RHONE
CAMPAGNE DE BYBLOS. Jon
culte d’Aphaca fut aboli par Constantin, puis rétabli, probablement sous Julien, et qu'ensuite il dura encore un siècle à peu près. Supposons que pareille chose soit arrivée à Maschnaka, qu'un vieux sanctuaire, en ces lieux écartés (&Eco Gdrou rpiédur re xai Aewépor, comme dit Eusèbe), ait aussi été détruit par Constantin; qu’ensuite sous Julien on ait rebâti à la hâte et selon lesprit du temps le sanctuaire renversé, nous aurons une hypothèse qui répondra très-bien aux idées que larchitecte est amené à se faire devant ces ruines. Le règne de Julien fut court; en supposant même que le culte restauré sous son règne se soit continué après sa mort, comme cela eut lieu à Aphaca, on conçoit que, vu l'existence chétive qu'eut le paganisme au n° siècle, l'édicule soit resté inachevé, tandis qu'on ne concevrait pas qu'une si petite construction, visitée par tant de fervents adeptes, füt restée en un état provisoire pendant des siècles. [l'est permis de supposer que le temple de Maschnaka fut détruit sous le règne d'Arcadius. C’est aux temples du Liban que lon doit appliquer lédit de cet empereur de lan 399 : «Si qua in agris templa sunt, «sine turba et tumultu diruantur ; his enim dejectis atque sublatis, omnis «superstitionis materia consumetur, » La même année, les évêques réunis au cmquième concile de Carthage demandent à l'empereur : + Templa +quæ in agris in locis abditis constituta nullo ornamento sunt, jubeantur *omnino destrui |. »
Si le monument était tel que nous le supposons, quelle pouvait en être la destination? I est difficile dy voir autre chose qu'un de ces + Tombeaux d'Adonis?,» qui paraissent avoir été nombreux dans la vallée du fleuve Adonis, et sur lesquels nous reviendrons bientôt. Méliton prétend qu’'Adonis était enterré à Aphaca, contrairement à l'opinion commune, qui plaçait le tombeau de ce dieu à Byblos. H est possible qu'il y ait là quelque confusion. Il se peut aussi que ces « Tombeaux d'Adonis, » cénota-
1 Voir de Rossi, Bullettino di archeolopia cristiana, ? Se rappeler le titre de V’élégie de Bion (Érrerdl° année, p. 54. Qios Admidos).
phes analogues aux « Saints Sépulcres » artificiels des villes catholiques du moyen âge, fussent assez multipliés dans le pays consacré au culte d'Adonis. On sait que le culte d’Attis, identifié avec Adonis!, fut fort à la mode en Syrie à l'époque de Julien, comme on peut le voir dans Île discours de cet empereur «+ Sur la Mère des dieux ?. »
IL. À environ 120 mètres, au nord de la cour que nous venons de décrire, se voit un passage taillé dans le roc*, et présentant des deux côlés des sculptures reproduites par notre planche XXXIV®. Sur le haut orands tombeaux en forme d’auges creusées dans
O0 le roc, avec des couvercles prismatiques grossièrement équarris, ana-
des rochers sont de
= à d. jl f
logues à ceux de Gharfin. Rien de plus g randiose que l'aspect de ces tombeaux et de ces sculptures, mêlés aux rochers et à une nature sauvage. Les sculptures sont très-frustes. Elles sont au nombre de sept. De chaque côté de l'entrée et se faisant face, 1 y a deux grandes figures encadrées dans des cella d'ordre ionique. Chacune de ces figures est flanquée de deux médaillons cintrés renfermant une figure plus petite. Une septième figure analogue aux petits médaïllons latéraux, mais plus
grande, se trouve isolée un peu vers l'est. Nul doute sur les traits de la
1 Voir Maury, Hist. des relig. de la Grèce antique, IT, p. 195 et suiv.
2? P. 158 de l'édition de Spanheim. Comp. Macrobe, Saturn. 1, 21.
3 PL XXXIV, bas. H n’y faut pas voir une porte proprement dite, comme le veut le P. Bourquenoud.
Cette porte ne conduirait à rien, l’espace contigu
aux sculptures vers l’ouest n’offrant aucune trace du travail de l'homme.
Les dessins du P. Roze, donnés par le P. Bourquenoud, ont trop de précision et tranchent beaucoup de points indécis dans l'original. Ceci s'applique surtout à la figure à laquelle le P. Bourquenoud donne
le numéro 7.