L. 6. — a y paraît sûr, mais ce n’est qu’un débris
Texte inédit.
Sur un linteau de porte, dans une petite rue latérale qui aboutit à un passage dans les jardins du côté de l’est. La pierre est en grès très dur et est difficile à estamper, car elle ne garde pas l’eau et n ottre aucune prise au papier. De plus, le vent soufflait avec force dans ce couloir, et nous gênait sensiblement. Nous avons dû recommencer plusieurs fois l’estampage avant de pouvoir en obtenir un qui nous parût passable. Les caractères ont été usés parle frottement; quelques-uns sont presque illisibles et d’autres ont disparu en plusieurs endroits; l’inscription est incomplète à droite et à gauche. Longueur 0m,73 (la pierre a 0m,84); largeur 0m,30; hauteur moyenne des lettres 0m,035; 15 lignes (pl. C). Nous lisons :
...[nbjxbx | pnûn | ~ia... .1 ..an | pna | noDpoa | ... .2 ..a | jn-injn | pas | po ... .3
... | bs | ... b I nana ... .4 ...aopnii; ... .5
...’ | pm | jnjnm | ]rn ••• -6
...a | mas | pna l mnab ... .1
(1) flbba serait à rapprocher de bbo de Muller, Epigr. Denkm., 10.
INSCRIPTIONS MINÉENNES.
...]m | iw-Qjn | rhi | nu ... .8 ...pirb | nnnn | nnnin ... .9 -ch | Sa | iShn | priu | ... .10 •••nsrai | ■jnï | iap | ... .il ...[njnrb | -p | ijp | baâc ... .12
..•mit | nm'nù ] pot* | p ... .13 . ?14
...□hSd I am ... .15
Et a consacré aux dieux...
dans le sanctuaire des oracles de Sahrân.
du Marrân le kabir et ' Ahirhân ...
la récompense'! ... tout...
a consulté par le sort...
le mois et l’année et si...
du Maharah Sahrân les habits de prêtres
mois, à cause de lui et si...
autel, elle a sacrifié à du ’Awdân...
Sahrân les ornements de tous ceux qui..
possession de brebis et de chèvres...
de toute possession pieuse (?) autel...
cet oracle a obtenu Zaydat...
Wahab Mulhâm [ou inspirateur).
L. 1. — m, fin d’un mot plutôt qu’un nom propre qui existe du reste sous cette forme en lihyanite. Le signe qui vient après le 7 est regardé par nous comme étant une simple barre de séparation, malgré un semblant de cercle vers le milieu qui pourrait porter à le prendre pour un p. — pair « a consacré ». On a ici le verbe pa à la forme s , répondant à la 4° forme
arabe. Quoique la forme soit remplacée en arabe par jjf « former, créer », il n’y a aucune raison pour ne pas reconnaître cette 4e forme en minéen où elle parait avoir la signification de « livrer à quelqu’un, consacrer » ; sur pav. Glaser, Allie. Nadir., p. 10. — nSn, très visible sur l’estampage, semble devoir être restauré en hSnSr « les dieux », auxquels était faite la consécration. Probablement p n venait après.
L* 2. — nuopaa « dans l’endroit des oracles ». On reconnaît sans peine la racine DDp, en hébreu Dpp « divination » ; en arabe « sort, décision», « endroit du jurement », « interroger au moyen des
flèches pour savoir ce qu’on doit faire » ; sur le istiqsam chez les Arabes, y. Wellhadsen, Reste..., p. 132 ss. — prur, certain quant à la lecture, reste dans le vague au point de vue de l’interprétation. On serait porte à le regarder comme étant le nom propre de 1 endroit sacré ou du temple où avaient lieu les décisions du sort et on pourrait rapprocher de ce mot il l^, nom d’un château de Sana'â (Yaqut, III, 339). Il ne serait pas impossible non plus qu’on eût ici uu nom de peuple et 1 ancienne tradition himyarite connaît nom d’une famille (Hartmann, Arab.
Frag., p. 333). On notera enfin que pnw est un appellatif du dieu Wadd (Hal., 504, 5). Le même mot se trouve à la ligne 7, après mnnî et à ligne 10. — in doit être le commencement d’un mot.
L. 3. — no peut n’ètre pas un mot complet, mais le petit trait qu’on aperçoit à côté du o sur l’estampage n est pas suffisant pour indiquer la nature de la lettre qui précédait. On serait tenté de rétablir poî d’après n° 203. Le nom propre du personnage aurait été écrit avant ce nom de famille, du Marrân (Hartmann, Ar. Frag., p. 322; Müller, Ep. Denkm., LXX). — -jmnsr « 'Ahirhan » doit être un nom propre déjà connu (JS., Mission..., I, p. 255 s.).
L. 4. — narra reste d’une interprétation obscure. Dans CIH., 40, 1, ann est un nom propre d’homme. Par suite de l’absence du contexte, il serait difficile d’affirmer ici l’équivalence des deux termes. Il ne semble pas non plus probable de reconnaître dans narra le même mot que anra (1); sur ce dernier, v. CIH., 308, 4; Müller, Süd-ar. Alt., p. 7; OLZ., 1907, 189, 1. 4. narra serait-il en rapport avec narra « récompense »? — Les lettres suivantes sont illisibles jusqu’à la barre de séparation après laquelle on aperçoit Sa.
L. 5. — DDpnir « décider par le sort ». La dernière lettre est un peu douteuse, et représenterait un n aussi bien qu’un n; car on n’aperçoit que les extrémités des traits élémentaires qui concourent à la formation de l’une ou de l’autre de ces deux lettres. Mais comme on a déjà DDpft à la ligne 2, et que le d est ici très visible, il parait plus naturel de lire □. Le verbe est à la forme st , répondant a la 10 forme arabe.
L. G. — -mn, fin d’un mot. La lettre qui précède le i n’est pas visible. Il serait possible de restaurer un n et de lire piiN « la date » ou plutôt de supposer un 1 et de rétablir irm « le mois ». Cette dernière hypothèse
(1) Le anin sud-arabique paraît être en rapport avec le Môtab nabatéen.
INSCRIPTIONS M1NEENNES.
est préférable; car nombreux sont les cas dans lesquels le mois est indiqué par les inscriptions sud-arabiques.
L. 7. — mnnï pourrait être un nom propre de lieu ou de personne; cf. I Chr. 4, 11. Il semble moins plausible d’y reconnaître un rapport soit avec l’hébreu *yino « prix de vente ou d’achat », soit avec “inn, assyrien mahru, renfermant une idée d’antériorité quant au temps. Encore ici, l’absence du contexte ne permet pas d’établir le sens véritable. — mil? 3 répond à l’arabe ïyJÏ « vêtement ». — xô pourrait être le commencement de yïu? « prêtre », d’autant plus que l’estampage semble avoir l’empreinte de la partie droite du ivaw dont la seconde moitié a sombré dans la cassure de la pierre.
L. 8. — Avant le n on aperçoit seulement, au bord de la cassure, le commencement d’un trait, peut-être un u?. — - linnsn « à cause de lui » ( CIH ., 308, 10).
L. 9. — nniTQ « autel »; le G a été un peu endommagé par la cassure de la pierre, mais la partie qui reste est suffisante pour enlever toute espèce de doute. On trouvera la représentation d’un autel sabéen dans Muller, Sïid-ar. Alt., p. 47, et dans Mordtmann, Him. Inschr., pl. III, avec des indications p. 41. — min « elle immole ». La lecture de ce mot est très vraisemblable; le n seul reste incertain, car on n’aperçoit qu’un trait sur l’estampage; mais la restitution de cette lettre est tout à fait plausible. Nous considérons min comme un verbe à l’imparfait, à la 3e personne du féminin. A la ligue 13, en efiet, se trouve mentionnée une certaine Zaydat qui joue un rôle dans les demandes adressées à la divinité. Ici, à la ligne 9, elle aurait offert un sacrifice, sur l’autel, au dieu nommé ci-après. — piym « à du 'Awçlàn ». Suivant toute vraisemblance, on a ici une appellation divine qu’on pourrait traduire « maître du secours », en rapportant pu? à la racine SL « chercher un refuge auprès de Dieu »; à comparer l’expression aJJt SL* ( Qoran , 12, 79; cf. Littmann, Semit. Inschr., p. 122, et p. 128 où pu? est un nom propre).
L. 10. — pmr, déjà mentionné à la ligne 2. Serait-ce le nom du dieu auquel était faite la consécration? ■ — qvt; relatif avec le commencement d’un verbe à l’imparfait.
L. 11. — pÿ doit être maintenu comme lecture quoique la première lettre ne soit pas très nette. A première vue, elle serait prise aisément pour un 3; cependant après examen, on aperçoit la barre transversale du milieu, et dans la partie inférieure, les vestiges très effacés de la barre qui réunit les deux jambages, font pencher en faveur de ÿ. pï est
à rapprocher de jUa « brebis ». — ifîra « chèvres » rappelle l’arabe
ou On nomme les deux espèces de petit bétail, qui restent encore
aujourd’hui une des ressources de la contrée et qui sont désignées de la même manière.
L. 12. — Le premier mot est illisible, peut-être Sbâc. — “ù est incertain comme déchiffrement. Le premier signe a quelque apparence de *r, mais il faut noter que : 1° la barre transversale serait gravée un peu bas pour être celle d’un ï ; 2° on n’aperçoit aucun vestige de la deuxième barre nécessaire au T; 3° les extrémités supérieures des deux jambages ont pu être réunies. Pour ces motifs, ce signe nous semble être un n et nous lisons m « pieux, juste », considéré comme une épithète de ijp. Mais cette lecture, nous l’avouons, est encore hypothétique; car, par suite d’un défaut de la pierre, il ne serait pas impossible de mettre la barre de séparation à la place du trait qui dans la supposition précédente forme le jambage de droite du a.. On lirait alors un a, mais le mot la parait difficile à interpréter en cet endroit.
L. 13. — pnx | p « ce signe, cet oracle ». Sur mx v. Glaser, Aide. Nachr., p. 60, note 1. — roÎNDÙ « a obtenu ». Le verbe est à la forme st répondant à la 10e forme arabe dont la signification est de « faire faire quelque chose pour soi ». On connaît déjà en minéen p>n « la clientèle », px « possession ». Puisque le verbe est au féminin, le sujet doit être évidemment du même genre, et il semble possible de le reconnaître dans le mot suivant, rnn, nom propre féminin. L’arabe possède Jjj et ÜJoj; s-V.'j (I®N Dor-, 185, 2; Kit. el-Ag., IV, 169; XXI, 264).
L. 14. — Tous les signes sont illisibles et effacés, et il y a lieu de se demander si des caractères ont été gravés en cet endroit. Il est bon de noter en tout cas que l’espace entre la ligne 13 et la ligne 15 est plus étroit, d’un centimètre et demi, au moins au commencement, que ne le réclame l’existence d’une ligne d’écriture. De plus, le lecteur observera facilement la différence entre les caractères de la ligne 15 et les autres lettres de l’inscription. De sorte qu’on serait porté à regarder les deux noms de la fin comme étant une signature suivant l’usage des inscriptions nabatéennes.
L. 15. — 3m « Wahab », nom fréquent. — nnSa, certain comme lecture, peut être le second nom de Wahab, Mulham, à rattacher à une racine
arabe « inspirer ». Mais dans la signature des inscriptions nabatéennes on trouve souvent, à côté du nom, le mot xbos « sculpteur »; de même
INSCRIPTIONS MINEENNES.
dans les inscriptions lihyanites, on considère comme ayant la signification de graveur; on pourrait se demander si le mot anbo n’aurait
pas une signification analogue. Le sens premier de est « inspirer », enseigner en secret, appliqué à l’homme, tandis que signifie « inspirer » en parlant de Dieu. Au participe présent de la 4e forme, aurait le sens de « inspirateur; ou maître » qui a enseigné à graver l’inscription.
Texte inédit.
Sur une pierre d’angle du mur d’une maison, à quelques pas à l’est du n° précédent, en face d’une porte ouvrant sur les jardins. C’est un fragment, assez régulièrement gravé, mais très réduit. Longueur 0m,22; largeur 0m,15; hauteur moyenne des lettres 0m,03; 3 lignes; estampage (pl. LXXY et C). Nous lisons :
...mn | msn | nas ... .1 ...Tpvn 1 inm | a ... .2 ...smï | 'jrpapiir | ... .3