AU À TA
mer le prouve, car tous nos astrologues sauvages qui ne comptent que par les lunes, n'ont tiré les noms differens des mois, que des différentes opérations des animaux terrestres ou aquatiques, auxquels ils sont accoutumez. Ce qui se trouve d’admirable c’est l'instinct de ces mères à retrouver et à distinguer, comme font les brebis, leurs petits emportez au loin sur des bancs de glace par les vents ou la marée. Il estrare qu’elles en ayent plus d’un à la fois, maïs il est certain qu’elles n'en ont jamais plus de deux. La chair du loup marin est extremement noire grossiere eb chargeante ; c'est peutetre l'anir :4l le plus fourni de sang mais d'un sang noire, épais et si chaux, que dans les froids extremess il fume encore et se fait sentir des 15 ou 16 heures apres la mort de la bete qu'on ouvre. Les sauvagesses et les enfans courrent au rivage aussi tôt que quelque canot chargée aborde, et partagent en paix, les ralingues, les cotelettes, les pates, les nageoires et la tête
Le cœur est le moins mauvais morceau, tout cela se met ou a la chaudiere ou a de petites broches de bois plantées devant le feu, et se mange ensuite sans sel ni d'autres épices. On commence d'abord par écorcher la victime, puis on leve toute la graisse tout d’une pièce. Le lard, dont on fait l’huile, est de 3 a 4 pouces, quelquefois plus quelquefois moins. Ces graisses en certains endroits toutes rassemblées se jettent confusé-
ment dans le charnier, c’est-à-dire, dans une espèce de
pressoir ou, peu à peu se liquéfiant, elles fournissent
des huiles plus onctueuses, qui semblent meilleures pour la tannerie. Il est naturel que fondues et pour-
ries au soleil elles sentent mauvais. Il n’en est pas
ainsi; de celles qui se font au feu dans les grandes
ns DE me
chaudieres. Elles sont moins épaisses, plus claires, servent aux lampes et a la friture, ne sont ni si puantes, ni si bonnes à passer, puisque les tannenrs de France estiment davantage, dit-on, les huiles grossieres de marsouin. Celles cy dans des phyoles imitent assez la couleur d’une belle liqueur blancheatre, ce sont les moins cuites et les moins propres pour les lampes, mais les meilleurs pour les playes de feu, dont elles adoucissent la vivacité. D'autres sont plus foncées, plus rougeatres, ce sont celles qui ont été plus au feu, et où les fondeurs ont fait cuire quelques galettes ou croccinolles, qui ce me semble, en attirent toute la crasse ; en un mot et sans mystère ces huiles se font ainsi que ce syndoux, a l'exception que l'huile, se fermentant dans la barique, veut de bonnes futailles, sans quoy elle transpire, s'evapore, coule et force plus que toutes les autres liqueurs, De quel tour d'élocution me servirav-je, M. R. P, pour justifier que cette huile est excellente pour la friture ? Je n’en scais rien. Il faudrait devenir poete pour le faire accroire. Tout ce que Je scais, c'est que Jj'ay vu des français assez délicats, pour ne point citer des sauvages, toujours de bon appetit, frire dans l'huile pure de loupmarin leur poisson, avec cette précaution pourtant qu'on fait d'abord bouillir dans la poële cette huile, et qu'on y jette d'un peu loin et hors la maison, crainte du feu, environ une chopine d’eau froide à diverses reprises, laquelle purifiant certainement l'huile, lui ote tellement toute son odeur naturelle, que le poisson frit n’en sent non plus rien que s’il avoit été cuit dans l’huile ordinaire. Pardonnez moy cette grasse remarque qui en tout <as ne pourroit donner que du débit aux huiles du
claires, Juantes, France eres de assez la sont les es, Mais adoucis- Jus rouat où les cinolles, un mot yndoux, barique, ‘6, S'EVAiqueur's, M. R. P.
pour la ir poete ‘est que int citer s l'huile précaudans la loin et chopine ant cer:n odeur Jus rien
en tout uiles du
Domaine, et enrichir, puis que nous sommes redevables à tous, quelques pauvres traiteurs,
Atin d'assaisonner leur sagamité (mot, par paranthèse, qui mal pris ne signifie jainais ce qu'on lui n prêté faute d'entendre le sens) puisqu'il ne veut dire autre chose sinon l'eau, où le bouillon est chaud, tchi sagamiteS. Les sauvages gardent cette huile de bien rassise dans des Sik8é. Ainsi s'appelle la vessie
du loup marin. Ces vessies sont d’une assez plaisante figure, Soufflées elles ont un cou d'une extrême longueur, le milieu, considérablement élargi, est ovale, et se termine par un bout recourbé et replié, à peu pres Comme un termomettre ou un alambique, Il en est qui tiennent jusqu'a 5 ou A or CN pots, d’autres 10 où 12 pour n'exagérer
pas, car je n'ai jamais vu de ces monstrueux loups marins, qui ne quittent gueres le golphe St- Laurent, Le lard de certains fait une barrique d'huile, mais icey d'ordinaire, il en faut 3 ou 4, quelque fois jusqu'à 6 ou 7 pour la remplir.
Vous vous imaginez sans doute l’affreuse figure de ceux qui fondent ces huiles parmi les graisses et les nuages epais d'une etouffante fumée : ce sont presque toujours les femmes qui preparent avec autant d'adresse que de patience, et coupent en petits morceaux les lards que leurs maris font bouillir ensuite dans des chaudieres, placées sur des fourneaux : car les seuls montagnez bien differens des autres nations, qui regardent comme esclaves leurs femmes, imitent dans leurs menages toute la manière française et la plus raisonnable, qui est de s’aider de concert l'un et l'autre.
es De
Tellement que l’homme se reserve toujours ce qu'il y a de plus penible pour lui, et laisse à sa femme et a ses enfans ce qu'il y a de moins fatiguant, jusqu'à se priver pour eux de son necessaire dans les tems de disette ; avec cette distinction toutefois qu'il est servi et mange toujours le premier. En effet quoy que les Montagneses, puissent en comparaison avec les Sauvagesses étrangeres, être regardées comme des reines et souveraines, elles ont une vraie deference pour leurs maris, aussi leurs maris les dedissent-ils rarement, Le sort des projets, des entreprises, des voyages, des hyvernements est presque entre les mains de la menagére,
Je ne sais ce qu'on doit le plus admirer ou des fatigues de ces bonnes gens, ou des périls qu'ils courent sur le fleuve, ou de leur invincible courage. Froids, orages, neges, glaces, rien ne les empeschoit de s'exposer si au large que le plus souvent il perdoient de vue la terre ; heureux si survenant quelqu'un de ces tourbouillons de neige, que nous appelons icy poudrerie, l'on pouvoit se sauver. Durant les 4 ans que j'ay hyverné avec eux, plusieurs engagez trop avant, et arretez dans les glaces, aveuglez par la neige, ne pouvant se débarrasser, se sont vus obligés de se mettre avec leurs canots sur quelque banc de glace, et de se laisser emporter aux courants de l'eau. 1
jeune chrétienne aussi intrépide que f la mort précoce à paru précieuse d À à pied du large de glace en glace j} ju'au jp avec son
mari en traisnant leur canot; mius entre autres je ne puis oublier un jeune sauvage, qui de grand matin s'étant embarqué pour cette chasse avec sa mere, dejà
e qu'il y mme et & usqu'à se tems de est servi sy que les es Sauvareines et pour leurs ment. Le pages, des : la mena-
u des fatils courent , Froids, de s'expo- “loient de un de ces
icy pou- 15 que J'ay
avant, et 6, ne pouse mettre », et de se
aver soil tres je ne id matin icre, dejà
ns DT
agée, se trouva insensiblement vers le soir à mirivière, tout entouré de monceaux de glaces, sans pouvoir absolument s'y faire passage. Qu'auroient-ils pu faire pour ranger terre en pleine nuit, leur canot brisé, se regardant livrez a une mort certaine, tant a cause du froid violent qu'a cause d'un gros vent qui les poussoit hors de leur route. Ils tirent cependant plusieurs coups de fusil pour avertir par hazard. Heureusement nos sauvages les entendirent, on leur repondit vite par un coup de boëte et plusieurs coups de fusil. Le missionnaire de toutes ses forces leur cria en tout cas de se recommander a Dieu par l'intercession du B. Regis. A leur voix éloignée on comprit qu'ils perissoient, qu'ils n'imploroient plus que le secours du ciel, et qu'ils étaient contrits de leurs pechez. Tous les assistants eurent ordre de se mettre sur le champ a genoux et de demander à Dieu la conservation de ces deux pauvres malheureux qui recurent l'absolution Il se fit à l'instant un petit eclairci ou chemin entre les glaces. A la lueur des feux qu'on avoit allumez sur les rochers quelques-uns de leurs proches se jetterent à la hâte dans un canot et par une providence admirable tomberent juste en criant de part et d'autre sur les naufragans qu'ils ramenerent sain et sauf à Notre-Dame de bon Desir, ou bien Joyeux et pleins de reconnaissance ils se confesserent le lendemain, promettant bien au reste de n'y plus retourner si témérairement.
Un si bel établissement auroit du toujours durer : la religion soutenant les intérêts des bourgeois, commençoit a y fleurir ; on avoit le loisir d’instruire les enfants, tandis que leurs pères étoient occupez a leur
A ere htm sé es Os ar nement
chasse et dans les mauvais temps on visitait ceux-cy. Chaque jour se faisoit la prière publique aux flambeaux, et une instruction sans presque jamais y manquer. Les dimanches et les fêtes, lorsqu'ils n'avoient pas beaucoup réüssis certain nombre de jours dans la semaine, on leur permettoit d'aller au loup-marin, afin de se dédomager après la messe et les vêpres qu'on avançoit pour cela. Mais gens jaloux, et ennuyezZ du missionnaire, dont ils se croyoient éclairez de trop près, et duquel ils auroïent moins redouté la présence S'il n'avoient eu rien à se reprocher, abusants de la credulité de leurs maîtres, ont renversé cet édifice, qui, promettant une abondante moisson, portoit ombrage à l'ennemi du salut des nations, et qui n'avoit pas laissé que de couter bien des peines. Le prétexte d'en éloigner le missionnaire fut que la dernière année on y fit peu d'huile et l’on allegua tres faussement qu'on ne les occupoit jour et nuit que de la prière sans leur donner le tems de chasser; mais Dieu qui ne laisse rien d'impuni tot ou tard, à fait voir que la ‘alomnie retomboit sur ses autheurs et que de la croire trop facilement c'est s'exposer son intérêt propre au contre coup : car depuis les 4 ans que je m'en suis retiré il est inouy qu'on y ait fait, la meilleure année, plus de 3 à 4 barriques d'huile, au lieu qu'auparavant c'était des 48, 66 et cent s'il on avait bien voulu. Quand on en demande la raison aux sauvages ils repondent que ne se confessant qu'une fois l’année à et ne voyant plus sur les rochers de prêtre, ils 2erdent cœur, et n'osent plus aller chasser au large, ou seulement se trouve le loup marin. De sorte donc qu'apresent maison recente et chapelle ruinées, il ne nous
*CUX-CY.
x flamy man- ’avoient dans la )-marin, vêpres , et enéclairez louté la busants cet édiportoit inavoit prétexte *e année ssement ère sans qui ne que la 1e de la t propre ren suis e année, )ar'avant 1 voulu.
ages ils l’année perdent vu seulene qu'a-
ne nous
reste plus que le seul souvenir que Jésus-Christ a été.
preché, servi et auroit du toujours être glorifié dans ce poste délabré et méconnaissable. A de si tristes revers doit se préparer d'avance tout missionnaire naissant,
C'etoit de ce poste qu’apres la Toussaint et au printems je me rendois aux Ilets de Jérémie, a 30 lietes au Nord Est de TadSssae, vers la rivière des Bessiamites, assez Connie dans nos cartes, laquelle est aussi large mais bien moins profonde que le Saguené, Depuis cet endroit jusqu'a LaBrador les habitans au fond montagnez s'appellent Papinachois du mot sauvage qui repond à leur carractere Ni-papinach je ris un peu PSpapinachesets, j'aiment a rire un peu. Effectivement ce sont d'aimables gens pour leur inalterable gayeté, plut à Dieu qu'ils pussent communiquer de leur temperament a leurs intraitables voisins les Esquimaux, Qu'on n'aprivoisera jamais sans miracle, parce qu'enfoncez dans leurs rochers naturellement creuses et imprenables, ou ils ne respirent que par un petit soupirail qui leur sert egallement de fenetre et de porte, toujours en defiance, ils ne se laissent Jamais approcher d'aucune nation, fut-elle basque ; car on ne doute presque plus que quelque basque pecheur naufragé sur ces côtes avec quelque Eve n'ait été leur infortuné Adam.
Or nos papinacheois, que Je regarde plus disposez au royaume de Dieu que leurs autres compatriotes eloignés, ont, aux terminaisons pres des mots, la meme langue que ceux de ChékStimi, et tous ces differens idiomes approchent aussi un peu, hors l'accent, de l’Algonukin. Anciennement ils avoient une jolie chapelle
Des et
située avec leur village dans une grande baye a 4 lieües du nouvel etablissement des Ilets. Elle s'appelle encore aujourd'huy la baye des Papinacheois. Avertis du tems auquel je dois me rendre chez eux, ils depechent un canot pour me venir chercher a Tad8ssac, sur la fin de la mission en cetendroit. Arrivé chez eux il est incroyable combien les hommes et les femmes avec leurs enfans s'empressent de se rassasier du pain de la parole divine. Plus ils importunent pour se faire instruire, plus ils donnent de consolation. Dans une pauvre cabane d'écorce, fait a leur maniere, percée, exposée aux vents, a la pluye, et dont le pavé n’est que de planches d'un sapin extremement entetant se fout tous les exercices de la mission. J'ai deja eu l'honneur de mander à V. R. quel fruit il y auroit a esperer pour la religion et le domaine, si le Roy leur accordoit un missionnaire resident, qui attireroit plusieurs étrangers, qui iroit voir a leur tour les françois employez à la Rivière Moysi, aux 7 Iles et leurs sauvages. Ceux des Ilets sont bien instruits et se font un devoir de s'instruire les uns les autres, et ce ax le moins depaïsez voudroiïent bien l’etre, mais en attendant conservent leurs superstitions. Cette ardeur qu'ils montrent pour la prière, sans qu'il y paroisse certainement ni crainte, ni interet ni hypocrisie, marque assez ce qu'avec la grace et de si bonnes inclinations l'on en pourroit faire.
À peine la messe, a laquelle ils assistent avec un admirable respect et a genoux (ce qui leur est difficile), est-elle finie, que les hommes et les femmes a part oubliant leurs enfants et leur propre nourriture épient le moment que j'aye achevé mon actions de graces,
aye à 4 ‘appelle Avertis pechent , sur la ix il est les Avec in de la ire insns une percée, vé n’est etant se deja eu turoit à oy leur ‘oit plu- :s fran- Iles et nstruits uns les en l’etre, 1. Cette qu'il y ni hypo-
1 bonnes
avec un difficile), part oure épient
> graces,
UE
pour se faire instruire, apprendre leur catechisme ct a chanter. Persuadez que ce n’est qu'un delassement pour moy. J'ai eu la consolation d’en voir me boucher agréablement la porte de leur cabane pour m'empescher d'en sortir, et me forcer a leur faire repeter les prieres quinze fois dans une matinée, jusqu'a ce que les françois vinsent m’arracher. Agréable violence, bon Dieu !...
Comme le sauvage ne s'occupe gueres que d’une chose à la fois, ils apprennent et retiennent avec une facilité étonnante. Mhis le sexe partout devot, pour la memoire l'emporte. Les hommes ont un certain usage de la memoire artificicile. Un d’entre eux pour apprendre dans sa langue le Veni Creator se fit pour chaque couplet de petites figures sur une ecorce, qui lui remettait en idée ce que chaque strophe signifiait, j'observai par hazard dans sa bizarre écriture sur l’hostem repellas longius un espece de petit diablotin qui le faisait ressouvenir du verset : Matchi-manits, ete., le mauvais esprit notre ennemi. Un autre me surprit l'année derniere. Avant de se confesser pour ses paques, il se prepare, s'examine et a chacun de ses pechés il encoche un petit bois, de sorte que sur ce pretendu livre il ne hesita ni sur le nombre ni sur les circonstances qu'une seule fois en s’accusant depuis un an. A qui frequente et aime ces especes d'hommes tout en ce genre paroit spirituel. Je me demandois si c’étoit St Ignace qui lui avoit appris ce mystericux secret,
Leur docilité n’est pas moins charmante, il y avoit plus de 10 ans qu'un de ces gens la avoit abandonné sa legitime femme et en avoit pris une autre dont il avoit des enfans ; craignant a l'excez qu'on ne lui en-
7 par net démo rt rabesee is
levat sa concu bine encore payenne, il n'osoit presque paroitre. D'ailleurs bon chasseur, on le menageoit. Le missionnaire de son coté pour l’obliver a reprendre sa legitime,et renvoyer celle-cy, qui avoit tant d'envie d'etre baptisée qu'elle scavait toutes les prieres, les hymnes et le catechisme, faisoit a ce malheureux mille protestations d'affection et de zele. Sur ces entrefaites Dieu décida de l'affaire, car la bonne vieille après s'etre confessée meurt en peu de jours. Il n’y eut pénitence canonique a la quelle ce criminel sauvage anciennement instruit ne se soumit de bonne foy, ainsi qu'il fit publiquement à la porte de la chapelle sans parler des satisfactions secretes. La femme, sans etre encore sujette aux lois de l'Eglise vouloit subir les mêmes peines si l’on ne l’avoit pas fait retirer : on ne lui accorda que la consolation de se confesser avant son bapteme. Elle le reçut fondant de joy avec ses petits enfans et le mariage fut réhabilité. Ce trait, que je n’explique qu'a demi, est üigne de remarque dans un riche sauvage, qui ne devant rien à personne, et comme ils disent, maître de son corps. Aïnsi se comporte le plus a craindre de tous les Papinacheoïs, qui ne chercha plus qu'a prevenir le pere par les petits services. Jugez des autres qu'on ne scaurait inquietter. …
Je ne finirois jamais si je voulois parler des Montagnez de la r:r, les quels on doit distinguer de ces | coureurs mikinaks, qui ne sachant ou donner de la
tête, vont gâter la plupart des missions, ou mandier du pain dans les cotes et a Quebec. On n'a eu que trop sujet de se repentir d'en avoir laissé hyverner à Bon Desir,
resque
ageoit.
rendre
d'envie
res, les
Lx mille
ntrefai-
le après n'y eut sauvage ne foy, chapelle me, SANS it subir rer: on er avant avec ses je trait, marque ersonne, Ainsi se acheois, par Îles scaurait
s Montar de ces er de la mandier | eu que verner à
Mais puis que je reviens à ce poste ruiné, que pour me consoler de sa perte, il fallut penser tout de bon n etablir celuy de ChekStimi. La Providence m'avoit donné un commis aussi pieux et fidelle qu'obligeant, desinteressé et adroit. En un mot c’etoit le Sr Montandre des Grondines, dont le nom, la conduite et la probité ne vous sont point inconnus. Il commenca par regler judicieusement la boisson des sauvages, toujours ferme sans les choquer. Il arrangea mon petit menage. Il entrepris de faire ma chapelle, ou tandis que se chanteront les louanges de Dieu, ce genereux français aura part. C’est le moindre tribut de reconnaissance que la religion lui doit. Quoy que cette Eglise, dedié sous les noms de St. Fr, Xavier et du B. Regis, ne soit que de pieces sur pieces, elle à sa beauté. Enduite de chaux, bien vitrée, nne voute et un retable peints, elle à presque tous ses meubles, j'ose dire toutes ses commodités. * Fasse le Ciel qu'on en voye bientot une semblable a Tadoussac et aux Ilets.
Il ne manquait plus qu'une maison au missionnaire proche son Eglise, C’est ce qui, pour un établissement solide, vient de se faire. + Un grand nombre de sauvages residens acheveroit son bonheur, mais ni bled d'Inde ni poix ete. ne pouvant y venir a maturité, a cause des frequents nord-oist, de quoy se soutiendroit un village ? A la bonne heure si MM. du Domaine, voulant regarnir de castors leurs terres deja ruinées,
* Selon le jourt al du P. Larue. l'Église fut achevée le 28 septembie 1726
Ÿ Sa nouvelle maison fut achevée, selon le même journal, vers la fu d'Octobre 1728
| | ” em vs Dies: rereeneneese c: ne
Ne
faisoient la dépense modique d'entretenir icy 3 mois tout au plus sous les yeux du français les sauvages voisins afin de les empescher de detruire tout a fait le castor d'été, dont le bas poil ne sert a rien. Le profit qu'on en retirerait l’hyver payeroiïit grassement la dépense, qui ne consisteroit qu'a quelques barriques de bled d'Inde, de poix et de grosse farine. Je soutiens meme qu'au lieu de les rendre paresseux cela les rendroit d'autant plus agissans dans la bonne saison qu'ils sont meilleurs chasseurs, et qu'ils auroïent été retenus plus longtems. On les occuperoit a faire des canots, d’autres ouvrages et a cultiver des petits champs de bled d'Inde en lait. Scavoir apresent s'ils consentiroient eux-memes à ce projet.
Le meilleur expedient qu'on auroit pour etendre et perpetuer dans ces bois et ces montagnes la religion, ce seroit d'avoir un petit fond capable d'entretenir imodiquement et a la sauvage quelques enfans, lesquels gardez durant un hyver par de bonnes vieilles, sans d’ailleurs incommoder les françois du poste, successivement instruits iroient au printems faire part a leurs parens de leur doctrine : je ne parle qu'apres en avoir heureusement fait l'experience. Sachant de quoy vivent et s'habillent ces sortes de gens, il en coûteroit peu pour en entretenir 5 ou 6 avec leurs gardiennes. Ce seroit même un avantage pour le poste, ces pau: vres veuves passeroient des peaux, feroient des robbes, des capots de castor, des souliers sauvages, les raquettes, et rendroient a la inaïison les autres services dont il est difficile qu'elle se passe en hyver. C’etoit la au vrai la simple pensée d'un de mes predecesseurs, et c'est ce qui se pratique ailleurs, ainsi qu'on le voit
y 3 mois sauvages a fait le Le profit nt la déiques de soutiens les rene saison ient été faire des es petits ‘sent s'ils
endre et religion, ntretenir , lesquels Iles, sans successirt a leurs en avoir quoy vicoûteroit rdiennes.
ces pau:
> robbes, s raquetces dont oit la au seurs, et à le voit
miss
dans quelques lettres edifiantes. IL ne s'agiroit point icy de batiments ni de séminaire. Nos sauvages, qui portent avec eux leurs maisons, se plaisent mieux sous leurs écorces et sur leur sapin que sous les lambris dorez et sur le duvet, Les enfans renfermez s'ennuyeroit bientot, et leurs parens qui les idolatrent, les sachant trop genez, les retireroient d’abord.
Ce n'est pas qu'il ne se trouve parmi eux certains peres et meres raisonnables qui ne s'en rendent maitres et ne sachent avec fermeté s'en faire obéir on Sen voir privez J'en connais de ce “arractere certaines familles entre lesquelles le chef de CheksStimi ct sa femme viennent tout recemment de nous donner un belexemple. L'un et l'autre avaient élevé dans la piété deux garçons qui formaient l'espérance de la fanille et dont l'aisné était marié et avait un enfant, L'autre d'environ douze ans et tout à fait aimable, une fille de dix ans, la consolation de sa ère, et un autre ce quelques mois, tous ces enfans, Jusqu'an petit fils meurent ici coup sur coup en peu de temps. Quel désastre pour un sauvage! La femme, qui aimoit tendrement, mais en mere chrétienne, pleura chaque mort, neanmoins elle eut le courage de nous aider a chanter aux obseques. L'homme, supportant de même ces cGups redoublez, fit paraitre quelque tristesse, mais tout le tribut de ses larmes fut de recommander a mes prieres ses enfans en m'ajoutant qu'ilaurait tort de se plaindre de la conduite de Dieu a son egard, puisqu'il étoit maitre de nos vies. Il vient d'apprendre depuis peu que sa fille mariée a Tadoussac se mouroit aussi, et a Noël son dernier enfant agé de 15 jours, qu'on m'apporta chez moy vers minuit, me parut si
Pa ne et
PE, es
bien mort que je me retirai après quelques paroles de consolation. Il revint pourtant un quart d'heure apres de sa léthargie ou plutot d’une espèce d'yvresse causée par une prise de Thériaque qu'on lui avoit donnée indiscrètement pour le rhume. Toute mon inquietude en pareille occasion est que nos superstitieux vont dire que c'est infailliblement la prière qui a tué cette famille. Quoy qu'ils en puissent jongler, c'est une une récolte assurée. L'aisné a été 3 mois malade, sans nous marquer le moindre signe d'ennuy. Son cadet, que je destinois a etre un jour le chef de la priere, après de longues langeurs qui n'avoient obligé de lui faire avancer sa première communion, se fit rapporter icy de fort loin pour y recevoir enfin ses derniers sacremens, forcant son pere et sa mere a marcher de nuit, leur disant incessemment qu'il étoit tems de se hater, Effectivement le lendemain à mes yeux il expira en baisant tendrement et de lui-meme un de ces crucifix dont V. R. me fit présent pour eux l'automne derniere,
En voilà trop M. R. P. Il ne me reste plus qu'à vous communiquer un nouveau dessein qui ne saurait venir que de Dieu, ce me semble, puisqu'il ne tend qu'à sa gloire, et qui m'occupe depuis longtems ; ce serait d'étendre notre mission plus loin ; car enfin de se borner simpler:ent a Chékotimi, a Tadossac et aux Ë Ilets, c'est un petit objet : je m'apperçois d'ailleurs que | les nouveaux établissements qu'on a faits aux Mistassins, et qu'on vient de faire pour la traite du lac St- Jean, ont empesché et empescheront bien des Sauvages a demi chretiens de descendre ici, desormais trouvant la plus que leur necessaire ; je croirois qu'il
roles de
re apres
e causée
née in-
uietude ont dire 16 cette "est une de, sans à cadet, | priere, ré de lui apporter els Si- ‘cher de ns de se ax il exmn de ces automne
lus qu'à e saurait ne tend tems : ce enfin de Ce et aux leurs que : Mistasn lac St-
des Saulesormais rois qu'il
Ten
seroit bon que V. R. me permit d'aller a Labrador, ou Je scais qu’il y auroit bien du fruit à faire, sans néanmoins abandonner cette mission-Cy, OU un nouveau missionnaire, aidé de mes livres montagnez tiendroit ina place en s'instruisant tranquillement, J'en écris a M. Broäc ou à M. Charé, qui ne manqueront pas l’un où l’autre d'en conférer avec vous, s'ils ont, comme je le crois, autant de zèle qu'on m'en a assuré, et dont je ne puis douter par les instances réiterées qu'ils m'ont fait jusqu'apresent de leur envoyer un extrait de mes prières sauvages, ce que je n'ai pu faire. Tous les voyageurs français m'ont protesté que j'aurais là de quoy m'exercer tant auprès des sauvages que des employez soit Canadiens, soit pescheurs Malouins, qui manquent souvent de secours spirituels. Ce ne seroit qu'un essay d'abord, et en tout cas le montagnez reviendrait soullager son collèvue. Il est digne cet essai de zèle que vous avez M. R, P. pour la propagation de la foy. C’est aux inféieurs à proposer respectueusement et aux supérieurs plus éclairés a disposer, Peut-être que ces lumières que Je prens la liberté de vous donner pour la gloire de Dieu toucheront la tendresse de votre bon cœur. Si vous ne les suivez pas je ne n'en allarmeray point. Je ne propose ce dessein que dans la crainte que j'ay depuis longtems qu'un seul sauvage adulte où enfant de LaBrador ne me reproche un jour son malheur éternel. Je ne pretens que satisfaire aux cris de ma conscience déjà trop embarrassée pour ne le pas assez être. Il ne s'agit que de mettre ici en ma place le premier jésuite venant de France. Dans les commencements nous nous aiderons l’un l'autre pour la langue ; puis je m'embarque-
RE — ü
22 taie mea gt
ns. TE me
rai pour le Golfe et j'aurai l'honneur d'etre la comme a ChékStimi et partout ailleurs avec toute sorte de reconnaissance et de respect de V. R.