‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 21 sur 87 · ITINÉRAIRE EMUE LE GRAND-LAC ET LE MÉKHONG · texte numérisé non relu

ITINÉRAIRE EMUE LE GRAND-LAC ET LE MÉKHONG

Cette dernière partie du voyage allait me faire connaître une région surtout ignorée à l'Es! du Stung Sen. D'autres reconnaissances en 188-4 devaient me permettre d'y compléter mon élude.

DE KOMPONG-HAO A KOMPONG-THOM

47 kilomètres de levé nouveau.

Rompong-Hao où j'avais quitté ma barque pour une charrette, est silué à 25 kilomètres de l'embouchure du Stung Sen, rivière que je retrouverai en deux jours de marche , à Kompong-Thom, par nue route parallèle à son cours.

I ne petite chaîne de collines, connue sous le nom de monts de Kompong-Leng. intéressante par des ruines sur plusieurs de ses hauteurs, et parles légendes qui s'y rattachent '. est soulevée comme un îlot dans I alluvion à deux heures de Kompong-Hao. Toute la plaine autour d'elle, jusqu au delà de Kompong-Thom, fait partie de la région fortement noyée pendant l'inondation. Pour éviter des terres très basses encore humides, le chemin va s'engager au milieu de ses petits sommets sur un sol stérile et rocailleux qui devient fertile, habité et dès cultivé dès la sortie du défilé qu'ils forment. La plaine soumise à l'inondation recommence ensuite, couverte de hautes herbes, et montrant sur le trajet quelques marais poissonneux exploités par des pécheurs.

Kompong-Thom, centre administratif important, ne répond pas sous

i. PI. Mil.

•2. Voir dans le volume 1 des Etudes diverses, page \\i\.

i"' Série. — I. l'i

1 Or» MISSION l'A Y II".

d autres rapports à l'idée qu'on s'en fait en considérant le cours d'eau navigable aux petits vapeurs une partie de l'année sur lequel il est situé, cl la proximité (les mines de fer exploitées par les indigènes dont on a jusqu'ici inutilement mis la richesse en évidence.

Celles-ci se trouvent à une assez grande dislance sur la droite du Stung Sen. voie qu'il faudrait suivre pour les transports si une exploitation était entreprise. La colline dans laquelle M. Garcerie prit, en 1875, le minerai dont les premières analyses aient été faites1, est à 30 kilomètres de la rivière et en est la plus rapprochée.

DE KOMPGNG-THOM A STUNG-TRAXC

loi kilomètres de levé nouveau.

Quatre longues journées de charrette séparent Kompong-Thom du Stung-Trang.

Le chemin, en une ligne presque droite, parcourt le pays. jusqu'au Mékhong, rencontrant un seul cours d'eau important, le Stung Ghinil et de nombreux petits stungs, tributaires de ce dernier.

Le Stung Kassan est le plus fort de ceux-ci: même en sécheresse les barques le remontent jusqu'à un village, au croisement de la roule, à quelques kilomètres duquel se trouve une belle ruine du passé cambodgien.

Le Stung Chinit, dernier affluent du fleuve du Lac, traverse un plateau qui, ens'élevant légèrement, atteint le Mékhong jusqu'auprès duquel s'étend le bassin de la rivière. Celle-ci, venue des dernières ramifications des monts Dangreck, coide rapide et abondante, gardant six pieds d'eau dans un lit large de trente-cinq mètres, parcourant une plaine riche et très habitée, dans laquelle sur certains points en vue de la route, les villages sont si pressés qu'on croirait voir une seule et vaste agglomération. A

1. Publiées par M. Boulangier dans le n" luttes « Excursions cl Reconnaissances de Cochinchine ».

CAM BODGE 1(17

27 kilomètres du confluent, on exploite sur ses bords des gisements de coquilles dans lesquels on a trouvé un grand nombre d'objets en pierre polie el en bronze.

A mesure qu'on s'éloigne du Stung Chinit, le sol s'élève, un terrain inculte succède d'abord aux rizières, c'est le commencement de la partie Sud du plateau. Bientôt apparaît une foret si exubérante, que les indigènes qui l'habitent par endroits, l'ont nommée « jardin profond » . A sa limite, se présente Speu, centre habité par des Kiains, où sont apportés les produits de la forêt et au premier rang desquels figure la gommegutte.

(le n'est qn"à \ ou .'(kilomètres dn Mékhong qu'on entre dans le bassin du fleuve. La descente d'une pente légère mène au Bung knail. marais qui. alimenté par les eaux du versant Est du plateau, a, dans la sécheresse, son niveau a quatre ou cinq mètres au-dessus de celui du fleuve vers lequel il s'écoule et dont l'inondation, dans l'autre saison, le fait déborder.

Aux approches de Stung-Trang, une zone cultivée en coton, mûrier, indigo, tabac, maïs et cannes à sucre, s étend jusqu'aux cases devant lesquelles nasse le chemin longeant la berge du .Mékhong.

Fig. 5"2. — Bangkok. Pagode du Prakéo dans l'enceinte du palais royal.

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