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CHAPITRE V

ÉPIGRAPHIE ET COUP D’OEIL HISTORIQUE

Nous connaissons maintenant les châteaux de Tuba, de Harâneh et de Qeseir 'Amra; nous avons par là même une idée de leurs ressemblances et plus encore de leurs divergences. Dans le présent chapitre, nous voudrions essayer de déterminer, autant que possible, Tâge et l’origine de chacun de ces monuments. Pour cela, il sera nécessaire de les comparer fréquemment entre eux, et c’est ce qui explique pourquoi il a fallu tous les décrire avant d’aborder la question historique. Dans cette dernière recherche, nous procéderons en sens inverse de l’ordre suivi jusqu’ici, commençant par Qeseir 'Amra, puisque c’est le monument le mieux documenté et le seul qu’on puisse arriver à dater avec une certitude approximative. Toutefois, avant d’intorroger l’histoire, nous devons faire connaître au lecteur les débris d’inscriptions et les graffites qu’on a relevés dans ces châteaux, et dont quelques-uns sont de nature à éclairer l’origine et la destination de ces monuments.

§ I. Inscriptions et graffites.

N° 1. — Inscription arabe située au fond de la grande salle de Qeseir 'Amra, sur le bandeau disposé en demi-cercle, avec deux oreillettes, au-dessus de la tète du personnage assis (v. p. 88). Petits caractères coufiques, très élégants, hauts en moyenne de 2 à 3 centimètres, peints en blanc sur un lond d azur. Ce texte est en très mauvais état. Nous avons calqué le début un peu mieux conservé, avec quelques lettres de la fin (pl. LV, 1,2) et fait une copie du reste en ayant soin de marquer exactement les distances entre les lettres encore visibles (pl. LVI) (1).

\1) Nous donnons dans celte planche une reconstitution du bandeau avec ce que nous

ÉPIGRAPHIE ET COUP D’ŒIL HISTORIQUE

Le premier mot paraît certain. Cette formule d’invocation par laquelle débute aussi l’inscription n° 3 figure de nouveau en tête de plusieurs graf fîtes de Harâneh. Elle semble en quelque sorte de style, dans cette région, à cette époque. Après la phrase doit régulièrement se

poursuivre par un impératif. Dans l’état déplorable du texte, on ne peut que faire des suppositions ; nous laissons aux spécialistes le soin de les multiplier. Constatons seulement que le calque et la nouvelle copie rendent impossibles certains essais de lecture ou de restitutions qui avaient été suggérés, et notamment la restitution proposée par M. de Karabacek (1).

La finale « iu-a-jj aDI y* Aile. » ( bien-être , ou santé, de la part d1 Allah et miséricorde ) déjà reconnue par plusieurs savants ne semble pas faire de doute.

N° 2. — Sur la paroi ouest de la grande salle de Qeseir ' Amra. Quatre noms écrits en grec et en arabe accompagnaient et permettaient ainsi d’identifier les quatre principales figures royales peintes sur ce mur. Le fragment de stuc qui portait le premier mot KAIGAP, et se trouve actuellement au musée de Berlin. Le nom suivant POAOPIKOC semble avoir été détruit par les explorateurs qui ont tenté de l’enlever (voir pl. XXXIX, 2). Il reste encore en place quelques débris des deux derniers noms ; nous avons pris un calque de ces lettres (pl. LY, 4) (2). La hauteur moyenne des caractères grecs est de 35 millimètres.

On reconnaît facilement au début le mot de (K)OCAPO(I)C quoique certains éléments de ce mot aient disparu. De l’arabe, \ ou , écrit en dessous, il ne subsiste que le Kaf du commencement. Les autres lettres ont subi le malheureux sort de Rodoric.

MM. Noldeke et Littmann avaient conjecturé, les premiers, que le dernier mot ai^abe copié par Musil devait être lu et ils y avaient reconnu

la mention du Négus. Cette interprétation, communément admise, se trouve appuyée par le nouveau document. Du mot il ne reste plus que les

avons pu relever de l’inscription, plus une reproduction directe d’une des copies faites sur place, avec les distances entre les lettres.

(1) Sur ces différents essais d’explication tentés par les savants, voir l’analyse très pénétrante de M. Max van Berchem dans le Journal des Savants, 1909, p. 17 et ss. du tirage à part. On y trouvera le renvoi aux articles parus en diverses revues. A notre connaissance, on n’a rien ajouté aux conclusions de l’illustre maître, ni pour l’inscription présente ni pour la suivante.

(2) 11 n’y a à tenir aucun compte, dans la reproduction du calque, de la différence entre les lettres noircies et celles qui ne le sont pas. Régulièrement, toutes les lettres devraient être pleines, mais nous nous sommes contentés, dans la plupart des calques, d’en reproduire les contours. Quant aux traits qu’on voit au-dessus du dernier mot, ils marquent rëncadremeiit du bandeau sur lequel était peinte l’inscription.

deux lettres de la fin Mais nous avons découvert, au-dessus, la plus grande partie de la transcription grecque. Le N du début nous a paru clair ; viennent ensuite très probablement un I, un T et la moitié d’un O, ce qui invite à lire Niro(C)- La finale reste douteuse ; il ne serait pas impossible non plus de voir dans la seconde lettre au lieu d’un I un II lié avec le T et dont la barre du milieu aurait disparu.

N° 3. — Au-dessus de la fenêtre percée dans le mur méridional de la salle A, vers l’angle sud-est. Trois lignes peintes en beaux caractères analogues à ceux du n° 1 mais un peu plus grands. Calque (pl. LY, 3) et copie (fig. 17). Ce texte ainsi que le suivant ne figurent pas dans les

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Fig. 17. — Qeseir'Amra. Inscription arabe N° 3.

relevés de MM. Musil et Mielich ; c’est dire que leur état de conservation laisse beaucoup à désirer. En attendant un déchiffrement plus complet, on pourrait proposer sous toutes réserves l’essai de lecture suivant :

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.... *-Le. .3

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