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NTIOXICA TEOY OK
Plaque de marbre, belles lettres. 11 doit y avoir un autre fragment de cette inserip-
üon au khan de Saïda; j'ai vu ce fragment, qui n’a pu être retrouvé. (Comparez Corpus inser. gr. n° 8h, 825, 830, 832, 2bb1; comparez aussi Pape, Wôrterbuch der griechischen Eigennamen, au mot Âvrioyis.) M. Frœhbner (n° 275) lit avec raison [bmepéepe|réou; mais je ne puis avec lui lire à la ligne suivante OCT|OBRIS| en lettres latines. La restitution est probablement :
[ÉvOdde xEîTou 1] paxapio [unvds dmepéepe|réou 0x.
Petit monument trouvé parmi les tombeaux qui sont au-dessus de la grotte du Figuier!; il est maintenant au khan, où on le voit encastré
dans le mur de la cour :
Las HN AN OY+ | AITPIXOY | JE
Airpryos est un sobriquet désignant un homme qui a deux rangs de poils aux paupières, ce qui constituait une maladie. (Voir les dictionnaires grecs, au mot diroryucdoo.)
! La grotte du Figuier est une grande grotte, à græcarum , n° 913). L'entrée de cette grotte est près fours larges et profonds, au-dessus desquels court d’un gros figuier figuré sur notre plan (pl. LXIT) à une inscription grecque tirée des Psaumes, qui a été l'extrémité nord-est du Beïader, au nord de la nécropubliée par M. Dietrich (Zwei sidonische Inschriften, pole, sur la rive gauche du Barghout.
Marburg, 1855, p. 11 et suiv.; Corpus inscriptionum
Plaque de marbre, cintrée du haut; au Louvre, au musée chrétien :
C'est-à-dire : Zradpos X(p1010)ù vexpor"® dpdolaois.
+ Âvemdn d [uaxdplios Edmperis un(ni) pois... [æep]riiou, ExY ëtous T Âvemdn d paxdpios lavoudous! ümodduo(vos) un(vôs) declou BX.
1 Etnon Tanouaris, comme l'ont lu M. Frœhner (Inscr. du Louvre, n° 281), et M. Julien Durand, Am. archéol. 1864, p. 282, note.
ÉxouOn ÿ uaxaplx EddoËla év pm(vos) dUolpou 0x +
Avemaÿoato d paxdpios ITA#ôas èv um(vos) atdupvéou au.
Pour les formes dvemdn, dvemaÿoaro, comparez de Rossi, /nseriptiones christianæ ” ? j;
urbis Rome, 1, n°% 199, 668, 1159; Dietrich, Zweï sidon. Inschr. p. 17. C'est doncici la plaque d’un caveau où plusieurs personnes avaient été enterrées successivement la même année. L'année 625 ne peut être calculée selon l'ère des Séleucides, car sûrement le monument est postérieur à l'an 313. L'ère d'Antioche donne 577, et l'ère de Sidon 51h, dates qui conviennent très-bien. M. Frœhner (Jnser. du Louvre, n° 281) s'est ici tout à fait égaré. La restitution [æeps]r To paraîtra certaine, si l'on songe que les mois
s à # HAE do ; : + sont ici dans leur ordre, et que Gepitios répond à février. — Pour la formule initiale, comparez Corpus, n° 8922. — La grande difficulté de l'inscription réside en la
ligne troisième. Je laisse à de plus habiles le soin de l'expliquer. Le n° 8659 du Corpus y servira peut-être. L'usage des mois latins n'est pas rare en Syrie. (Voir l'ins-
cripüon de Dietrich. Comp. Corpus, n° 8742.)
Les croisades ont laissé à Saïda quelques beaux textes épigraphiques. Dans le Bostan el-Frandji, où jardin des pères de Terre-Sainte, sur un
bel arceau de marbre, denticulé des bords :
* HIC : IACET + INPVLCHRO : PIETATIS - NORMA : SEPVLCEHRO : OVI «+ STVDVIT + SEME + DOMINO : SERVIRE : LIBENTER :
€T - OVOD + SVPPLERET : OVE : LEX : "OIVINA + IVBERET : OMKIA + OVIPPE + OABAT + XPO : OVE + DANDA + PVTABAT :
Le moyen âge nous a lévué peu d'inscriptions aussi bien gravées. Le mélange des formes classiques et des formes gothiques des lettres est remarquable; le lapicide subissait l'influence des monuments anciens qu'il avait sous les yeux. En Europe, cette inscription devrait être placée vers l'an 1150; elle appartient sans doute à la première période de l'histoire de la Sidon des croisés, et est antérieure à la bataille de Tibériade. La croix archiépiscopale placée en tête ferait croire qu'il s'agit ici d'un archevêque de
Tyr.
Autre fragment de la même date que le précédent :
VU : VEREGICVS : "ONICVS : BHRONILLA : NOMIN“: SEPVLCRVOZ : ISTV”O : COMPOSVER :
Autre fragment du xur° siècle :
44,00 : NILES :
3 OVIE
Autre fragment :
oBer®, douteux.
M. Durighello voulut bien aussi prendre pour moi des estampages des inscriptions arabes de Saïda. J'ai remis ces estampages à M. Waddington, qui a entrepris un travail d'ensemble sur les inscriptions arabes de la Syrie.
Cône trouvé dans les jardins de Saïda (au Louvre).
M. Dumont me communique au sujet de ce monument la note sui-
vante :
«Ce cône est du geure de ceux qu'on trouve souvent en Grèce, en particulier en Attique. Le musée de la Société archéologique à Athènes en possède plusieurs centaines. J'en ai vu en Sicile et dans l'Italie méridionale, en particulier à Catane el à Brindisi. M. Heuzey en a découvert un grand nombre dans les tumulus de Macédoine, mais sans inseription.
+ Celui-ci est rhodien; la ere est celle des amphores de Rhodes, dont j'ai exposé les caractères principaux dans l’Introduction à mon recueil d'inscriptions céramiques, p. 8.
«Ces documents n'ont encore fait l'objet d'aucune étude d'ensemble. On les considère
en général comme des poids. J'en ai pesé environ cinquante: les chiffres que J'ai ob-
tenus ne rentrent dans aucun des systèmes métrologiques de la Grèce ancienne, et n'ont entre eux aucun rapport fixe. Quant aux autres hypothèses que les archéologues proposent pour rendre compte de ces cônes, il est inutile d'y insister : elles ne reposent sur aucune base sérieuse.
«Ges cônes sont des offrandes religieuses qui ont souvent un caractère funéraire.
«1° Ils figurent sur la table rectangulaire des ex-vo{o qui représentent le banquet de Sérapis et d'Isis, celui d'Esculape et d’'Hygie.
«9° On les voit souvent sur la table des repas funèbres.
«3° Un grand nombre ont été découverts dans des tombeaux.
«A° Les inscriptions qu'ils portent sont concluantes : FAYK-:FAYKY -FAY, yAduuoua « douceur,» MEAI:MEAIZ, geXi, uélioca x miel, abeille. »
«lei l'inscription est fruste; mais en examinant avec soin les traits encore visibles on reconnait sans hésitation le mot MEAI.
+ Les attributs figurés au-dessus du timbre sont très-variés. Ils représentent d'ordinaire des gémes ou des fruits. Plusieurs sont de véritables œuvres d'art.
«Sur le cône qui nous occupe, l'attribut se compose de deux figures : À gauche on voit un personnage nu, accroupi. En se reportant aux attributs du même genre que résentent les documents du musée d'Athènes, on reconnait que ce personnage doit enir un arc levé et tendu!. À droite est une figure plus vague qui me parait être une êle de pavot'. Je me détermine pour cette interprélation parce que les cônes rhodiens Jortent souvent des fruits.
«Le trou percé à la partie supérieure n’a jamais reçu de fil pour suspendre le cône; il n'est pas usé par le frottement. C’est une observation à laquelle donnent lieu tous les documents de ce genre que j'ai pu voir. Le musée fermé de l’Acropole possède un cône qui porte à la partie supérieure une petite tige de bronze; mais ce n’est peut-être
à qu'un accident.
« Les documents de ce genre méritent de faire le sujet d'une étude spéciale, où on les rapprochera des cônes égyptiens depuis longtemps connus et certainement funéraires. Des pyramides et des pains de terre cuite d’origine grecque qui portent les mêmes inscriptions et les mêmes attributs sont représentés sur les mêmes monuments figurés. »
On trouve quelquelois à Saïda de petits étuis renfermant des feuilles
ke, Ÿ e : \ 11 .. ? L d'argent, où on lit des caractères hébraïques d'assez basse époque, offrant la répétition des noms de Dieu, avec un sens probablement cabalistique. J'ai vu deux de ces étuis. M. Schefer possède l’un d'eux.
M. Durighello a possédé ou possède deux ou trois de ces objets.
! L'interprétation de notre dessinateur a été différente. — E, R.
Un fragment égyptien, trouvé à Saïda (pl. V, fig. 3), a été ainsi déerit par M. de Rougé :
«Le fragment conique trouvé à Sidon paraît avoir appartenu au pied d’un autel en granit, analogue à celui que possède le musée du Louvre. Les signes qu'on peut dis-
ünguer dans la fin du cartouche brisé [::2| setep-en se trouvent ainsi placés dans une
trop grande quantité de cartouches [£ | royaux pour nous guider vers une conjec- Û Fe ë : 4 pananh e ;. Ç ture sérieuse. J'inclincrais néanmoins &2 à reconnaître dans ce morceau le style de la vinotième dynastie, large de dessin, mais souvent rude et grossier dans l'exécution. Le] J ? [e] ? é ) L'hommase du pharaon. et très-probablement l'autel lui-même, était dédié au dieu O ?
. dont le symbole était l’épervier diadémé, ici figuré, et dont la q ualification ? } l Que Ï
Supli À
ordinaire était celle de seiyneur de l'Orient. Son nom est suivi du signe ==> s219neur,
. Sup —
qui était sans doute complété sur le monument par le signe de l'Orient, % était, avec Hathor, la divinité locale particulièrement adorée dans les établissements
égyptiens de la presqu'ile du Sinaï: mais on le trouve mentionné sur beaucoup d’autres monuments, et ce fragment nous laisse encore dans la plus grande incertitude sur les causes qui ont pu amener son transport sur la côte phénicienne Lee Les premières collines , à l'est de Saïda, renfermaient des temples et des villas qui sûrement dépendaient directement de l’ancienne ville, laquelle allait presque jusque-là. La chapelle maronite de Mar Elias et le wéli musulman de Néby Yahya répondent probablement à des temples antiques. Mar Elias a d'ordinaire remplacé Baal. Néby Yahya est peut-être l'Acrkmmietor de Sidon?. Le Barghout paraît s’être ap belé, dans l'antiquité, 8 Ï PRE I PAscdepius?: or, le Barghout vient à Sidon du pied de la colline de Nébv Ï ) ? [e] | û Yahva. Aux localités religieuses de cette colline se rapporte probablement ÿ 8 PF Ï le passage de l'inseripüon d'Eschmounazar lignes 15-18. Au sommet de la montagne on a trouvé un médiocre chapiteau ionique, en grès calaire grossier, de l'époque romaine (42 centimètres de diamètre; vor
pl. XLII, à droite).
1 «Je ne dois pas omettre cependant des ignaler le rôle que Supti, en sa qualité de dieu de l'Orient, joue dans les tableaux qui accompagnent les conquêtes des pharaons. On le trouve notamment amenant à Ramsès Il les peuples vaincus de la Syrie. (F. Lepsius, Monuments, TT, 14h.)n
2 Cf. Journal asiatique, janvier 1868, p. 105
et pages suivantes (article de M. Joseph Derenbourg).
5 «Illic (Sidone) currit flumen Aselepius. » (Antonin Martyr, p. 4; édit. Tobler, Saint-Gall, 1863.) Le rapprochement fait par M. Tobler (p. 74) de l'Âoxnmio &oos (Strabon, XVI, 11, 22) est faible, puisque cet &Acos était entre Beyrouth et Léontopolis.
Les villages de Halalié et de Baramié ont de très-belles grottes sépulcrales. Pococke paraît les avoir connues. M. de Vogüé a visité l'une d’entre elles’. On m'a montré au moins treize grottes entre les points 6 et 33 de notre plan, toutes d’un travail fort soigné, mais renfermant beaucoup plus de maçonnerie, de béton et de crépissage que les anciennes grottes phéniciennes? : 1° la Moghdret et-taous (ras), où Grotte du paon, bien décrite par M. de Vogüé; 2° une autre grotte du même nom et du même caraclère, à côté; 3° la Moghdret ed-doulab, trois niches rappelant le style des cippes de la planche XLIIT; restes de peintures ; 4° Moghäret el-khan, grand sarcophage à droite en entrant; notez près de là les grosses pierres de Maksar el-abd; 5° grande niche entre deux grottes, près de là; 6° longue grotte voütée, près de là; 7° grolte peinte, offrant des sujets tirés de la fable de Psyché; 8° grotte des oiseaux peints, près de là; 9° Moghéret el-Hébablié, offrant une boule sculptée au-dessus de l'entrée, comme les caveaux de Rouméli; 10° grotte à niches, près de là; 11° groite à boules et dessins bizarres, près de là; 19° grotte de Sainte-Thècle, loculi peints; 13° encore un Moghäret et-taous. Quelques-uns de ces noms, étant le fait des chercheurs de trésors qui visitent souvent ces grottes, ont peu de fixité. Ainsi on voit que le nom de Grotte du paon est donné à trois grottes. Je vois aussi que, selon d’autres, la grotte de Psyché serait la Moghäret el-khan. Quoi qu'il en soit, cette grotte de Psyché est sûrement la plus belle de toutes. Les arceaux et les pilastres sont d'une grande finesse de style; les sculptures et les ornements, quoique simplement moulés dans le stuc, sont de bon goût. Les trois médaillons qui représentent la fable de Psyché, sujet favori des sépultures grecques de Sidon, sont de précieux morceaux. Dans la scène du sacrifice, le mot #YTxH se lit à côté du personnage principal. Quand on songe aux dangers que courent ces ! Fragments d'un journal de voyage en Orient, p. 27 d'aucun crépissage, et n’ont pas de maçonnerie, et suiv. excepté quelquefois à l'entrée des puits, pour retenir
? Les grottes que nous avons jusqu'ici regardées les terres et empêcher les éboulements. comme phéniciennes ne sont revêtues d’aucun béton,
jolies peintures au milieu d'une population inintelligente qui, depuis quelque temps, se doute de leur prix, on désire vivement qu'un artiste soit chargé de les reproduire. H serait mème légitime de les acheter et de les enlever, car leur conservation dans des grottes humides, ouvertes à tout venant, n'est nullement garantie. Depuis des années, les charmants petits oiseaux peints de la Moghdret et-taous et autres grottes du même genre sont l’objet d'une déplorable exploitation; pour enlever un morceau large comme la main, on démolit un trumeau entier. M. Gaillardot m'écrivait, à la date du 18 juin 1864 : «J'ai été visiter les grottes peintes, “lon Ces grottes, depuis votre départ, ont été considérablement dégradées. Pour chercher s'il n’y avait rien de caché, et pour enlever les oiseaux et les fleurs, on a détruit une bonne partie de l'enduit peint qui rendait ces grottes si belles et si curieuses. Cependant la Psyché peut encore se voir.» Tout l'endroit dont nous parlons est, du reste, celui où le voyageur homme de goût peut trouver le plus de plaisir aux environs de Saïda. Ces salles funéraires, si coquettes, éparses sur une côte de rochers couverte de fleurs et de ces buissons sauvages qui n’ont nulle part plus de charme qu'aux environs de Saïda et lui ont valu son épithète d'vfeudeooa, sont d'un rare effet poétique. Le contraste est singulier entre les travaux d'art si recherchés de l'intérieur et l'aspect inculte de la colline. L’antiquité avait trouvé dans ces tombeaux semés au milieu de la nature agreste un des motifs esthétiques les plus délicats.
Le village de Halalié possède des restes d'un caractère bien plus spécialement phénicien. De Halalié provient une clef de porte à globe ailé, analogue aux monuments de ce genre que nous ont offerts toutes les autres parties de la Phénicie (au Louvre).
L'église de Halalié possédait autrefois comme linteaux de porte deux inscriptions absolument identiques et dont voici le texte. Les deux pierres,
d'environ 1 mètre et demi (grès calcaire), sont maintenant au khan :
ETOYCZNEMHNOCATIEAAAIOYIEOPENTIWNEIKWNOETOYEWEINNOYTOYEAYO AEONTALCAIIOPEIWKATONAPEKTWNIAIWNEYCEBWNANEOHKEN
Evous Cns!, umvds àmeXXaiou ', Operliwr (N\eñuwvos ro Swotmmou rods duo » | 2 y XovTas Ait dpetw, XOT” Üvap, Êx Toy ldlowv, edocGwy dvélnuer.
Zevs dpeios paraît ici pour la première fois dans la mythologie phénicienne. C'est peut-être un pan 6y2. Comparez Zeus Kéouos et les autres titres divins provenant du culte des montagnes en Syrie (Vogüé, Comptes rendus de l'Académie, 1869, p. 63 et suiv.). Si l'année 257 était supputée d'après l'ère des Séleucides, on tomberait sur l'an 59 avant J. G. date qui paraît trop ancienne pour le monument. À en juger par la forme des lettres, il ne serait pas antérieur au n° siècle. L'ère pourrait donc encore être l'ère d'Antioche, et le monument serait alors de l'an 209 de J.C. ou mieux encore l'ère de Sidon, et le monument serait alors de l'an 1 7. Je lis Neéwvos, bien plus satisfaisant comme nom propre que Eëxwvos. Gomme exemple de ce genre de faute, voir l'inscription d'Aradus, Corpus, n° 4536 e (original au Louvre), où ETEIMHES est pour
F RC OIQUSE 8 > [ ETEITEIMHE. Les deux inscriptions portent à cet égard la même lecon, mais cela peut Ï 8 çon, I
venir de ce que les lapicides copièrent, pour les deux textes, le même patron; les | lettres, dans les deux textes, se correspondent à peu près d’une ligne à l'autre. L'une
d'elles seulement est mutilée à ses deux extrémités. On remarquera le non-emploi du
duel, particularité du dialecte grec de Syrie et de Palestine. Pour le nom de Operlicwr,
voyez Corpus inscr. gr. n° 278; pour edoe6@r dvéfmuer, voyez Le Bas, /nser. II,
1923, 1982, 209b, exemples syriens.
Un fait archéologique important sort de cette inscription, c'est la dédicace des deux lions faite à Baal ou Jupiter, et cela sur une injonction reçue en rêve, et comme un acte de piété. Cela prouve que les nombreux lions sculptés qu'on trouve en Phénicie, surtout à Oum el-Awamid, avaient une signification religieuse et non purement décorative. Un des lions posés par Thrpetion paraît avoir été relrouvé. Voici ce que m'écrivait M. Gaillardot à la date du 1° septembre 1863 : «J'ai acheté, il y a quelques jours, un petit lion en pierre blanche. La pose et la proportion de la tête en font un ouvrage, à quelques égards, phénicien. Il est en très-mauvais état; ce qui ma décidé à le prendre, c’est qu'il a été découvert au pied de la colline où est bâtie l'église de Halalié, où se trouvaient les deux pierres plates portant la même inscriplion pour rappeler l'érection des deux lions. H pourrait se faire que le nôtre fût l’un d'eux.» Ce petit lion est au khan.
De Halalié parail avoir été apporté au khan le cippe suivant :
AMMIAXP HCTHKEAA MARIE EIRE
398 MISSION DE PHÉNICGIE.
À Halalié fut également trouvée la stèle en calcaire grossier, autrefois recouverte de mortier et de peinture, dont l'image se voit pl. XLIIT, fig. 2.
Ces nombreuses antiquités de Halalié ne prouvent pas que Halahé fût une localité distincte de Sidon. C'était une des nécropoles de Sidon même. Halalié n'est pas plus loin de la ville actuelle de Saïda que la nécropole phénicienne de Mughäret-Abloun. H faut se rappeler d'ailleurs que le centre de la Sidon romaine était dans les jardins, vers notre point 10. Halalié et Mughdret-Abloun devaient, dans l'antiquité, toucher aux dernières maisons de Sidon.
Les culées du pont sur l'Auwali ont été bâties avec les pierres d'une ancienne construction, rangées à tort et à travers. Le bossage en esl soigné. La petite tour du pont a aussi une partie en bossage appuyée sur une partie lisse, en saillie. Une pierre sculptée, près de là, rappelle la pierre à offrande du khan de Saïda. (Voir ci-après, ch. u.) Près de là (point 4 de notre plan) sont des assises de gros blocs, identiques peutêtre à ces + murailles en ruines, dont les pierres ont 19 pieds de longueur, » que mentionne Pococke. Cela ressemble à une digue.
On voit combien l'influence grecque fut de bonne heure prédominante à Sidon. Cette influence avait commencé à s'exercer avant Alexandre. Dès l'an Aoo à peu près, Sidon s’hellénise. Le roi Straton! (vers 370) est un philhellène zél6?. Vers l'époque du commencement de notre ère, les arts grecs sont très-florissants à Sidon; on Y exécute une statue colossale5. Au contraire, au m° siècle avant J. C., Diotime, pour avoir une
belle statue, s'adresse à un sculpteur établi à Rhodes.
1 Ce nom me parait une grécisation d’Abdastarte ou Bdastrate (ÀSdolparos de Josèphe, Contre Apion, I, 18). Cf. l'inscription de M. de Vogüé, Mém. de l'acad. des inser. Sav. étr. t. VE, 1° partie, p. 55 et suiv. Xrpd- Tav Xrpérwvos Zudcévios (Arch. des miss. scient. IV, p. 522), Erpdrowvos œüpyos — tour d'Abdastarte ; Zrpérov Aÿônhou, parmi les noms sémitiques de l'inscription de Memphis (Revue archéologique, février,
1870, p. 116); ibid. un autre Straton; Diod. Sic. XVII, 47; Jos. Ant. XIIL, xiv, 3; “ile de Stratonr dans la mer Rouge (Müller, Atlas des petits géographes). V. Pape, à ce mot. On retranchait Abd, comme chez les Grecs dwpos (ÂmoNäs-Amoédwpos, etc.)
2 Corpus inser. pr. n° 87, et le commentaire de Bæckh.
5 Philon, Lep. ad Caium, $ Lo.
On est surpris de la quantité d’antiquités qui restent encore aux environs de Saïda, quand on songe aux dévastations dont ces lieux ont été le théâtre durant tout le moyen âge, et aux perpétuelles destructions qui s'y opèrent par les chercheurs de trésors. Nulle part cette dernière manie n'est portée plus loin qu'à Saïda'. Les orandes trouvailles de trésors de monnaies antiques qui, à deux reprises’, ont été faites aux environs de la ville (point 21 de notre plan), ont singulièrement excité les idées en ce sens. Des vingtaines d'hommes y passent leur temps, ainsi qu'à la recherche de la pierre philosophale; à un moment, près de trois cents personnes se livrèrent à la fois à ces folies. J'ai recueilli en ce genre de curieuses confidences. Me prenant pour un adepte, les chercheurs de {s
trésors me dévoilaient leurs secre mélange bizarre des fables de l'an-
üiquité sur les griflons, les Arimaspes et les fourmis gardiennes de trésors, des croyances talismaniques du moyen âge et de l’'alchimie. Je ne fus pas peu surpris en voyant me présenter comme un talisman de première eficacité une empreinte de la tessère d'Apollophane que M. Egver venait de publier en France au moment de mon départ*.
Bien qu'ayant été plusieurs fois renouvelée, et bien que dominée par un élément musulman fanatique, la population de Saïda a quelque chose encore d'élégant et de gai, reste d’une race plus douce. J'ai vu quelques types d'enfants, d’un profil égyptien très-caractérisé, qui me firent comprendre la orâce de l’ancien type égyptien. Quoique profondément obli-
térés par le christianisme et par l'islamisme, les vieux cultes vivent en-
core à quelques égards chez les habitants du pays. Ainsi la borne milliaire
1 Voir l'inscriplion d'Eschmounazar, en particulier ;
ligne 5. Cf. Job, ur, 21; Matth. v1, 19 et suiv.; x, 14. Mamon, dieu des trésors cachés, vit encore dans la mythologie populaire du pays, sous forme d’un djin. Saint Christophe (saint syrien) était invoqué, au moyen âge, pour conjurer les esprits gardiens des trésors. Comparez le passage d’Ibn-Khaldoun sur la découverte des trésors cachés et sur les mo-
numents antiques, dans les appendices de l'Abdallaf de M. de Sacy. Trad. de Slane, t. Il, 328-336.
? La seconde trouvaille est de janvier 1863. Elle consistait en 3,000 pièces d’or d'Alexandre, enfouies , comme les premières, à très-peu de profondeur, dans trois vases de plomb.
3 Comptes rendüs de l'Acad. des inscriptions 1861, p.178:
du Bostan el-aumoud est objet d’un culte; on Voint d'huile comme un bétyle. Un vieil arbre , situé vers le point 21 de notre plan, est un arbrescheikh !. Souvent on allume le soir une lampe à la partie supérieure du trone de cet arbre; les longues épines de ses branches sont couvertes de
de chiffons et de guenilles, qu'on y accroche comme ex-voto*.
! Cf. Vogüé, Égt. de Palest. p. 346, et ci-dessus, qu'en Nubie; on ne la rencontre plus ailleurs en Syà l'article d'Ammouka (Galilée). rie, ni en Égypte. Le premier individu qui reparaisse 2 Cet arbre, avec une vingtaine d'autres, comme se trouve dans l'ile de Philæ, au sud-est du petit lui de grande dimension et formant une allée cou- temple inachevé de la pointe sud-ouest. Une cause verte, sous laquelle passe la route de Sour, est un naturelle, le Nil et les flots de la mer, a-t-elle amené acacia albida. C'est un fait assez remarquable que la sur la côte de Phénicie quelque graine de cette espèce,
présence auprès de Saïda de cette espèce, qui ne vit ou bien a-t-elle été apportée intentionnellement ?