‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 11 sur 87 · PREMIÈRE PERIODE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PERIODE

VOYAGES Al CAMBODGE ET AU SIAM ISSU à 1885

Le Cambodge dont une partie 1res importante se trouve soumise à l'autorité du Siatn et dont la frontière avec ce pays, sauf sur un liés petit parcours, reste à déterminer, devait naturellement être la première des contrées «m porteraient mes pas. Il m étail indiqué non seulement parce que ses terres inconnues étaienl les plus rapprochées de mon point de dépari . niais parée que leur examen s'imposait rapide au point de vue politique, parée que j'en connaissais h\ langue el les habitants et (|ue, familier du pays, je trouverais dans son élude une préparation plus facile à l'œuvre que j'ambitionnais de poursuivre.

Le Siam que j'allais ensuite parcourir esl pour ainsi dire confiné

MISSION PA\ n;

dans les délias du Ménam et du fleuve de Pétriou. 11 est habité par des Thaïs venus du Nord qui pour coin hier les vides faits chez eux parles guerres avec leurs voisins de l'Ouest et garnir leurs terres désertes, ont enlevé par massés les populations du Cambodge cl du Laos. En outre des provinces cambodgiennes il avail alors pour tributaires une partie de la presqu île Malaise et le Laos.

Celle première période contient l'exposé de cinq explorations ou missions dans ces deux pays, les premières que j'ai accomplies ou dont j'ai été chargé et une noie sur mon retour en France et la création de L'Ecole Cambodgienne de Paris en 188.").

L'étude qu'elle résume porte sur le Cambodge et sur la partie du Siam et de ses possessions cambodgiennes comprises entre le Ménam à l'Ouest et le 14° 10' au Nord. Elle comporte en itinéraires, un développement de plus de G. 000 kilomètres.

Le système orographique de la région examinée est formé 1° par la chaîne des monts Krevanh et les ramifications et soulèvements qui la prolongent entre le golfe de Siam el le Grand-Lac : 2° par la chaîne des Dangreck el les ondulations du plateau de Stung-Tràng qui la continuent sur la rive droite du Mékhong : 3U par les éminences de Péan- Chang sur la rive gauche du même fleuve.

Elle est partagée entre les bassins, 1" du golfe de Siam, "2° du Mékhong que pour faciliter celle élude j'ai divisé en deux parties la seconde comprenant le Grand-Lac et son fleuve : 3° du \aïco oriental.

Elle esl caractérisée au point de vue de la population par ce l'ail que quoiqu'une forte partie de son territoire soit soumise à 1 autorité du Siam, les Siamois proprement dits ne s'y rencontrent guère qu'à son extrémité occidentale. Cette fraction du Siam qui y entre se compose en effet de vasles provinces cambodgiennes el de districts siamois peuplés, pour une 1res notable part, de familles cambodgiennes, kiams, annamites el laotiennes emmenées de leur pays en captivité à la suite de guerres ou d'invasions.

Les Chinois y sont aussi très nombreux. A Bangkok qui compte

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déjà un chiffre considérable de captifs où leurs descendants, ils figurent pour au moins un tiers dans 1 effectif total de la population.

On trouve encore, dans plusieurs cantons du Cambodge cl «lu Siam. des restes de tribus sauvages aujourd'hui à demi civilisées.

Les préceptes du bouddhisme pur, 1res mêlés de pratiques brahmaniques, plus scrupulcuscmenl observés au Cambodge, forment la religion des indigènes, sauf des Kiams qui sont musulmans.

Les populations sont surtout iixées sur les rives des cours d'eau. Le Grand-Lac qui n'a pas de berges et donl l'inondation annuelle noie jusqu'à plus de cinquante kilomètres les plaines d herbes de chacun de ses bords, fait exception,

Fig. 41. — Bangkok. Maisons flottantes habitées par des chinois sur la rive droile ilu Menai

D'immenses forêts couvrent les montagnes et de vastes étendues de terrain. Leurs principaux produits en dehors des bois utilisés par les habitants sont : la meilleure gomme gutte connue, le cardamome, la gomme-laque, la laque, la noixvomique et le bois d'aigle. Les cannelliers de plusieurs variétés \ sont très communs ainsi que de nombreuses espèces de ficus pouvant fournir du caoutchouc au commerce.

Des lames peuplent les régions désertes: malgré la terreur qu'inspirent tigres et panthères, ils font peu de victimes et on ne les chasse guère. Les crocodiles abondent dans certains cours d'eau, particulièrement dans les tributaires du Lac. ils font même l'objet d'un commerce

avec l'Annam. Les bœufs et les buffles sauvages son! nombreux, les cerfs, daims, élans, antilopes, chevreuils et sangliers pullulent aux abords des grandes plaines d'herbes. Les éléphants sauvages parcourent le pays par troupes considérables, les Cambodgiens habiles à les domestiquer en capturent annuellement quelques-uns. Des rares rhinocéros vivent dans les forets.

Lors de mon passage, les riches mines de fer de Kompong-Thom (Cambodge) et de Sarekam (Siam), étaienl exploités par les indigènes.

La mine d'or de Kabine (Siam), l'était également : les habitants du voisinage de A atana ( Siam ) recueillaient de I or dans le sable au pied des collines du même nom: ceux des bords du ^am-Say (territoire du Battambang). en ramassaient dans le lit de cette rivière : des gisements d'or anciennement exploités, étaient indiqués à Pong-rat (ouest de Chantaboun), à Teucthio cl à Pnom Say-sock (territoire de Battambang). \ Pailinh (territoire de Battambang), des mines de saphirs étaient exploitées par de nombreux Birmans: à Houa-Ven (territoire de Chanlaboun), on recueillait des agates et diverses pierres de petite valeur; à Navong (territoire de Kratt), des mines de grenats étaient signalées.

Les eaux de deux sources chaudes, à Bang-Phra (sur la côte de la baie de Bangkok) et à Nain-Bonn (territoire de Ghantaboun), étaient autrefois considérées comme salutaires par les habitants.

La pêche, une des principales ressources des populations, fournit dans le golfe, en plus du poisson, l'écaillé, l'holoturie, la nacre, etc.. Dans le Grand-Lac le poisson très abondant est une cause de richesse pour le Cambodge.

Les cultures principales en dehors du riz sont celles du coton, de l'indigo, du mûrier, du tabac, de la canne à sucre, du cardamome et du poivre. Des plantations de café ont donné de bons résultats dans beaucoup d'endroits. Des tentatives de culture du thé ont également réussi à Ivampot et à Chantaboun.

Les soies lissées par les femmes du Cambodge, d'après une méthode conservée des plus lointaines civilisations, sont particulièrement riches et remarquables.

Le commerce à L'intérieur est surtout fait par les Chinois qui y importent dos produits de Chine cl d'Europe et réunissent les produits du pays pour les diriger sur les ports d'embarquement Pnom-Penh et Saïgon pour le Cambodge, Bangkok pour le Si;nn.

Les transports dans l'intérieur se t'ont par charrettes à bœufs, chars à buffles, à l'aide de bœufs porteurs et d'éléphants, et quelquefois à dos d'homme dans les régions montagneuses et forestières où les autres modes ne sont pas possibles. Les chevaux sont assez communs mais ils ne sont pas employés par les indigènes comme bêles de Irait ou de somme.

La température varie dans la région entre 12° et 35° au-dessus de zéro.

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— ■ nam —

— Hou,'. — — ■ khao

— înuong ■ — -

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C'est ainsi que les Thaïs appellent Mé-nam Khong (fleuve de Khong, du nom du premier village sur ses rives en pays thaï), la grande artère indo-chinoise nommée en Chine, Kiéou-long Kiang, que les Cambodgiens nomment Tonlé-Thom (grand lleuve), et nous, par abréviation, Mékhong.

On donne aux

fleuves, le nom .

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cours d'eau que la marée remonle,

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rivières, —

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ruisseaux, ■ — -

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montagnes, —

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territoires et centres importants, —

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villages dans l'intérieur des terres, —

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villages au bord de l'eau.

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