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UNE RUE A KONAKHY. — PHOTOGRAPHIE DU LIELTENAM BACOl.
eux, subissent mille exigences, et ne peuvent se livrer à aucun travail. A la longue ils émigrent, et le pays est ruiné. Ce phénomène, partout observé, est surtout sensible sur la route particulièrement fréquentée qui mène à Konakry, et le premier résultat du chemin de fer sera de rendre la vie à ces régions en faisant disparaître le dioula.
A partir de Friguiagbé, à 125 kilomètres de la mer, le palmier à huile, exceptionnel depuis Beyla, reparaît en grande abondance. Tout auprès, nous rencontrons le garde d'artillerie Leprince, achevant l'établissement d'une route carrossable, parfaitement praticable pour les automobiles. Cette route permettra de construire rapidement, en le commençant à la fois sur plusieurs points, le chemin de fer dont le tracé s'en écarte peu. Un peu plus loin, nous trouvons les officiers du génie en train d'exécuter le piquetage de la voie; ils nous apprennent qu'ils ont trouvé un nouveau tracé encore meilleur que celui suivi par nous. La vue de ces différents travaux activement poussés nous remplit de joie, car elle prouve qu'on se préoccupe enfin de
MISS/OX JJOSTA INS-irOLLOXE.
tirer de notre domaine les richesses qu'il contient, en lui assurant la première condition de toute exploitation, des moyens de transport.
Le 25 février, en arrivant à Manéah, nous avions l'agréable surprise de trouver, au fond d'un estuaire appelé rivière de Manéah par lequel la mer pénètre profondément dans les terres, le bateau le Crozat que le Gouverneur avait eu l'amabilité d'envoyer nous prendre, nous épargnant ainsi les deux dernières étapes.
Avec quelle joie nous mettions le pied sur le pont, non parce que nos peines étaient finies — nous les regretterons plus d'une fois, ces peines où s'éprouvent le caractère et toutes les facultés et qui rendent la vie digne d'être vécue, — mais parce que là notre tâche était définitivement et complètement achevée !
Le soir même nous arrivions à Konakry, où le Gouverneur nous offrait la plus cordiale hospitalité. Nous pouvions admirer les merveilleux résultats de l'habile administration de M. Ballay : la ville, si jolie déjà, n'est plus reconnaissable, des rues entières sont bâties dans la verdure, des voies Decauville circulent partout, et toutes les constructions ont un air d'élégance et de confortable qui indique une vie agréable et des installations définitives.
Le 9 mars nous disions adieu à ces contrées d'apparence inhospitalière, auxquelles restent si profondément attachés tous ceux qui y ont pénétré. A Dakar nous déposions, non sans une vive émotion, nos braves tirailleurs, modestes ouvriers de notre succès. Le 21 Mars 1900 nous étions en France.
La première traversée du Golfe de Guinée à l'Atlantique avait demandé seize mois d'efforts, une dépense de dix-huit mille francs, et n'avait pas coûté à la France une seule vie.