‹ Mission de la Colombie [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 19 · DE · texte numérisé non relu

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écoles sont ici en grande vigueur. La mission catholique en a plus de vingt dans Oahu. Celle qui est tenue par M. le préfet apostolique est fréquentée par pius de deux cents élèves des deux sexes. Au dernier examen quia eu lieu à Honolulu, les enfants des diverses écoles catholiques s’élevaient à plus de 700. Ce n’est pas seulement la lecture qui les occupe ; l'écriture, la géographie, l’arithmétique partagent leurs moments. La plupart de ces enfants ont des talents généralement plus prompts que dans nos contrées. Leur mémoire surtout est étonnante, ainsi que leur facilité pour le calcul. Un grand nombre font toutes les règles qui sont en usage dans le commerce. J'ai vu calculer iciavec une vitesse que je n’ai remarquée nulle part ailleurs. Quoique les écoles soient destinées à la jeunesse, il n’est pas rare de voir des personnes mariées venir prendre place parmi les enfants. Il y a une loi assez curieuse ici, c’est qu’il n’est pas permis à une fille de se marier si elle ne sait pas lire. Les persécutions continuent toujours, et bien loin d’amollir la fermeté des chrétiens, elles ne font que les encourager et les confirmer de plus en plus dans leur croyance. Jusqu'à présent, si personne n’a été mis à mort, il n’est pas moins vrai de dire que tous les autres tourments ont été mis en œuvre, tels que les prisons, les fers, enlèvement des terres, la défense de prendre aucun poisson dans la mer, etc. C’est un véritable martyre, qui leur est d’autant plus glorieux qu’il est plus prolongé. J'ai vu ici plusieurs des premiers confesseurs de la foi tout accablés de vieillesse et qui ont passé de bien longs jours chargés de lourdes chaînes ; d’autres ont été suspendus par les bras à des arbres ou aux toîts des maisons (f), et cela pour l’unique crime d’être catholiques. Le protestantisme qui a dominé ici jusqu’à présent, se voyant attaqué à force ouverte jusques dans ses propres foyers, et sentant que son agonie est proche, s’agite et se débat avant de rendre le

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(f) Ici M. Bolduc a intercalé dans son Journal quelques gravures sandwichoises pour donner une idée des supplices employés contre les chrétieus catholiques. Deux de ces planches représentent la terrible épreuve à laquelle ont été soumises deux ferventes chrétiennes, at'achées l'une à un arbre, l’autre à un poteau, dans la posture la plus ‘rénible. Une autre représente les hommes aux fers; une autre la visite de M. l'abbé Maigret au tombeau du persécuté Bachelot dans l’île de l’Ascension. Le Journal est aussi accompagné d’une carte des iles de la Société, et d’une esquisse du port de Papété (île de Tahiti), dessinées pas M. Bolduc.—{Note du Réd. du Canadien).

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dernier soupir. Le pauvre roi Taméhaméha III n’est plus qu’un mannequin entre les mains des ministres américains. On rougit pour eux au seul récit de leur indigne conduite envers ce jeune et infortuné monarque. Pour parvenir à s’emparer plus aisément de son autorité et faire autant de mal que l’esprit qui les anime peut leur en suggérer, ils n’ont pas en horreur de l’endormir profondément dans les honteux désordres qui sont la suite de l’intempérance. Aujourd’hui il est infirme, et porte dans sa physionomie tous les symptômes de l’imbécillité ; il n’est seulement pas maître de disposer de sa fortune, c’est un de ces messieurs qui le régle en tout au gré de sa propre volonté. Les chefs, qui ont ici une grande autorité, sont entièrement guidés par eux. Un journal Ge Montréal publiait, peu de temps avant mon départ du Canada, quelques-uns des mauvais traitements faits aux pauvres Sandwichois par leurs ministres ; on était indigné au récit des promenades qu’ils fesaient, ayant, pour traîner leur voiture, des Canacs au lieu de chevaux. Rien de plus vrai cependant ; on m’a dit que cela se fesait encore. Pour moi, je n’ai point vu de ministre se fesant ainsi traîner ; mais j'ai vu de mes propres yeux leur famille, et cela au milieu de la ville de Honolulu, et presque tous les jours.

Je mets fin à mes notions sur l'archipel Sandwich, pour reprendre mon journal, et me remettre bientôt en mer pour la quatrième fois,

Le ?S juillet dans l’après-midi, une voile fut aperçue d’assez loin en face du port de Honolulu, mais comme le vent ne permettait guères d’entrer pour le moment, elle s’amusa à courir du nord au sud, et vice versé, jusqu’au lendemain. Cependant une chaloupe vint à terre, et vers les huit heures du soir, un domestique de l’agent de la Compagnie de la Baie d'Hudson apporta à M. Maigret une lettre de M. Blanchet. Il n’en fallut pas davantage pour faire sauter de joie M. Langlois qui, quelques jours avant, avait voulu s’embarquer sur un navire qui fesait voile pour la Californie, espérant que de là il pourrait parvenir à la Colombie. J’eus besoin de faire jouer tous les ressorts de mon éloquence pour Jui faire abandonner ce projet hazardeux, et malgré tout, il m’aurait fort bien laissé là si M. le préfet apostolique n’eût agi de concert avec moi ; le pauvre homme ! il y serait encore. La lettre de M. Blanchet nous apprit que nous étions incessamment afleadus depuis plusieurs mois, et plusieurs

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