‹ Mission archéologique en Arabie (volume 2)Chapitre 90 sur 156 · de Talmay (fils de) Hanu’âs, roi de Lihyan · texte numérisé non relu

de Talmay (fils de) Hanu’âs, roi de Lihyan

L. 1. — nVam , V. nos 54, 56 etc. ; cf. Littmann, Semit. inscr ., p. 11G et 121; DM., Mission..., 30. On remarquera la ressemblance qui existe entre l’orthographe lihyanite et safaïtique par opposition aux inscriptions nabatéennes qui ont inbtom, l'équivalent de l’arabe xlll — iJpTi,

v. nos 41, 1 et 54, 1. — ’ob est à comparer avec l’arabe 'yj « avoir les

lèvres brunes », ce qui pour les Arabes est un signe de beauté. Il n’est donc pas nécessaire de recourir à uue racine assyrienne lamû « environner, assiéger », comme fait Muller. D’autant plus que l’arabe lui-même nous a

conservé ce nom sous la forme nom d’un cavalier des Qavs f Hamâ sah, p. 697).

L. 2. — rus J a été comparé avec le nabatéen 115a. A noter la forme du yod, si différente de celle des deux yod qui précèdent. — ynl. On remarquera la présence du yod dans ce verbe infirme. Pour l’expression ÎT2J | Ti Ti, cf. n° 40, 5. Le monument funéraire mentionné ici n’a laissé aucune trace sur les lieux, auprès de l’inscription; il était probablement situé à quelque distance de là, le long de la paroi de rocher. L’inscription seule avait été gravée en cet endroit, suivant la remarque faite au numéro précédent. — 70, nom propre à rapprocher de l’arabej^ « amertume, myrrhe ». En arabe on trouve comme nom propre ïy et }\y, en nabatéen ma (JS., Mission..., I, p. 183); mais le safaïtique a conservé la forme plus simple 70 (DM., Voyage..., 374; Littmann, Semit. inscr., 115).

nin, en nabatéen “imn (JS., Mission..., I, p. 180). Millier le compare à 1 arabe ^,U (Ibn Dor., 262, 22); il est possible aussi de le rapprocher de l’arabe Ojm « poisson »; cf. jQ (Ibn Dor., 254, 16; chez

Hamdâny). — no peut être regardé comme l’équivalent de . I» « ce que », relatif arabe.

L. 3. — ■ irm. Sur la signification de ce mot, cf. n° 45, 3. Ce verbe pourrait être au pluriel et avoir pour sujet Wahablah et Lamay. Le waw signe du pluriel ne serait pas exprimé, conformément à la règle du sabéen (Hommel, Süd-ar. Chrest., p. 73). Mais comme la copule waw ne se trouve pas avant le verbe, il peut se faire qu’il n’y ait aucune

liaison entre la première phrase et celle-ci, et qu’il faille prendre inx

pour un passif àa.! « a été pris ». Qu’on le traduise par l’actif ou par le passif, ïriN désigne ce qui est réservé à l’usage des deux personnages

INSCRIPTIONS LIHYANITES.

mentionnés au début de l’inscription. — innby « pour eux deux », à comparer avec l’arabe L^J-s. — cnn lecture certaine contre rnn de Millier. Le n final, lié, ne saurait faire de difficulté et malgré la tentation de lire 'pn « hiver » qui sourirait à cause de la proximité de xrn, la lecture mn doit être maintenue. Ce mot désigne un objet sacré soustrait à l’usage commun. La paroi de rocher — ou autre objet — appropriée à nbartt et à ’ob est une chose sacrée, un herem. Une idée analogue est exprimée dans les inscriptions nabatéennes touchant les sépultures de Médâïn-Sàleh. — Niïi | nS | Nrvrm est une expression pour signifier « à chaque printemps »; mot à mot du printemps au printemps. Sur nivt, cf. Mordtmann, Himyar. Inschr., p. 62.

L. 4. — aan (< don déterminé » selon Millier qui le rapproche de l’arabe ,*=*• « déterminer d’après la mesure et le poids ». La nature de ce don ou cadeau sera indiquée à la ligne suivante. — ystna. La dernière lettre nous parait être un y plutôt qu’un s, car elle est tout à fait fermée. Et l’avant-dernier signe ressemble davantage à un S qu’à un b, parce que la haste de gauche est aussi longue que celle de droite et le sommet est presque arrondi comme celui du 2 dans rpSJ 1. 2. Le 1 marque ici l’appartenance et répond à la préposition S qui se trouve devant le mot suivant (1), de sorte que les deux particules s’emploieraient l’une pour l’autre. L’expression y 2 ni désigne soit la famille de ’Afa', soit le maître ou le seigneur de ’Afa1; Bekry, p. 115, mentionne une localité appelée

voir dans Yaqüt, I, 321. — Sur raÿi, cf. n° 82. — bnnn est laissé sans traduction par Millier; en effet la façon indécise dont les deux premiers signes sont tracés dans sa copie exclut tout déchiffrement.

L. 5. — p rappellerait-il l’hébreu « vin »? — Dans ce mot, il serait possible de chercher un nom propre; cf. l’hébreu naii et l’arabe (Yaqüt, I, 675; II, 336). Comme le mot précédent reste sujet au doute, p pourrait représenter aussi un chiffre, sous la forme d’un yod et d’un nûn. Dans ce cas, il ne serait pas possible de reconnaître à ces deux lettres la valeur qu’elles ont en arabe, 10 et 50; car le total serait en contradiction avec le nombre 120 qui vient immédiatement après, écrit en toutes lettres. Il semble superflu de se livrer à d’autres suppositions sur p; essayer par exemple de le rapprocher du verbe imparf. « être

(1) Il ne parait pas possible de considérer le 2 comme introduisant le sujet d’un verbe passif

pp*- » Par exemple. ySNÏl 1 DOn « il a été déterminé par du ’Afa' ». Le waw placé devant le mot suivant interdit celte traduction.

languissant » ou de « être au temps propice » ou de « tendre vers un but ». — Le mot qui termine la ligne peut se lire niy, jnir ou rpiir. Aucune de ces racines ne contient un sens qui s’adapte bien au contexte. Peut-être pourrait-on lire imiir « un sixième de mesure, un setier ».

Cette interprétation corroborerait celle qui prétend traduire y par « vin ». Il doit manquer seulement trois ou quatre lettres à la fin de cette ligne, si on admet qu’il en manque.

L. 6. — Si « et pour ». Il est fort probable qu’il faille ainsi traduire ces deux lettres au lieu de les considérer comme formant la fin d’un mot. — □an doit avoir la même signification qu’à la ligne 4. — nnaa « à sa maison ». Il n’apparaît pas clairement à quel sujet se rapporte le pronom suffixe n. Mais vraisemblablement c’est à nain. Il s’agit alors de son temple. — nSï, lecture certaine. Le sens ordinaire du mot est « statue ». Si l’érection d’une statue était parfois l’objet d’un vœu, elle pouvait être aussi commandée ou imposée pour un autre motif. — inbilibl. L’énumération de ceux qui doivent recevoir des cadeaux ou des compensations se poursuit sans indication spéciale touchant les bénéficiaires. On ne voit pas le rôle de Salman dans l’inscription, peut-être à cause de la disparition de quelques mots.

L. 7. — iDD | iipm « dans (sur) les deux côtés du tombeau », v. n° 75, 3. Le i ressemble à un 3; on lirait alors ]sa. — Sur non v. 1. 4 et 6. amso. Doughty n’a pu distinguer aucun signe sur la roche et n’a rien mis sur sa copie. Et il faut croire que l’estampage d'Euting était fort mauvais, puisque Millier n’a lu aucune lettre. En examinant de très près l’estampage et la photographie, on parvient à distinguer iiinI : le wa,w et Y alef sont certains. Le 1 n’est pas tracé d’une façon bien nette : on croirait apercevoir un nûn; mais ce qui est pris pour la ligne brisée de cette lettre est une éraflure de la pierre et le trait infléchi du *1 apparaît suffisamment clair. Les deux lettres suivantes ont à peu près la même forme. Cependant la première est plus large de six à sept millimètres : on dirait même à première vue qu’elle est coupée au milieu par une ligne verticale, ce qtli lui donnerait la forme d’un ta ; mais cette ligne très faible ne parait pas être intentionnelle dans le signe. Celui-ci représente assez bien la torme d’un a. On en dira autant de la consonne suivante, quoiqu’elle soit moins bien gravée et de plus petite dimension. Ces observations conduisent à la lecture anx, à rapprocher de l’arabe i >4^ (l seigneurs » pluriel de — nrm « son frère ». Lecture cer¬

taine; le pronom suffixe n doit se rapporter à Salman.

INSCRIPTIONS LIHYANITES.

L. 8. — nnriNl « et sa sœur ». Cette lecture, proposée par Müller, est certaine. — nm. Lecture matérielle tà peu près assurée; à comparer avec l’arabe Lj « en ce que, par ce que ». — iruy est à rapprocher de l’arabe OAc qui signifie « périr et commettre une faute ». — irsm, lecture incertaine. Faudrait-il voir ici un nom propre de lieu précédé de la préposition 2, à Resâs (?). — -[i. Ces deux letlres seules sont visibles sur l’estampage.

L. 9. — mis « et en ce que » (?). Le mot suivant se lit nût et est à rapprocher de l’arabe dont une des nombreuses significations peut convenir au contexte : « rendre facile, prospérer». - — La fin de la ligne nous échappe complètement, excepté les trois dernières lettres mn.

L. 10. — SninNi. Lecture à peu près certaine, sauf pour la dernière lettre qui pourrait être un a, quoique le S paraisse plus plausible. Auraiton affaire à une 8e forme dans laquelle le n serait avant la première consonne, comme à la forme hi/pa'el de l’hébreu? bninN viendrait d’une racine bm, à rapprocher de l’arabe qui à la 8e forme signifie « supplier, invoquer (Dieu) ». Impossible de lire complètement le mot suivant et toute la fin de la ligne.

L. 11. — 'jnni | ptiw | « l’année 22e ». La lecture ne paraît pas

douteuse; sur •jnn, cf. n° 45, 3. Le mot suivant est détérioré. On croirait distinguer les lettres in 3. auxquelles on serait tenté de donner le sens de l’hébreu : « Dans la vie de », à moins qu’on ne préfère la forme arabe et qu’on n’ajoute un n; on aurait nTU = SUxL On ne saurait dire si l’inscription se poursuivait à gauche ou bien si, le rocher étant abîmé à une époque antérieure, on a renoncé à donner à cette ligne la longueur des lignes précédentes pour commencer immédiatement la ligne 12 qui poursuit et complète le sens d’une façon assez normale.

L. 12. — iobn, lecture certaine. On notera la forme du yod avec la haste de gauche allongée et infléchie vers le milieu et la boucle non fermée, v. 1. 2. — iirjon est presque certain comme lecture. On connaît un Talmay père de Hanu’âs, n° 75, 6, etunTalmay fils de Hanu’âs, n° 54, 5. Ici, nous ne voyons pas le mot p qui se supplée aisément. — pnb Tjba est restauré d’après les vestiges de plusieurs lettres visibles sur l’estampage.

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