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c'est-à-dire incoës Xpuods mg. À gauche du spectateur, est représenté un personnage tirant de l'arc; à droite, le diable : le sens de la peinture est donc la victoire du Christ sur le démon.
Tout cela montre que l'archéologie chrétienne aura beaucoup à faire dans le Liban. Scheptin, Kfar-Schleiman, B-hadidat, Maad, ont des monuments d'un art syrien, découlant du byzantin. Nous trouverons encore des restes d’une bonne antiquité chrétienne à Akoura.
Au pied de la colline de Kfar-Schleiman, il y a des niches singulières taillées dans le roc, dont la destination peut avoir été religieuse. H y à aussi des meules et diverses approprialions industrielles du rocher. A Hella, près de là, l'église de Sayyidet-Helta est assez vieille et bien bâtie. Elle à une inscription arabe.
Beschtoudar (,is.xés), selon certains renseignements, aurait des inseriplons et des ruines : nous n'y avons rien trouvé. Le nom viendrait-
il de Beth-Aschtar ? Plus haut, le couvent de Mar-lakoub a de curieux
travaux dans le roc, entre autres deux grands sarcophages ou auges profondes, avec rebords intérieurs bien taillés, recouverts par de gros prismes. [ls sont cachés maintenant dans les fondements du couvent, qu'on rébâtissait à mon passage. Il y a aussi de belles citernes, de belles meules, qui sont traversées de conduits intérieurs creusés avec beaucoup d'art. Mais ce qui frappe surtout, c’est une grande cuve avec des échelons dans les parois pour descendre. Je n'ai pas vu de travail industriel antique plus soigné.
Kalaat el-Hosn, au-dessus de Mar-lakoub, est un sommet inaccessible de presque tous les côtés, couvert des restes d'une grande construction militaire. Les pierres sont carrées, de bonne dimension, avec refend trèslarge. Je n’y ai pas trouvé un seul travail d'ornement d'un style quelconque. Gette position est si avantageuse au point de vue militaire, dominant à la fois deux des plus riches pentes du Liban, qu'on peut admettre que, dès l'antiquité, il y a eu un château sur ce point. On peut même, si l'on veut, y placer le Borrama, dont parle Strabon!.,
Hattoun et Meifok ont conservé des restes antiques et des traces de la civilisation maronite, assez florissante, du xm° sivele. Je n'y suis pas allé moi-même. Hattoun (use où Gyiæ) a deux églises remarquables, dont l’une paraît assez ancienne et a des parües d'un beau travail. À lintérieur, 1l y a deux colonnes; une est oclogone, à un mètre trentequatre centimètres de haut, sur trente ou trente-cinq centimètres de diamètre. Sur la surface d’un des pans, on trouve une inscriplion singulière, Le texte en a été gravé lorsque la colonne était déjà cassée; il n'occupe pas toute la longueur de la colonne; par conséquent 1l est dans son inté-
grité. En voici le fac-simile :
! Geogr. XNI, n, 18.
Hattoun a encore une autre église, construite, dit-on, des débris de
la première. Elle a trois inscriptions syriaques très-frustes, dont on m'a
rapporté les estampages. Je n’y puis rien lire. [l y en a encore une, peutêtre deux, mais celles-ci totalement effacées.
On trouve aussi à Hattoun des bassins dans le rocher, des pressoirs à huile avec des réservoirs dessous, trois où quatre caveaux remarquables
dans le genre de ceux d'Adloun, enfin trois sépultures d'un goût à part.
Les cuves en sont taillées dans le roc; les couvercles sont prismatiques, à
acrotères, et offrent plusieurs particularités singulières. Aux extrémités, il y a des croix inscrites dans un cercle où des bouts de levier; sur les pans inclinés, des lignes bizarres et des croix inscriles ou non inscrites dans un cercle. Certains caveaux sont surmontés d’une sorte de toit dans
le roc, comme à Naous, près Kisbé. À côté de ces caveaux se voient des
cartels offrant des traces d'écriture absolument indécises. Enfin quelques cippes présentent, dit-on, des signes bizarres, des croissants ou des figures qui ne sont pas sans analogie avec celles qu'on trouve en Afrique, à Sigus, par exemple. Tout cela rappelle beaucoup Naous près Kisbé, et Naous près Scheplin. Jengage les voyageurs à visiter ce point et à en rapporter des dessins.
L'église du couvent de Meifok ou Sayyidel-Meilok a, dans son mur, une inscription syriaque ancienne, en caractère estranghélo. Jen ai deux
copies qui ne coïncident que pour les trois premières lignes.
ms ris on dre sr 5
era res eau ar dues
me raiqst raies rise
ras À À\ 500 à 01 > Au lieu de la quatrième ligne, l'autre copie, qui n’est pas divisée par lignes, porte : réers sr ds aan @ras mèale role dan maso rio isa NBA AA LTS
«Au nom de Dieu. vivant éternellement, en l’année 1588 de l'ère des Grecs, a été
terminé ce temple jacobite de la Mère de Dieu; qu'elle prie pour nous. Amen. Par la main des évêques Mare et Jean. »
L'an 1588 des Grecs répond à l'an 1276 de Jésus-Christ.
Meilok à, dit-on, encore une autre inscription syriaque très-moderne. Serail-ce une reproduction de linscriplion antique? Ceci expliquerait la différence des deux copies qui m'ont élé apportées.
Enfin, sur un meuble en bois, se trouve l'inscription syriaque suivante :
Héfautiines 24. oo plans. C'est, ce semble, une partie de l'Oraison domi-
micale. Les lettres sont en relief
À Djej (elæ); on m'avait annoncé que je trouverais une maison fort ancienne, celle d'Élias el-Hadj, où il y avait, disait-on, des inscriptions, une en parüeculier dans le mur. Cette indication ne s’est pas vérifiée.
Près de Tartedj ! (&5); il y & une carrière, avec une inséription arabe assez ancienne, ce semble, où j'ai cru lire xfs Boo kall. Le second mot est très-douteux.
Douma a deux inscriptions grecques. La première se lit sur une auge qui sert aujourd'hui de fontaine. Au milieu se voit une sorte de globe,
fort maltraité, peut-être le globe épypto-phénicien.
ETOYCOKXENGAAEKACTUWP ITO˓ZOTONEANTIC
lIEPEYCOEWNALCKAHIIOY TOAMHCHAWCITUTAMIGW KGE.E KE À E Y CE NN M, MAP/A AHNAGIWNMYPIAAACEIKOCI KTHCHNTEAEOIEMOI KAHPONOMOI
Les A et les A ont la même forme (voir ci-dessus, p. 242); l'Y à la forme de notre y minuscule; l'H est privé de la moitié de sa hampe droite; les À ont le jambage de
droite prolongé par en haut. La dernière ligne est en caractère penché vers la droite.
1 Pour tous ces parages, il faut suivre la carte de Van de Velde et de Kiepert sont ici tout à fait dressée par l'ordre du général de Beaufort. Les cartes défectueuses.
On sent une main extrêmement lourde et peu exercée. Très-probablement le lapicide a copié un patron sans le comprendre. Cette inscription révèle certes les plus singulières inadvertances. On ne peut guère douter, en elfet, que le modèle ne porlât : ÉvOdde netrou Kdolowp, ispeds Se ÂcxAnmioù xe Vyselas* ne énéheuoer, ele. Les deux % qui commencent xeïro et KéoTwp, puis les deux x£ ont trompé le lapicide et amené des omissions.
Ce qui suit éxéleuce» est difficile, bien qu'il ne manque que deux lettres dans les deux lacunes de la quatrième ligne. Le M a ses deux jambages verticaux cambrés comme deux ares de cercle opposés, joints par une barre brisée !. Ce qui suit ro» r|6mov, au contraire, est très-clair, et répond à des formules connues-en épigraphie. (Voir Corpus inser, gr. n° 916, 2686, 3785, 3863, 392h4, 4459, 5900 db, 5241; ci-dessus, p. 187-188: Heuzey, Mission de Macéd. p. 94, n° ho: Langlois, Voy. dans la Cilicie, p. 232; et surtout les inscriptions d'Aphrodisias, Corpus, n° 282/ et suiv. Texier, Asie Min. p. 647.) Au lieu du P de onvæplowv, il y à une sorte de ©. Il est probable que les dernières lettres de la troisième ligne présentent quelque faute du même genre. En corrigeant les fautes d'orthographe, en suppléant les mots omis par le copiste, et en remplacant le passage obseur par une conjecture dont le sens, du moins. est certain, on lira ainsi :
Evous Suy. Évbadde [ueïrai| Kéoîwp, : PRE N / \ + / iepevs Sec AGxÀAnTIOoU [rc Vyselas*| Kai éxéeucer [ui &p-
able ro» rlomov. Édy rie ToAuion, dwoet TO TUE
Onvapicon uvpiddas eixoot.
Les \
Krnowvro de. oi mot xAmpordpos.
L'ère employée ici est évidemment celle des Séleucides. Toute autre nous porterait bien au delà du terme où il est permis de supposer des prêtres païens dans le Liban. Notre inscription est donc de l'an 317 de notre ère, c'est-à-dire du moment même où se faisait la substitution du culte chrétien au culte antique dans le Liban. C'est iei probablement le dernier texte grec païen écrit dans la montagne. Le désarroi qui sy remarque est, en ce sens, assez caractéristique. On sait que Constantin attaqua violemment les cultes du Liban, surtout ceux d’Aphaca. La réaction païenne de Julien n'a laissé, autant qu'il semble, aucune trace dans l'épigraphie. Douma, par son excellente situation entre la haute montagne et la montagne moyenne, devait être florissant à une époque où le Liban était riche, et convenait parfaitement au culte d'Esculape et d'Hvgie.
1 Favais songé un moment à voir à la fin de la troisième ligne AITPA. (CL Heuzey, Miss. de Macéd.
p. 94, n° Ag.)
La seconde se lit, non sans difliculté, sur une pierre encastrée dans le
mur de l'église :
Év0[a] HEÏVTOL
de) ai TIpdxE1OS DORE
Les lignes trois et quatre forment un nom propre de femme, ce me semble. L'6enture est grosse et penchée vers la droite.
Douma possède aussi beaucoup de sarcophages et de caveaux. Dans un mur de jardin se voit un beau couvercle de sarcophage à acrotère, avec une croix sur le pan incliné, comme à Hattoun. Toutes les antiquités de Douma nous reportent, on le voit, au 1v° ou v° siècle, à l’époque de la lutte des deux cultes.
Sur la montée de Douma, à Bscheli (4e), il y a des marques sur les rochers, en particulier IH, reste peut-être d’une inscription d’Adrien. On m'avait signalé d'une manière très-précise les églises de Bscheli comme contenant des inscriptions : je n'y ai rien trouvé.
Je visitai la vallée de Tannourin (4,3,5%5 ), sorte de profonde crevasse dans le haut Liban. Au-dessous de Tannourin el-Fauka, il y a une sculp-
ture sur le roc. On distingue trois personnages, un grand au milieu, deux
petits de chaque côté. Le médaillon est couronné en arceau. Les têtes ont été martelées, et Loute la sculpture est des plus frustes. Aux environs, 11 y a des caveaux, sans compter une grande caverne auprès du médaillon. J'ai déjà fait observer que la même chose se remarque à Jrapta, à Ghineh, à Maschnaka, à Semar-Gébeil. Partout ces sculptures sur le roc sont auprès de caveaux funèbres, quoique souvent elles semblent sans relation avec EUX.
Au haut de la vallée de Tannourin el-Fauka, sur un rocher qui a la forme d’une pyramide naturelle, les gens du pays prétendent voir un médaillon sculpté. Cest une illusion; je n'ai pu découvrir aucune trace de la main de l’homme sur ce rocher.
Je lis encore dans mes papiers les deux notes suivantes d’un prêtre du pays, qui connaissait très-bien les pierres écrites : ps ose Lls à D, Gel SNS Jleutt lei Cle ëlie nr En Wata! Houb, se trouve une caverne, à gauche de lentrée de laquelle se voient trois images tracées en creux dans le roc.» 6,2% 4s ,7 Glo ss Gse;s & «A Armoun, il y a des croix rouges sur le rocher. »
Cest ici le lieu de parler de ces inscriptions d’Adrien qui, semées dans toute la région du haut Liban, entre le Sannin etle col des Cèdres, ainsi que dans la région moyenne de Toula, jusqu'à Semar-Gébeil?, présentent un problème épigraphique des plus singuliers, resté inaperçu jusqu’à notre temps. On n'avait sans cesse parlé durant l'hiver, à Amschit, d'inseripüions innombrables gravées sur les rochers dans la partie élevée de la montagne. Je crus d'abord à quelque illusion. Cétait pourtant la parfaite vérité. Dans toute la contrée susdite, mais surtout dans les cantons d'Akoura, de Kartaba et de Tannourin, on rencontre presque à chaque pas une même inseriplion, contenant toujours le nom d’Adrien, répétée des centaines de fois, en caractères de trente ou quarante centimètres de long,
1 Wala est un petit espace de terre arable amené ? Voir notre carte, pl. [; on y a indiqué la région
par les eaux au milieu d’une région rocailleuse. où se trouvent ces insériptions par un semis de H.
STARNRRTENESENER RE
CAMPAGNE DE BYBLOS. 259 profondément gravés dans le roc, En général, la gravure est soignée. Les irrégularités viennent presque toujours des stries du rocher. Le lapicide, en effet, par suite de linégalité de la surface, était obligé, sans cesse, de se détourner et de laisser des lacunes, parfois de sauter d’un rocher à l’autre ou de modifier la grandeur des caractères qu'il traçait.
IL est singulier que ce grand ensemble d'inscriptions, qui forme un trait si caractéristique de la région dont je parle, soit resté inconnu jusqu’à mon passage dans le Liban. Quelques Européens ont dû les voir, mais sûrement ils n'y ont rien compris, puisqu'une tradition assez répandue dans le pays veut que les voyageurs francs attribuent ces inscriptions à un fou qui, en courant la montagne, aurait écrit son nom sur les rochers. Quelques-uns de ces prêtres maronites qui ont fait leurs études à Rome les ont sans doute également remarquées. Mais je n'ai trouvé, même parmi les hommes les plus instruits du clergé, aucune idée précise sur la lecture de ces textes. Parfois on a cherché à leur donner un sens religieux'. Quelques missionnaires catholiques, m'a-t-on dit, ont cherché à y faire lire : « Marie est la mère du Dieu tout-puissant. »
Ce n’est pas que certains indices de l'existence de ces inscriptions ne soient arrivés à la connaissance de quelques-uns des voyageurs qui m'ont précédé. Burekhardt, Otto de Richter, Robinson, reçurent à ce sujet des indications des indigènes d'Akoura?; mais le premier ne se soucia pas de les vérifier ; le second ne trouva pas de guide pour le conduire: le troisième supposa, bien à tort, qu'il s'agissait d'inscriptions arabes. Les gens d'Akoura paraissent, à une cerlaine époque, avoir cherché à dissimuler le passage du Liban qui s'ouvre près de leur village; en tout cas, les voyageurs qui, avant moi, eurent des rapports avec eux, eurent presque tous à se plaindre de leur caractère inhospitalier. Je les trouva, au contraire, très-complaisants, et le cheïkh lui-même courut avec mot toute cette
1 Voir ci-après, p. 274. —® Burckhardt, 1, fabrien, p. 106-109; Robinson, Bibl. Res. LIT, 609.
p. 340 (trad. de Gesenius); O. von Richter, Wall- Cf. Ritter, Erdkunde, XVIL, p. 56-557, 56.
partie de la montagne pour me montrer ces curieux lextes, dont plusieurs étaient connus de lui seul. Deux phrases de M. Guys' peuvent faire croire qu'il à vu un où deux de ces monogrammes. La seule personne
cependant qui, avant moi, en ait eu une connaissance certaine, est le mis-
sionnaire américain M. de Forest?. Il en vit quatre sur les sommets, audessus du lac El-Yammouni, et en copia deux où trois. I lut bien le nom de l'empereur Adrien, mais ne se rendit pas compte du reste. Ses guides lui apprirent cependant que les textes de ce genre étaient nombreux.
J'ai relevé environ quatre-vingts de ces curieuses inscriptions; lexistence d’une vingtaine d’autres m'a été attestée avec certitude, quoique je n'aie pu les voir; un bon nombre a dû m'échapper; un bien plus grand nombre a dû être détruit ou renversé sur la face écrite. Ges inscriplions, en effet, sont considérées comme des indices de trésors; toutes ont au pied un trou creusé par les chercheurs d'or; presque toutes sont plus ou moins ébréchées.
Les inscriptions voisines de Semar-Gébeil, et celles de la Mugharet- Ayyoub, près de Maschnaka, me furent révélées les premières pendant l'hiver. Mais ce n’est qu'aux mois de juin et de juillet, durant mes deux courses éoncentriques dans la montagne, que j'eus connaissance du nombre et de la signification de ces inscriptions. Je vais suivre, dans leur énumération, un ordre géographique procédant des parties inférieures aux parties supérieures du Liban, et du nord au sud. Pour point de départ, prenons Semar-Gébeil.
Au petit village de Gouma, près de là, sur une pierre cassée engagée dans le mur
d'un champ :
MAIAD NG
C'est une des mieux gravées. La pierre à dû faire partie d'un rocher d’où on l'a
1 Relation d'un séjour à Beyrouth et dans le Liban, 2 Journal of the American Oriental Society, vol. HI, IE, p. 15 et 19. Voir ci-après, p. 278. n°u, p. 305 (1853).