Yafa 'An Kabir de Ma 'in à [Dedan
L. 1. — ii, restauré par Müller, avec raison, en uni « donner, présenter » ; v. n° 14, 2. — inittnTO « aux mains d’eux deux », au lieu de airnT>i. Le ; final est indubitable sur notre estampage, et Mordtmann l’avait déjà pressenti. Le pronom suffixe au duel, vais, se rapporte à deux personnages dont le nom a disparu, peut-être celui des deux rois de Ma'in mentionnés à la ligne 7. — iy, lu un par Müller et T par Mordtmann, ne souffre pas de difficulté au point de vue du déchiffrement, et, regardé comme conjonction, convient fort bien à l’ensemble de la phrase en marquant le but de la donation « pour faire œuvre pie », (1). Ce dernier
mot, dont le i est effacé à la partie supérieure, peut être regardé comme étant hors de doute. La barre qui se trouve après le dernier i ne répugnerait nullement à représenter la partie inférieure d’un 3.
L. 2. — à lire x:n avec Mordtmann, nom propre revenant à cette même ligne et à la ligne 5 ; ce nom se rencontre fréquemment en minéen. [ünjJÎN | Ti « et ses clients », déjà proposé par Mordtmann, est tout à fait vraisemblable. Le n seul est un peu sujet à caution, à cause d’un grain de silex qui a empêché le graveur de former correctement cette lettre, mais les deux jambages d’en bas sont très clairs, et au-dessus du grain de silex on aperçoit un trait gravé qui peut représenter le commencement, de la lettre k. Après le 3, on voit sur l’eslampage un trait qui se perd dans une cassure. Comme on rencontre ce mot en minéen (v. n° 8, 4), et que dans notre texte il vient immédiatement après le nom propre njh, la restitution du pronom suffixe paraît naturelle.
L. 3. — x' placé devant les noms divins ni3T | T suggère immédiatement le groupe ÿnpï | miïy. Cette reslitution nous donne la triade divine ordinaire chez les Minéens, et s’il ne paraissait pas possible de supposer
(1) Pour Giumme, ZU.UO., LXI, p. 83 s., VDw indique un élut de consécration à la divinité.
la disparition d’autres noms, on pourrait juger par cette restitution du nombre des lettres — sept ou huit — qui manqueraient au texte, à droite, ou, plus vraisemblablement, à gauche. Mais suivant la juste remarque de Mordtmann, on regrette après le verbe -ni l’absence de la mention de l’objet (ou des objets) consacrés : ce qui augmente le nombre des mots disparus. — Le ï final devait être suivi des verbes qui signifient la destruction et l’anéantissement et qu’on rencontre dans les textes analogues; soit min | N3ün I imim, suivis du suffixe pluriel, comme on peut l’induire de celui du substantif de la ligne suivante : aiynnpa « leurs places ».
L. 4. — an est à comparer avec « si » (Hommel, Süd-ar. Chrest ., p. 54). La lecture reste un peu douteuse; cependant le n est visible en entier, sauf pour la boucle inférieure qui a disparu dans l’effritement de la pierre; mais cette lettre doit être regardée comme certaine. Pour le n on reste dans la perplexité; car sur l’estampage on n’aperçoit que quelques traits qui peuvent concourir à former cette lettre. Quant au déchiffrement m, il est exclu par la présence du a. — Sur le sens de innx « détruire, anéantir, ou mettre à la dernière place », v. Mordtmann, Beitràge..., p. 33, et Müller, Sïid-ar. Altert., p. 29. Au point de vue paléographique, on notera la forme resserrée des n. — bix pris dans le sens de « premier » fait supposer que les objets offerts au temple étaient disposés dans un ordre sacré auquel il était interdit de toucher. Peutêtre ne serait-il pas impossible de le regarder comme un adverbe à traduire par : « premièrement, tout d’abord », et dans ce cas, il s’agirait moins d’un changement d’objets de place que d’une destruction totale. Il pourrait se faire aussi que bix dût être rattaché au mot suivant : [2]inn | Six « le premier qui récompensera (ou rétablira) ». Cette interprétation parait plus vraisemblable. Après Six, il y a sur la pierre un espace vide de 0m,045, qui a été apparemment laissé à dessein, à cause d’un trou qui existait avant que l'inscription ne fût gravée.
L. 5. — x:n | ibnxn pourrait signifier aussi bien « avec les présents précieux de Hâni’ » que « dans la famille de Hâni’ ». L’équivalence de ïbnx avec bnx, proposée par Müller, parait toujours difficile à admettre à cause de la différence entre n et n. Pour la terminaison du pluriel dans ïbnx, elle s’expliquerait comme étant celle d’un pluriel à l’état construit.
L. G. — ibn^ est traduit par un nom propre « à Ijâlid », dans Epigr. Denkm., p. 33. Il ne serait pas impossible de considérer cette expression comme 1 équivalent de jisr'l « pour toujours ». On viserait ici à la
bonne conservation de la construction et à sa longue durée. — Sur py, v. n° 11, 1. Après []ns]ni“ il convient de lire, avec Millier, rtnva « dans les jours de »; mais il est probable, d’après les observations faites à la ligne 3, que d’autres mots seraient aussi à suppléer.
L- B. — Plusieurs lettres sont détériorées, dans le bas, à cause de la cassure de la pierre; mais elles sont cependant reconnaissables. Après le 2, nous ne voyons, des deux lettres suivantes, que la partie supérieure; il pourrait se faire que ces vestiges représentassent le sommet de deux v, dans ce cas, on pourrait lire : pfa « à Dedan » ; mais c’est là une simple hypothèse. SurYafa'àn, v. Hartmann, Ar. Frag., p.268s. ; et sur les deux rois Waqah’il et Abikarib, op. laud., p. 128.
Müller, Epigr. Denkm., XIX; Mordtmann, Beitrage..., XIX.
Sur le montant d’une porte qui ouvre sur une cour, vers l’extrémité nord-ouest du village. L’inscription est tronquée de tous côtés et la partie conservée est en très mauvais état; du reste, les caractères ne dénotent pas un travail bien soigné. Au milieu de la pierre, court, en travers, une ligne qui semble destinée à séparer deux inscriptions. En fait, les caractères de dessous la ligne ont une apparence un peu différente de ceux de la partie supérieure; ils sont mieux gravés. Longueur 0m,30 ; largeur 0m,17; hauteur moyenne des lettres 0m,0i; 6 lignes. Estampage (pl. LXXIII et XCV). Nous lisons :
...h | 2ÏI7 ... .1
...nù? | ... .2
...nnbN | p ... .3 rpnn ... .4 ... nbkn ... .5 ... -ay ... .6
L. 1-2. — Dans les deux premières lignes, on n’aperçoit que quelques lettres, encore sont-elles incertaines pour la plupart.
L. 3. — p, lu par Müller, est restauré en p[îo] par Mordtmann. Le 7 est possible, mais il reste toujours douteux; car la pierre est brisée là où devait se trouver le second jambage ; de plus, on n’aperçoit qu’une seule barre transversale. — nnbx est sans conteste comme lecture, mais d’après l’estampage, on ne saurait affirmer si le mot est complet; on ne distingue pas en effet la barre de séparation et un petit trait gravé pourrait faire
MISSION EN ARÂlilE. — II.
supposer que le n était suivi d’une autre lettre. On notera en passant la dimension du n. Sur nnbx traduit par « divinité » dans Epigr. Denkm., voir les explications fournies par le Corpus ( CIH ., 6, 2).
L. 4. — imn « Ilamiyân », nom propre d’homme. La lecture est à peu près certaine; le : est écrit à l’envers, et à cause d’un défaut de la pierre, produit à première vue l’effet d’unn; cependant il paraît être hors de doute. Ce mot se retrouve dans les nos 132 et 162, psn 'pan. H serait possible de reconnaître, en ces différents endroits, le nom du même personnage. Et on serait porté à le croire, en lisant sur notre estampage les lettres suivantes 317, qu’il sera facile de compléter en sur lequel
v. n° 23, 2, quoiqu’on n’aperçoive que des vestiges tout à fait flous de 73?. On remarquera Informe carrée du n dans 'pan. Sur Aafa an, v. n"17, 8.
L. 5. — nbaa n’est pas certain comme déchiffrement; la seconde lettre, R, pourrait être aussi un b (1). Ces vestiges suffiraient-ils à autoriser la restitution du mot nbxain associé avec pan dans les nos 132 et 162?