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Mission de la Baie d'Hudson [microforme]

(à wn chez les Sauvages, Votre Grandeur me recommañ: "Ma si spécialement de ai faire connaître, à à mon retour; Je résultat de mon voyage, que je me fais un devoir bien doux de saisir les premiers instants qui sont à moi, pour lui faire part des principales observations: ‘que. j’ai

faites parmi ces peuplades infortunées, qui habitent les: *” régions glacées de votre immense diocèse éf’ éhez. quelles l'Evangile de la paix n’avait encox pétrét quoique, depuis plusieurs années,un grand n telles aient reçu des visites plus funestes: ce don complet. Maïs avant d’exposer à vos yeux, Mon seigneur, l’état déplorable de vos ounilles, qui habitént les “bords de l'immense Baie d’Hudson, je dois vous entretenir un instant de celles qui sont «plus rapprochées de votre ville épiscopale. Quelques taits édifiants, que j'aurai à vous rapporter, tempéreront®i peu l’amerfume que votre cœur ressentirait. au récit de tent de misère, comme ils l’ont adouci chez moi, qen ai-été: si souvent le triste téwiébin, durant le cours te anhée, sur une espace de plus de onze cont quil ma été donné de parcourir.

Vous savez déjà, Monseigneur, que nous étions con« venus, le P. Clément et moi, de nous rendre ensemble jusqu’à Témiskaming, où je devais le laisser, pour aller. incontinent à la Baie d’Hudsou. Le 4 mai nous quittâmes le lac des Deux Montagnes, accompagnés de wois [roquois, deux Canadiens, un Algonquin, de la bé-

nédiction du vénérable directeur de cette mission et des vœux de tout ie, peuple, pour le succès de notre.voyage. 11 y a toujours Éd chose de solennel et de touchant dans le dépurt du Missionnaire, lorsque, prosterné aux pieds des antels, il prie le Dieu des nations de bénir le voyage pénible et dangereux qw’il va entreprendre pour sa gloire et son amour; il aperçoit autour de lui, des Iroqnois et des Algonquins, dont les parents furent infidèles, et des Canadiens pieux. Il entend ces paroles touchantes, que lui adresse un prêtre vénérable : “ Allez, cher confrère, allez trouver les brebis qui se perdent, que l'ange du Seigneur guide vos pas, comme d guida jadis ceux du jeune Tobie....” Puis après qu’il a confondu ses prières et quelques fois ses larmes, avec celles des spectateurs, le Missionnaire se lève plein de confiance, s’é- Jance-dans sa frèle nacelle et s’abandonne, sous la garde de la Providence, à la merci des vents et des flots.

Quinze jours après notre départ dn Lac, nous arriva. mes, sans accident, à Témiskaming. Nous y étions attendus, avec la plus vive impatience, rar nos chers néophytes, qui n’ont pas de plus douce consolation, dans l’affreuse misère qui les décime chaque jour, que de posséder leur Missionnaire. Un grand nombre d’entr’eux, minés par la consomption, suite inévitable d’un jeûhe cruel, qu’ils avaient eu a supporter l’hivèr dernier, “ n’attendaient plus, disaient-ils, que Parrivée des Robes-noires pour mourir.” (C’est un spectacle déchirant pour le cœur d’un Missionnaire, de voir cessquelettes ambulants, veuir au devant de lui, la mort dans le cœur et cependant le sourire sur les lèvres, lui raconter

vec une touchante résignation, leurs inexprimables » ri run Le Missionnaire, privé lui-même, bien souvent.du strict nécessaire, ne peut néanmoins s’empêcher de partager, avec ces pauvres faméliques, son morreau de biscuit sec. La scène dont je fus témoin, à mon retour de la Baie, il y a deux mois, vous en donnera, Monseigneur, une preuve bien sensible.

C’était le soir d’une journée très-orageuse, oùnons avions été constamment ballotés sur un vaste lac, nous arrivâmes, accablés de faim et de fatigue, dans un lieu où nous espérions prendre un peu de nourriture et de . tepos. Il y avait à peine quelques instants que nous

étions déburqués, lorsque nous entendimes un petit dds

À not se diriger vers nous. Il était dix héures du soir, le t vent qui souffait toujours avec violence, soulevait des w vagues furieuses. Surpris que quelqu'un osât ainsi bræ- 5 ver les dangers de la tempête,à une leure aussi avancée, “ je vais au bord de l’eau et J’aperçois une femme et une : Jeune enfant de dix à onze ans, luttant péniblement 4 contre les vagues. ,“ Pourquoi vous exposer de la sorte ue à périr 1” leur demandai-je. “ Hélas ! mon pére, me L répondit la femme, nous t’amenons ma sœur, il ÿ a trois # mois que son mari est mort de misère. Elle étuit déjà ie malade, et depuis ce temps là, elle n’a pu ni chasser ni Le tendre ses filets. Sa maladie augmente d’un jour à è Pautre, il y a longtemps qu’elle n’a rien à manger; que x quelques fruits sauvages. Elle sent qu’elle va mourir, le et quand, ce matin, elle a appris que tu étais passé, elle , nous à tant prié de la conduire auprès de toi, que nous avons bravé la tempête.et la faim, Car nous n’avons rien à- k, mangé depuis hier.’ Tandis que celie-ci me parlait, t- ‘le malade, couchée dans le canot, fit entendre une Fe ‘plainte, et leva la tête pour me laisser voir, à la elarté ns de la flamme, son visage pâle et dècharné. Je lu fis de transporter auprès de ma tente, et je fus heureux de hd partager entre elle et ses conductrices, mon modeste id souper. “Tu ne saurais croire, mon père, me dit la doté malade, tout ee que nous avons souffert cette année ; les il n’y a presque pas de chasse; les chantiers ont tout ANA" détruit, et les eaux sont si hautes que nous ne pouvons et- presque point prendre de poissons. Je sais que si j'avais le suffisamment à manger, Je me porterais mieux. Oh! pe je suis cependant heureuse de t’avoir rencontré !.. Enes ,

tends ma confession, je te prie, et puis je mourrai condé tente.” Je confessai en effet,.ces deux infortunées et avant l'aurore, j’offris ladorable sacrifice, tontes les

son j' deux y communièrent, avec une piété touchante. Ce 1n; trait, Mgr., tout à la fois si beau et si affligeant, si con- N=

solant et. si pénible, empreint de tant d'infortunes et d’une sublime résignation, n’est malheureusement pas L> rare. Il s’est renouvelé bien des fois sous mes yeux, durant le cours de eette année. Hélas! je frissonne encore en pensant que j’en ai vu disputer à des chiens quelques restes de poissons gâtés,et de pelures do poun-

EPA A NÉ 2

Mes de terre, que l’on venait de je ter ln, Mgr. si otre devise, à nous est d’Evangéliser les pauvres, certes, nous sommes bien tous dans notre vocation, cur le 19 20e. de votre diocèse en est réduit là: Je crois. cependant que le Missionnaire des Sauvages peut spécialement s’appliquer ces paroles de la vérité éternelle : Evangelizare pauperibus misit me !

La misère augmente chaque année d’uve manière effa yante parmi les Indiens, surtout chez ceux des Allumettes, de Témiskaming et du Grand Lac, qui ont vu leurs terres de chasse envahies par les commerçants de bois. Il ne leur reste pas d’autre voie, pour échapper à une destruction complète, après, toutefois, une terrible et longtre agon'e, que de demander à In Législature, une étendue suffisante de terrain, pour se réunir en village et se livrer à la culture. Autrement, c'en. est fait d’eux. Ils le comprennent enfin eux-mêmes, ten grand nombre, m’ont prié instamment de aire pour eux cette demande. Ils ne pouvaient, assurément nous faire part d’une plus agréable nouvelle, puisque depuis que nous sommes chargés de les instruire, nous les y engageons dé toutes nos forces. Nous: éspérons que le Gouvernement s’empressera d’accéder a une demande aussi juste, de la part de ces vieux habitants d’un sol qui,pour être demeuré inculte,n’en était pas moins ke leur ; et auquel le désir qu’ils manifestent. de le cultiver, leur acquiert un nouveau droit, Le seul tra que je viens de rapporter m’exempte detout commentaire, pour faire voir que le Gouvernement coloniek en accédant à une démande, hélas! un peu trop tardi- 7 pour eux, accomplira ur acte de justice et de philans

ropie.

Les canots, qui, chaque printemps, transportent les: pelleteries, du fort Témiskaming à celui de Moose-factory, n’étant pas encore prêts; quand nous y arrivâmes, Je pu partager, avec le P. Clément, les fatigues et les: consolations du, St. Ministère durant les onze: jours que J'y séjournai.

Cette population, qui compte aujourd’hui, à peine: 350 âmes, (car il en est mort un grand nombre cesannées dernières,) est à peu près toute chrétienne et fervente. La jonglerie ou sorcellerie et la passion pour les liqueurs

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À fortes en ont néanmoins retenu jnsqu’ici quelques-uns , dans l’infidélité. Cela ne paraîtra pas surprenant, si

’ f’on fait attention que jusqu’à présent, ils n’ont pu voir de prêtre, que durant quelques jours dans l’année, qu’ils sont environnés de gens en opposition qui, pour avoir lews pelleteries, les engagent à boire ; et qu’ils sonten relation avec les Sauvages d’uh poste appelé M attawagamangue, dui n’ont encore jamais vu de prêtre chez eux, et qui sont pour la plus part très-adonnés à la sorcellerie et à ln boisson. Le démon d’ailleurs, qui voit

t chaque jour tant d’âmes lui échapper,;redouble d’efforts,

# non seulement pour retenir ceux qui sont encore infidè-

dé les, mais il se sert de ceux là même, pour pervertir les

jé néophytes. Il n’est aucune sorte d’insinuation perfides;

ri que n’enploient les vieux ivrognes infidèles pour enga-

inè ger les chrétiens à violer leurs promesses de tempérange

ré et trois ou quatre sont tombés. “ Voyez, leurs disent- +4 | ils, comme vous êtes misérables et languissants, depuis

que vous ne buvez plus de la liqueur de feu !—Vos en- F # unts neurent bien vite, quaxd ils sont baptisés,”? disait

#4 un jour une vieille jongleuse aux chrétiens ; et ce lan- # gage diabolique et absurde pour toute âme réfléchie, + car les ivrognes et les infidèles sont plus pauvres et plns n débiles que les chrétiens ; ce langage, dis-je, ne lais- # serait pas que de produire une funeste impression su: ne l'esprit de plusieurs, si le Missionnaige n’était là pour de parer le coup de l’enfer.

” La âlle de cette vieille pythanisse, dont je viens de

parler, avait un enfant nouveau né et malade ; elle lui Li défendit ainsi qu’à son gendre de le laisser l:1tiser. #3 Chez les Indiens, la parole du vieillard est, res: ectée

sé comme un oracle, malkenreusement elle a peut-être

encore plus d'influence pour le mal que poux le bien : r je vous en donnerai la raison, Mgr., quand je vous par- “ lerai de leur Mythologie. Nous y avions déjà fait, le A P, Clément et moi, plusieurs voyages inutiles. En td vain avions-nous employé les prières et les menaces à. tantôt nous adressant aux parents de l’enfant, tantôt à

; la vieille mère, tous les trois paraissaient insensibles, "7 | Désolé de voir cette pauvre petite créature exposée à Vs périr éternellement sous mes yeux, Je fis une nouvelle og tentative auprès du père, mais dès qu’il me vit appro-

As,

ahier, il saisit son flisil et me couche ehjoue, S'il ent tiré,-c'eût été fuit de moi,car je n’étais qu’à cinq on six pas de distance.Cependant sans me déconcerter.je saisis spontannément mon crucifix et le lui présente.A cet aspect, l’arme lui échappe des mains, il me fixe d’un air stupéfait, ses dents s’entrechoquent, il tremble de tout son corps. Je cours à lui, le preuds dans mes bras et le presse contre mon cœur ; “ vois ! mon cher fils, lui dis-je, si ce que tu veux faire est bicu. Tu veux me tuer, et moi Je veux te sauver, toi ta femme et ton enfant, et même ta belle mère, et c’est ponr cela que je suis venu de bien loin. Laisse donc beptiser ton enfant, afin qu’il soit un jour heureux avec le Grand Esprit." Et bien oui, me dit-il, baptise-le.””’ Mais, pendant ca colloque la malheureuse grand’mère, avait fait embarquer sa fille et son petit fils. Je ne les revis plus, mais je lés confiui à arte. J'appris à mon retour dans ce lieu, 4 mois après, qu’une pieuse néophyte, profitant de l’absence dé la vieille Pythonisse, avait 'endoyé l’enfant, ;

: Le cinq du mois de juin, je quittai Témiskaming, y:

juissant le P. Clément, qui devait de là se rendre au

Grand Lac. Ila dû faire part à Votre Grandeur de.

l’état de ces peuplades, que depuis deux ans je n’ai pu visiter. Nous pensions nous rejoindre an ac A bbitibbi, mais comme je séjournai beauconp plus longtemps à la aie d'Hudson, que je n’avais osé l’espérer, je ne le revis plus jusqu’è mon arrivée à Bytown, quatre mois après notre séparation, : |

Comme Sir George Simpson, gouverneur en chef de :

l'Hon. Cie, de la Baie d'Hudson, avait en la générosité de me donner passage dans l’un des canots de Témis- kaming jusqu’à la Baie, j’embarquai dans celui de son beau-frère, M. John:Simpson, qui fut pour moi plein de-prévenance, jusqu’à Abbitibbi où je fus obligé de luilaisser prendre le devant, avec. sa brigade, composée de 2 Eccossais et 20 Sauvages. Soir et matin,

nousfajsions la-priére, récitions le chapelet et chantions :

des cantiques. Vous né sauriez vous figurer, Monseigneur,lelravissant effet que produit le chant des cantiques; au milieu des forêts et du silence de la nuit. Quel. ques fois, après une journée de très-grandes fatigues

VA ét ai

pour nos pauvres Indiens voyagerrs, je les voyais ve. nir à l'entrée de mu tente, me priant de les entretenir des choses de Dieu, jusque bien avant dans la vuit. ‘ Il est difficile de te dire, mon père me répétaient-ils, combien est grande notre joie, quand tu nous parle du Grand Esprit, de l’amour que son fils a eu pour nous, et de notre honne mère Marie.” Lorsque je leur anuonçais que le lendemain de grand matin, je dirais la Ste, Messe, je voyuis aussitôt l'empreinte du bonheur écla- , ter sur leur visage. Ils s’empressaient de dresser, avec des branches de sapin, une cabane pour recevoir le Dieu qui naquit autrefois dans une étable. Au lever de l'aurore, le sang précieux de l’agreau sans tache riisselait sur l’autel. Et mes chers Indiens agenouillés autour de ma pauvre cabane, offraient leurs chants et leurs prières à sa Majesté anéantie.

La sixièmo journée après notre départ de Témiska- ‘ ming, nous arrivêmes à Abbitibbi, j'y demeurai cinq jours qui furent des jours de fatigues et de bonheur pour moi. Tous les Indiens qui fréquentent ce poste, au nombre de plus de cent familles, s’y trouvaient, à | peu près réunis. J’y baptisai 8 enfans et 12 adultes.Par- | mi ces derniers,il y en a encore plus d’un tiers qui n’ont pu être baptisés, n’ayant pas l’instruction suffisante, ou ne voulant pas renoncer à l’ivrognerie. Mais les chrétiens sont généralement pieux. Ils auraient été assurément très affligés de me voir sitôt les quitter, si je ne leur avait promis que le P. Clément viendrait bientôt les visiter et les instruire, puisqu’il était devenu teur Missionnaïire. Le 14 juin, je quittai ce poste en la ccm- | pagnie du bourgeois du fort, de sa dame et de sa jeune | demoisellé. Comme c’était pour moi d'anciennes connaissances, nous étions véritablement en famille, La brigade de Témiskaming avait pris le devant, mais nous étions encore accompagnés de 27 Sauvages de la tribu d’'Abbitibbi. Le 21 du même mois, nons arrivâmes au furt de Moose, Nosnageurs étaient si courageux et la rivière si rapide, qu’en six jours, nous parcourümés un espace de plus de 450 milles de pays d’un aspect vraiment mélancolique. Les grandes pluies, qui étaient survenus quelques jours Auparavant, avaient extraordihairement grossi cstte rivière, Les chemins de porta.

ges étaient, ianondés. Trois fbis, dang-la même journée, nous fâmes.en danger d'être ensevelis sous des ébon- Ilements terribles. Une lois entre autres que, grimpant une côte, javais saisi un jeune aürbrisseau, je sentis tout à coup la terre glisser sons mes pieds, et je fus amené jusqu’au bord du précipice, tenant toujours le jeune arbre à brassée. Si cette énorme masse de terre, avait glissé deux pas de plus, je tombais, ayec mon support dans la rivière. Les Sauvages, qri étaient dejà plus de deux cents ‘pas au dessus de,ce courant, avec le canot, et qui voyaient l’éboulement me charrier vers la rivière, durent me regarder comme perdu,

Cette rivière est sans contredit l’une des plus dange. reuses de toutes celles de l’ Amérique du nord, n'étant qu’une suite de précipices, de :hûtes et de battures, Elle n’est navigable que pour les ennots d’écorse et

encore faut-il avoir un guide très-expérimenté, pour ne -

pas être, à tout instant, en danger de périr. Quoique e lac, où elle prend sa source, soit très-poissonneux, elle ne paraît cependant pas l’être du tout. Aussi loin que la vue peu ‘étendre, on n’aperçoit partout qu’une immense forêt de bois de bouleau, de trembles et de pins rabougris. Le terrain serait fertile en certains endroits, si l’extrême apreté du climat ne le condamnait à une stérilité éternelle, Jai découvers dans plusieurs places, sur les bords de cette rivière, des veines ferruneuses,qui doiventêtre considérables, car elles faisaient ‘incliner fortement vers elles l'aiguille aïmantée. Rien cependant, en. fait de minerai ne na paru plus commun que le mica et.le gypse ou platre de Paris. Je remarquai également, sur un terrain d’alluvion, quantité de crustacés réduits à un état de pétrification complète. J’ai aussi rencontré quelques brins de végétation réduits au même état. Je ne crois pas me tromper en attribuant cette métamorphose à la vapeur” nitreuse dont l’atmosphère. est saturée,dans toutes les contrées de la baie. Je regretai de ce que, n’ayant point de canot à moi, je ne pouvais emporter quelques-ups de ces objets.curieux pour la minéralogie. Le . feu allumé par des .voyagzurs Indiens a consumé une .vaste. étendue de forêts où les ours et les lièvres, ressource unique de l'Indjen dans ces lieux, étaient très-abondants. (Ce

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qui a réduit ces panvres peuples à une extrême détrese se, À prepos d'incendie, je ne puis passer sous silence, un nécident qui nous arriva l’année derniére, et qui

nous à donné, cette annéte-ci, lieu d’udmirer et de bé- :

nir la bonté divine. Voici le faits lors de notre retour du fort de Moose, nous nous trouvêmes tout à coup investis, de toute part, par un incendie effroyable,

. qui s’étenduit a plus de 23 lieues à la ronde, dans une

forêt suns limites de bois résineux, dans un portage de trois milles de long, à plus de 250 milles de toute habi tation, Nous passâmes nos effets, les plus indispensables à trwers une grêle de feu, qui tombait sur nous du hant des arbres embrasés, et nous vimmes nous réfugi®r à l'extrémité du portage,daus une petite ause de 3 4 4 arpents. La nons eûmes, durant toute lu nuit, le spectaele le plus affreux qu’il soit possible d’imaginer. Qu'on se figure, Mgr.une fumée épaisse et noire, traversée

par d’horribles tourbillons de flgmme, le craquement des,

arbres calcinés, tombant avec fracas à côté de nous, l’uctivité d’un few qui avait déjà envahi le bois de derive, situé à cinq ou six pas de nous, en un mot, une atmosphère embrasée, qui menaçait à tout instant de nous suffoquer ; et l’on anra une jdée juste, bien que légère, de ce qui se passait autour de nous, durant toute la nuit. Tandis que, blotti dans un- petit espace, ménagé par la Providence; nous remettions entre ses muins,la garde do notre vie.[l faut pourtant que je vous le dise, Mgr.et mon père, au milieu des dangers qui nous environnaient de tous côtés, j'étais calme et tranquille, j’éprouvai même un contentement indéfinissable, Voyant autour de moi de pauvres Sauvages, si heureux de posséder la Robe-notre, je ne disais : “ Si mes jours doivent se terminer ici,

je vous hénis, à mon Dieu !” et si, dans ce moment, il

m'étais donné, par un miracle de votre toute-puissance de me trouver au sein d’une famille que je chéris plus que moi-même, d’y mener une vie douce et tranquille, mais pour cela, abandonner nos chers Indiens, dans un danger pareil ; vous savez quel choix j'ai fait d’avance !.…

Maisle Dieu en qui nons avions mis notre espérance ne nous fit pes défant. Les montagnes de feu que nons ayions vu venir sur nous, avec tant de fureur, s’arrêtè-

ee A De eq Re de ns Qu Sir à

renttout à coup.Le terrible élément ne touchæ pas à une douzaine d’arbres, sous lesque: s nous nous étions abrités. Si cette lettre venait Jamais à tomber entre les mains de certain esprits forés, ils riraient sans doute de la simplicité avec laquelle je raconte ce fait ; mais, outre que ce n’est pas pour eux que je le relate, ce fait, tout mervoilleux qu’il paraisse, n’en est pas moius un fait, et uu fait constant ; or il n’y a rien de plus opiniâtre qu'un fait, Nous avons vu cette année ces arbres. encore verts ; ils semblert être demeurés là pour uttester la protection divine sur nous. Tout le reste, à plus de 25 fieués à la ronde, ne présente plus qu’un vaste champs de ruines. Les indiens qui m’avaient accompagné l’année dernière et quise trouvaient encore avec moi cette année-ci, furent les premiers à en feire la remarque, ainsi que plusieurs protestants. On n’uperçoit sur cette lave, d’autre végétation, que quelques plantes corymbifères ressemblant assez a la verge d'or, muis à fleur couleur de rose. J'ai vu souvent les Sauvages en faire une décoction w’ils, disent être un excellent fébrifange. De tous les remèdes dont les Indièns font usage, je n’en connats point de plus universel ni de plus effitace que la décoc-

tion de feuilles de cèdres. Ils s’en servent contre -

tre la pleurésie par un bain de vapeur, contre l’hydropisie et la fièvre, en la prenant comme médecine, contre les maux de dents, en s’en gargarisant la bouche, enfin contre le scorbut eu en respirant la vapeur. J’en ai fait moi-même plusieurs fais l’expérience, contre cette dernière maladie, très-fréauente parmi ceux qui habitent les bords de la Baie, où l'air est remplir de vapeurs méphitiques,et j'en zi toujours ressenti l’heureui effet.

Le fort de Moose Factory, bâti dans une jolie petite

île, à trois milles de la mer, et à quarante milles envi- +ron au dessous du confluent de la rivière d’Abbitibbi avec celle de Moose, n’est remarquable que par sa po-

sition géographique, cæ le nombre des familles indiennes qui y viennent faire la traite des pelleteries, n’excèdent pas 55 ; formant une popolation d'environ 250 âmes. Mais, comme ce fort se trouve situé à l’extrémité sud de la Baie, tous les postes environnants y envoient leurs pelleteries ; et un navire venant,chaque

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oh Ar nn on à + mue

” année, d'Angleterre, chargé de munitions et de vivres, pour l’approvisionnement de ces divers postes, s’en retourne chargé de riches et précieuses fourrures. ‘Le

Le Chef de cet établissement me reçut avec la plus aimaà ble cordialité, et tout le temps que je séjournai chez Li ee. lui, ne cessa de se montrer plein de prévenance et A d’attention pour moi. J’en doit dire autant de tous les à autres membres de l’'Hon. Cie. Car tons se montrent in à mon égard, ce que j'aurais à attendre d'anciens amis a et même de fervents catholiques. Tln’en était pas de La même des Sauvages, Je ne fus pas longtemps sans s' m’appercevoir, combien ils étaient prévenus contre é moi. Jecrois vous avoir déjà dit, Migr., que depuis { huit anuées, un ministre méthodiste residait dans ces k: lieux. Il en était reparti depuis un an ; mais les abà surdes calomnies qu’il avait si souvent débitécs contre notre sainte religion et contre nous, y étaient restées. "4 L:s Indiens fayaient à mon appproche comine à celle se L d’un pestiféré 3 et quoique J'eusse avec moi une qua- … = rantaine de néophytes, dont la conduite édifiante confs trastait singulièrement avec celle d’un bon nombre de d’entre eux; ils ne pouvaient s’âter de l’esprit que Hi: $ j'étais un enfant de Bélial, un envoyé de lAntechrist, cl un jongleur, un homme qui conduit à l'Enfer quiconqut Ni veut le suivre, puisque leur ministre le leur avait dit ee té répété souvent, ainsi qu'iis me l’ont déclaré ensuit bn: Un jour que le Rev. ministre lançait du haut de la js chaire un déluge d anathèmes contre nous et contre tous ui ceux qui auraient la témérité de nous suivre ; — la de-

de: moiselle du commandant du fort, jeune personne de dix ou onze ans, vint tout en larmes trouver son père, et lui dit : “ah! papa, s’il est vrai, comme le dit le ministre, que tous ceux qui vont avec les prêtres,soient dans le chemin de l’Enfer, que vas-tu devenir ? tues bi __ toujours avec eux !”” Tous les matins, je célébrais la Ste. Messe, dans un vaste appartement, que l’Hon.

O- étre

‘V4 bourgeois avait eu la bonté de mettre à m& disposition pà mais comme onavait dit aux Indiens que cela était ‘i h une jonglerie, quelques-uns, seulement y venaient, et “ encore n’était-ce qu'avec crainte. Cependant, comme sy nos néophytes y assistaient toujours avec beauccup de

piété, récitant des prières on chantant des cantiques,

on woyait les autres venir se placer sous les. fenêtres,

pour écouter le chant, que la plupart comprenaient, ear, bien.que ceux des bords de la Baie, ne parlent pas Ja laugue Saufeux, presque tous la comprenne. L’instruction que je fuisait ensuite, toujours entreméêlce du chant des cantiques,en disposait chaque jour quelquesuns eu faveur de notre Ste. Religion. J’examinais en silence l’effet que produisaient sur leurs esprits prévenus, l’aspeet de nos augustes cérémonies et l’explication de nos Mystères. J’en vis bientôt un certain norabre dans une grande perplexité. Ils ne pouvaient con- Cilier ce qu'ils voyaient avec ce qu’on leur avait dit, Cependant je dois l'avouer, Mgr., c’est lorsque le pré tre catholique arrive chez des Indiens, précédemment visités par des ministres méthodistes, qu’il est à même de juger et de gémir sur l’état où se trouve ces paur vres peuples ! Leo temps si précieux et si court que l’on passe avec eux,au lieu É A l'employer à les iustrulre,comme on le ferait, s'ils étaient entièrement infidèles,.il fant eu consumer vne bonne partie, à dissiper d’injustes et ridicules préjugés, dont on les a nourri, pour ainsi dire, chaque fois qu’on a eu occasion de les voir; car c'est là d'peu près toute l'instruction qu'ils ont reçue. Bien que la plupart de ceux que j’ai visité autour de la Baie, ajent reçu le baptême des mains des méthodistes, je n’en ui pas trouvé un seul capable de m'expliquer les trois premiers mystères de la Foi. S'ils avaient été tous infidèles, j’aurais pu, durant mon séjour parmi eux, les instruire et en baptiser quelquesuns, tandis qu'il m'a fallu passer les 15 premiers jours à leur prouver que nous n’étions pas des jJongleurs !….. Encore que nos bons néophytes me secondassent puissamment, par leur bonne conduite, et même par des explications claires et justes sur la religion qu’ils professaient ; quelles précautions ne m’a-t-il pas fallu prendre, pour les amener à laisser baptiser leurs enfants ! ….Permettez-moi de vous raconter, Mgr., un petit colloque qu’un Sauvage de la Baie eut avec un de mes néophytes d'Abbitibbi, et qui vous donnerà nne idée des progrès que font nos bons Indiens, quand ils sont à portée de se faire instruire, et de quelle utilité ils peuvent être pour le Missionuaire, dans l’occasion,

Un vieil ivrogite, qui avait été baptisé pâr le ministréy vinttrouver mes chrétiens d’Abbitibbi, nonobstant læ

défense qui lui em avait été faite ; et leur demanda #

quelle différence il pouvait y avoir éntré sa religion et la nôtre.entre la Robe-noire et son ministre 7:Lu différence qu’il y.a, lui répondit l’un d’eux, peux tu donc l’ignorer ? Nous étions méchants et la Robe noire nous & tendu ben, en nous faisant connaître la religion du Grand Esprit, qui défend le mal. Tu sais bién comme j'étais mor-même quérelleur et ivrogne. Voilà trois nefges d’écoulées, depuis que j’ai été baptisé, j'ai préimis alors d’être bon priant et deptus je n’ai pas une seule fois étourdi ma têté par la liqueur de feu, et loin de disputer et de battre mes frères, je lesaime et je prie pour eux.” Cette réponse né pouvait que procuire une heureuse impression, Car celui qui la faisait, “ait bien conna de tous ; et passait, avant son baptème, pour le plus mauvais sujet de toute sa tribu. Puis il ajouta : “ c’est que nos Robes notre n’ont point de femme...” Cette dernière raison était sans contredit, la plus péremptoire dans l'esprit de l’Indien. Et defuit,: éinq années de ministère parmi eux, m’om? assez con- Yaincu que rien n’est plus propre à imprimer le respect et la vénération pour le prêtre que Ja pensée qu’il p’a nf ne doit point avoir de femme. “ Parce” que, disent-ils, le prêtre est l’envoyé du Grand Esprit, et que de Grand Esprit n’en a point.” J'ai désiré quelquefois: que nos éternels détlamateurs contre le célibat des: prêtres, vinsent à l’école des Sauvages:

- L’année dernière, nous trouvâmes au fort Moose, un Canadien de Montréal, marié à une indienne du lieu. Bien que depnis quinze ans il n’éût pas vu de prêtre, et qu’il fut seul de catholique dans une place où il y avait un ministre qué n'avait rien négligé pour le gagner, il avait toujours conservé sa foi intacte; mais: malheureusement il la déshonorait, par l’ivrognerie Nous le recûmes de la tempérance, et il a vécu, durant: toute l’année,au milieu d’ouvrier comme lui, qui n’ont d’autre récréation, le dimanche, que la boiscon ; sans: en prendre une seule goutte.

rois semaines s’étaient déjà.écoulées depuis que j’étais au'fort de Moose, lorsqu'une goëlette, venant de

(14) celui d’Albany, me fuurnit l’occasion d'aller visiter ce

poste, situé environ 140 milles plus au nord, et vers le quel mon cœur;plus encore que ma boussole,se dirigeait

sans cesse ; parce que j'avais appris que j'y trouverais .

un grand nombre de Sauvages,venus des postes circonvuisins, outre ceux de cette pluce, qui est dit-on, l’une des plus populeuses de la Baie. Je m'embarquais, le 5 juillet, sur cette mer À et couverte de glaces: A peine étions nous sortis de la rivière de Moose,que nous fâmes arrêtés par un vent contraire, qui nous retint à la même place, durarit trois jours. Nous profitânres de ce contre-temps pour descendre à terre. Nous n’u perçûmes partout qu’un terrain plat marécageux et aride, périodiquement baigné par la marée qui monte très-hauté dans ces endroits. Rien absolument ne vint distraire notre âme de cette mélancolie dont elle est comme ace vablée, lorsqu’on parcourt, pour la promière fois,ces contréés désolées. Nous n’aperçumes ni gibier dans les airs, ni bêtes fauves sur la térre. Quelques petites baleines blanches, et quelques loups-marins furent les seuls habitants deseaux, qui se montrassent à nous,durant toute Ja traversée. Je n’essaierai point Mgr. de vous dépeindte ce qu’éprouve l’âme d’un Missionnaire, qui explore pour la première fois c2s tristes parages. Tout ce quifrappe ses regards n’est propre qu’à le jeter dans une tristesse indicible; il n’est donc pas surprenant que ses lettres n’en soient quelques fois empreintes Cette mission au reste, la plus triste qui existe, doit avoir un caructère qui lui est propre. Celles du levant, de Constuntinople, des îles de l’archipel, de Syrie, de l'Egypte éte. conservent encore quelques restes de leur ancienne splen: deur. Et toutes ces contrées, quelques dégradées qu’elle soient, ne laissent pas néanmoins de représenter an Missionnaire quelques restes des richesses, de l’industrie et de la magnificence, de leurs premiers hubitants, Les îles même de l’Océanie et du Japon, toutes barbares qu'elles sont,offrent aussi quelques encouragements et quelques espoir à la persévéraece du Missionnaire, Là se trouvent de nombreuses peuplades, réunis en corps de nations, un sol fertile, un climat tempéré. Mais dans les missions de la Baie, il n’en est pus de même. Elles n’offrent partout que des forêts sans limites d’un

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on LS cn boot tt PE ie mm.

L à } * Dois rabougri, Un terrain marécageux et stérile, un

ciel sombre et grisâtre, et une mer glacée. ÆEparse çn et là, sur une étendue immense de pays,une muititade de familles indigènes, dont l'aspect dégoûtant dé note la dégradation et la misère Ia plus profonde. Le silence de mort qui règne sur ses champs de ruines, n’est interrompu que pur les hurlements des ours et des loups, auxquels les Indiens déclarent une guerre, où bien des fois ils sont vaincus et cruellement déchirés ; et.par les cris plaintif, des oissaux passagers” Pardonnez, Mgr., cette longue digression où j6 n’ai pourtant fait qu'esquisser quelques traits d’un tableau mille fois plus effrayant encore. Tout ce que Je pourrais en dire n’en donnerait jamais qu’une fuible idée.

Je dois cependant Payouersait milieu de cette nature désolée, le créateur ne laisse pas que de montrer sa main libératrice, outre les ours, les lièvres, les castors, et les lonps-marins, dont les Indiens font leur nourriture principale. Ils reçoivent encore un ample secours par le passage des ‘outardes, qui s’opère deux fois par an, au printemps et en automne.et qui dure de 15 à 20 jours; durant lesquels un ehasseur habile peut en tuer, dit-on, de 2 à 3000, qu’il peut faire saler on boucaner. C’est aussi ce que font les Agents de l’Hôn. Cie. de l& Baie. Au seul fort d’Albany, on en fuit saler de 14 à 15,000 chaque année. |

La quatrième jonrnée après notre embarquement, te vent nous devint favorable, et, uous pûmes mettre à la voile. Mais nous n’æevions pas fait 80 milles, qu’une furieuse tempête,s’élevant tont-à-coup, pousa le navire avec une rapidité effrayante, vers des montagnes de glaces, que nous avions devant nous, à quelques milles de distance. Le capitaine, justement alarmé de voir son navire aller se briser contre ces îles flottantes, fait promptement tourner les voiles; mais en voulant échapper au danger des glaces, il tomba dans un autre non moins imminent. : Nous approchions de l’enttée de la rivière Albany, le vent, qui sounflait toujours avec violence, avait renversé les jalons qui indiquaient le chenal. Tout à coup nous entendîimes sous nos pieds un.craquement qui nous fit frémir. La goëlette ve-

nait d’échouer sur une large roche, qui heureusement.

e TE SENS SR EE

88 rouvant unie; ne fit qu’une avarie assez légère st

âtiment. Le. même coup.de vent qu nous avait jeté.

avec tant d’impétuosité, sur cet écueil, en tourbillo:+ hant, trous remit à flots, et peut d'heures après nons entrions dans l& rivière d’Albany, en. benissunt le Serÿneur de nous avoir de nouveau délivré d'un naufrage qui semblait inévitable. |

Nous avVions fait environ frois ntilles dans cette rivière, lorsque nous apperçûnies, à quelque distance de nous, le fort où plutôt la place qu’il occupait naguère ; car, l’hiver d'auparavant,il était devenu la proïe dur

violent incendie, C’était un des plus beaux forts de:

tous ceux de l’Hon. Cie: de la Baie d'Hudson, bâti en forme de citadelle avec bastions et crénèaux.Ow ne voit plus à la plaëe qu’un modeste magasin, que Je Commandant y a construit depuis peu, avec des difficultés BeR grandes, tant se trouve éloigné le bois propre à bäir.

La rivière d’Albany, qüi cotile de l’ovtest à l’est, prend sa sourte dans le {dc Sale, à 100 nvilles dela Baie James où elle se décharge. Elle serait, sans con-

tredit; l’une des plus belles de tontes celles qui affluent:

dans la Buie, ayant un cours de 300 mikles sans aucun: rapide considérabie ; raais ses nombreuses baétures ne permettent d’y naviguer qu'avec de#canots de wioyenne #randertr. Soi eau est limpide et bunne au goût, mais elle ne paraît pas être poissonñeäse. Ses bords sont bas et maærécageux, depuis son embouchure jusqu’à la Chûte à Martin, 300 milles dans les profondeurs. J’en puis dire autant de toute la côte ouest des deux Baies ; car, depuis les burds de læ mer jusqu’à 100 lieues de distance dans les forêts, on ne marche que sur un terrain tfemblant, ayant de l’eau jusqu’à mi-jambes. On n’aperçoit aucun vestige de bois franc ; ce ne sont partout que des aunés et des arbrisseaux résineux, de chétive apparence. Dans ces tristes marais, pullulent des maringouins ox moncherons, dont là piqûre vénimeuse cause une douleur cuisante. Ils sont et plus nombreux et plus gros que ceux que j’avais vus jusque-là, dans les forêts du. Canada. Dès que notre goëlette entra dans la rivière, elle en fut littéralement couverte. Tout ce que j'avais vu jusque là, en fait de:

imotcherbnise, me parut alors uns vraie bagateite. by

ciel en était obscurci comme d’un nuage. Je doute : qu’ils fussent ni plus nombreux ni plus cruels, Îorsqite

-le Seigneur les envoya, sons les ordres de Moyse, visi-

ter le roi Pharaon. Du moins leur visite ne fut pas aüssi-lungue. Pour sc défendre de leurs impitoyables aiguillohs, les Sanvages ne trouvent pe d’autre expédient que de se graissér le corps avec de l’huile dé poisson pourri, qui répand une odeur infecte ; et les animaux domestiques du fort, pour s’en garantir, se jettent à la nage, et passent la journée dans uni flot, att

milieu de la rivière. Quoi que j’ceusse {a précantion,

pour célébrer les Saints Mystères, de m’entourer d’un nuage de famée, comme dans une chatbonnière ; mon visage ét mes mains en étaient tellement couverts que les nappes d’autel étaient toujours tachées par le sang qui coulait des piqûres. Ils ont plus d’une fois, durant leservice divin, éteint les cierges, en venant s’acçumuiler dessus. On peut juger daprès cet aperçu, cé.que 4 nature doit avoir à souffrir. de la part de ces petits tyrans ailés. Ils ont la vie tellement dure, que nous sommes obligés de faire du feu, autant pour réclianffer nos n'embres engourdis parle froid, que pour notis délivrer de leurs importunités. | Le Commandant du fort Albany est un gentilhomme Irlandais catholique, qui depuis 32 ans habite les : bords de la Baie d’Hudson. Venu d’Irlande à l’âge ds.

‘ seize ans et seul de: sa religion dans ces pays sauvages,

il a toujours su conserver une foi intacte et une fervente piété ; son dévoûñment à toute épreuve, su probité, sa franchise, luiont toujours gagné l’estime de tous ceux qui l’ont connu, de quelque persuasion qu’ils fussent.La joie qu’il ressentit, en voyant arriver chez lui un prêtre, ne peut se dépeindre. Nous nous jéttâmes dans les bras l’un de l’autre. Nos larmes se confondirent, et nous fûmes longtemps sans pouvoir nous exprimer autrement. Sa pieuse dante, que fous avions, ainsi que sademioiselle baptisée Pannée dernière au fort de Moose, partageait son allégresse. Leurs domestiques, an nombre de’ 12, paraissant étonnés de le voir si joyeux, if leur dit: ‘Vous ne savez pas, vous autres proteg- ‘“tan‘s, vous ne pouvez pas mêrne ceneereir le bon Li]

Lo

‘“’heur.que nous goûtons, nous .autres catholiques, tr'eu ‘quand nous possédons un prêtre ! .…., Comment ne tenti “ serais-je pas conteiit! Ilya 32 ans que je soupiré

va © .» 4 iv .

“après l’arrivée d’un prêtre dans cette baie.” Tôus les » as 1! matins, il venait à la messe, qu’il servait avec une tou- Vie.

chante piété, et moi, en le voyant, je me disais ‘hélas! vla il fant donc avoir été longtemps privé dés grâces, pour dépa suvoir les apprécier !.… Quoiqu'il ent en le bonheur

de commnnier, dinsi qne son épouse, durant mon sé- vue jour chez lui; quelques jours après l’avoir quitté, pour four à retourner àMoose,quelle nefut pas ma joie etma surprise, nie de l’y voir arriver ! TI avait navigué durant trente-huit laisi heures, le jour et la nuit, sur une mer agitée et couvér- mp te de ‘glaces, dans un petit canot d’écorce, accompagné une de deux Indiens ; ne s’arrétant que pour prendre à la ne hâte un peu de nourriture. Et lorsque je lui manifes- la rl tai ma surprise de le voir si tôt, il me fit cette réponse, deu

qui résume toute l’ardeur de sa foi et de sa piété : “11 pr d eût été assurément trop pénible pour moi de demeurer tre tranquille à mon poste, sachant qu’un prêtre Cathoh- fatis:

que, que depuis 32 ans j'appelle de tous mes vœux, cat réside dans ces lieux ; je veux encore avoir la consola- sui tion de participer aux Sts. Mystères.” ‘ C'était dévant pe des protestants étonnés, qu’il tenait ce langage. foi

.- À mon arrivée au fort d’Albany, jy trouvai une ving- l sh

taine d’Indiens venus, les uns du fort Osnaburk, à 500 D vin milles de distance, les autres du Lac Sale, à 700 milles bed: environ. Comme ces Sauvages sont de la tribu des Sau- l'or à teux, et que leur langage était, à peu près, le même que | antél celui de Témiskaming, je pus entrer immédiatement férer en rapport avec eux. Je vis, dans cette circonstance, a s’accomplir, à la lettre, ces paroles du Sauveur : “ Deux Se hommes seront dans un champ, l’un sera pris et l’autre Le a sera laissé.” (Luc 17.) Les Indiens du Lac Sale sont rs

tellement adonnés à l’ivrognérie, qu’ils m'ont avoué que te le c’était le désir d’avoir du rum, qui les avait engagé à du L venir au fort, La passion pour les liqueurs fortes les te à. avait trop abruti pour qu’ils témoïignassent de l’empres- pq) sement à venir entendre les explications d’une religion ‘trot

qui commande avant tout la sobriété. Ceux'd’Osna- ras |

burk, au contraire, me parutent beaticonp plus disposés Les!

+ Q Q r #Y Q < } N CE 19 ee | à se faire instruire. : Il est vrai que quelqués-ühs d’en wue à

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t'eux étaient également venus de hieu loin dans l’in-: tentiôn de s’enivrer. . lis l’étaient. même lorsque j’ar-, rivai au milieu d’eux, mais quand je leur eu fait, comtprendre l’horreur que le Grand-Esprit.avait pour.ce vice; les tourments réservés aux ivrognes dans l’autre vie, ils ne voulurent plus en goûter. ÆEtle jour de leur départ, pour s’en retourner dans leur poste respectif, ils vinrent mo remercier, et. m’avouèrent ingénûüment, que. » depuis 18 à 20 ans qu’ils venaient annuellement au fort d’Albany, c'était la première fois qu’ils s’en retournaient sans être ivres. Ils .paraissaient prendre un laisir singulier à m’entendre leur parler de Dien.et e ses ouvrages. ‘Ton arrivée chez nous causerait une joie bien vive à tonte notre tribu, me disaient-ils souvent. . Tous assurément embrasseraient avec ardeur Ja religion dont tu nous parles.” Et moi, en gémissant de ne poñvoir voler àleur suite,je les berçais de l’espérance d’uller les voir une autre-année !.…. Parmi eux se trouvaient aussi deux métis Canadiens qui, encore en-. fans, avaient reçu le baptême des maios d’un prêtre catholique, sur. les bords du Lac. Supérieur. N’uyant plus revu de prêtre depuis, ils avaient grandi dans une ignorance complète des premiers mystères de la foi. Ils ne savaient néanmoins comment m’exprimer leur. joie quand ils me virent. Ils m’avouèrent plus

d’une fois que quoiqu’ils eussent passé leur vie au mi-

heu des protestants, ils n’auraient pas voulu, pour tout l’or du monde, renoncer à la religion catholique. Ils auraient été assurément bien en peine d’établir ]n différence qui existe entre les deux, puisqu'ils ne savaient pas même combien il y a de personnes en Dieu. Mais partout où une goutte de sang Canadien ruisselle dans les veines, n’y découvre-t-on pas aussi un sentimentt inné. pour le catholicisme ? La population qui fréquente Le fort d’Osnaburk est d’environ 135 familles et celle du Lac Sale renferme le même nombre. Celle de la Chäte à Martin est de 60, Enfin celle d’Albany lui-même.

en compte environ 120 : ce qui fait, dans ce seul dis-

tract, un nombre d'au moins 2500 âmes, car les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes. Les Sauvages des trois. premiers postes parlent la lan. gue des S'aufeux. Mais ceux du foft d’Albany et géné-

fnlément tous ceux qui habitent les bords de Îa tñef; ont un’ gallimatias difficile à saisir. ‘C’est un mélqnge: eonfus dé Aris ou Kentsteno, Sauteux, Mazkegon, ct Montagnais. ‘Un peu plus au nord, c’est le langage Enkimatix entièrement différent de ceux-ci.

” Tous les Indiens, de quelqure tribu qu’ils soient, sont d’une malpropreté dégoûtante et leur premier: aspect dénote ln plus profonde misère. Leurs terres de chnsst sont entore, it est vrai, assez bien ponrvues danimatix dont la précieuse fonrrure fait la richesse de là compa: gnié anglaise ; mais autant la peau en est estimée aus tant là Chaïiren est dégoûtante. Les ours soirs, gris, et blancs;les lièvres et les castors sont # peu près les seuls, armi les mämmifères,dont la chair puisse être marigée. 'ons Tésantres, tels que loup, renard noïr ou fauve; martre, loutre,angora, fouine des bois, etc., ne peuvent ser: vir d’alinjent que dans une disette extrême, Les bi: son, les rennes, les cariboux, si communs dans les praities du nord-onest, sont inconnus dans ces parages. Si les Sauvages sont éloignés de l’un des forts dé l’'Hon: Cie. de là Baie d'Hudson, ils sont quelques fois réduits à une telle détresse, qu’ils se dévorent éntr’enx. ‘Il'y en a même qui vont jusqu’à se repaitre des cadavres de leurs propres enfans !.. | CE our On m'a relaté, # ce propos, des faits dont je ne puis sans frémir me retracer le svuvenir ; j’ai en même une fois l’occasion de voir le triste héros de la scène que je’ vais décrire. C’était un Sauvage qui vient faire latraite de sés pelleteries au fort d’Albany, mais dont les'térres de chasse sont à une distance de plus de deux cents À milles, 200 milles dans ces affreux pays, où le froid'est si vif que le mercnre gèle dans le thermomiêtre,et quand depuis plusieurs jours on n’a rien à manger, est une distance effrayante. Il y avait déjà une semaine que cet infortuné, après avoir couru toute la journée sans ’rércoûtrer de bêtes fauves, rentrait lé soir dans sà triste cabañe, accablé de faim et de fatigue. Là nne fémmie | et deux enfans l’attendüient, en proie à une faim non . moins cruelle que la sienne. Un soir il rentra, le désespoir dans l’âme, et saisissant son casse-tête, ‘il assomma ses deux enfants. N'ayant pu donner de la noürriture à cetix à qui il avait donné la vie, il le: lew

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reprit pour seutenir la sienne ! Son infortunée sempa- #no prit part à l’horrible festin. Ils dévorèrent de concert,les membres encore palpitants de leuts propres enfants !.... , Plusicurs jours s'étaient déjà écoulés depuis, la saison était toujours mauvaiss, et la faim recommençait à faire sentir son cruel aiguillon. Pour la prévenir.les deux malheureux époux se mettent en routo pour se rendre.au fort. Après six journées de mar- “hé pénible,lu femme tonbe malade de fatigue et d'ina- “ition. Elle n'u pas encore rendu lo dernier soupir que déjà son mari se dispose à,s’en repaitre !! ! Quel. ques jours après, ilurriva enfin au poste où il raconta lui-même ce que je viensde rapporter. Ce trait, au reste, n’est malheureusement pas unique dans ces pays désolés, . Il se renouvellerait presque chaque jour sans la générosité de l’Honorable Compagnie, qui ne leur a-ja muis rien:refusé, à ma connaissance, de ce dont ils peuvent avoir besoin. Voilà donc l’état de la Belle N'a: ture, tant prônée pur nos philosophes... 1: donne lieu à des: scènes dont les bêtes féroces aursient horreur! En parcourant les forêts du nord de l'Amérique, j'ai désiré quelquefois que le:trop fameux J. J. Rousseau eût été condamné à passer quelques hivers au milieu de cestribus infidèles.. Il aurait probablement mwodifié son contract-social. Je dis parmi. les infidèles, car il n’en est pas de même de ceux qui ont été régénérés, Mes chers néophytes d’Abbitibbi ont reculé d’horreur, lorsque je leur ai raconté, à mon retour parmi eux, l’horrible trait que je viens. de citer, touchant leurs frères de la Baie: “Oh! nousaimerions mille. fois mieux mourir de faim, me disaient-ils avec un sentimont d’indignation, plutôt que de faire de pareilles choses!” Tlsoubliaient, sans doute, ces chers Sauvages, que plusieurs d’entre eux étaient naguère aussi féroces,.. ainsi que l’attestent mes rapports précédents !...

Je trouvai peu de Sauvages d’Albany réunig dans le fort lors de mon arrivée, mais ils vinrent bientôt en grand: nombre et au bout de 3 jours, il y eut plus de 40 familles. : Je m’apperçus bientôt que les préventions, qui existaient contre. nous au fort Moose, étaient les mêmesici. C'était en vaiu que je faisais le tour des cabanes,une closhette à la main,personme ne venait m’eu-

tendre, Cela m’aflligea sans me surprendre, car je :

savais qu’on leur avuit fait de nous et de notre Sainte

Religion la plus effrayante peinture. Je ne répète.

rai pasiei, Mgr., les calomnies basses et absurdes, que

lé ministre wesleyen avait débitées sur notre compte.

Les Hon., MM. dela Compagnie en étaient quelque-

fois indignés, Il n’était donc pas surprenant que les

indigènes ne nous envisagcassent qu'avec méfiance,

je dirai même avec efftoi, Mais j’étnis venu de trop

oir, je m'étais volontairement exposé à trop de périls

afin de leur procurer les bienfaits de la Foi, pour que je

demetirasse maintenant spectateur oisif de leur état.Je

fus doncles visiter chacun dans leur cabane, les salu-

ant amicalement; je m’assayais au milieu d’eux sans cé-

rémonies, embrassant, caressant les enfants, funmant le

calumet avec les chasseurs, m’informant de lasanté de

tous ; je priais les vieillards de me raconter qnelques-

unés de leurs histoires et de leurs aventures des forêts ;

leur promettunt de leur en raconter à mon tour qui

pourräient les intéresser. Je leur dis enfin qu’étant f

envoyé per le Grand-Esprit pour leur enseigner leche-

min de la vie, je n’avais rien de plus à cœur que de les

voir heureux. Etonnés d’un procédé si nouveau pour

eux, je les vis me fixer de. la tête aux pieds, et: se de-

mander à eux-mêmes,si j'étais bien catte Robe notre dont , on leur avait fait une peinture si effrayante. ; Rien

n’est plus. entêté que la prévention, elle ne se: rend

pas même à l’évidence ; car plusieurs. d’entr’eux, tout

en m’avouant qu’ilsiavaient beaucoup de plaisir de

me voir et de m’entendre, furent cependant ‘encore

plusieurs jours avant d’oser venir à la cobane qui me

servait de chapelle. Ma première visite à domicile

avait produit un bien trop sensible, pour que je ne pris-

se pas la résolution de: la continner chaque jour, mal-

gré la répugnance de la nature à la vue de tant d’ob-

jets repoussants.. Jeunes lecteurs, 'si jamais -vons êtes

appelés à aller Evangéliserles Sauvages, ceux princi- À

palement qui ont.déjà reçu la visite. de ces ministres

qui ne prêchent rien moins que.la charité chrétienne,

permettez-moi de vousdire que lemeilluur et l’unique:

moyen de les’ gagner à.J. C.,.c’est de gagner d’abord

leur. confiance, mais ponr cela ilfaut vous identifier

, Car je :

o Sainte e repèterdes, que compte.

juelqueque les \éfiance, de trop e périls 1 que je ’ élat.J e es salusans cémant le anté de telquess forêts ; our qui qu’étant ‘lechee de les un pour L se deire dont

; Rien >: rend 1x, tout isir de encore ui me bmicile e prisr, malt d’ob s'êtes Drincinistres ienne,

nique.

abord.

atifier

avec onx, vous faire, potr ainsi dire, Sauvage, avec eux, pour on fuire des hommes d’abord et des chrétiens ensuite... Bientôt j’eus ln satisfaction d’en voir un bon nombre s’empresser de venir à la chapelle, uu premief"son de la clochette. Les premiors jours ils ne voulaient pas laisser baptiser leurs enfants nouveaux-nés, mais après quelques initructions, non senlement ils me les apportèrent avec empressement, mais plusieurs d’entr’eux, baptisés par un méthodiste qnelyues antuées nuparavant,me demandèrent le baptême de In Robe-notre. ‘Leur ayant répandu que pour embrasser rote sainte foi, il fallait bien connaître les obligations qu’elle impose. et que quoique je fusxe venu de bien loin pour eux, je ne buptiserais jamais personne qu'il ne fût instruit et ne dévirât ardemninent d’embrasser notre religion. Cette réponse ne faisuit qu'augmenter leur désir de la connaître. Chaque explication que je leur donnais, à l’aile d’une échelle-catholiqueou tableau synoyuique de ;’ Ancien et du Nouveau Testament, en signes hiérognyphiques. excituit leur admiration, Rien n’était plus touchant que de voir l’attention qu’ils donnaient aux iu‘tructions qui duraient plnsieurs heures, au milieu d’une nuée de moucherons cruels, et quand j'avais terminé je les voyais quitter à regret le lieu de réunion, et se dire les uns aux autres : Ot chita tala pwe sa milo à chiu naspits assurément cela est besu.??

Parmi ceux que la grâce a touché d’une inanière aussi prompte qu'efficace, était un jeune polygame. : Son frère, ses amis et surtout sa nièce, dont je rapporterai plus tard les vertus morales, avaient fait tous lèurs effarts pour l’engager à ne garder qu’une femme, sans pouvoir y réussir. La polygamie est généralement regardée comme une flétrissure parmi ces peuplades Sauvages, et ceux qui s’y adonnent tonbent dans le mépris: J’en ai vu plusieurs gémir sur l’état d'avilissement dans lequel ils sont aux yeux de leurs frères, mais l1 grâce seule a pu leur faire briser leurs liens. Il y avait deux jours que j'étais au fort d’Albany, quand celui-ci y srriva avec ves deux femmes et un bn nombre d’enfans, dont quatre en bas âge. Dès qu’il apprit qne j’6tais dans ce lieu, il en fut effrayé, voulut repartir, et ce ne fut qu'avec beautoup de peine que sa mère parvint à le retenir ; mais il évitait: ma présence, et quand je fus pour le

visiter dus sa cabane, il s'était caché. On me fit connaf:

(re le liew de sa retraite, je fus l'y trouver, et eomme j'avais bien plus à cœur le baptême de ses petits enfuns que son di- :vorre, je l’abordai d’une air affuble, lui parlant avec bonté, lui faisant comprendre du mieux qu’il me fut possible limportance du bgptème, sans lui dire un mot contre la holygamie.. À mon approche, il tremblait de tous ses membres, mais il m’écouta bientôt avec attention, et le même jour il n’apporta tous ses enfans pour que je les baptisasse, mo demandant d’une manière touchante que ie lui accordassa la même faveur, C'était là que je l’attendaie, Tu ne pourras pas être baptisé, lui dis-je, tant que tu auras deux femme:. Le Grand-Ex+prit ne le veut nas, et si tu n’en rén- - voies pas une, au lieu de te placer dans sa grande lumière pour y être heureux avec lui,il te mettra au contraire dans . Une prison de feu avee le mauvais esprit, quand tu auras cessé de vivre.” Ces paroles, Myr., que je rends mot à mot pour donner à Votre Grandeur une idée de la naïveté da no- -tre langue indienne, firent eur l’âme de ce bon Sauvage tout . l'effet que je pouvais en attendre. La tête apnuyée sur sa , poitrine, il ne répondit pas un mot et fut plongé dans une rêverie profonde durant quelques minutes; puis se levant tout à coup, il me dit : ‘ Père, je vois que ce que tu ne prescris est juste ; puisque le Grand-£sprit n’a donné qu’une femme -au premier homme, je ne duis pas en garder deux. La quelle veux-tu que j’envoie ?” Tu dois garder la première, lui dis-je; mais les enfans de la seconde étant les tiens, il faut que tu les élèves et que tu prennes soin de leur mère comme de ta propre sœur, jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un mari, —Merti, me dit-il, e: il softit aussitôt pour aller annoncer à la plus jeune de ses fsmmes que désormais il ne la regarderait plus que comme:sa sœur, et qu’elle eut à se retirer chez sa mère. À une déclaration aussi subite, la jeune femme ne répondit pas un mot. Est-ce surprise ? Est-ce indifférence? Je ne sais: tout ce que je puis dire, c’est qu’étant allé la trouver moi-même un moment après, et lui ayant parlé du bonheur qui attend les bons chrétiens dons le ciel, elle me répondit : “ Sois bien sûr, mon père, que Jésormais je n’habiterai plus avec lui. Je lui disais quelques fois que ce n’était pas bien que nous fussions ensemble, puisque ma sœur était déjà sa femme.””’ Dès ce moment je ne les vis plus ensemble, si ce n’est à la chapells, où 1ls rivalisaient de zèle et d'attention pour se faire instruire. Je crus néanmoins que

\ mag PR 2 NT PA 5 TT RNA TE TE nsannrentesensemeiqntneteites ETS

j'arais son dibonté, s Jim.

poly.

tmbres, e jour €, n1G rdassa Tu ne deux h réninière e dans auras à mot la notout sur sa s une ft fout escris emme quele, lui | faut com- Mari, r à la lerait eZ sa 1e ne nce ?

lé Ja 6 du me ’han’ésœur en.

zèle que

la prudence exigeait que je les inisse à l'épreuve, jnequ’à l’année prochaine, Tous les narents du jeune polygane ressentirent une grande joie de sa généreuse démarche, mais nul ne la manifesta aussi vivement que sa nièce.. Elle ne savait Comment me témoigner sa reconnaissance. Cette femme était une de ces âmes d'élités que le Seigneur 8e réserve en tous lieux, aux quelles il accorde un esprit droit et un cœur cäpable des plus généreux sentimens, qui ont le vice en horreur et à qui la vertu semble raturelle, fl y a quatre ans qnelle vit un ministre, qui lui dit que pour étre heureuse après sa mort elle devait recevoir le baptême. TI n’en fallut pas d’avantage pour animer cette ame ardente du désir brûlant de le recevoir, Elle fut baptisée, mais sans ancune notion préalable sur les mystères de la foi. Son âme était trop droite pour ne pas s’âpercevoir bientôt de ce qu’un pareil baptême avait de défectueux, Ses lumières naturelles Ini disaient sans cesse qu’il ne suffit pas de s'appeler Sarah ou Rachel, et d’avoir recu quelques gouttes d’eau sur la tête, pour être assuré d’aller au ciel ; que la religion du Grand Esprit devait avoir quelque chose de plus que cela. (C’est elle-même qui me l’a avoué). Sur ces entrefaites, elle fit rencontre d’une dame née et élevée dans la religion nrotestante, ruais catholique depuis pea, très-instruite et d’une éminente piété. Lui ayant fait part de ses doutes et de ses craintes, la pieuse dame lui donna des leçons sur le dogme, la morale et même sur la discipline cotholique. Elle lui par'a au long du sacrement de pénitence, des consolations ineflables que l’on y goutte, Elle lui parla aussi de l’abstinsnce queles catholiques observent le vendredi, en l’honneur de la passion du Sauveur. Depuis lors cette admirable sauvage se se ne voulut jamais faire gras le vendredi, excenté dans un nécessité extrême. Les autres m’ont avoué l'avoir vue bien des fois, demeurer à jeun le vendredi jusqu’au soir, dans l’espérance de prendre quelques poissons. Elle soupirai sans cease après l’arrivée d’un prêtre. Dès qu’elle me vit, elle courut chez sa pieuse institutrice pou: lui demander, ei je n’étais pas cette Robe-noire dont elle lui avait «i souvent parlé ? Sur sa réponse affimative, elle lui dit: * Ah! s#’ils /oulait me confesser, que je serais contente !/ 1l me semble qu’il n°y a rien de plus doux jour ’âme que de dire ses fautes à l’envoyé du Grand-Esprit.—Va le trouver, lui répondit la dame, expose lui tes désirs, et faitsce qu’il te

dia? Elle se dirigea aussitôt vers na tente, L'’émotion

qu'elle éprouvait répaniit eur sa figure une sueur glacée. Sex jambes refusérent de ln soutenir. Elle tomba à genoux äl’entrée de ma tente, d’une voix tremblante, elle me dit eg mots : ‘ Toi qui es la Robe-noireenvoyé par ie Granü- Esprit, écoute re que je vaiste dire. ‘11 ÿ a si longtemps que je désire de te voir, de t’ouvrir mon cœur pour te faire connaître tout ce que j'ai fait Quelque désir que j’aie, de te confesser, lui dis-je, je ne puis le faire avant que tu ne sois instruite, baptisée, et que tu ne croies que notre Religion est la seule véritable Oh! je crois fermement, me dit-elle avec un sentiment de conviction ‘profonde, et je n’en vaux jauwais suivre d'autre |”? Une âme,ainsi iixposée,n’exigeait pas une bien longue épreuve, Quelques jours avant mon départ, je lui adminimtrai le baptême, sous condition. Elle fit sa profession de foi, d’un'ton si pénétré, que les assistants en furentattendries Elle fut, parmi les’ adultes, la seule que je jugeasse susamment inetruite, et iligne du baptême, quoiqu'il y en eùt encore un assez bon nombre d’autres qui manilertassent le même désir. Mais dans la même circonstance, je conférai ce sacrement à seize enfans en bas âge. Qu'il était beau de voir cette pieuse néophyte, âgée de plus 60 de ane, environnée de cette troupe d’enfants, dont quelques uns étaient ses petits fils ! Il me semblait dans ce moment que leurs anges, du haut du ciel, souriaient à leur honheur! !

J’aurus encore à vous entretenir, Mgr. et mon père, d’une autre cérémonie non moins touvhante, et qui produisit une heureuse impression sur les infidèles et même sur plusieurs protestants, parce qu'elle servit à dissiper beaucoup de préjugés. C’est de la plantation d’une croix que Je veux vous narler. J'en avais déjà planté une au fort de Moose, quel. que temps auparavant, avec toute la solennité que pouvait nous permettre notre dénûment. Ce fnrent des néophytes qui firent celle de Moose. Ce furent des protestants et des infidètes-qui firent et plantèrent celle du fort Albavy. An moment où cette croix fut élevée de terre, par des mains infidèles et protestantes, je ressentis au fond de mon âme quelque chose d’ineffable que je ne puis exprimer. Jamais peutêtre je n’a vais apporté, dans mes fonctions sacrées, une dévotion plus sensibie, jamais je n'avais élevé vers le ciel une voix plus émue, et porté avec plus de ferveur Pexpression

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de mon amount et de ma reconnaissance vers Celui qui daigna moutir sur ce’bois !.. C’étaient des juifs et des payens,tous ennemis de la troix,qti firent et plantèrent celle que le Sauveur porta sur lé Calvaire.” Elle était regardée comme une folie par les uns, comme un srandale par les autres, et pourtant p'usieurs d’entr’eux se convertirent ét lui rendirent leurs rt a S'ngulier rapprochement, dans: l'érection de celle-ci !..." Vous seul, à mon Dieu, snvez quels désirs ardents s’élançaient de mon cœur,oppressé par tant d'émotions, ‘lorsque, au pied de . croix que je venais de bénir, j? offiis l’adorable victime !.…. par ta plantation de ia croix, le Sauveur avait pris possession de cette terre, et il semblait qu’il voulut imniédiatement cimenter le contract avec son sang précieux. Les larmes qui coulaient de mes yeux, se confondaient avec les prières qui s’échappaieutde mon éœur. J’offris les unes et les autres au Dieu qui s’immolait pour lé bonheur de ce pauvre peuple, encore presque tout infidèle, et que ponrtant je voyais s’agenouiller, sans qu’il sut encore pourquoi, autour de l’autel rustique et de la croix de la fort, et qui chantait, en sa langue naive, le refrain si connu et si doux pour tout cœur catholique, de vive, Jésus vive sa croix. Ce pauvre peuple, que j'étais venu chercher de si loin, il fallait que je le quittasse bientôt, pour ne plus le revoir peuêtre, mais je lui Jaissais un livré, où il pourrait lire amour immense d’un Dieu pour les hommes. Cette pensée tempérait un peu l’amertume de mon âme, lorsque je cie une dernière fois mes lèvres brulantes sur ce bois sacré !.. Il est vrai qu ’ici maintenant, Regnat à Fyna Deus, muis hélas ! il n°y règne encore que sur des ruines !... Oh ! puisse-t-il y régner bientôt sur tous les cœurs !.. C’est là, c’est au pied de cette croix que le missionnaire aimera désormais à se reposer de ses fatigues et à puiser dés forces nouveiles, pour de nouveaux combats. Oui, de nouveaux combats, car le i6mon ne lâche pas facilement prise ; il faut lui disputer le terrain pied à pied. ‘Si, d’un côté, nous avons la consolation de voir quelqes âmes généreuses venir s’enroler sous les étendards de la religion, nous ne devons pas néanmoins nous dissimuler que le très grand nombre est encore et sera longtemps peut-être" engagé dans la voie de la perdition. Tout semble concourir à y retenir ce malheureux peuple. L’extrême äpreté d’un climat qui ne permet point de culture ; la diversité des langnes ; l’état de vie de ces tribus nomades

dimémunées aur une étendue immense de pays; In difficul. té des chemins dans ces maiécagés où l’on es! toujours jure qu'à mi-jambe dans l’eau, tandis .que le reste du corps est dévoré: par la vermine et Jes-mauches vénimeurses; le manque d’ouvriers et plus envore de ressanrees pour se procurer les eheses les-plus indispensables ;- l’ivrognerie, la jonglerie, et l'esprit d’hérésie qui a dejà souflé presque partout. Voila, Mers, la triste.per<pective qui se présente aux yeux du missionuaires vous voyez qu'il.a bieu raisan de s’ecrie: comme son divin maître ; Evangelisare pauperibus misit me. Et pourtaat qu'ils sont nombreux, ces pauvres Sauvages !. Sans parler de ceux qui habitent. les extrémités Eat et Nord-ouest de la buie d'Hudson proprement dite les: bords seuls de la baie james ne comp'ent pas moins de 9 à 10,000 âmes. ,

Îly avait 27 jours que j’étais au furt d’Albauy. Larsque le commandant envoya sa goëlette à. celui de Moose pour y transporter les pelleteries. : Te fut. oblige.de profiter de cette occasion, quelque désir que j’eusse de depieurer plus long temps-parmi des Indiens qui profitaient si bien de la parole dusslut, que j'étais venu leur annoncer, Le Mauvais temps, les maringouins, qui ne laissent de repos ni le jour ui la nuits la: imauvaise nourriture, qui ne consiste absolument qu'en outardes salées ; un travail ardu et eeutinuel pour apprenira les divers dialecies ue parlent .ces, peupludess tout vela in’avait reduit à une debilité extrême: mais je m'en consolais aisément. en pensaut que je, n'avais pas travaillé en vain. Vingt-quatre personnes avaient été régénerèes, J'en avais préparé un biea plus grand nombre. pour recevuir, une autre annév, la. méme faveur. Ce ne. fut qu'à regret que,je ie séparai de ces bons Sauvages, J’eus la consolation de voir qu’en éclairant leur esprit, j'avais touché leur cœur. [la viurent, dans un profond silence, et les yeux baissôs vers la terre, m’accumpagner jusqu’au rivage. Chez l'Indien, le silence est le signe. d’une grande tristesse Je les consolais en leur faisant espérer. de les revoir, Notre traversée fut plus heureuse que la prenuère fois, Quand nous repasse men. près du lieu où aous avions failli perir un mois auparavant, une pensée bien douce virt traverser mon âme, je ane disais : Si, il y a un mois, j'étais mortilans ce lieu, l'onde amère et glacée m'aurait servi de tombe, et aucun vestige ne særait resté pour indiqrer qn’un prêtre avait passé par là. Mais maintenaut, le voyageur cutholique, aperce.

tant hüe croix plantée sûr rex plagre lointaines, rénfirx tire religieuse et hienfaisainte tinpression titre an fond de sûn cœur, : La croix lui rmppellera la bonté de Dieu, dns dex lieux où jusqiici it semblait n'avoir voulu manifester que sa puissance. e sl

De retour & Moose, j'y baptisai plusiéurs snfanes qne des parents prévenus m’ataient refuné obstinément, lors demon premier frassage. J'admis un certain nombre d’édaltes au éatéchunrénat. Pers la bier douce satisfaction devoir que plusieurs de ceux qui im’avæient montré le plus d’'éntipathie d’abord, furent veux qti se montrèrent les plus affigés de mon départ, : Nonübitant les sonfff ces de tout genre qi à nature u continuellement À exidurer dans ces tristes para 2 ges, il ment éfé bien doux 11e pouvoir ps longtemps vie: Journer. Les Satvages, que j'avais visités; étaie#t; lurs de mon arrivée parmi eu#, remplis dé prévention contre notre Ste. Religion. Îls cominençaient à peitie à l’apprécier; quand il me falint les quitter. [l ÿ en avait encore une maltitude innombrable qui n’ont jamais vw de prêtre, et qui n’en vers tont peut-être jamais ! Cette pensée, Mgr., m’arrachait des larmes de coñpassionen me séparant de ce pauvre peñrle.

Ce fut le 98 noût que je quittai le fort de Moose, pour re: monter # celui d’Abbitibbi, Le gentilhomme qui y com: Mande ne s'était pas contenté de me troiter avec toutes snrtes d’égards, tout le temps que je séjournai chez lmis it voulut encore, # mon départ, me combler de présents. Notre navigation, pour remonter, fut extrêmement lente. Notre frèle-nacelle, à tout instant frottait eontre des roches, qu’une eau toujours vasense ne'permettait pas d’aprreevoir, à deux pouces de profondeur. Ce fa: une espèce de prolige que nous ne coulassions pas à fond,car bien des fois l’eau entrait à gros bouillons et nous étions au beat milieu de la rivière, Deux jours après que nous eumes quitté la baie; je perdis mon chapeau, et je passaï vingt un jours exaosé, tantôt à une chalenr étouffante, tantot à un froid glacial, qui se succèdent sans interruption dans ces forèts$ je contractai, par suite de cet actiden!, un rhunie opiinâtre -dont je me gens encore.

Sur la rive gauche du vaste lac d’Abbitibb';et non loin de Péndroit où il décharge ses eaux bourbeuses.dane la rivière que nous venions de remonter, se trouve un rocher :célèbre par les sacrifices que les Sauvages y fontaë Manitou des

eaux: toutes les fois qu’ils veulent s’aventurer eur, cette

dangereuse: rivière. . Lorsque. nous la. descendîmes, nous étione préredés de vix canots, composés chacun de sent Indiens, dont la pluyart encore infidèles, Ceux-ci se seraient . crus assurés de périr, s'ils n’avaient jeté en passant, quelques restes. de:tabac au prétendu dieu tutélaire de:ces lieux, aimant bien mieux se priver. du plaisir de fumer durant la journée entière. Quelques chrétiens, entraînés par une esnèce de routine,et aui n’y voyaient.pas grand mal, suivirent exemple des infidèles:Les Sauvages ont des yeux de lynx; car bien que nous fussions. éloignés de plusieurs milles de premiers, ceux qui m’accompagnaient m’avertirent de ce. qui se passait, Quand nous fûmes arrivés vis-à-vis le rocher, j’envoyai mes Néophytes prendre les offrandes sur l'autel. même du Manitou.. Ce fut dans cette circonstance, Mgr.,que j’eus occasion de voir combien, la grâce a de puissance.sur les cœurs ; car il n’y a pas encore 4 ans que l’audacieux qui aurait cemumis un tel sacrilège aux yeux de l’Indien aurait payé de sa propre vie sa témérité! Ces ffrandes consistaient en huit ou neuf torquettes ou demi torquettes de tabac, qu’ils me donnèrent. Le soir, quand nous eûmes rejoins les autres, je demandai du tabac à ceux que je savais l’avoir tout offert à leur Maaiton. Ils se regardèrent avec surprise et ne répondirent rien. Alorstirant de ma poche leurs torquettes, j'en fis part à ceux qui n’avaient point participé à leurs superstitions, et nous fumâmes en leur présence, les plaisantant sur leur simplicité. Puis prenant un air grave'et sévère,je leur fis comprendre toute l’absurdité de leur procédé, bien plus propre à les faire périr qu’à les protéger, puisque cela outrageait le Maître de la vie. La leçon fut salutaire, car je les entendis peu après se dire les uns aux autres : “ Nous étions bien stupides; notre père, à raison, le Grand-Esprit seul peut nous sauver ! ?” Lorsque, quelques moments après, je vis, couchés à côté de moi, dans une paix et une union parfaite, les payens sacrificateurs et les néophytes, qui avaient été enlever les offrandes, je me rappelai ces paroles. du prophète Isaie : “ En ce jour là, on le verra loup habiter avec l’agneau, le léopard se reposera près du chevreuil, . Le lionet le ieune veau feront leur demeure ensemble ; et un enfant les conduira.” Le suu-

venir de ce passage du prophète se, présentait d'autant plus naturellement à mon esprit, que, parmi-ces Indiens ils s’en trouvaient qui étaient naguère trés. redoutés pour leur férocité. Quand nous repassâmes au même lieu, je teur deimandai s'ils n’avaient pus envie de. sacrifier encore à leur Manitou. Ils ne me répondirent ue par un sourire négatif. Voilà l’effet-de la parole du sulut, préchée à ce peupie barbare...

Les tribus indiennes du nord de F’Amérique, celles du moins que j'ai pu visiter, n’ont point de fétichisme. Ts croient qu’il Y a.un esprit supérieur et bon, qui ne peut point leur faire de mal, et pour cette raison 1ls ne s’en mettent nullement en peine ; mais ils croientaussi qu’il y a le génie du mal, presque aussi puissant. qne le premier, essentiellement méchant, et qu’il. à une mul’itude de satellites répandus partout pour faire du mal.et qu’il faut les apaiser et se les rendre favorablesen leur sacrifiant quelques restes de tabac, les entrailles d’uu castor, où un chien que l’on pend la tête en. bas, selon

ja qualité du manitou que l’on veut apaiser. Ce sont, il

faut l’avouer, d'assez pauvres sacrifices. De toutes leurs croyances superstitieuses, la principale est la métempsycose. Maisce qu’il y a de plus singulier, c’est que n’ayant, d’après l’aveu que plusieurs:m’en ont fuit, aucun sentiment de l’immortalité de l’âme humaine, dans leur état d’infidélité ; ils croient néanmoins que l’âme des bêtes,qu’ils ont tuées à la chasse, ira animer d’autres corps. . Aussi ont-ils soin de vermillonner les. têtes d’ours et de loups, qu’ils placent, eusuite au haut d’une perche, après en avoir disséqué les chairs ; persuadés que l’âme de cet animal, qui est allée habiter uw autre Corps, ne manquera pas de venir visiter son aucienne demeure. Ils sont encore très-adonnés à une autre espèce de superstition appelée jonglerie ou charlatanisme. Ce sont, ordinairement les vieillards qui l’exécutent, Les femmes et les enfans s’en cecupent rarement. Voici comment ils procèdent: après avoir dressé une cabane en forme conique, le jor.gleux frappe quelques coups sur une espèce,de tambour de basque pour appeler le manitou.puis entre, seul dans Ja cabarie, tandis que les autres se tiennent autour dans une t77atude inquiète. Le sorcier chante quelques couplets

batis suite; je crois que ce sont des imprécations. Tout à coufi lu cubane s’ugite, on h’entend plus dans l’intérieur que des hurlemens confns et frénétiques; quelques jeunes chefs y pénèttent ét trouvent ce vieil imposteur étentn par terre, dans d’hoffibles contorsions. Voilà à peu près, Mgr. ce que que j’ai appris de plus saillant touchant la mythologie des Sauvages qui habitent l’extrémité de votre diocèse.

De l’autre côté de }nrivière et vis-à-vis le roctier dont j'ai parlé,je fustémoin d’une scène bien touthante, et qui couttrastnit singulièrement avec celles que je viens de rappofter, Là je trouvai le grand chef des Abbiribbites, qui m’attendait depuis deux sentaines, accompagné d’une douZaine de famil= less 1ya 4 ans que j'ai baptisé ce chef, ainsi que son épousé, ét je ne etois pas qu’il y ait un chrétien plus fervent que dut, parmi tous ceux! de sa tribu, Dès qu’il apcrçut notre canot, ilaccourut sur lé rivage 3 les autres le suivirent, et nosant tous un genou en terre, ils me prièrent de les bénir. Lui aussi, avant son baptème, faisait lu jonglerie. Il m’avoua-que de rocher que nous avions devant nous, avait va bien des {ois sacrifier du tabac ou les entrailles d’un castor; au mauvais Mrunitou (démon). Tandis que nous nous en: tretéhions enseinble sur la bonté de Dieu; sa belle sœur, femme «lu second chef, préparait du poisson pour notre souper, Ce secours, je l’avoue, venait fort à propos, car depuis plusieurs jours toutes nos provisions se réduisaient a quelques micttes de biscuit de mer tout moisi, J'avais dessein de pous: ser plus loin cette journée lä,mais ils me firent tant d’instanvesjque je! fus obligé lé dresser ina tente parmi eux.Je fus octupé;durant toute la nui*sà les ronfesser et à les irstruiresce ne fut:qu'eu poim du jour, que j’interrompis ce pieux exercice pour recommencer ma pérégrination, C’était un samedi, je voulais me rendte au fort pour le dimanche, où je savais qu'un grand nombre d’ftidiens m’attendaient, et nous avions plus de 20 lieues à faire, sur un lac dangereux. À peine fümes-nous embarqués, que nous vimes'les Sauvages lever leué camp pour nous suivre. [l y avait parmi eux uu métis Canädien dangereusement malade. Quoique je l’eusse admi: nistré, il pria instamment son épouse et son fils de le conduire au fort,afin de mourir, disait-il, sous les yeux du prétres : Comme nous étions une bonne troupe de nageurs notre:eanot vemblait voler sur le lac et nous atteignimes le fort

(ii

éé soir:lè même, Pour ves pauvres Indiens furent obdi: és de nager toute la nuit, luitant péniblement avec uñ veñt contraire. Quelques efforts qu’ils fissent, ils ne purent me tejoindre que le lcriiemäin vers les ohze heures où, moment où, désedpétant de les revoir, j’allais commencer l’dorable sacrifice. Le malade dont j’ai parlé se fil aussitôt apporter 4 la chapellé où je lui donnai le St. Viatiqué: Peu d’heu: res uprès, il n’était pluë. Mais par une cüintidénée singuliô: te, j’eus là bien douce consolatiof d’administrer ce jour là même le baptême à sa vieille mère, qui jusqné-là n’âvait pas voulu entendre parler de relgion. : Depuis plüsieurs années nous avidns fait avprès d’elle bieh des dérmaîches infruciieusesijantais nous n’avions nu l’ainener à faire lé signe de la croix. Il Etait réservé à Marie [mmaculée d’orérer te prodige de la grâce. Oh ! que cette auguste mête a 1e uissances sur lès cœurs ! Le père Clément qui avait fait a mission à ce noste six semaines dupardvant, lui avait mis ati cou, non sans quelques difficultés, une niédaille bénite de l’mmaculée Conception. Queile né fut pas me joie, én arrivant en ce lieu, d’apprendre de la bouche de madame Fraser, que rette vieile infidele, témoignait depuis quelque temps un ardent désir du baptême ? Je vollai aussitôt auprès d’elle, et ma présence parut lui causer autant de joie qu’elle lui causait autrefois de répugnance: Je la vis baiser souvent sa médaille avec affection. Elle me dit; que depüis qu’elle la portait, elle ressentait un grand désir d’être baptisée et qu’elle avait eu peur de mourir avant mon arrivée. Je l’instruisis du mieux: qu’il me fût possible. Les bonnes dispositions que je trouvai en elle; ses 80 ans et l’hydropisie dont elle était aitaquée, ne me permettaient pas de lui diffé rer le baptême ; je le lui administrai, quelques instants après que son fils eut rendu l’âme,

Voilà, Mgr. et mon père, les principaux traits que j’ai pu tecueilir dans le cours de ma dernière mission, parmi les Sauvages. Je iesai exposés simplement tels que j’ai été à même de les voir, de les sentir et de les apprécier. Oh f tomine j'aurais soutiaité qu’une plurte plus habile que la mienne eût tracé le tableau des lieux que je viens de parcourir, de l’état des peuples que j’ai visités, des scènes tantôt tous chantes,tantôt horribles,dont j'ai été témoin, ou qui m’ont été

rapportées sur les lieux mêmes où elles s’étaient passées ÿ enun mot des diversæs émotions qua l'âme éprouve danc

de. pareilles dircopstances Le sentiment de mon PAN PAR m'aurait, vertainement, fait garder le silence, si deux. motj 8 impérieux ne, m’avaient pour ainsi dire contraint à tra- Cer ces lignes. D’abori le désir et le devoir. d’obéir à Votre Grandeur, en lui dovouant, autant qu’il m'est possible, les dé: tail qu’elle attend de moi, sur cette grande: et infortunée portion de ses ouailles. Ensuite, le désir de faire connaître aux membres de la Propagation de la Foi, les besoins inimenses de ses tristes missions, et le bien qui résulte chaque jour de .ces Jégers sacrifices. Je me suis appliqué a relater tous les faits que j’ai cru propres à les intéresser sous le rapaort 1eligieux,. laissant à d’autres les observations scientifiques. Ministre du Dieu du Calvaire, je n'ai pas jugé sanoir au- .êre chose que Jésus et Jésus crucifié. Enfant adoptif du Ca- -nada, chaque Canadien est devenu mon frère d’une maniére plus intime, et au inilieu des glaces du nord, mon cœur leur est d’autant plus attaché, que € est. leur obole qui, m'y conduit, m°y soutient, et que c’est par leur prières pures et ferventes, qu’à notre faible voix, les peuples les plus féroces deviennent doux comme des agneaux, ouvrent les yeux à la

lumière, et bénissent les cœurs généreux qui leur en-

voient du secours.

Et vous, Monseigneur et mon père, daigñez bémir eat qui sera toujours si heureux de se dire,.

De Votre Grandeur, Le très-respectueux et obéissant fils,

en Jésus et Marie Immaculée, J. N. LAVERLOCHÈRE, O, M. I.

Cu =

neuffisan deux, moint à trair à Votre le, les dé:

unée pors aître aux nimenses e jour de r tous les \poort 1enlifiques.

noir auif du Cae maniénon cœur qui. m'y pures et 3 féroces eux à la leur en-

2 bénir

(35) RAPPORT ble SUR LES MISSIONS DES TOWNSHIPS DE L'EST.

AUX ASSOCIÉS DE LA PROPAGATION DE LA Frot.

Messieurs,

Ayant eu l’occasion de visiter dernièrement plusieurs townships du district de Montréal, je me fais un devoir, dans l'intérêt de la Propagation de la Foi et de l’Association des Etablissemens Caunadiens,de vous transmettre quelques détails sur cette partie importante du diocèse, Daus ce voyage, il s'agissait de donner un nouvel élan à l’œuvre de la colonisation si bien recommandée par l’évêque de Montréal, dans son mandement du 17 juin 1848, et d’accomplir des engagemens pris, par le comité de la Colonisation pour l’érection de chapelles,dans toutes les localités où il y aurait un nombre suffisant de défricheurs. Or, vu les efforts constants de la compagnie britannique pour l’établissement des townships; vu aussi l’encouragement gracieux donné par la présente administration provinciale et la cordiale influence de Mgr. l’évêque de Montréal et de son clergé, il a été possible de réaliser sur ce point, et notamment dans le townshp de Roxton, les espérances qu’en. tretiennent tous les amis sincères de l’œuvre. Le 17 janvier fut donc le jour fixé pour l'inauguration religieuse de l’un de ces nouveaux établisssmens. L’évéque de Montréal se proposait,depuis longtemps, de faire lui-même, dans ce but, un voyage tout exprès aux townships ; il voulait même aller abattre, le preinier, un ar: bre de la forêt et faire faire de ce bois une croix qu’il aurait bénite et plantée, comme l’étendard du Grand- Maître et du fondateur de toute société durable 1ci-bas.

Mais retenu indispensablement dans sa, ville épiscopale, par une suite d’aflaires qui requéraient sa présence, il confia cette mission à son Coadjuteur, qui se félicita de pouvoir le remplacer, en cette circonstance. L’évêque de Matyropolis partit donc, le 15 janvier, accompagné de M. L.Th.Plamondon,prètre de l’évêché, deM.E1, Cullinan.prêtre attaché aux missions Irlandaises et de-maître P. Chartrand, architecte de Montréal.

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shit tiramisu var.

.Airivé à 8t.Myaabnthe après quelques.yuarts-d’heure de eourse rapide, sur le chemin de fer qui facilite si ugréadlement le trajet de Montréal à Yamuska, Mgr. Privce eut le plaisir de visiter, en passant, le florissant collège de l’endroit, où plus de deux cents élèves reçoivent annuellement l’enseignement littéraire, scientifique et religieux le plus complet qui se donne en ce pays. At mème lieu, Sa Grandeur rencontra les trois missionnaires des Townships de l'Est, MM. Hicks, Leblond et Champeau, qui venaient s’ussocier aux travaux de la visite pastorale.

De grand matin, le 16, la pieuse curavane se dirigea vers Roxton, où elle arriva assez à bonne heure, le même jour. Nos voyageurs y furent reçus avec toute la joie et le bonheur que devait causer à leurs chers compatriotes une visite si ardemment désirée ; atissi leur arrivée y fut annoncée à toute la petite colonie E une salve de mounsquetterie qui, à plusieurs fois,

t retentir au loin les échos de la forêt et porta l’allégresse dans tous les cœurs. L’évêque était vivement attendri, en bénissant ces braves colons qui tous tombaient à ses pieds, et il les saluait avec uue vive affection, leur exprimant toute la joie. que ressentait son âme, Ensuite, il prit connaissance du lieu, en parcourant le terrain du village projeté ; puis l’on se retira, pour la nuit, dans les divers logements que ces bons habitants avaient, avec empressement, préparés dans leurs modestes habitations.

Le lendemain, tous les prêtres eurent Ja consolation de célébrer le saint sacrifice de la messe dans un appartement élégamment décoré pour cela, et où se firent tous les exercices de Ia mission. Le même jour, l’évèque ayant désigné le lieu où il désirait que l’on bâtit une église, s’y transporta, après la célébration de la sainte messe et en récitant le chapelet, accompagné des prêtres, des agents de la Compagnie et dé tous les catholiques de l’endroit, pour en prendre possession au nom de Ja Religion. Rendu sur un magnifique plateau qui doit dominer tout le futur village, il adressa de nouveau à cette joyeuse assembiée des paroles analogues à cette consolante circonstance ; puis, ayant reçu des mains de M. Galt lui-même une Îèttre tout à fait gra-

heure de i ugréa- + Privce t collège vent anue et res. Au SIONDAjblond’ et x de la

dirigea eure, le 2C toute s chers }; atissi colonie urs fois, l’allé.

ent ats tom- > affecait son n pare reti- 1e ces éparés

lation in ap- Aoee l’évébâtit de Ja a gné is les in au teau nou-

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des

gra-

cisuse que 6e monsieur lui adresanis ef pas laquelle, aa pom de la Compagnie Britannique-Américaiue des terres, il garantissuit, de rechef, le don et la, proriété non seulement d’un superbe terrain de plus de uit acres, dans ce village, mais encore d’une ferme de éent ucres contigns au même village, pour le soutien du prêtre, pour l’établissement de l’église, du presbytère, des maisons d'écoles, etc., il fit donner immédiatement lecture de ce document dans les deux langues anglaise ot française. Après cette nouvelle assurance d’une coopération aussi généreuse, Mgr. de Martyropolis, an nom de l’évêque diocésain, remercia d’Honorable Compagnie, en la persoune de M. Galt, de l’encouragement que recevuit, en ce jour, l’œuvre de la Colonisation, et exprima les vœux les plus ardents, comme les espérances les mieux fondées pour le succès de la louable entreprise qu’il venait bénir à la plus grande gloire de Dieu et pour la prospérité de son pays. Invitaut alors ses chers Canadiens à s'adresser de nouveau à Celni qui est l’auteur de tous les biens et le maître de toutes les terres, comme de l'Univers, tous firent, avec lui, le #igne de Ja croix, et l’évêque, le premier, prit la coignée que l’on avait ornée de rubans.et qui était placée sur une estrade, et en frappa de trois coups l’arbre que Von devait ubattre pour commencer le défrichement, Les principaux assistants firent de même à sa suite, et bientôt l’énorme pruche que l’on avait choisie pour première victime (ou point de mire) tomba lourdement sous les coups ajustés de nos joyeux bucherons.. Le fracas de sa chûte n’était pas encore cessé dans la forêt, qu’il fut remplacé et par les. décharges de fusils que tira la petite compagnie qui avait constamment fait garde d’honnenr et par les vivats de loute l’assemblées criant de tout cœrr: Vivent nos Evêéques! Vive M. Galt! Vivent les colons de St. Jean-Baptiste de Roxton !..... [l était midi passé, quand se termina cette 1eligieuse et patriotique cérémonie. Chacun alors. se hâta d'aller prendre quelque peu de nourriture, pour revenir assister aux exercices de lu mission, qui se conti- huèrent jusqu’au lendemain et furent clos par la plantation solennelle d’une croix, sur le lien même.où se construit actuellement ne jolie chapelle de quatré-

LE D TER REP en +

(38 ) vingte pieds sur treute-six et à denx étages ; Le tout sur lé plan réssé par M. architecte Chartrand êt avec les Tonds de la Propagation de la Foi, vu que les trésoriers de la Colonisation des Townships n’ont point encore fait de versements pour cette fin. Les travaux se poursuivent aŸec tant d’ardeur, que tout l'édifice Séra fini au mois prochain, et que cette mission ser fournie d’une église pour le culte, d’un logement convenable pour le prêtre et même d’une salle d’école assez spacieuse pour les enfants de la centaine de famillés qui doivent s’y établir dans le cours de l’été prochain.

"Le townships de Roxton, possédé en grande partie par la compagnie des terres, n’est habité par des colons Canadiens que depuis quelques mois ; mais la nature du sol, ainsi que la qualité des bois, tout y assure les avantages d’un prompt et facile défricheme at, à présent surtout que le grand chemin est terminé et fournit une voie aisée de communication avec les townships adjacents, comme avec les paroisses voisines et par là avec ‘Montréal même.

Le village dont les agents de la compagnie ont fait tirer les rues, et qui, à la demande de plusieurs Canadiens, portera probablement le nom d’Iberville au lieu de

celui de Metcalfe, est fixé sur les rives de la Rivière- :

Noire qui est, comtae l’on sait,une branche de la rivière Yamaska et présente en cet endroit, une chute de 40

ietls d’élévation où l’on a déjà construit deux moulins Los pouvoirs d’eau, si nombreux sur cette rivière, de-

vront donner un ample développement à l’industrie ét

‘fournir, outre les agrémens du site, les moyens les plus désirables d’y ‘établir des fabriques et des manufactures, Au reste, MM. les Associés,les townships que j’ai pu ‘visiter, c’est-à-dire, une dizaine sur les dix-huit formant l'Est du district, m’ont tous paru favorables à la coloni- ‘tion ; nonobstant le très-grand nombre de côtes et de "montagnes qui fournissent elles-mêmes d'excellents p4turages, quand ëlles ‘ne sont pas entièrement propres à Ja culture ou à ès vergers. Les bois y sont généralement mêlés, et des connaisseurs m’affirmaient, sur leur expérience personnelle, que ce sont lés terres ainsi boi-

sées qui sont les plus: avantageusés èt, à la fin, les plus :

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