AU LECTEUR
La relation suivante a été retrouvée après plus d'un siècle et demi d’oubli. Que le manuscrit soit un original et non une copie, c’est évident, non seulement par le fait qu’il y a de nombreuses ratures et corrections entre les lignes, faites par la même main : mais surtout à cause des ratures, suivies immédiatement de Corrections sur la même ligne. En voici quelques exemples. Je cite les pages du manuscrit :
P. 3 “ La timidité (lui) feroit manquer quelque bonne “œuvre et (on à vu le....)une heure de retardement à degradé (souvent) long tems et affamé des voyageurs etc.”
P. 7, “Ils (couppent ce... .) choisissent le plus gros etc.”
P. 8, “Je ne dois rien a personne (et tout ce que....) (et) puis durant la recommandation de l'ame ete.”
P. 14, “J'ay vu une jeune chretienne aussi (courag....)intrepide que fervente ete.”. . . .“ Quoyque les montagneses puissent en comparaison avec les (Iroquoises) (Huronnes) sauvagesses etrangeres etre r'egar dées comme des reines ete.” “(Tous les dess.…. .) Le
sort des projets, des entreprises, des voyages ete.”
de
Il y a une foule d’autres corrections de ce genre,
faites currente calamo, et dans le travail même de la composition. La phrase finalement adoptée est celle qui se lit en omettant les mots entre parenthèses. Ces
mots sont, comme je l’ai dit, écrits sur la même ligne mais ont été effacés avant que les mots suivants fussent tracés.
Que ce manuscrit soit de la main du P. Laure, est. également certain. Il s'appelait Pierre, et à la page 9 du manuscrit, où l'écrivain parle du baptême d'un enfant, il nous dit : “il n’eut jamais eu le tems d'etre ondoyé, si malgré les raisons qu'on m'allega pour me retenir je ne l’etois pas allé chercher la veille qui etoit. le jour meme de la (St Pierre) fete de mon patron.” Or le seul autre jésuite du nom de Pierre, qui au dixhuitième siècle fût missionnaire dans la région de la Baie d'Hudson ou du Saguenay, était le P. Pierre
tabriel Marest, mais il mourut en 1714.
A la première page du manuscrit l'écrivain nous apprend que ce fut le R. P. de La Chasse qui le fit partir le ler juin 1720 pour Chicoutimi. Le P. de La Chasse était en effet supérieur des missions du Canada à cette date. D'un autre côté le journal du P. Laure, pour 1720, contient ces mots: “ J’arrivai à ChekStimi au mois de juin pour y prendre possession de la mission rétablie après 20 ans d’interrègne.” Il est done avéré que le manuscrit est de la main même du P. Laure.
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