bonheur
INSCRIPTIONS LIHYANITES.
L. 1. — annabï; du n et du a on n’aperçoit que de très faibles vestiges sur notre estampage; le n lui-même n’est pas très net. nnbï est au féminin pluriel; sur ce mot v. n° 41, 2.
L. 2. — □nnn(bN'). La restauration proposée par Millier est très plausible. Mais le mot suivant doit être lu ttj « a voué » et non 7iia, la divinité Nasr. Le î est certain; le 7 n’offre pas non plus de doute sérieux bien qu’il ait une certaine apparence de y. Du reste le sens de vn « vouer » convient au contexte. Le nom propre du Dieu devait être mentionné auparavant.
L. 3. — nab’, lecture douteuse. D’autre part, nous ne pouvons constater sur aucun de nos deux estampages la lecture proposée par Millier : | msib myiïtfbl). Le premier signe nous parait être un i dont on aperçoit, même sur la photographie, le commencement de la haste inférieure. Le b et le a sont probables, mais pas certains. A la fin de la ligne, on aperçoit un V et le début d’un n. La restitution myir « son bonheur » est possible.
Müller, Epigr. Denlcm., 9.
Inscription complète gravée sur le linteau de la porte d’une maison située au nord du corps de garde, dans la rue qui va du nord au sud ; beaux caractères, bien réguliers, en relief; les lignes sont séparées par de larges traits de 0m,01; le lapicide n’ayant pas établi bien son calcul, n’a pu faire entrer toute l’inscription dans le champ préparé et a dû renvoyer au-dessous de la ligne 3 le mot ato qu’il a écrit en petits caractères ; longueur 0m,9i; largeur 0m,22; hauteur moyenne des lettres 0m,04; trois lignes; estampage (pl. LXXX et CIV).
Nous lisons :
| nùaa | rurm | nbs | p ! o-irmy .1 | nbba | ni | assn | nrv-n | bi | nb | 733 .2 n | p | iabnb | ph | ruiir | panan | bnxi .3
1. 'Abdharîm fils de Falah, pourvoyeur [?] de du Gâbat avec ses femmes,
2. a creusé pour lui et pour ses héritiers ce tombeau en entier,
3. et a pris possession des deux chambres sépulcrales, l’année deuxième de Talmay fils de Hanu’âs.
L. 1. — nirnay « serviteur de Harim » (Huraym). A propos de Gin, Müller cite un certain nombre de noms dérivés de la racine « briser,
percer », par exemple 'is'Jà-* (IbnDor., 52, 17), (Ibn Doit., 238, 15);
est un nom de lieu (Hamdany, 143, 1); de même sjA. et sont donnés comme des noms de localités dans Yaqot, II, 426, 427. Évidemment ici mn doit être, soit un nom de divinité, soit simplement le nom d’un homme, personnage important ou ancêtre de tribu; précisément, JyL est un nom propre d’homme (Kit. el-Ag., X, 85; XX, 140 et IbnQut., 173, 4); cf. l’hébreu pa^n, montagne, et ann, n. pr. d’homme ( Esdr . 2, 32; 10, 21; Néhém. 3, 11). — nbs peut être rapproché du nom propre hébreu rnbs (I Chr. 3, 24) et rpabs (Néh. 8, 7). La racine nSs signifie « être extraordinaire, être merveilleux ». — mjnTi. Ce mot est écrit tout d’un trait, sans barre de séparation. Nous savons que tj entre comme élément dans les noms composés comme runTT, ni “T. On pourrait être tenté de lui accorder ici la même valeur. Mais on notera que m*n est déjà un nom composé (1). Millier propose de reconnaître à rr une signification semblable à celle de iin en minéen, telle que « prince ou prêtre ». L’hypothèse n’est pas invraisemblable. Nous traduisons par « pourvoyeur, ou procureur » à cause du sens de Ajj « augmenter, croître » ou plutôt à cause de ^ « provisions ». On notera, en passant, l’expression
« les fournisseurs de la route », surnom donné à quelques Arabes qui, avant de monter à cheval, avaient soin de prévoir le viatique nécessaire. — nùm « avec ses femmes », lu « avec sa mère » par Muller. Mais le
: nous paraît assez clair et le troisième signe a plutôt les apparences d’un a ou d’un izr que d’un c, à cause de la forme droite des hastes nullement infléchies. Le mot nüm sera regardé comme l’équivalent de « avec
ses femmes ». 11 ne parait pas qu’on puisse l’expliquer par un singulier.
L. 2. — 133 « a creusé ». Le verbe semble être dénominatif. L’arabe
y>£, pl. jjâf, signifie « tombeau ». On connaît l’emploi de R1DD en nabatéen, pour désigner les magnifiques tombes de Médâin-Sâleh. — 'Àbdharîm creuse la sépulture pour lui et pour sa postérité; c’est la formule courante en nabatéen. — nSbs « tout entier ». Sur ce mot et sur l’emploi de ni après le substantif, voir les excellentes remarques de Müller.
L. 3. — îriK doit avoir en lihyanite la même signification qu’en naba-
(1) il ne sérail pas absolument impossible de voir un nom composé de plusieurs éléments dans rQÏTTTî Zayd du Gûbat.
INSCRIPTIONS LIHYANITES.
téen « prendre en sa possession » ; cf. JS., Mission..., I, p. 206. — panan « les deux chambres sépulcrales ». Cette traduction, proposée par Müller,
est très acceptable. L’arabe connaît « locus ubi homines sedent, consessus » (apud Freytag); ce mot est également donné comme étant équivalent de « endroit où l’on coupe quelque chose ». Il parait bien qu’il s’agit ici des chambres sépulcrales évidées dans le rocher. Le sens de « couper » ne saurait être refusé à la racine jJ-, SjJ signifie « une fosse ». L’hébreu -pta et l’araméen Tan ont le sens de « couper, briser ». Sur la forme des tombes, à IJereibeb, d’où cette inscription est certaine-
ment originaire, v. p. 63 ss. — 'jnn est pour l’arabe ; l’assimilation du 3 est à noter. — Talmay ben Hanu’âs (1) était roi de Lihyan, v. n° 75.
Texte inédit.
Simple fragment, à côté du n° précédent; longueur 0m, 23 ; largeur 0m,19; hauteur moyenne des lettres 0ra,05; trois lignes; estampage (pl. LXX1X et CIV).
Nous lisons :
mn ..
S | Si ...
mn ...