‹ Mission archéologique en Arabie (volume 3)Chapitre 117 sur 136 · GROUPE AU SUD DU GEBEL ETLIB · texte numérisé non relu

GROUPE AU SUD DU GEBEL ETLIB

du fronton doit être un aigle. La forme des urnes est commune. On trouvera sans difficulté, parmi les monuments funéraires, le type de iaçade identique à cette petite chapelle.

Nous faisons quelques pas vers l’est et nous choisissons, au milieu d’un grand nombre d’autres, les quelques stèles que nous présentons encore (fig. 219) :

N'J 1 . • — Stèle d’un mètre de haut environ, dégagée par une rainure profonde. C’est encore le type de l’autel votif, avec ses deux cornes dont le

Fig. 219. — MédAin-Çâleh. Stèles votives au sud du gebel Etlib.

relief au centre est le même que sur les côtés, ce qui n’a pas toujours lieu, ainsi qu’on lu verra fig. 223.

N° 2. — Trois stèles dans une niche rectangulaire dont elles occupent toute la largeur. Elles ne sont point isolées les unes des autres mais seulement distinguées par un trait large de cinq millimètres sur une profondeur égale (1).

N° 3. — Encore trois stèles encadrées dans une niche. Elles sont longues et étroites et complètement détachées les unes des autres (2). Au sommet de la stèle centrale il y a un petit godet dont on peut se rendre compte en jetant un coup d’œil sur la coupe.

appuyerait en effet cette hypothèse. Elle est pourtant beaucoup trop caduque pour que nous y tenions. A la place de (leurs ainsi insérées accidentellement, on se demandera si le sculpteur n’avait pas en vue de détailler en cette moulure une couronne tressée, accrochée sous les serres de l’aigle dans le tympan et pendante au-dessus du bétyle. Le motif lui aurait été inspiré par des monuments classiques et, sous son ciseau inexpérimenté, serait devenu une forme méconnaissable et un symbole vide.

(1) Jadis nous avons photographié dans le Sik, à Pétra, un groupe de trois stèles identiques à celles-ci. Ce groupe nous paraît représenté dans le croquis de Dalman, Petra..., p. 145, lig. 67.

(2) Ces stèles ainsi dégagées et étroites pourraient être comparées aux trois bétyles dessinés au trait qui figurent au sommet de la stèle phénicienne découverte en Sicile près de l’ancienne Lilybée et actuellement au musée de Païenne à laquelle nous faisions allusion plus haut, p. 415, nt. 1. La double base sous les bétyles, ou du moins la base inférieure n’indiquerait-elle pas une marche? Quant à la ligure humaine qu’on voit sur le môme monument, on pourrait peut-être en

Un autre type du groupe à trois stèles, situé tout à côté, est donné dans la figure 220. Point de niche régulière; on a ravalé la paroi du roc juste le nécessaire pour dégager les trois stèles, ici encore séparées, mais moins étriquées que dans le groupe précédent. La stèle centrale est de beaucoup plus grande que les deux autres, égales entre elles.

Voici encore au même endroit un quatrième exemple, de trois stèles juxtaposées, et toutes, cette fois, d’égale grandeur, ce qui est fort rare.

Fig. 220. — Médâin-Sâleh. Groupe de trois stèles, au sud du gebel Etlib.

Une stèle voisine mérite aussi une mention. Elle est toute petite et sans cadre; au sommet est creusée une cupule qui, à la rigueur, pourrait être postérieure. A 0m,60 au-dessus, on a taillé dans la paroi du rocher trois anneaux auxquels on suspendait sans doute des ex-voto (1).

Le monument reproduit dans la fig. 221 sort un peu du type commun. Il est situé à quelques pas à l’est des derniers mentionnés. Sur un socle de lm,20 de haut est posée une petite chapelle de bon style grec avec une niche au centre. Celle-ci abrite deux stèles d'inégale grandeur, séparées par une rainure peu profonde. Les chapiteaux des pilastres, les moulures de l’entahle ment et du fronton, quoique simples,

trouver d’analogues sur les stèles de Pétra, Cf. BnüiNXOw et de Domaszewski, Die Provincia Arabia, I, p. 232 et Musil, Arabia Petræa, II, Edom, I, p. 81. C’est d’ailleurs la série entière de ces stèles nabatéennes qui aurait d’excellents répondants parmi les stèles phéniciennes, puniques surtout; mais notre but n’est pas de commenter ici les documents que nous livrons.

(1) A Pétra, ce dispositif n’est pas tellement rare. Voir par exemple dans BnüNNOw et de Domaszewski, Die Prov. Arab., I, p. 336, fig. 369; Dvoivn, Petra..., p. 329, etc.

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