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bonds s’en servirent à propos et les françois des postes n'usent gueres d'autre remède.
Or, il est à remarquer que la barque sur laquelle on prétendoit que je m'en retournasse de Québec n’arriva à CehkStimi qu'après les funérailles ! Vous Je dirai-je, M. R. P. ou je ne me Compris plus, c’est que soit accablementouchagrin,ou que Dieun’eût prêté ason ministre que pour ce tems la de se faire entendre en montagnez, ilest vrai de dire qu'incontinent après la mortalité et dans l’interval de repos, il me fut comme impossible de Farier juste quatre mots de suite de la même langue, et je me semblay avoir oublié même le peu que j'en SC: VOIS auparavant, Remarque au reste qui ne m'échappe que pour ine faire ressouvenir qu'un ouvrier evangelique doit tenter, si Jose m'exprimer de la sorte, Dieu pour Dieu, osant beaucoup, entreprenant tout, ne se défiant même pas trop de ses propres forces et ne redoutant rien tant dans l'œuvre du Seigneur que la pusillaminité,.
Pour finir cette narration funèbre les sauvages attri- Lbuèrent cette espèce de contagion aux marchandises, et quoy qu'on tachast de les détromper, néarmoins i] y a quelqu'apparence qu’elles se ressentolent :;:1 peu-de la peste de Marseille puisqu'à la seule ouverture des. ballots, le commis avec quelques-uns de ses domestiques eurent un prompt accez de fièvre et Qu'il n’y eut
gueres de sauvages malades que ceux qui venoient d'achepter des hardes, D'ailleurs certains étoient furieux à lier; une femme en délire me donne un soufflet qui, comme on dit, me fit voir cent chandelles ; alors selon là coutume des sauvages on les attachoit sur leur lit les pieds et les mains à 4 pieux plantez en terre.
N'ayant que quelques vomitifs et ne pouvant seul survenir à tous, je m'avisai d'en donner à certains qui viventencore. La seule peur de mourir en tua surtout un manifestement. C’étoit un homme robuste et âgé d’environ 50 ans. La fièvre ne lui prit qu'une heure avant sa mort. Iln’y eut qu'un homme et sa femme qui fuirent leur vrai bonheur, se retirant maloré mes instances dans leurs forêts où sans nul secours ils moururent. Les autres idolatres par une extravagante superstition en s’en retournant, tiroient le bout du fusil en arrière comme pour intimider ou arreter la mort et l'empescher de les poursuivre, telle est certainement leur pensée.
N'étant donc plus occupé de ceux-cy il fallut aller visiter à leur tour les TadSssasiens qui attendoient depuis longtems leur père et qui le revirent avec joye. Cette mission qui étoit autrefois de près de trois mille hommes et gouvernée par 3 Jésuites, mais que les différentes mortalités ont réduits à 25 familles au plus, n'a presque rien de sauvage. Toujours au bords de la mer, dans une agréable perspective, sur un beau coteau gazonné et semé de mille fleurs, de petits fruits naturels, au grand air, à la vue des passans et des vaisseaux, es habitans habillez à la françoise, mais assez grotesque et dégoutante, y sont un peu moins grossiers et plus rafinez que les autres sauvages des terres. De vieilles masures de pierres dont les fondements, la cave, le four et un pignon subsistent encore, nous montrent qu'il y avoit là une forte jolie Eglise et une très commode maison, Cette chapelle étoit dédiée sous le nom de Ste Croix, à cause de la vénération qu'avoient eu anciennement pour ce vénérable signe de notre salut tous les
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sauvages de la mer, ainsi que me le racontoit il ya encore quelques mois une vieille femme de près de cent ans, elevée par les pères Briet, [Bruyas?]et Albanel. La concession de terrain qui fut accordé aux jésuites par la Reine Mère en l’année. .(*)se voit en parchemin dans les archives du Collège de Québec.
Il seroit à souhaiter, et je ne désespère pas même que mon premier successeur ne porte la compagnié du Domaine à relever ce batiment d'environ 60 pieds ; la pierre, l’ancien four à chaux se trouvant sur le heu. Il seroit de la gloire du Roy et des intérêts de Mis les fermiers que cela se fit. Le poste principal de sa Majesté se peut-il-se passer d’une chapelle et d’une maison qui ne reviendroient pas ensemble à 1500 Is. et par là n'attirera-t-on pas une infinité de sauvages montagnez du Nord et du Sud qui, remplissant les greniers du père de famille, grossiroient sans doute les profits de la ferme sur le penchant de sa ruine, et attireroient de plus en plus les bénédictions du Ciel sur notre auguste et pacifique Monarque,
Après que la maison des Pères, qui servoit aussi aux commis, fut brulée en leur absence, les françois traiteurs se batirent ailleurs sur le même coteau als au Nord-est d'un ruisseau profond et très frais qui sépare le terrain des Jésuites de celuy de la ferme. Cest tantôt sur ce verdoyant gazon dans les beaux tems, tantôt dans ces cabannes que le missionnaire, surpris de la mémoire et de la docilité de ces jeunes plantes, les catéchisoit, leur apprenoit peu à peu les prières générales les faisoit chanter, et par de petits
(*) En marge dans le MS. : Voyez chez le père procureur.
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présents les encourageoit à se surpasser les uns les autres. Les plus âÂgez se rangeoïent aussi de leur côté.
Ceux qui paroissoient distraits pouvoient s'attendre à être interrogez des premiers et relevez charitablement dans la suite en cas de chûte. Le malheur étoit dès lors comme encore aujourd'huy de n'avoir dans cette prétendue capitale du Saguené pour toute chapelle qu'une cabane d'écorce percée de tous côtez et ou faute d'ornements il seroit impossible d’inspirer à ces sortes de chrétiens naiïssans, qui ne voyent tout que par des yeux ,charnels, ni idée de nos mysteres, ni vénération pour la sainteté cachée qu'ils représentent, Que d'ajustement superflus, s'écriroit-on de tems, en tems, que de meubles inutiles, que de soyeries, d'étoffes condamnées aux ténèbres en proye aux mittes, dans des coftres antiques qui, si on les ouvroit au corps adorable de J. C., qui doit être après tout l’éternelle récompense de notre générosité envers ses membres, adouciroient par des linges sanctifiez la paille de la crêche, et la dure Croix de ce Sauveur qui nous attend. Ah ! que ne suis-je en pouvoir de la relever cette croix à Tadoussac sur ses anciennes ruines de lui donner un nouvel éclat et de la faire briller dans un santuaire nouveau ? Bientôt par ces dehors elle se graveroit dans des cœurs qui, tout sauvages qu'on les nomme, ne sont pourtant pas éloignez du Royaume de Dieu.
En effet je vis ces bonnes gens si bien disposez au christianisme que je ne pus me dispenser de passer l'hyver avec eux. Ce fut à 8 lieuës au-dessous de Tadoussac vers l'Eskoumin que nous hyvernames ; L’endroit se nomma Notre-Dame de Bon-Désir. Là se firent jusqu’au printems les exercices de la religion
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durant cinq mois. 120 adultes qu'on avoit ramassez composoient cette petite église édifiante. Avant le jour souvent se disoit la messe dans une masure françoise, et les sauvages s’y trouvoient régulièrement. De la ils alloient sur le fond, c’est-à-dire à la chasse du loup marin dans le fleuve St Laurent, qui dans cet endroit là s'élargissant toujours vers le golfe a de large plus de 15 lieuës.
Vous sçavez M. R. P., que c'est a ce métier que se font les huiles à brûler dans ce pays, et a passer les peaux en Europe. Soutffrez que m'expliquant davantage j'entre dans un petit détail qui ne peut que nous délasser de trop d’occupations ennuyantes. Jusqu'’aprésent, du moins que je sache on n’a parlé de ce poisson qu'en passant. Quelques uns semblent le confondre avec le chien marin ou Requin ce qui est très différent. Le chien marin il est vrai, a assez la figure du loup marin. Un nez plat et noir, de gros yeux ronds et saillants, des levres epaisses et grisatres, un museau oblong, une gueule fendue jusqu'au oreilles presqu’imperceptibles, des barbes comme un chat. Mais outre que le chien est plus guerrier et tres a craindre—c'est qu'il à la peau toute dentelée de sorte que sechée elle ne sauroit servir qu'a pollir les ouvrage: de sculpture de tour et de menuiserie—cet animal n’a point d'autre chair qu'un espece de tendron ou cartilage semblable a une mamelle, ce qui le fait appeller en montagnez T8tS8ch8méss, le poisson qui n’est que mamelle, En écrivant il me vient en pensée qu'on en pourroit faire de la colle forte comme de l'eturgeon. Je n'en ai point vu manger aux sauvages: au lieu que le loup marin moins racourci, moins rengorgé timide, toujours aux
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aguets, replongeant a la moindre alarme, ne fait point: de guerre aux navigateurs, les fuit autant qu'il peut, se contentant d'éplan et de quelques autres mediocres poissons, meme de certains vers qui se trouvent dans les goimons attachez aux roches, ainsi qu’on a eu souvent l’occasion d'en faire la remarque. Sa peau qui se passe en maroquin, mais qui a le grain moins fin, ou qui sert à faire des souliers, des habits sauvages, ou a couvrir des cassettes, est couverte d’un poil assez ras et moucheté, Celuy qu'ils apportent en naiïssant et qu'il conservent durant qu'ils tetent est d’un blanc argenté sans aucune tache ; or a mesure que croît le petit il prend la teinture de sa mere, change, brunit, grisonne, noircit et par mille différentes bigarrures. veloutées represente un fond grisatre, semé d’une admirable variété de representations. Il y a des loups. marins de plusieurs sortes, toujours pourtant de la inême physionomie. Je crois que vous en avez deja une ample description avec le petit tableau que j'envoyai, autrefois a Monsieur Begon, et généreux et constant ami comme vous le scavez, de notre compagnie ; lequel, durant les douze années qu'il fut intendant. en Canada, et digne heritier des vertus de feu monsieur son pere, et de concert avec sa charitable epouse, a fait autant d'honneur au roy par son rare desinteressemment, par sa magnificence, ses aumones que de bien au missionnaires, qui se feront toujours gloire de lui conserver avec le souvenir de ses bontés, de son zèle, et de sa piété, une bonne part a la recompense de leurs travaux apostoliques.
Du reste les meres portent 10 mois. La denomination des lunes de 7bre et de juin parmi les gens de la
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