Voir le croquis page 17S
pareourl la roule, celle entre Kampol el Hatien le porl de la Cochinchine le plus voisin.
Bien <[ue cette partie de la côte ne fut pas inconnue, le voyage que j'\ avais l'ail l'année précédente me devenail 1res utile.
Le canal d'Italien unil au fleuve postérieur le premier des tributaires Est du golfe de Siam.
Le cours d'eau qui en servant de ce côté à la communication du Mékhong avec la mer. prend ainsi importance, a ses sources dans les monts à l'Ouest de la roule de Pnom-Penh à Kampot. Il csl uavigable à partir de Touc \léas. village jusqu'où la marée se l'ail sentir et après lequel il reçoit son plus fort affluent. 11 débouche à Hatien dans une pelile haie, devenue une sorte de lac envasé, où il a fallu lui tracer, pour la navigation, un chenal jusqu à la nier.
Entre son embouchure et Kampot, trois petites rivières ne méritent d'être signalées qu'à cause des obstacles qu'elles créent sur le chemin qui a généralement son parcours dans l'intérieur des terres où il rencontre plusieurs villages importants.
Kampot, dont il a beaucoup été parlé dans l'introduction de ce volume, csl un petit port autrefois prospère ayant beaucoup perdu de son activité à l'époque où je le connus.
Les produits du pays qu'il exportail alors, étaient :
'200 tonnes de poivre. 60 tonnes de sucre de palme. Ml tonnes de tabac, 5 tonnes de gomme-gutte, 2 à 3,000 porcs, et, en quantités variables : écaille, nacre, holoturies, cardamome, bois d aigle, cire. résines, laque, gomme-laque, noix vomiqne, cornes, peaux, etc..
La rivière de Kampot est formée par de gros torrents et un affluent qui, sorti de l'extrémité Sud-Est du massif, csl navigable jusqu'à une journée de son confluent.
DE KAMPOT A KOMPONG-SOM
lui kilomètres de levé nouveau.
On n'avait que des renseignements incertains sur la partie. du bassin
du golfe comprise entre l;i rivière de kampol et le pays sous l'autorité du Siam. Ce territoire est coupé par une quantité de cours d'eau dont deux sont importants, les precs Svaï et Kompong-Som : il est dans quelques-unes de ses régions basses admirablement cultivé en rizières mais la plus grande partie de son sol est inculte et a un aspect sauvage : ici d'une fertilité sans égale il est couvert de forets dont la prodigieuse exubérance contraste avec la végétation malingre de terrains arides qui leur succèdent presque sans transition, ailleurs ce sont de vastes plateaux dénués d'arbres sur lesquels paissent des troupeaux de cerfs: de longues plages de sable ou des marais garnis de palétuviers forment la côte. Les villages et hameaux y sont situés au bord des rivières et à peu de dislance de la mer.
C'est pendant la période effective de l'occupation annamite dans les provinces maritimes du Cambodge qu'avait été tracée la route qui, parlant d'Hatien, allait se terminer à Kompong-Srela, extrémité navigable du fleuve de Kompong-Som et au delà duquel la communication avait lieu par barques avec Kompong-Som, principal centre du canton.
Quoique pas un des nombreux ponts en bois construits assez solidement, par les Annamites pour supporter le poids des éléphants, ne subsistât, la première de ces routes était encore quelquefois suivie à celte époque par les indigènes qui lui ont conservé le nom de « roule annamite ». mais la plupart des commerçants préféraient voyager par mer.
En marchant dans les meilleures conditions de saison, il est possible d'arriver le soir du quatrième jour à Kompong-Srela d'où la marée permel aux barques d'être à Kompong-Som en sept ou huit heures.
Les monts kamehav, en venant baigner leurs pieds dans la mer, ferment le bassin de la rivière de Kampol. Longeant ensuite le bord du golfe comme une muraille, ils donnent naissance sur leur pente régulière aux petits cours d'eau rencontrés par la roule, renvoyant dans la direction du Nord les eaux de l'intérieur du massif qui vont former les precs Svaï et Kompong-Som.
Par sa configuration le rameau des Kainehay cause, quand s'établit le mousson de Nord-Est, un phénomène météorologique très remar-
quable sur Ios deux bords d'une petite rivière, le prec Teuc Laak, cl qui est connu des indigènes sous le nom de Kial-Kadok (vent de novembre). Le vcnl avec une violence inouïe se rue des hauteurs sur la plaine, la balaie littéralement n'y laissant pas croître un seul arbre. On croirait lorsqu'il souille être pris dans un ouragan furieux, voir un bouleversement de la nature. Les habitants assistent tranquillement à la destruction annuelle de leurs paillottes, attendant pour les refaire la fin de la saison et se contentant, lorsqu'ils en ont les moyens, de reconstruire en planches les cloisons des cases. Il n'est pas rare de voir la récolte perdue ou compromise par le vent de novembre, si la maturité du riz a été tardive. Le bruit assourdissant qu'il fait s'entend des hameaux voisins placés en dehors de son action et d'où l'on aperçoit les nuages de poussière et de paille sèche qu'il soulève et fait tournoyer.
Le prec Svaï est navigable jusqu'à trois kilomètres au-dessous du village du même nom où la roule le traverse et jusqu'où la marée le remonte. Large en moyenne d'une centaine de mètres il en atteint huit cents près de son embouchure. Ses affluents sont aussi navigables dans la partie inférieure de leur cours.
Dans cette région les dépôts alluvionnaires s accroissent avec une rapidité surprenante : une des curiosités du pays était, à mon passage, sur la rive gauche de la rivière et près de son embouchure, une vaste étendue marécageuse couverte de palétuviers, sur l'emplacement de laquelle les indigènes allaient à la pèche en barques, il y avait moins de quinze ans et qui, sans doute, est maintenant transformée en rizières.
Près de là. habitent des restes des tribus sauvages Tchiongs peuplant autrefois la vaste presqu'île étendue vers le Sud-Ouest cl qui, attirés par les Cambodgiens, ne larderont pas à se fondre avec eux '.
Kompong-Srcla, terminus de la roule de Kampot et aussi de celle d Oudong, est le point que les Annamites avaient choisi pour la rencontre de leurs voies militaires, ils y avaient construit un petit poste au bord du lleuve.