le mot suivant a souffert davantage. Cependant on aperçoit nettement un i initial. La dernière lettre avant la barre de séparation est un 'J tout petit, suivant la forme de ces lettres dans cette inscription. La ligne du milieu est effacée; à peine aperçoit-on un petit trait au-dessus de la cassure; avec ces éléments, il semble qu’on puisse restituer la lettre et lire yni, surtout si nous comparons notre passage à 17, 7, on l’où voit très clairement yir | msnx. — TpG. La première lettre nous parait certaine, ainsi que le b. De la dernière on n’aperçoit guère que la barre qui forme le crochet d’en haut : ce qui est suffisant pour la rétablir. — « Ma'în ».

Ap rès le nûn, on croirait voir un n et ensuite la barre de séparation. On lirait alors njyn. Mais les traits des signes sont très flous, et mêlés aux défauts de la pierre. Vraisemblablement il faut une barre de séparation après le nûn : et entre cette barre et le waiv de npl se trouve la place pour le i de la copule. — npl. Le premier signe est très visible; le second, au contraire, est très effacé; il nous semble cependant apercevoir la trace du cercle et la partie inférieure de la haste d’un p. Le n est clair. A première vue on serait porté à lire n, si on tenait compte d’un trait vigoureux qui marquerait l’inflexion, à droite, de cette lettre; mais ce trait n’est pas relié à la haste qui s’abaisse régulièrement jusqu’au point voulu. Nous lisons donc npl. Dans 17, 7, on trouve Sx npl associé comme roi de Ma în à siaax. Mais dans notre texte, rnsix est seul nommé comme roi de yj)2. Malgré cela faudrait-il identifier npl avec bxnpl de 17, 7? On serait

INSCRIPTIONS MINÉENNES.

porté à le faire, surtout en présence de la lettre ï initiale de p-y appellatif de bxnpl dans 17, 7. Dans notre n° 31, 3, on trouve bxnpï suivi de désigné comme Vro | "Sa.

L. 5. — xmn. La première et la seconde lettre restent un peu douteuses; car on n’aperçoit que la partie supérieure. Cependant, il paraît difficile d’interpréter autrement les traits gravés sur l’estampage. On aimerait à lire xrn, tout court, et l’interprétation serait bien plus aisée, car le mot signifiant le « mois Data’ » et le « printemps » est d’un usage courant. Mais les signes s’imposent. Du reste xrnn est une forme en t équivalant à la 5e forme (G0 forme) arabe, « commencer au printemps » ou simplement « commencer ». — - maaï, certain comme lecture :

« Celui du Kabir, le maître du Kabirah, le Kabir ». — in x , nom propre,

répond à l’arabe fréquemment employé , ^1 « don ». — r.yaï. La première lettre reste douteuse. On voit clairement les deux hastes, mais on ne saurait dire si elles sont jointes au sommet pour former un a, ou bien si elles sont unies par deux barre au milieu pour constituer un i. On notera qu’en général dans cetle inscription les a sont un peu plus étroits que les à. Pour ce motif on pourrait peut-être regarder le premier signe comme un î. ayüï « de Sa'b, appartenant au Sa'b », à la classe dirigeante (Hartmann, Ar. Frag., p. 455). Au contraire airaa signifierait que ’Aws a inauguré son Kabirah parmi le peuple. — ^Gip « le premier ». Le p et le a sont certains. Du t, on aperçoit la liaste en entier : la place de la boucle est occupée par une cassure; le “r est visible dans sa partie inférieure. — Du mot suivant, on distingue les deux premières lettres üd à compléter en iinas « son Kabirah ».

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