‹ Mission de la Colombie [microforme] (volume 2)Chapitre 17 sur 19 · EE PU ME · texte numérisé non relu

EE PU ME

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nouvelles importantes touchant les priviléges accordés à la mission de la Colombie par le gouverneur sir Geo. Simpson. Enfin, le 29, le navire aperçu la veille entra dans le port : c'était la barque Cawlitz de l’honorable Compagnie. L’agent avertit aussitôt M. Langlois que dans peu de jours il aurait un passage sur le navire en question, et que la même faveur me serait accordée. Je n’étais point alors à la ville, mais à près de 15 lieues, à l’extrémité ouest de l’île, occupé depuis plusieurs semaines à l’instruction d’une peuplade chrétienne ; je ne connus donc ces importantes nouvelles que quatre jours après, c’est-à-dire le 2 août. Je me hâtai de venir faire mes préparatifs pour le départ qui eut lieu le 18 août.

Le vent d’est se fit sentir jusqu’au 45e deg. de latitude où nous nous trouvâmes le 31 ; et après quelques moments de calme, le nord-ouest s’éleva et nous poussa vigoureusement jusqu’à la vue du continent que nous aperçümes le 9 septembre au matin. Nous nous approchâmes de la redoutable barre qui se trouve à l’embouchure de la rivière Colombie ; et le lendemain, par un temps magnifique, nous la passâmes ; après quoi il fallut ancrer près du Cap Désappointement, où nous restâmes deux jours, faute de vent (a). Enfin, le 12 après midi, nous mîmes pied à terre à l’endroit où était autrefois le fort George ou Astoria (b).

. Tu ne saurais croire, mon cher Cyprien, quels furent nos sentiments de joie à la vue de cette terre qui doit être désormais notre champ de bataille, et après laquelle nous soupitions depuis un an et 12 jours.

(a) La barre qui se trouve à l'embouchure de la Colombie est fsemée par un banc de sable qui n’est couvert que par 4 ou 5 brasses dau et souvent moins. La mer y est presque toujours en fureur, et si elle est poussée par le vent, il est impossible d’y passer. Lorsque le temps est très-favorable, on ne la traverse qu’à la sonde, et malgré toutes les précautions, il y a de fréquents naufrages. L’honorabie Compagaie y a perdu deux navires pour sa part, et dernièrement les Américains ÿ ont fait naufrage avec une frégate de 58 canons Souvent les vaisseaux attendent un mois et même un mois et demi avant de pouvoir la passer, soit en entrant, soit en sortant.

(b) En dedans de la barre, il y avait un navire amérienin qui nitemdait le vent favorable depuis 10 jours pour sortir. Il était ehargé de saummen salé et de missionnaires méthodistes, lesquels étaient æs nombre de €2. mâles et femelles. Je les chargeai d’une lettre écrite à berd du Cube et adressée à mon petit frère.

Les navires prennent généralement beaucoup de temps pour remonter la Colombie depuis le fort George jusqu'à Vancouver, où ils déposent leur cargaison ; 10 ou 12 jours ne leur suffisent pas toujours. Nous acceptämes donc un canot et quelques sauvages que nous offfit M. Bornay pour nous rendre plüs promptement. Il nous restait bien 90 milles à faire. Le 13 au matin, nous nous mîmes en route.

La rivière Colombie coule lentement ses eaux limpides entre deux rives peu élevées et bien boisées. Leur éloignement l’une de l’autre peut être, vers l’embouchure, d'environ deux milles, et à une petite distance de là, d’un mille et demi, et ensuite variable entre un mille et un demimille. Les eaux de cette rivière sont douces, et nourrissent une quantité prodigieuse de saumons et d’esturgeons excellents. À 5 ou 6 milles du fort George commence une suite presque non interrompue d'îles basses, et presque toutes bien couvertes de bois, Le 14 au soir nous campâmes vis-à-vis de l’embouchure de la rivière Cawlitz, où il y avait un camp de sauvages qui passèrent presque toute la nuit à chanter et à battre la terre du pied. Notre feu ayant été aperçu, le chef du camp vint à nous, nous fit bonne mine, et nous donna quelques saumons frais. Il nous dit que M. Demers avait visité plusieurs fois leur camp, qui actuellement était afiligé des fièvres tremblantes ; que c’était pour éloigner cette maladie qu’ils fésaient la médecine en chantant, frappant du pied la terre et hurlant comme des bêtes farouches.

Le 15 au soir nous arrivâmes à Vancouver, où M. Maclaughlin nous reçut avec cette politesse qui lui est familière. On nous dit là que M. Blanchet était à sa résidence ordinaire, Saint Paul de Walamette, et M. Demers parti depuis la mi-juillet pour le district de la Nouvelle-Calédonie, à près de 300 lieues de distance de Vancouver, et que son retour n’aurait lieu que dans le mois de juin 1843.

Le jour de St-Cyprien, aprèsla sainte messe, rous partîmes en canot pour Walamette. Cette rivière se jette dans la Colombie à environ huit milles au-dessous du fort Vancouver ; elle est moins large que cette dernière, mais assez profonde ; des navires de plusieurs centaines de tonneaux la remontent l’espace d'environ 8 lieues, c’est-à-dire à une petite distance de la chûte, où il y a un bon nombre d’Américains établis

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