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ENVIRONS DE SAIDA

La partie méridionale du Liban , à partir de Beyrouth, est loin d'avoir l'intérêt archéologique du Liban au-dessus de Gébeil. Les innombrables petits temples qui couvrent la montagne au nord et au sud du fleuve d'Adonis n'ont pas ici d’analogue. H n°y eut sûrement dans la partie de la montagne qui domine Sidon aucun grand établissement, ni religieux ni profane. Les inseriptions y sont rares. Les noms latins, tels que Ghousta, el autres noms particuliers au Kesrouan, comme Aramoun, se retrouvent cependant encore dans ce pays”.

La côte, ici comme dans toute la Phénicie, fut une sorte de ville continue. Partons de l'Awwali et dirigeons-nous vers le nord. L’Awwali est l'ancien Bostrenus. Sur l’Awivali se trouve un village de Besri ou Bisreh, au-dessous de Djezzin. Le nom du fleuve vient probablement du nom de celte localité (AT$2 — Béofpa), selon l'usage fréquent en Syrie, autrefois comme de nos jours, de dénommer le nahr par la principale localité qui est sur ses bords?.

Le village d'Eulmäne (Almoun de la carte de létat-major?) contient des antiquités. Le 10 mars 1861, M. Gaillardot m'écrivait : « Durighello arrive d’une course qu'il à faite vers le Nahr el-Aoulé. H a vu, dit-il,

près d’un village appelé Eulmäne, les restes d’un château dont les pierres

seraient plus grandes encore que celles de Sayyidet el-Mantara’. I à

! Voyez ci-dessus, p. 328. Bostrenus (Essais de restit. d'un passage de Seylax. ? VoirReinaud, Géoor. d'Aboulféda, KW, p. 69, n. ». >. 35-36) sont tout à fait inadmissibles. 8 ! ; ;

Les conjectures de M. Poulain de Bossay sur le 3 Une note qui me fut donnée par un chercheur

CAMPAGNE DE SIDON. 507 acheté une tête de lion, qu'on lui a dit provenir de ce château, et qu'il dit fort belle.» Le 19 mars, il m'écrivait : « Si dimanche il fait beau, jirai voir ce que c’est que celle construction d'Eulmäne, que Durighello dit avoir vue. I me parle d'assises de blocs énormes, en biseau, placées en retrait, près du conduit qui amène à Saïda l’eau de l'Aoulé, conduit que j'ai de bonnes raisons de regarder comme phénicien. Le lion est au khan; je ne sais trop qu'en dire; il n’a guère le cachet de l'antiquité. »

Le village de Rouméli ou Romeilé, près de là, est une localité ancienne très-importante. Sur la route qui de Saïda mène à ce village, il y a des traces de constructions en bossage et de grosses pierres équarries, qui attestent un site antique. Dans le village se voit un monument singulier. Une pierre de 3,60 de long, présentant une gorge el une baguette trèsaccusées, repose par ses deux extrémités sur deux dés de 2 mètres de haut, et d'environ 1 mètre de largeur et de profondeur. Les deux dés sont évidés en niche à la face extérieure, et dans ces deux niches se détachent deux sculptures extrêmement frustes et sur lesquelles aucune conjecture nest possible. La pierre horizontale est d'un style à part; elle n’est ni grecque, ni romaine, ni égyplienne pure. Elle parait avoir été taillée sous une influence égyplienne, et rappelle les gorges profondes surmon-

lant une baguette qu'on voit sur les linteaux égypliens. Le monument dont elle fait parie devait être trop considérable pour qu'on puisse voir en ces parlicularités un simple fait d'inexpérience ou de conception bâtarde. Les trois pierres sont de la brèche calcaire du pays. En dressant des moellons à l’entour, on en a fait une étable. La pierre de 3,60, qui fait maintenant linteau, n'était pas autrefois à cette place; car à sa face inférieure règne, sur toute la longueur, une mortaise de 15 centimètres de profondeur sur 20 centimètres de largeur, qui n’a pas d'objet dans la

disposition actuelle des pierres.

de trésors me signala également, près du pont de PAw- nons foutes ces indications uniquement pour l'usage wali, une grosse construction comme celle de Say- des futurs explorateurs, sans dissimuler la confusion videt el-Mantara. (Voir ci-dessus, p.398.) Nous don- qu’elles présentent ni chercher à les accorder.

Voici le dessin très-exact du monument par M. Gallardot.

Fig. 1.

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Echelle de 2

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Fig. 1. Vue de la façade du monument, aujourd'hui converti en étable.

Fig. 2. Projection horizontale de la façade. — a a. Pierre formant linteau, re posant sur les deux piliers bb. À la partie antérieure, sont grossièrement sculptées les deux figures ce, très-effacées.

Fig. 3. Coupe verticale d’un pilier, surmonté du linteau,—«. Pilier. — b. Linteau, dans la face inférieure duquel règne d’un bout à l’autre la mortaise mn.

Au pied du village de Rouméli est une nécropole remarquable. Elle offre une particularité que je n'ai vue que là et dans quelques grottes de Halalie, je veux parler de grosses boules, saillantes en calottes sphériques

Se N \ 1° Es l e 2 2 et presque en hémisphères à l'entrée des caveaux. Mes notes signalent cinq points de cette nécropole comme particulièrement in téressants : 1° le grand caveau à boules; 2° les nombreuses boules sculptées sur le roc, au fond du ravin; près de là un A très-fortement entaillé dans le roc; 3° une grotte cintrée, avec une échancrure au haut, dans la vallée; grosses boules dans un encadrement, à côté; 4° caveau peint, près de à; 5° grotte dans le genre d'Adloun. À l'entrée de’ quelques grottes se voient, Je

crois, des signes analogues à ceux que nous trouverons à El-Biadh, et à

CAMPAGNE DE SIDON. 509 l'ouverture de plusieurs grottes du pays de Tyr (cercle irrégulier, point au milieu). Les travaux dans le roc abondent de tous les côtés.

Le khan dit de Néby-Younès a été depuis longtemps identifié avec Porphyréon! (465es:s°). Les légendes prétendant indiquer le lieu où Jonas fut déposé par la baleine sont d'ordinaire la transformation de vieilles fables relatives à Persée et Andromède, ou viennent de représentations relatives à Dagon. Qu'on suppose une sculpture analogue à celle qui se voit dans Layard, À second series , pl. VE, ou sur une gemme ass yrienne qu'on à prise à tort pour chrétienneÿ, et où l'on voit un homme revêtu d’une peau de poisson, qu'il porte comme une chape, et d'où il semble sortir comme de la gueule d’un monstre. N’est-il pas naturel qu'à l'époque chrétienne on ait interprété un tel monument comme une représentation du récit biblique sur Jonas? I y à un autre Néby-Younès au sud de Jaffa, endroit où se localisaient à la fois le mythe de Persée et d'Andromède et celui de Jonas!. En tout cas, ces noms de patriarches et de prophètes, adoptés par l’'islamisme, dénotent toujours en Syrie des lieux de culte anciens. La substitution avait déjà eu lieu par l’action du christianisme; lislamisme adopta cette vieille histoire sacrée fabuleuse. De pareilles fables étaient devenues, pour chaque localité, des titres de noblesse et souvent des sources de revenus. Le patriotisme local les conserva en les rattachant à des célébrités bibliques. Du reste, la fable hébraïque de Jonas venait probablement elle-même des mythes babyloniens el phéniciens où figuraient des cétacés5. Il n’est pas impossible qu'il y ait une parenté entre {6na et Oannès”.

Les dunes de Néby-Younès paraissent cacher des constructions an-

! Voy. Laborde, Voy. de la Syrie, livraisons 3 et 4; Le khan Younès, près de Raphia, est l'antique Jeny- Sauley, premier voy., Î, p. 31 et suiv.; Robinson, II, sus. Pour les Beth Dapon de la Bible voyez Gesenius p.487, 488; IT, p.35; Thomson, The land, I, p.95. et Ritter, index des t. XV et XVII, à ce mot: Acad.

? Land, Anecdota syr. I, py27: des inscr. Savants étrangers, VII, 1"° parlie, p. 162.

* Martigny, Dict. des ant. chrét. p. 19. ® Cest l'opinion de Rosenmüller et de Gesenius.

© Jonas, 1, 3; saint Jérôme, Itinéraire de Paula (V. Winer, Bibl. Reakwært. art. Jonas.) (voir Rev. des Deux-Mondes , 1% mai 1865, p: 11, 12)et 5 C'est l'opinion de Christian Baur. Cf. Hitzig, Pa Jon. 1, 3; Pseudo-Seylax, p. 79 (édit. Gh. Müller). Die zw6/f Heinen Propheten, p. 158 et suiv. 3° édit.

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tiques. Un monticule, surtout, au bord de la mer, couvre probablement un monument qui aura arrêté le sable et formé une petite butte. Quand je passai à Néby-Younès, on venait d'ouvrir une de ces dunes pour en tirer des pierres de construction. On voyait éventrées de jolies chambres peintes, présentant des animaux, des paons affrontés, des autruches, sous de petits arceaux peints très-ornés, rappelant la disposition des canons qu'on trouve en tête des beaux évangéliaires byzantins. Alentour gisaient de nombreuses pierres couvertes de stuc et de dessins au trait, Un fragment portait en rouge les lettres

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ayant fait partie peut-être d'une formule analogue à inooÿs Xprods mx. roûrw va, qui accompagnent les croix byzantines. (Corpus, n° 8923

et suiv.; Waddinoton, n° 2651, 2694, etc.; De Rossi, Bulletino, nouvelle série, [, p. 32.) I est évident qu'il y eut vers cet endroit une ville assez importante, dont la floraison paraît avoir eu lieu surtout à l'époque chrétienne. Je n'y ai vu de tout à fait antique qu'une colonne de granit et des carrières dans le roc.

C'est surtout à Berja ou Djié’, localité située un peu au-dessus de Néby-Younès et depuis longtemps devenue un fief de la famille de l'énur Beschir?, que l'antiquité a laissé des traces considérables. Ce nom de Berja, comme nous l'avons déjà dit, est un reste de Torapyéa (voir cidessus, p. 323, 326). Une assez vaste nécropole y a été découverte; des inscriptions en sont sorlies; M. de Saint-Seine en a photographié B

les tombeaux. Cest de Berja que provient la petite stèle que voict :

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*OCAAICIOYK:

1 Néby-Younès, Berja, Djié, Schéhime doivent être considérés comme une seule localité archéologique. — ? Voir Laborde, Voy. de la Syrie, p. Lo.

Àycpioïe xpnoîE nai dwpe, xaipe. Iñoas &rn n£, rehedrnoer ho! un[vjos Acuotou x’. L'an 238, selon l’ére d’Antioche, donne l'an 190; selon l'ère de Sidon, 127 de J. CG. ce qui convient bien au monument. Sur le nom propre Àyépioos, voyez Pape, Wôrterbuch, s. h. v.

La stèle dont nous venons de parler est maintenant déposée au consulat de France à Beyrouth. Elle est carrée par le bas, cylindrique par le haut, et terminée par une

couronne de lauriers, selon le Lype ordinaire des eippes sidoniens.

À Berja ou à Schéhime (près de Berja), à été également trouvé un lon, en bas-relief, assis sur ses pattes de derrière, une patte de devant levée; je possède un eslampage de ce bas-relief pris par M. Durighello. Une note d’un habitant de Saïda me signale aussi à Berja « deux hommes, dont chacun terrasse un lion. » Le 9 7 janvier 1869, M. Gaillardot m'écrivait: « Durighello me dit avoir vu de curieuses choses à Berja et à Schéhime. I a fait une espèce de dessin d’une porte à gros blocs en bossage, avec deux figures, dont l'une est une tête à rayon.» Le 19 février 1869, il m'écrivait encore : « J'ai entendu parler dernièrement de ruines assez considérables formées de gros blocs en bossage, situés à Schéhîme, village au-dessus de Berja et de Néby-Younès. C'est 1à que se trouve la porte que Durighello m'a signalée. »

Les fouilles de notre mission inspirèrent à la veuve de l’'émir Beschir, demeurant à Berja, une sorte d'émulation, dont l'objet, il faut bien le dire, était moins de trouver des antiques que de rechercher de prétendus trésors. Ces fouilles amenèrent de curieux résultats. Le 1° mars 1863, M. Gaillardot n''annoncça la découverte d’une mosaïque très-bien

conservée, trouvée à Néby-Younès. Le 16 mars 1863, il m'écrivait :

«Il ya une vingtaine de jours, Daoud-Pacha, gouverneur du Liban, étant venu voir les fouilles qu'il fait exécuter à Néby-Younès en société avec la veuve de l’émir Beschir, me fit avertir, et j'allai passer une journée avec lui. La mosaique est très-bien conservée, mieux que celle de Kabr-Hiram. Elle a 7,41 de longueur sur 4",60 de largeur !. Elle a dû servir de pavé à une petite église, où il ny avait ni piliers ni chœur

PL, ; séparé comme dans les églises grecques.

! La mosaïque de Berja couvre, par conséquent, un peu moins du quart de celle de Kabr-Hiram.

«En voici la forme à peu près :

«mm, murs de peu d'épaisseur et formés de pierres de petite dimension; pp, portes: GG, chambres; M, mosaïque; À, inscription; nn, deux petites niches pratiquées dans le mur, ne descendant pas jusqu'à terre comme la niche N, sur le sol de laquelle se trouve l'inscription écrite en petits cubes rouges sur un fond bleu. La mosaïque est aussi formée d'un fond blanc à petits cubes, parsemé de petites fleurs rouges; elle est entourée d’une torsade t, de diverses couleurs, semblable à celle que nous avons trouvée à Djébeil, à l’ouest de la grosse tour. Au milieu, en B, cercle formé par une lorsade analogue à la première, et au centre duquel se trouve dessiné une sorte de vase dont la forme est assez difficile à décrire. Au-dessous de ce vase est une perdrix; de chaque

côté, à la partie supérieure , un paon, et au-dessous un animal (chien, loup ou renard).

Ce qui est assez remarquable c'est que la mosaïque pose sur un rocher dans lequel sont k A2 à k EUR creusées des cheminées dd, dont plusieurs, vidées, n’ont pas conduit à plus de deux

mètres de profondeur; là elles se terminent en cul-de-sac. »

Le 30 mai 1863, M. Gaillardot m'apprit que Daoud-Pacha, avec une générosité digne de tout éloge, faisait cadeau de la mosaïque à l'Empereur, pour le musée Napoléon If, et s'était entendu à cet égard avec la princesse. L’enlèvement de ce beau monument n'a pas encore eu lieu. La mosaïque, recouverte de sable, est en attendant confiée à la garde d'un poste établi à Néby-Younès pour surveiller la route. Le 20 juillet,

M. Gaillardot m'écrivait encore ce qui suit :

«Je tâcherai de m'arranger avec la vieïlle princesse et surtout avec Daoud-Pacha pour fouiller auprès de la petite mosaïque. À mon second voyage, j'ai remarqué dans la paroi nord de la petite chambre dont elle forme le pavé, une porte qui pourrait bien donner

sur une église plus grande, qui elle-même serait pavée de mosaïque. J'ai communiqué

cette idée à un prêtre arménien assez instruit qui habite chez la princesse, et il m'a dit que cette supposition avait déjà été faite par des voyageurs anglais qui avaient visité la mosaique quelques jours auparavant. Un grand trou dans le sable nous apprendrait bien vite à quoi nous devons nous en tenir. »

Voici le calque de l'inscription de la mosaïque, tel qu'il m'a été transmis par M. Gaillardot.

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HOJKOAÀ NMHCIE EN/TOYMAKA PITF ABBACARATIOVK41 DE TPOYMNIDAN1MX lACT, TOYE SXYETHNX TOAEKEHPŸHPWNCENIT BENFEYARKEPMHM

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Éyfynro % oixoddunois êTmi TOÙ paxapior(érou) ÂSEù SaEariou nai ÉTPOU, umvi Davmuou 192? rod cËy!. Éyivn- TO dE ue ñ ViQwois ëmri T(oÿ) Oewpr(eclrou) XaSEp, uni Gnpiriou 102? To

Ex

La notation des Jours du mois est bizarre. Je ne comprends pas les deux lettres qui suivent le quantième IA. La notation de l'année n’est pas moins singulière. Les deux nombres ne diffèrent que par les chiffres des dizaines. Ce chiffre est £ dans le second cas. Dans le premier cas, il semble que ce soit /—9o. Mais l'oixoddunois n'a pu avoir lieu après da V@wais. Entre les deux opérations, l'abbé fondateur avait eu le

temps de mourir, comme l'indique l’épithète paxapiéraros, et d'être remplacé. Force est donc de supposer que, dans le chiffre des dizaines de la première notation d'années, on à omis sur la copie un trait horizontal supérieur, et qu'il faut lire eëy’. Mais alors une nouvelle difficulté s'élève; car le mois de panemos vient dans le cours de l’année après le mois perihos. I est probable que le trait horizontal, omis dans le premier nombre, aura été mis en trop dans le second, si bien que le premier nombre serait eËy/, le second e4y/. L'oixodépnos serait alors de l'an 665 et la Yf@owous de l'an 695. Il est bien clair que cela ne peut être supputé d'après l’ère des Séleucides; une pareille

inscription ne saurait être du 1v° siècle. D'après l'ère d'Antioche, on obtient 617 et

647. D'après l'ère de Sidon, on aurait 58/ et 554, ce qui estau mieux. Nous verrons, en effet, qu'il est difficile de supputer la date de la mosaïque de Kabr-Hiram d’après l'ère d’Antioche, En tout cas, les deux mosaïques sont tout à fait contemporaines; les 3 | Ï

deux inscriptions offrent des ressemblances qu'il est inutile de relever.

Le nom de l'abbé sous lequel a été faite la Ÿn@wos est tout à fait douteux. Faut-il

> . Fr . 9 le rapprocher de l'AGSapos tyrien, de Ménandre (dans Jos. Contre Apron, 1, 21)? Savédrios se retrouve dans le Corpus, n° 8912. Une chose hors de doute, c’est qu'un 1 ®)

, ï nee RES +. AS à . ES grand monastère existait au vi siècle à l'endroit où la mosaïque a été trouvée. Porphyréon produisit, en effet, un célèbre cénobite syrien, Lis oo, qui parait, par les circonstances de sa vie et notamment par les persécutions qu'il souffrit des samaritains, avoir vécu vers le commencement du règne de Justinien”.

Nous montrerons plus tard l'importance de cette mosaïque pour dater celle de Kabr- Hiram. Des personnes trés-versées dans les antiquités chrétiennes ont voulu séparer

dans l'ouvrage de Kabr-Hiram, d'une part, l'inseription, qu'ils supposent postérieu-

rement ajoulée, el qu'ils rapportent au vi° ou au vi siècle, et, d'autre part, le tra-

vail de la mosaique, qu'ils placent au 1v° siècle. Des difficultés matérielles s'opposent à cela, comme nous le montrerons en son lieu; dès à présent, on entrevoit une grave objection. En effet, la mosaique de Néby-Younés se présente dans des conditions identiques à celle de Kabr-Hiram; comme celle de Kabr-Hiram, la mosaïque de Néby- Younès est toute profane par ses sujets; 1l faudrait donc supposer aussi qu'a Néby- Younès on aurait adapté aux usages chrétiens un ouvrage plus ancien, et que, dans les deux cas, l'autorité ecclésiastique aurait fait un gros mensonge en s'attribuant nette-

ment l'exécution d’un ouvrage plus ancien. À Néby-Younès, une telle hypothèse est ge } , YI

impossible, puisque la construetion de l'édifice et le travail de la mosaïque furent

presque consécutifs.

Parmi les trouvailles faites à Berja, on ne montra d'intéressant à

M. Gaillardot que des fragments d’une statue et quelques fioles de verre

cassées.

1 Land, Anecdota syriaca, 1, p

Le Damour a très-bien gardé son vieux nom phénicien, Anuapoÿs dans Philon de Byblos, Aauoÿpas dans Polybe (V, xvn, 9), laissant tomber, selon l'usage général de la Syrie, son nom grécisé Tauvpas'. Quand on le traverse près de la mer, on est frappé de la justesse physique du mythe qui nous montre ce fleuve luttant avec Posidon à coups de pierre. Une digue de cailloux, en effet, s’est formée à l'embouchure du Damour, comme à l'embouchure de presque tous les cours d'eau qui se jettent du Liban dans la mer. Ces cours d’eau, étant peu considérables, ont peine à percer les barres qui se forment devant leur bouche et n'arrivent à la mer qu'après de nombreux zgzags. Les petites dunes de galets ainsi formées ont dû être considérées comme les restes du combat de deux divinités, ainsi que l'ont été les cailloux de la Crau d'Arles. Le fleuve Damour, comme l’Adonis, comme le Bélus, comme l'Asclépius, porte un nom de dieu, Baal-Tamyras — Zeus-Démarous. H en est de même du Nahr-Zaharani (O8); voir ci-après.

À Khan-Khaldi, l'ancienne Heldua, on a signalé depuis longtemps une nécropole importante ; les sépultures de cette nécropole sont, en général, bien datées par les sculptures et les inscriplions®. Cet ensemble de monuments prouve que la mode des couvercles gigantesques se conserva jusqu'à l’époque romaine et même chrétienne. Les tombes de Khan-Khaldi sont grandioses et imposantes; et pourtant les plus belles d’entre elles sont d'une médiocre ancienneté. En montant au-dessus du khan, on trouve beaucoup de pierres taillées, en parüculier un cône noir (partie d'un moulin?). Sur le haut, du côté de Saïda, 1 y a des travaux de carrières; on y remarque un sarcophage non entièrement détaché du bloc. M. Gaillardot a vu là, parmi les travaux dans le roc, une enceinte qu'il regarde comme un ancien sanctuaire. Qu'on se rappelle D'bn-bys —

? Voy. Ritter, XVIL, 43, 44. M. Poulain de Bos- 55 et suix. el pl. m3; Ritter, XVII, p. 4o et suiv.: Say (Essais, p. 37 et suiv.) a été mal inspiré. Thomson, 1, p. 79 et suiv.; Robinson, If, 489; III,

? Cassas, II, 79 (assez bonne représentation des 195 00! sculptures) ; Saulcy, premier voyage, [, p. 26 et suiv.

PRNDETE TEEN" SEE rer rs)

Zeds ÀXdhguos. Heldua, en effet, semble avoir été plutôt un sanctuaire qu'une ville; le site n'offre pas d'assise pour une ville; les temples, en Phénicie, sont presque toujours entourés de somptueux tombeaux. À Khan-Khaldi, comme en plusieurs autres endroits, à Adloun, par exemple, il y a disproportion totale entre la nécropole et l'importance que la ville a pu avoir.

On remarquera qu’en général, en Syrie, les khans indiquent des emplacements de villes anciennes. Rien n’est plus tenace que les habitudes des moucres. La ville disparaît; la station, l'auberge restent; le chamelier et les muletiers continuent toujours à s'y arrêter. Ce qui change le moins dans un pays, ce sont les relais de poste.

Revenons à Saïda et dirigeons-nous vers le sud-est. Là se trouve un groupe de localités d’un intérêt vraiment phénicien”. Le village de Cray a des grottes curieuses : un caveau surtout offre, dans une espèce de petit fronton, des figures singulières, malheureusement très-frustes.

À la source d’Ain ez-Zeïtoun, se voient, servant d’auges, deux sarco-

phages en grès calcaire, non dégrossis. (Comp. ci-dessus, p. 505.)

1 La plupart de ces localités sont'encore dans le champ de notre carte, pl. LXVE.

CAMPAGNE DE SIDON. Bibl

Toute la colline d’Ain ez-Zeitoun est taillée à pans comme Kenz- Amour, près de Tripoli. La Mophäret aïn ez-Zeitoun est une caverné naturelle,: dans un rocher de calcaire marneux, rectifiée artificiellement à l'intérieur. Elle à environ 5 mètres de profondeur, et est comme bilobée à l'intérieur par une cloison faisant corps avec le roc. Le sol de la caverne est revêtu d’une couche de béton. À l'entrée, se voit un médaillon, dont la partie conservée a environ 1 mètre de haut, et qui rappelle beaucoup les sculptures de Maschnaka. Le médaillon est surmonté, comme à

, Maschnaka, d’un fronton triangulaire, soutenu, ce semble, par deux pilastres (pl. LXV, 1).

Le village de Derbessine a, dit-on, quelques antiquités, que nous ne pümes voir. Ce nom est assez remarquable. Comme nous avons trouvé (p- 139) Derbaschtar pour Deir-Aschtar, il est probable que la forme originale de Derbessine est Deir es-Sin, «le temple de Sin » (Lx la lune), déesse sémitique bien connue. Assémani écrit le nom de ce village os +9. Îl a cru à tort que le nom de la divinité était xs ; mais il a très-bien vu qu'il y avait là un nom de divinité!. Deir désigne souvent les temples antiques : Der el-Aschaïr, ete. Un peu avant d'arriver à Derbessine, est la Moghdret-Adam, caveau funéraire important.

Sayyidet el-Mantara?, BA 83gu , « Notre-Dame de la Garde, » identique, je crois, au château français de Franche-Garde, est un point important. Trois choses y frappent : 1° Le vieux burp démoli, d'environ 30 mètres de long; les pierres ont 3 mètres en moyenne; la plupart ont été débitées pour bâtir le village de Magdousché; il ne reste plus qu’une assise au-dessus du sol. 2° L’escalier taillé dans le roc pour monter au fort; il a environ 100 mètres de long; sa largeur est de 3 à 4 mètres:

il n’aboutit pas directement au fort, mais à une esplanade, qu'il faut con-

2 Bibliotheca orientalis, 1, p. 327 et suiv.; Chwol- son a tort de chercher ici une des localités mentionsohn, Die Ssabier, IL, p. 197 et suiv. nées dans l'inscription d’Eschmounazar. ? Voir Thomson, I, p. 203. Je crois que M. Thom-

tourner pour trouver la porte du fort (pl. LXV, 4). Sur les bords, se voit toute une série de travaux dans le roc, en particulier des surfaces planes ayant servi de lits à des constructions; il semble même que ceux qui ont laillé ces marches n'avaient pas pour but unique de construire un escalier. 3° Un peu au sud du fort ruiné est une grotte, devenue une chapelle de la Vierge (Sayyrdet el-Mantara), qui fut probablement un temple troglodytique d’Astarté. L'entrée a environ 1 mètre de large et 1 mètre de haut; les jambages sont taillés, mais le linteau est irrégulier ; l’ensemble manque tout à fait de style. Il y a eu, je crois, des constructions audessus (pl. LXV, 3).

Le village de Magdousché, près de à, possède une troisième caverne, complétant les «hauts lieux » ‘de Sidon. On l'appelle Moghdret el-Magdoura (8,5 KM &,L&e), «la caverne de la possédée, » sans doute à cause de la sculpture qui s’y trouve. On entre par une porte d’un peu plus de 1 mètre de large. Au-dessus, à l'extérieur, on croit voir des entailles dans le roc, qui ont pu servir d'attache à une garniture de bois ou de métal. Le jambage gauche de la porte offre, ce semble, un trou pour un sond. En entrant, on se trouve dans une salle carrée d'environ 2 mètres de côté, et de 1",40 de haut. Sur la paroi de gauche se voit sculptée une hideuse figure de femme. En face, s'ouvre un four de 1 mètre de large, 1",80 de profondeur, même hauteur que lasalle, dont l'entrée a 60 centimètres de largeur. L'entrée et l'intérieur du four sont en forme de pylône. Ce four n’a rien de funéraire. I servait peut-être à la prostitution sacrée. Des deux côtés sont des portes donnant accès à deux salles, dont les dimensions ne s'écartent pas beaucoup de la salle d'entrée. Dans la salle de gauche, un des côtés est occupé par une fosse creusée dans le roc (pl. LXV, 9).

Telles sont ces trois cavernes, tristes restes du vieux culte troglodytique des peuples chananéens. En y joignant la Moghdret el-Ferdj, près de

la Kasmie, on a un ensemble qui donne assurément la plus triste idée

CAMPAGNE DE SIDON. 519 de ces vieux cultes, mais qui prouve au moins qu'ils restèrent toujours dans une région fort basse de la nation. La grotte du mont Éryx, en Sicile, est, je crois, du même genre. L'art ne s'applique jamais à ces tristes sanctuaires; les entrées en sont tout à fait mesquines; on sent qu'ils n'étaient fréquentés que par la partie la plus grossière du peuple.

On m'avait dit qu'il y avait des inscriptions à Magdousché, On ne m'y montra qu'une pierre seulptée, que je ne crois pas ancienne. La Moghäret es-Salib, ainsi nommée à cause des trois croix qui y sont tracées, est près de là. Au bas, sur la route de Magdousché, sont des grottes sépulcrales. Là aussi se voit sur un rocher une sorte de niche surmontée d’un fronton iriangulaire et de prolongements latéraux qui rappellent nos figures 2 et 3 de la planche XLIIT. Un trait caractéristique des grottes situées aux environs de Saïda, c’est qu'à côté de l'entrée il y a presque toujours un signe religieux, une sculpture grossière, Dans plusieurs cas, à Helalie, par exemple, ces symboles ont été cassés. D’autres fois, au-dessus de l'entrée, est une petite niche, destinée probablement à recevoir une lampe. L'usage musulman de tenir des lanternes allumées devant certains tombeaux, et l'usage grec d'allumer des lanternes sur les tombes à certains jours viennent de l'antiquité’.

On m'avait parlé de deux inscriptions, dont une française, au village d'Abra. Cette indication n'eut pas de suite. Ge qu'on m'avait dit d'inscriplions à Djezzin est resté aussi à l'état vague. Cependant, d’autres renseignements postérieurs m'ont de nouveau signalé Djezzin et Mar(?)- Kaddous comme possédant des inscriplions el des antiquités. Enfin, M. Gaillardot a bien voulu me remettre les notes d'une excursion qu'il fit en septembre 1858 à Djezzin, à Kharbet-Kaddous, à Kharbet- Seïdôn, avec retour par Djébäa.

Parti de Der Mekhalles à 3" 45, nous arrivons à Kharbet-Besri À 515%. Kharbet Besri est un petit hameau, formé de quatre où cinq maisons groupées autour d'un

* Comparez les images de tombes du Jichus ha-abot (CGarmoly, Jin. ).

mer Tr PAR SES pp re EDR EL SET pmnces EE ape brie à ca

moulin que fait tourner le Nahr Aoulé, avant de sortir du Merdj. À 7h10", nous arrivons à Djezzin.

«Le lendemain, nous partons de Djezzin à 510% du matin : nous gravissons la montée qui est à l’est du village, et, un quart d'heure après, nous arrivons à une source, Ain-Djebda; — caverne creusée en Lüvan; — porte ruimée, au-dessus de laquelle est une inscription arabe. Nous tournons alors au sud, en longeant le pied des Toghmat, et nous suivons une corniche taillée dans le roc, à une assez grande hauteur; au-dessus de nous sont les vignes de Djezzin. Nous arrivons ensuite à un sentier tracé sur un sol très-pierreux, présentant cependant de loin en loin quelques espaces cultivés : un peu plus loin, nous rencontrons quelques cavernes taillées dans le roc et présentant des fours; elles sont très-endommagées. Nous tournons vers l'est, en contournant toujours le pied des Toglunat; la pente de ces montagnes est trèsescarpée: on y remarque une végétation assez clair-semée : ce sont des petits chênes tout rabougris et dépouillés, sur leurs faces nord-ouest, de leurs branches, qui ont été rejetées vers le sud-est par l'effort du vent. Les rochers affectent des formes fantastiques. Les couches du terrain, qui sont formées de calcaire compacte, alternant avec des couches de calcaire terreux et marneux, sont dans un désordre tel, que c'est avec peine que l'on arrive à reconnaitre leur direction; elles sont presque debout, relevées vers l'est.

«À 6110", nous arrivons à un petit cirque entouré de rochers. Le terrain y est plat, couvert de chênes et d'oliviers sauvages. Là se trouve un amas de ruines peu considérable; il n’y à pas de traces d'édifices, mais il y a des maisons dont il ne resle que des arasements formés de pierres grandes et bien taillées. Sur une grosse pierre, nous

trouvons une inscription assez maltraitée. Voici ce que nous y déchiffrons : RAR C) EMOIE Th

N@@Lecoepocke

loici une copie de la même inscription que je tenais d’un indigène :

THn beenoes

RESTE ke lyooeocoBohe

CAMPAGNE DE SIDON. 521 Je propose :

[.... dyabns u\rmuns émoiérn [uvfua did@epolr roûro rot Téxvoi[s| (rai éauré. Hu] 6 Oeds do Bonô[&r].

Sur la formule eïs 6 eds 6 Bonbs» et autres semblables, comp. Corpus, n° 894, 8946, 8947 s, 9154; Waddington, n° 1918, 20b3 b, 2653, 2660, 2666, 2678, 2682, 2689, 2704; Perrot, Expl. de la Gal. p. 145 et note 1; de Rossi, Bull. »° série, 1870, p. 1 9- Ces formules byzantines, parfois tumulaires (par exemple, n° 8946), sont l'origine des formules toutes semblables qui sont usitées chez les musulmans. [E. R.]

«Non loin de la maison dans les ruines de laquelle nous avons découvert cette inscripüon, il y a un puits. Cette localité est appelée dans le pays Bir Kaddous, Kharbet Khaddous. Le paysan qui nous accompagnait nous raconta qu'il y a quelques années des gens de Djezzin, étant venus y fouiller pour chercher les trésors que la rumeur publique prétend y être enfouis, avaient trouvé cachée dans la terre, sous un amas de pierres, une grande quantité d’ustensiles de cuivre peu différents de ceux dont on se sert encore aujourd'hui dans le pays. Je ne crois pas ces ruines bien anciennes. On y rencontre quelques fûts de colonnes grossièrement taillées dans le calcaire de la montagne el de petites dimensions. Je n'y ai vu aucune trace de sculptures ni d'ornementation.

“À 7 heures, nous quittons Kharbet Khaddous. À 7 heures et un quart, nous passons à Kharbet Atrin, amas de ruines ressemblant complétement à celui de Khaddous. Nous marchons vers l’est, en traversant deux petits chainons qui descendent des Toghmat ; le second est le plus élevé, etle sommet en est formé par les têtes des couches de calcaire compacte relevées d'ouest en est, s'appuyant contre les Toghmat: Du sommet où nous arrivons après avoir traversé ces deux chaînons, et qui est appelé Ras Khallet el-Akkoub, l'œil embrasse un magnifique panorama, toute l'extrémité sud du Liban. Nous descendons à Deir el-Mezeréh (grand couvent grec melchite), où nous arrivons à 8"10. À 9"10, nous rencontrons Kharbet Seidéne (ruines de Sidon), mamelon de sables ferrugineux, couronné par un petit plateau couvert de ruines, n'ayant pas plus de 150 mêtres de côté. Quoique cette localité ne paraisse pas avoir eu une grande importance, en général les habitations qui la formaient étaient assez grandes, et, à en juger par quelques pans de muraille, par les portes qui émergent des débris, la construction en était soignée : les pierres sont grandes et bien laillées. Je n'y ai rencontré ni traces d'édifices, ni sculptures, ni ornements, ni inscriptions.

«À 9 heures et demie, nous quittons Kharbet Seidéne, et à 9" A5", nous arrivons À Kafr Hoüneh. Nous en partons à 10 heures et demie, en traversant directement à l’ouest la crête qui nous sépare de Djebâa, où nous arrivons à 1 heure après midi. »

HET EEEee

g7e ARE DTA RET A MERE I RSSE Te PRET EE LED AT EP Dares get dr Là LS

Le village de Darreita a des pierres jointoyées à refend, dont on m'a montré un dessin. Le village de Ghazié (une heure de Saïda) a une inscription du premier siècle de notre ère, ce me semble, très-bien gra-

vée, malheureusement mutilée, sur une pierre de la façade d'une maison :

NAIKOY KAITONBQ@MON OY

Le mot mutilé de la première ligne peut être [ou]vdéuou; je préfère cependant [Éa]vdxod (cf. Wetzstein, Inschriften, n° 167; Corpus, n° 9152; Waddington,

n® 2557c, 2b69 b, 2571 a, 2695, 2713,eten général les inscriptions de Palmyre)

pour £av0ixoÿ. L'inscription pouvait être à peu près ainsi CONÇUE :

[ÉTous.......... Kalcapos Ze6aoioÿ, umvds Exjvdimoÿ

Re ÿ ON ; are ah fsascoo REESbaboee see Tôy pad dxodouoa] xai TOv Éwuor, [èmép owrnplas..…… xai TOÙ mavyrds aùToÙ oix|ou.

Voir ci-dessus, p. 327. Sans doute, le reste de l'inscription est dans les murs de la

maison.

Plusieurs noms de villages excitent l'attention. J'entends nommer un village de Kenaan, un autre de Kharbet Sidon (voyez page précédente), qui réveille le souvenir des traces vagues qui restent d'un Palæsidon. Kelr- Tabnith ou Tibnith, aux environs de Nabatieh ?, rappelle le roi de Sidon

5 ? F Ï Tabnith, qui figure dans l'inscription d’Eschmounazar. Comparez Kelr Milk (770785), près de Djebaa. Sur Kalaat Sarba, voir ci-dessus , p. 331.

Le nom du village de Deir Zaharani, comme celui de Derbessine, paraît nous avoir conservé le nom de la divinité qui y avait un temple. On peut songer à INT ou WT du nom d'Abdzohar*, et surtout aux expres-

: ue) 9-0 : - : 239 sions arabes &1,#3Y « sol et luna, » ,$5Y) «luna » ou « dies Veneris, » ë,5 OL DRE) 9 D

«nomen stellæ Veneris.» Que de telles dénominations aient traversé

! Le quantième du mois. Tyr (Arrien, IL, xv, 7). (Schrœder, Die phœn. Sprache, 2 Voy. Revue archéol. juillet 1870, p. 34. p. 128; index, p. 338.) 5 M. Ewald a montré que les Phéniciens pronon- “ Voir Waddington, Mél. de numism. et de phil.

çaient probablement mik pour mélek: Azemilk, voi de p.75 et suiv.

CAMPAGNE DE SIDON. 5238 l'époque grecque sans se perdre, il n’y a pas du tout à s’en étonner; la montagne ne fut jamais précisée qu'à demi. (Voir ci-dessus, p.21, note.)

Deir Zaharani a fourni un cippe funéraire à palme, couronne et lemnisque, au musée du khan de Saïda.

| KAIAAYTE GARE! |

Âaplou Xpn0Îm xœi GÂUTE, Spot.

Znodoa Ërn yd0- MuovTa m0 ToÙ eËT!

Étous Éws ToÙ eu’, unvôs wepirlou Gi.

Edpoipe, Âppiou: oùds dOdvaTos.

Sur ce vocatif Âgulou, voir ci-dessus, p. 38/4. On ne connaissait jusqu'ici que Âuui, Âupias, Apyuor, comme nom de femme. Cette façon de compter les années du défunt est rare. L'ère des Séleucides ferait mourir Ammious l'an 133 de notre ère ; l'ère de Sidon la ferait mourir en 334. ce que la forme cursive des lettres, surtout des À et des M, ne contredit pas. L'ère d’Antioche la ferait mourir en 397, ce qui est un peu tard pour le style du monument, On remarquera l'analogie de cette inscription avec l'inscription n° 9666 du Corpus, laquelle est chrétienne. Ammious peut de même parfaitement avoir été chrétienne. (Voir ci-dessus, p. 369.)

La fontaine Aïn el-Gadidé, à quelques pas du khan Mohammed-Ali ou

Dre eee:

524 MISSION DE PHÉNICGIE.

Mohammed-beg Schebib, à 2 heures ou heures et demie de Saïda, près du Nahr Zaharani, a un de ses bords formé d’un linteau de porte, de 2,1 de long sur 55 centimètres de haut, et {10 centimètres d'épaisseur. Ce linteau porte une inscription en grandes lettres de 25 centimètres de

haut!.

XAIPEDIANWNKAICIZ

[1 doit manquer très-peu de chose, car l'inscription tenait toute sur une seule pierre, et cette pierre n’a été rognée que d’un bout, quand on l'a accommodée aux dimensions de la fontaine. Il est possible que ce qui suit KAI soit un D; cependant je crois plutôt que c'est un E suivi d’un ! ou d’un jambage droit; car dans l'inscription les lettres se touchent par le pied. On pourrait être tenté de lire : yaipe, Dior Kœusoi[ou] ou Kaoildvou], ou Kac|wvos], ou Kaolwviou|, tous noms qui se rencontrent sur les inscriptions. (Voyez Pape, à ces mots.) Cependant je regarde comme bien plus probable qu'il faut lire xaf [or rà dima], selon une formule assez commune en Syrie (Corpus, n® 4h57, 4565, Abo, L57a; Waddington, n° 2485, 2h91, 2686, 2699, 270», 2704; Kruse, Commentare zu Seetzen, p. 32, 34, 78; Vogüé, Syrie centrale. Inseript. semil. p. 10 a) L'estampage que jai ne permet pas de lire, xœt ov; mais xœé cos s'explique en sous-entendant yévoiro. Comp. surtout Waddington, n° 2509, 270/h, qui expliquent bien l'usage de cette formule et sa nuance particulière. Les pierres qui portent de telles inseriplions sont des linteaux de portes; les monuments dont elles firent parie ne sont pas funéraires. On trouve ladite formule sur la porte de maisons

païennes et de maisons chrétiennes.

Une note, que je donne pour ce qu'elle vaut, me signalait, après le Nahr Zaharani, en venant de Tyr, «deux pattes de lion sur une pierre carrée. » Je n'ai rien trouvé de semblable.

Les réservoirs de Borak et-Tell sont construits sur le même modèle que ceux de Ras el-Aïn, près de Tyr; mais ceux de Borak et-Tell ne tiennent plus l'eau. Comme Ras el-Ain, Borak et-Tell a une butte artificielle; je ne crois pas cependant qu'il y ait un lien entre ces buttes et les réservoirs. Comme Ras el-Aïn, aussi, Borak et-Tell sert de point de départ à des aqueduces. Les aqueducs qui prenaient autrefois l'eau de Borak et-Tell

1 M. de Forest l'a publiée, mais d'une manière incomplète. (Journal of the american Oriental Society, 2° vol. New-York, 1851, p. 237.)

CAMPAGNE DE SIDON. 7 595 vont vers Sarepla, non vers Sidon; c’est, je crois, l’eau de ces aqueducs qui alimente Ain el-Kantara, c'est-à-dire le khan de Sarfend. Le tell de Borak et-Tell ressemble aussi beaucoup au tell El-Kisan, près de Saint- Jean-d’Acre; ce dernier a également près de lui une fontaine Aïn et- Tell’. Comparez le tumulus artificiel sur le bord du Nahr Rhamka, ci-des- SUS, p. 20 el 22.

M. de Vogüé a cru que Borak et-Tell était un emplacement de ville antique?. Cela se peut, quoique le but des travaux hydrauliques qui y furent exécutés paraisse avoir été vers le sud. M. de Vogüé plaçait là Ornithopolis, opinion qui est maintenant à peu près abondonnée. Parmi les noms de villes que les géographes anciens placent entre Sidon et Tyr, celui qui conviendrait le mieux à Borak et-Tell serait Euhydra, ou Enhydra qu'on croit lire dans quelques manuscrits de Pline? CV, xvn [xx], 9). Eüvdpos est une épithète qui convient admirablement à un tel endroit. IL est vrai que Pline place Euhydra entre Tyr et Sarepla; mais tout son itinéraire de Tyr à Sidon paraît devoir être pris en ordre inverse. I place, comme le faux Seylax, Ornithopolis entre Sarepta et Sidon, ce qui est à peu près impossible", et il met Léontopolis et Porphyrion au nord des Beyrouth. Le faux Scylax, il est vrai, appelle Ornithopolis une ville de Sidoniens, et Sarepta une ville des Tyriens. Mais ces croisements n'ont rien qui doive surprendre; le faux Scylax, à la page suivante, nous montre au sud de Saint-Jean-d’Acre les villes des Tyriens et celles des Sidoniens alternant en quelque sorte?.

Une ville de la côte de Phénicie dont on ne s’est Jamais occupé est

: Sauley, premier voyage, L, p. 72.

? Journal de son premier voyage, p. 32, 34 et SuIv.

% Voir les variantes de l'édition de Sillig. Le texte peut être altéré; mais sûrement il y avait quelque chose entre inde et Sarepta.

! M. de Vogüé veut à tort tirer un argument de la phrase Ârd Acépran œédecs pÉxpr Opréfev mo- Àews. (Voir Geographi græcimin. de Gh. Müller, p.78.)

Âxé et péxpe marquent les deux points de départ des distances, et ne peuvent pas signifier qu'en allant de Léontopolis à Ornithopolis, on passe par Sarepla. Le texte a des lacunes. La phrase Âmé, etc. est une parenthèse que l’abréviateur a négligé de fondre dans le texte. M. Ch. Müller n’a pas bien vu ce qui regarde Léontopolis. (Voy. Saulcy, premier voyage, I, p. 60 et sui.) 5 Ch. Müller, p. 79.

LAPS TEA Ee io na

DRE LT MAN LPS LATTES Rein ee en de DAS © CPP LE

ÉXais, dont la mention est cependant une des plus certaines, puisque nous la devons à un Phénicien, à Philon de Byblos'. Peut-être faut-1l lire EAAIA pour EAAIA. EX serait Heldua où Khan Khaldi, qui est, il est vrai au nord de Sidon, tandis que la ville que Philon a en vue était entre Tyr et Sidon; mais de telles interversions sont fréquentes quand il s'agit de petites localités.

1 ISus Dorvéuns ÉXalx peraËd Tuüpou xai Erdévos, cité par Étienne de Byzance, au mot ÉXarx.

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