‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 57 sur 87 · DE FA N G A M U O N G - N A N · texte numérisé non relu

DE FA N G A M U O N G - N A N

230 kilomètres de levé nouveau.

Nous commençâmes à cheminer le 25 octobre. La belle saison était complètement établie, el la température très supportable: 20" le malin, 28° au milieu du jour et 24° le soir.

Dune manière générale le sentier s'écarte peu du Ménam-Nan, il suit son bord gauche jusqu'à Tha Luel. la première ('lape, passe ensuite sur la rive droite pour éviter le confluent du Nam-Pât, celle rivière dont j'avais descendu en partie la vallée dans le voyage de l'aelav à Fang, puis, revient sur la rive gauche, remonte un petil affluent le Nain-Lin et parcourt les crêtes entre son cours el le fleuve jusqu'à Tha Fèek la quatrième étape. De ce point, où il reprend la rive droite, il atteint Muong- Nan, notre onzième étape, par un terrain accidenté, sauf dans les deux derniers jours passés sui' le plateau au milieu duquel esl située cette ville.

Dans le pays on considère que le trajel doit s'accomplir en liuil étapes: Tha-Luet, Tha-Pla, Tha-Lim, Tha-Fèck, Muong-In, Sisakèt, Muong-Sâ cl Nan: mais nous ('lions à pied, nos bêtes élaienl très chargées, nous dûmes, par suite, passer plusieurs nmls supplémentaires en forci .

Les hauteurs parcourues ne dépassenl guère le lieux e de plus de I 50 à 200 mètres: aux endroits où la végétation permel aux yeux le spectacle

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du paysage qui alors développe uniformément les ondulations des monts sur La droite, et sur la gauche, ceux-ci soûl recouverts d'une flore vigoureuse, nulle pari l'œil ne reconnaît des terrains dénudés, rocheux, escarpés, toutes les pentes semblent accessibles à l'homme. Les tecks, de tous côtés, se montrent mêlés aux arbres de la forêt, mais, ils sont de petite taille, sans valeur. Les essences qui dominent sont les diptérocarpées, avec le bambou elles tiennent la plus grande place.

La région est très habitée aux endroits où les rizières sont possibles : ainsi on nous dit que Tha Fèck compte 200 cases, Muong-In 400, Sisakèt 450, Muong-Sà 540.

Quelques caravanes nous ont croisés; en tout : 44 éléphants, 146 bœufs porteurs et 215 hommes. Le principal produit qu'elles transportent à cette époque, est la gomme laque très commune dans le pays. Presque toutes celles qui opèrent leur retour rapportent du sel.

Nan peut aussi être atteinl par le fleuve, mais c'est de préférence quand les eaux sont très basses, les rapides étant alors moins difficiles à franchir.

Nan est, comme Xicng-Maï. une \ille curieuse et intéressante par elle-même et par sa population.

Enceinte d'une haute muraille de briques bien entretenue, elle est de construction récente (32 ans), l'ancienne cité était à quelque distance au nord. Le roi de Nan avail alors 85 ans, il se portait bien à pari une surdité très grande. Il nous dit que le teck, dans son pays, n'était pas aussi beau qu'à Xieng-Maï, mais qu'il faisait néanmoins la richesse de la principauté qui comptail 101) cantons dont 32 grands, et que les habitants possédaient 350 éléphants.

Après quatre journées d arrêt, nous continuâmes la marche.

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