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qui y fut peut-être jeté avec des déblais pour la combler, ou qui aura fait partie de quelque tombe de la basse époque qu'on y aura logée, par exemple des sépultures creusées dans le sol. Quelques autres fragments, très-mal gravés et tracés grossièrement sur des fragments de moulures antiques, IWN, etc. ainsi qu'un grand nombre des cippes décrits ci-dessus, p. 381 et suivantes, proviennent également de la nécropole de Saïda.
Un grand nombre de cippes de la forme décrite ci-dessus, D: 304, Mais sans inscriplion et offrant dans le détail beaucoup de variété’, ont été trouvés dans la nécropole, au fond des caveaux; presque lous sont de grès calcaire, grossièrement taillés; plusieurs sont recouverts d’un morüer, sur lequel existèrent probablement des inscriptions. Évidem- : k G 2 72 JT , \ z ù :
ment, ces cippes n'ont été mis là qu'après que la nécropole fut devenue une sorte de caveau public, où l’on déposait les cadavres, sans se soucier
des sépultures plus anciennes, qui étaient sans doute déjà violées.
1 Là aussi fut trouvé, dit-on, sur un morceau de quelois lieu de se défier de certaines fraudes archéomarbre, un prafito bizarre, logiques.
NAGER ASS ‘ ; Ad Le do tracé à la pointe, que je donne ? Voir ci-dessus, p. 386.
DÉDAPEEYS ET) ici pour ce qu'il vaut, sans me 5 M. Gaillardot les a tous dessinés.
prononcer sur son authenticité. À Saïda, il y a quel-
Notre planche XLIT représente un caveau découvert dans le jardin attenant à la nécropole phénicienne, au sud de la grotte appelée Mughäret- Abloun, et sur le prolongement de la falaise de rocher dans laquelle cette orotte a été-creusée. La pièce sculptée est la porte du caveau. Ce morceau à été transporté depuis longtemps au khan. M. de Sauley l'a déjà donné (Premier voyage, pl. V); mais nous croyons devoir le reproduire dans l'ensemble dont il faisait partie. On remarquera à côté de Julianus
les instruments de sa profession de marbrier.
L'inscription a été expliquée par M. Waddington (Le Bas, n° 1867). Mon savant ét 5 5 ë . 3 ÿ è > ; confrère n'a pu bien lire les dernières lettres sur la représentation donnée par M. de Sauley et reproduite par Le Bas. Voici l'inscription où Julianus se pose lui-même
comme l’auteur du monument :
JovAands ñpydoaro r& 6 47
Ce n’est done pas 7r@ vi® qu'il faut lire. Nous avons ici la date du monument, l'an 292. ce qui donnerait, d'après l'ère des Séleucides, 20 ans avant J. C. date trop ancienne pour le monument. Il faut sans doute compter d'après l'ère d'Antioche, ce qui donne l'an 244 après J. G. date convenable au style du monument. L'ère propre de Sidon donnerait 181 après J. GC. qui va moins bien.
Le petit cippe en tête du monument n'offre de difficulté que pour la dernière ligne. Je lis :
foulave
xpnoîe xoi SÂUTE xaipe, nca s oirn ve
C'est ici le seul exemple que je connaisse d'un petit cippe de ce genre faisant corps avec un grand sarcophage. M. Gaillardot me parle, dans une lettre, de trois ou quatre sarcophages (du caveau sx, angle S. E.) en pierres blanches, longues et étroites, avec un cippe sans inscription à la tête du couvercle entre les deux oreillons. Mais je ne crois pas que ce soit la même chose. Le monument de Julianus est, du reste, le plus singulier exemple qu'on puisse citer d'un contre-sens en fait d'art. Pour modèle de porte, Julianus a pris un bout de sarcophage‘. On trouverait à peine une pareille série d'absurdités dans les plus bizarres sproposti de nos marbriers de cimetière.
1 «Quand on a découvert le caveau de Julianus, la vait de clôture. Je ne me rappelle pas s'il y avait des
pierre seulptée était debout contre la porte et ser- gonds, et aujourd'hui qu'elle est encastrée dans la
Pour l'étude détaillée des caveaux de la nécropole, le beau plan dressé par M. Gaillardot (pl. LXIT) et les planches de coupes LXIIT, LXIV, qui en sont l'annexe, suffisent. Les autres caveaux ne font que répéter les types des caveaux dont ces planches présentent les coupes. Il est impossible, par des dessins, de donner l'idée de pareilles excavations souterraines. Notre planche XLVI représente le seul de ces caveaux qui puisse être dessiné, le caveau nr, un des plus modernes!. Je possède encore d’autres dessins de M. Gaillardot, en particulier la vue de l'entrée du double four n° 13, dans le caveau nr, la vue des deux chambres effondrées qui forment le caveau x. Ces dessins n'auraient pas tout leur prix pour les personnes qui n’ont pas vu la nécropole de Saïda. Hs sont intéressants, cependant, depuis que les caveaux qu'ils représentent ont été déplorablement saccagés. Îls seront déposés, comme toutes les archives de la mission, en lieu sûr, après l'achèvement de cette publication.
Les rochers situés au sud de la nécropole, en contre-bas de la route de Darbessine, affleurés par la terre végétale, offrent des coupes verticales, et, je crois, des cheminées analogues à celles que l’on voit à Gébeil ; il y eut là certainement d'anciennes sépultures.
Notre plan indique les parties de la nécropole qui sont la propriété de la France. Nous croyons que des recherches ultérieures y seraient inutiles. Le Beïader paraît aussi avoir été épuisé. En voyant les groltes dans la section sud-est tellement serrées les unes contre les autres, qu'elles ne laissent pas entre elles le moindre vide, on se convaine que le terrain de MM. Clat et Hesirâne offrirait le même réseau continu de caveaux. Quant
à la partie basse à l’ouest de Mughdret-Abloun, M. Gaïllardot est persuadé Ï 6 Ï
maçonnerie d'un mur au khan, il est difficile de s’en ! Les sarcophages sont à guirlandes, comme ceux assurer. [l serait possible que cette pierre eût été du caveau xyur. Dans la terre qui remplissait le cadestinée à servir de stèle, que dans l'origine elle fût veau à été trouvée une petite corniche, dont les mouplacée debout contre une des paroïs du caveau, et lures paraissent appartenir à l'époque romaine (desque plus tard elle ait été amenée contre la porte pour sins de M. Gaillardot).
la fermer, après une première violation.» — G.
qu'il n’y à pas de fouilles à y faire'. La nécropole finissait à la falaise. On trouve dans le terrain de cette partie basse des débris de sarcophages en terre cuite, provenant peut-être de la nécropole. Le chiffre xt de notre plan indique des caveaux taillés dans le rocher, qui avaient leurs ouvertures, au bas de la falaise, masquées par de fortes maçonneries.
Quel aspect offrait dans l'antiquité ce vaste champ de sépulture? La réponse à celle question dépend d’une autre question. Comment se fermaient les caveaux? Les caveaux à escalier étaient sans doute fermés par des portes de pierre comme celles de notre planche XLV. Pour les caveaux à puits, la chose était plus compliquée. La fermeture intérieure se praliquait le plus souvent par des dalles qu'on engageait à une cerlaine hauteur du puits, et qu'on recouvrait ensuite de terre. M. Gaillardot pense que, dans quelques cas, on remplissait la fosse de terre après la déposition de chaque cadavre, sauf à déblayer, quand on avait un nouveau mort à descendre; en d’autres termes, que le puits d'entrée était ordinairement comblé et ne se recreusait qu'au moment des inhumations. La fermeture des tombes chypriotes se faisait de même par des dalles et des blocs?. Dans les caveaux xxrr, xxiv et xxv, où les spoliateurs étaient entrés par la grande chambre xx, les puits se présentèrent à nous fermés par un système de dalles plus longues que l'ouverture n’était large, et placées obliquement les uns près des autres sur celle ouverture, immédiatement au-dessous de la couche de terre végétale qui recouvrait le roc (fig. 1). Le puits restait vide, et M. Gaillardot n'a pu savoir si la porte était murée. Dans quelques autres caveaux, le mode de fermeture était différent (fig. 2, caveau x1). Les portes du caveau étaient murées, et seul l'intervalle qui les séparait était vide. Au fond du puits, à quelques cen-
limètres au-dessus de ces portes dans la longueur, de chaque côté, élat
1 Un lerrain situé sur le bord du Barghout, dit 2 Voyez Comptes rendus de l'Académie, 8 avril 1870. «le terrain desoliviers ,» appartient aussi à la France. Pour l'Égypte, comparez Mariette, Notice, 9° édition,
Jl ne parait pas avoir d'intérêt archéologique. p. 36.
CAMPAGNE DE SIDON. 197 une sailie de 10 à 15 centimètres (b), supportant des dalles au-dessus desquelles le puits était comblé par des remblais et par de la terre végétale.
Nous n'avons jamais remarqué de rainure ni de battants aux portes intérieures donnant sur les puits. À l'ouverture des puits, il n'y a pas non plus de feuillure pouvant recevoir une dalle, ni d'espace plané, ni de traces de constructions. L’entaille rectangulaire pénètre directement dans les denticules irrégulières du rocher. Y avait-il sur ces sépultures des méphdzil comme à Amrit? De tels monuments ne pouvaient guère se rouver que sur les caveaux à escalier. À Amrit, tous les caveaux à méghdal ont des escaliers. Les caveaux à puits étant similaires des deux côtés, n'ayant pas de chevet, ne pouvaient guère avoir cet indice extérieur d’un point absidial!. Peut-être y avait-il sur l'ouverture un édicule comme sur l'ouverture des puits funéraires égyptiens. Le rocher plané de Mughdret-Abloun portait sans doute une construction pyramidale. Sidon avait probablement ses M2, et la plane qu'on traversait pour arriver à ses portes n'avait pas dans l'antiquité l'aspect nu qu'elle offre aujourd’hui.
Plusieurs observations de M. Gaillardot (voir son journal, au 5 mai 1862 et aux jours suivants) prouvent, du reste, que les Sidoniens imitèrent les Égyptiens sur un autre point, je veux dire dire dans l'usage de
1 Voir ci-dessus, p.70 et suiv.
couler des blocs à l'ouverture des caveaux qu'on jugeait pleins, pour en défendre l'entrée contre les voleurs et les fermer à jamais à tout accès humain. On sait que la grande pyramide offre un genre d’obstruction tout semblable, et c’est, en effet, dans les parties les plus anciennes de notre nécropole qu'on retrouve l'usage dont il s’agit.
L’exploration des caveaux xxvI-xxx avait eu lieu avant notre mission. M. Gaillardot, qui, dès cette époque, était attentif à tout ce qui concernait la nécropole, avait pris sur le résultat de cette exploration des notes
dont il a bien voulu enrichir la mission.
« Après la découverte du sarcophage d'Eschmounazar, en 1 855, M. Péretié, qui avait cédé ce monument à M. de Luynes, espérant découvrir les sépultures du reste de la famille de ce roi de Sidon, acheta le terrain où il avait été trouvé et y fit exécuter des fouilles. On découvrit plusieurs caveaux, entre autres ceux portant les n° xxvur, xXXIX, xxx eË xxxI sur notre plan. Ces quatre caveaux communiquent entre eux el forment un groupe isolé des autres : on descendait dans chacun d'eux par un puits rectangulaire.
« Le caveau xxx n’a pas de fours : ce n’est qu'une petite chambre de 3",60 de longueur, sur 3 mètres de largeur; un sarcophage de marbre blanc de forme rectangulaire, sans ornements, était placé contre la paroi sud. Les caveaux xxvir et xxx sont petits, bas, très-grossièrement taillés dans le roc; leurs fours étaient vides; mais dans le sol du premier sont creusées deux fosses où étaient enterrés, au milieu d’une couche de sable, deux sarcophages de marbre blanc; les couvereles de ces sarcophages portaient chacun une figure offrant encore des traces de peinture, et dont les cheveux relevés et retenus au-dessus du front par un bandeau formaient au-dessus de la tête une sorte d'auréole. Deux mantelettes retombent symétriquement sur chaque épaule et laissent la poitrine découverte. Ges deux sarcophages étaient identiques; cependant un des deux, celui qui est aujourd'hui au Louvre, est d'un beau travail, probablement original, tandis que l'autre ne serait peut-être qu'une copie moins soignée , exécutée par un sculpteur moins habile.
« Le caveau xxx est un peu plus grand et d'un travail plus soigné que les caveaux précédents. Des fours larges et profonds sont creusés dans ses parois, et sur le côté sud du puits, par lequel on y descend, on remarque deux petites chambres abritant chacune un sarcophage de marbre blanc (aetb): c’est dans le premier de ces sarcophages que fut trouvé le crâne n° »!. Au centre du caveau est creusée dans le sol une fosse large et profonde, dans laquelle était un sarcophage de marbre blanc (c), de grandes dimensions;
1 Les crânes trouvés ont été remis à M. Broca, qui doit en faire l'objet d'un travail anthropologique.
forme rectangulaire : les parois étaient épaisses, et la tête du cadavre reposait sur une petite saillie en forme d'oreiller, laissée dans le marbre: on n'y remarquait aucun ornement, aucune figure, aucune inscription. Le couvercle, lévèrement taillé en dos d'âne, avait été brisé en plusieurs fragments par une masse assez considérable de terre végétale, qui, à la suite d’un éboulement, était tombée dans le puits d'entrée et avait en partie recouvert le sol du caveau. C'est peut-être cet éboulement du sol qui préserva le sarcophage. Ge qu'il y a de certain, c’est que, si ce sarcophage à déjà été fouillé, la violation n’a pu avoir lieu qu'à une époque assez reculée; peut-être alors des chercheurs de trésors en ont-ils enlevé les matières précieuses qu'il pouvait contenir, laissant les objets de peu de valeur que nous y avons trouvés.
Je n'étais point à Saïda quand cette trouvaille fut faite. À mon retour, environ un mois après, la personne chargée des fouilles me remit deux couffes, dans l'une desquelles était le crâne n° 1, et quelques kilogrammes de terre provenant du sarcophage c, mêlée de débris d'ossements et d’une certaine quantité de fragments d'ivoire sculpté ; on y avait trouvé aussi, m'a--on dit, une petite boucle d'oreille d’or, que je n'ai point Les ossements
vue. Dans l’autre couffe, il y avait un peu de terre et le crâne n° »
l ge Pie Fe à ne provenant du sarcophage c étaient presque réduits en poussière; le crâne seul était en
; “pe : De, Eu AE de ; moins mauvaus état que le reste. L’ivoire était très-altéré; au contact de l'air, il se déitait et se fendillait en petits fragments prismatiques. J'ai pu en retirer les objets représentés p. boo, un peu mieux conservés que les autres, et qui sont aujourd'hui dans la collection de M. de Vogüé :
«1° (Fig. 1.) Une plaque de 73 millimètres de hauteur, sur 35 de largeur et 4 d’épaisseur; l’une des faces est lisse, sur l’autre est gravée en relief très-peu saillant une emme vêtue et coiffée à l’assyrienne. approchant de ses narines une fleur de lotus. qu'elle tient des deux mains. La longue robe qui la couvre, et qui parait être faite
d'une étoffe à larges raies, est retenue au milieu du corps par une double corde, dont
es deux extrémités, tombant en avant jusqu'aux pieds, se terminent par une sorte de gland ou nœud. Les pieds sont nus; les cheveux, coupés court sur le devant de la tête, forment en arrière une masse de boucles ou de tresses.
«2° Une autre plaque (fig. 2), de la même épaisseur que la première, haute de 116 millimètres et large de 34; sur une de ses faces, est gravée au trait une bande de 11 millimètres de largeur, encadrant une double fleur de lotus. portée par une longue hampe que retiennent deux traverses. De chaque côté de cette bande, est gravée aussi au trait, et plus superficiellement encore que ne l'est l'ornement du milieu, une série de dix petits cercles inscrivant dans leur surface un cercle plus petit et concentrique. L'autre face est lisse; sur la tranche en « est percé dans l'épaisseur un petit trou cylindrique de’ 4 ou 5 millimètres de profondeur.
«3° Une troisième plaque (fig. 3), de la même largeur et de la même épaisseur que la seconde, sur 4o millimètres environ de hauteur, porte un ornement formé de deux rosaces de 22 millimètres de diamètre, au milieu desquelles s'épanouissent , autour d’un
petit cercle, seize rayons en forme de pétales, inscrits dans une double circonférence. L'espace de 22 millimètres qui sépare ces deux rosaces est occupé par une fleur: au-
Ivoires sculptés trouvés dans le sarcophage 6 du caveau xxx. (Nécropole de Sidon.
Toutes ces figures sont de grandeur naturelle.
four d’un cercle de 8 millimètres de diamètre s'épanouissent huit pétales inégaux. L'autre face est lisse.
“Avec ces trois plaques, se trouvaient aussi mélés à la terre un certain nombre de fragments, trop petits pour être conservés; quelques-uns portaient encore des traces d'ornements analogues à ceux de la plaque fig. 3. D’autres étaient lisses sur les deux faces. Peut-être tout cet ensemble formait-il autrefois un petit coffret.
4° (Fig. 4.) Un étui cylindrique de 93 millimètres de longueur, sur 1 à d'épaisseur à la partie supérieure, et 11 à la partie inférieure , fermé par un bouchon à tête cylindro-hémisphérique: il contenait encore des traces d’une matière pulvérulente, colorée en vert par l'oxyde de cuivre.
«5° (Fig. 5.) La partie inférieure d’un autre élui de la même dimension, séparée vers le milieu dans le sens de sa longueur par le délitage de l'ivoire, et montrant une coupe du fond de sa cavité; elle renfermait encore quelques traces d’une matière charbonneuse noire, non métallique. J'ai retrouvé aussi mélés à la terre un assez grand nombre de fragments qui prouvent qu'il y avait dans le sarcophage plusieurs étuis autres que ceux que je viens de décrire.
« 6° Parmi les fragments d'ivoire d’où J'ai retiré les objets que je viens de citer se trouvait une certaine quantité de petits objets de formes et de dimensions diverses (fig. 6), de petites plaques, de petits prismes rectangulaires, dont l'épaisseur varie entre 2 1/2 et 6 millimètres. Les uns sont rectangulaires (a), de 27 millimètres de hauteur sur 13 de largeur et 6 d'épaisseur, et portent sur une de leurs tranches un petit trou circulaire #, régulièrement taillé. Les autres (b), larges de 4 millimètres, épais de » à 4, sur 2° de longueur, sont tout à fait prismaliques, tandis que quelquesuns (c), plus petits, se terminent, à l’une de leurs extrémités, en un biseau taillé seulement sur une des faces. Parmi ces derniers, quelques-uns sont percés d’un trou, comme s'ils avaient été destinés à être suspendus. Quelques fragments (d, e), peu épais. affectaient la forme d’une enclume.
«7° Enfin plusieurs petits objets en forme de tête de clou. Servaient-ils de bouton? Bouchaient-ils de petits vases ou avaient-ils quelque autre usage? C'est ce que nous ne pouvons savoir.
« Occupons-nous maintenant de l’âge du caveau et du sarcophage où ont été trouvés ces objets.
«+ Comme je l'ai déjà dit, le n° xxxr fait partie d’un groupe de caveaux appartenant à la quatrième série et réunis aujourd’hui par des communications dont les unes sont accidentelles et dont les autres ont été pratiquées à dessein, au moment de la construction. Les n° xxx et xxx doivent être plus anciens que les deux autres, n° xu et xxx. Le premier est haut, ses fours sont larges et régulièrement taillés:; le travail des parois est fini; le sol est uni, tous les angles sont parfaitement évidés à angle droit; trois chambres y ont été ajoutées. Le n° xxx n’est formé que d’une seule chambre: mais le travail des parois présente le même fini que dans le numéro précédent. Les sarcophages qu'abritaient ces deux caveaux étaient tous rectangulaires, de grande dimension, massifs, et appartenaient à la première classe, à celle que je crois être la
plus ancienne; voisins l’un de l’autre, mais ne communiquant point entre eux, ces deux caveaux paraissent avoir été creusés à une même époque.
«Les deux autres au contraire, les n°% xxnr et xxx, sont moins hauts et moins vastes: les fours, bas et étroits, sont irréguliers, le sol est inégal; les parois et leurs
5j sk se Sn de c à € , angles sont grossièrement taillés, on dirait un travail dégrossi seulement et inachevé. Ces deux caveaux ont dû être creusés à peu près à la même époque, el ils ont été réunis à dessein; car le couloir oblique qui les joint l'un à l'autre, et qui, dans chacun d'eux, remplace un four, n'aurait pas cette disposition s'il n'était que le résultat de la destruction d’un de ces deux fours existant antérieurement. Au contraire, la communication qui a été établie entre les n°‘ xux et xxx est accidentelle; c’est évidemment une brèche qui a été ouverte dans le fond du four du caveau, dont la forme est encore très-apparente, el qui certainement avait été creusée non pour servir de couloir, mais bien pour recevoir un cadavre.
+ Quant au caveau xxxr, évidemment il a été creusé avant le caveau xxx. Le puits
: ; Se DE on .
qui descend à ce dernier était probablement destiné aussi à donner accès à une autre chambre qui s'est trouvée placée vis-à-vis la premiere, en d. En creusant dans cette
direction, on est tombé sur un amas de sable e; en le déblayant, on est arrivé à la paroi nord de la chambre f, qui s’est trouvée ainsi détruite. Gette chambre, aujourd'hui, est largement ouverte sur l’excavation e. Il me semble que l'inverse n'est pas possible ; car, si c'était en creusant cette chambre / qu'on fût arrivé sur l’amas de sable e, on n'aurait pas manqué de combler cette excavation et de fermer la brèche que l'on avait ouverte au fond de la chambre par un mur où par un amas de pierres; on n'aurait point laissé les choses dans l’état où elles étaient lorsque nous avons pénétré dans le caveau.
« En résumé, je crois que les caveaux xxx et xxx ont été creusés Les premiers; puis, assez longtemps après eux, a été creusé le caveau xxvnr, et presque en même temps le n° xxx.
«Nous avons pu reconnaitre avec assez de probabilité quelle était l'ancienneté relative de chacun de ces quatre caveaux; mais, en ne considérant que leur forme et leur mode d'exécution, il nous serait impossible de hasarder une opinion sur l'époque présumable à laquelle ils ont été creusés. En effet Le type auquel ils appartiennent doit
É re ; Ne remonter à une assez haute antiquité; il a élé copié sur les sépultures égyptiennes les plus anciennes, et il a continué à être mis en usage Jusqu'au moment où le système des puits a été abandonnné pour être remplacé par celui des escaliers.
+ Les sarcophages nous en apprendront-1ls davantage? Comme je l'ai dit plus haut, ceux que renfermait le caveau n° xxxr, paraissent dater d'une époque assez reculée , ; et, à en juger par ce qui sesl passé en Egypte, ils devraient être antérieurs à tous
ceux des autres classes.
« Les petits objets en ivoire sculpté que renfermait le sarcophage c ne nous appren=
nent rien. et le mélange assyro-épyptien des ornements qu'ils présentent ne peul
rien nous indiquer relativement au personnage qu'ils accompagnaient. Les ouvriers de Sidon étaient habiles à sculpter l'ivoire que le commerce leur procurait; ils le vendaient ainsi travaillé aux nations avec lesquelles ils étaient en relation.
« Pour pouvoir juger de l'ancienneté des fragments que nous avons trouvés, il faudrait pouvoir comparer leurs formes et les dessins qu'ils portent avec les formes et les dessins de ceux que l’on a retirés des ruines de Ninive et de Babylone, et dont les dates sont établies d’une manière assez certaine. Il aurait fallu aussi pouvoir étudier comparativement les divers modes de sépulture des Assyriens et des Babyloniens, et voir en quoi ils ressemblent à ceux de la Phénicie: mais je n'ai pu faire entrer cet élément dans l'étude que J'ai essayé de faire sur nos sarcophages. Je n'ai pu les comparer qu'aux types égyptiens. D'ailleurs il y a une grande connexion entre l’art assyrien et l'art égyptien.
« Le sarcophage d’Eschmounazar est le seul qui nous fournisse une série d'éléments suffisants pour servir de base à une discussion, et pour nous aider à lui assigner une date probable, Il serait inutile de répéter ici toutes les preuves sur lesquelles on s'est fondé pour le placer vers le milieu du vi siècle avant J. C. Il appartient certainement à la xxvi° dynastie, Saïte.
«Ici se présente naturellement une question. Ge monument estl antérieur ou postérieur aux monuments que nous avons trouvés dans les caveaux de la nécropole de Sidon ? Je crois que la réponse n'est pas douteuse et qu'on peut le regarder avec assez de raison comme un des derniers de ce type qui ait été employé. Sans prétendre établir aucune concordance entre les dates des tombeaux de l’ancien empire de l'Égypte et celles de nos sépultures phéniciennes, je serais assez tenté de croire que les choses se sont passées en Phénicie comme elles s'étaient passées dans la vallée du Nil: que d’abord on à fait des sarcophages simples, de grosses {hecæ, avant de penser à des œuvres plus compliquées, avant d’imiter les boîtes à momie et de seulpler des figures sur les couvercles. S'il en était ainsi, notre sarcophage 6 du caveau xxx pourrait être un des plus anciens qui aient été trouvés dans la nécropole de Sidon. »
Deux réflexions dont il est difficile de se défendre, c’est, 1° que la seule nécropole phénicienne connue de Saïda, qui est celle que nous venons de décrire, est bien petite; 2° que les objets qui en sortent n'ont pas, en général, le caractère de haute an tiquité qu'on s’attendrait à leur trouver. Si lon devait se guider par les seules considérations archéologiques, on serait amené à dire que la nécropole de Mughäret-Abloun représente en moyenne une civilisation de l'époque assyrienne et achéménide. Or, avant
ces époques, Sidon comptait peut-être mille ans d'existence autonome.
Comment se fait-il que ces siècles de haute antiquité soient si peu représentés dans ce qui nous reste de tombes sidoniennes? «Il me semble évident, m'écrivait très-judicieusement M. Gaillardot, que si la nécropole que nous tenons aujourd'hui n’est pas plus ancienne que nous le pensons, il doit y en avoir une autre; car Sidon était une ville plus considérable qu'Aradus, et elle devait avoir un champ des morts bien autrement vasle que celui qui s'étend entre Amrit et Tortose, champ que lon exploite depuis des siècles et qu'on exploitera longtemps encore. » À vrai dire, cette réflexion peut s'appliquer à toute la Phénicie. La nécropole de Tortose elle-même, si vaste, donne peu de monuments d’une haute antiquité. Les traces matérielles de la vieille Phénicie, antérieures à lan 1000 - à peu près avant J. C. se dérobent avec une singulière obstination. Ces traces existent en excavations dans le roc et en petits objets; mais nous n'avons pas de criterium sûr pour les distinguer.
On peut ajouter que tout ce qui sort de la nécropole de Saïda offre un caractère mesquin, qui ne répond guère à ce que l'on attendait de la nécropole d’un peuple riche et artiste comme l'étaient les Phéniciens. Mais ici la réponse est facile. La nécropole fut sans cesse pillée dans lantiquité", et probablement au moyen âge. Les explorations savantes y sont venues après plus de 2,000 ans de rapines. Si la nécropole de Sidon a été comme découverte de nos jours, c'est que les voleurs l'avaient tellement épuisée qu'ils la regardaient depuis longtemps comme un champ sans valeur. Tout ce que nous en avons liré, tout ce qu'on tirera de Saïda n'est que le rebut des spoliateurs qui se sont succédé de génération en sénéralion.
Voici quelques dessins de sarcophages en grès calcaire, grossièrement taillés et inachevés, qu'on trouve dans la nécropole. Les deux lettres À Y qu'on voit sur l'un d'eux se lisent encore sur un autre sarcophage de la même nécropole; ces lettres sont de basse époque.
! Comparez ce qui se passa pour Gorinthe. Strabon, VITE, vr, »3.
CAMPAGNE DE SIDON. 505 Ces sarcophages sont ordinairement couverts d’une simple dalle, du
même calcaire que la caisse; quelquefois cette dalle, légèrement bombée
au milieu dans le sens de la longueur, porte aux quatre coins de pelites
saillies, grossièrement lallées en acrotères.