‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 25 sur 87 · ir le volume I de la 2e série page xxvu · texte numérisé non relu

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C VMI'.ODCK ET SI \M

siamois me permit de mener rapidement à bonne lin le travail qui m'était confié. Avanl son achèvement il lui appelé an Tonkin; comme commissaire général, à la suite de la morl du commandant Henri Rivière; mais il tint à transmettre lui-même, aux ministères compétents, la noie dans Laquelle j'exposais mes idées sur l'exploration des parties inconnues de l'Indo-Chine et sollicitais d'être chargé de celte mission. Ses appréciations aidèrent grandement an bon accueil (pie reçut mon travail.

C'est un bonheur qui manque à bien des aptitudes cl des bonnes volontés que rencontrer l'homme qui veut et sait les faire utiliser, aussi je saisis aujourd'hui avec joie celle occasion de témoigner encore nia reconnaissance au maître cl à l'amidonl l'aide ni a été précieuse autant que les enseignements ni 'ont été utiles.

J'eus à celle époque particulièrement affaire au Ministre

des télégraphes du Siam, M- Harmand, ministre de France au Japon.

prince Bhanurangsi, frère propre du roi. Ses qualités de boulé el de générosité, son désir de bien l'aire, me le rendirent sympathique tout d'abord et j'ai conservé pour lui un inaltérable sentiment d'estime.

J'appris son nom et je commençai à apprécier son cœur dans une circonstance bizarre.

Un jour pendant la construction télégraphique, dans les forêts de Vatana, j'avais à l'heure du repas. \isiléà leur campemenl les travailleurs indigènes. Ils étaient là une centaine, venus nie joindre depuis i\r\t\ ou trois jours des pa\> de Souren, Koukane el des districts du Nord.

Dans le premier groupe auquel je demandai s'ils étaient satisfaits, on me répondit qu'il faisait trop chaud mais que l'appétit était bon. En même temps m'arrivail le fumet agréable d'un ragoût que, dans la marmite un homme remuait avec une baguette. On y devinait le gingembre, la citronnelle et l'amande de coco cuisant avec quelque chose qui devait être exquis el j'eus le désir 1res ^\[' d'\ goûter.

Pendant que contents ils me faisaient place, cl qu'on ^crsait le mets

dans un plat de euh re. je \ îs avec stupeur qu'il se composait d'énormes araignées mygales, de petits lézards, et de gros scorpions nous!

« Est-ce là tout ce (pic vous avez à manger!' »

— « Avec du riz. c'est tout ! »

Sans plus songer à déjeuner moi-même, les laissant stupéfaits, je courus écrire à M. Harmand, pour l'informer d'une détresse pareille.

Un matin je reçus sa réponse ; le même courrier qui lapportail amenait une foilc provision de poisson sec immédiatement achetée sur les deniers personnels du prince Bhanurangsi.

Le partage ayant clé de suite fait entre les travailleurs, je retournai heureux du résultat de ma démarche voir les préparatifs de leur repas.

Comprenant l'étonnement (pie me causait la vue du même ragoût

Le princcBlianurangsi actuellement ministre

de la guerre du Siam,

C VMIÎODGE ET SIAM

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