‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895 (volume 2)Chapitre 6 sur 87 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

En entreprenant celle publication je tente de l'aire connaître l'œuvre el les résultats scientifiques de la mission que j'ai dirigée en Indo-Chine.

Je lui ai donné pour titre, le nom sons lequel, à mon grand honneur, le groupe que mes compagnons < m I formé avec moi a été appelé par eux, a été officiellement désigné par le Gouvernement de la République et, confondu avec l'œuvre accomplie, esl resté connu.

Je l'ai divisée en deux séries dont chacun des volumes forme un uu\ rage indépendanl :

Les Études géographiques montrent le travail exécuté sur le terrain

depuis 187'J, époque do ma première marche, jusqu'à ma rentrée définitive en France à la fin d'août 1895, elles comprendront, en plus du présent exposé, quatre ou cinq volumes contenant le récif de mes voyages et les relations de ceux de mes compagnons qui ont marché isolément ou comme chefs de groupe.

Les Etudes diverses présenteni mes recherches personnelles en cours de mission : un volume de Recherches sur la littérature du Cambodge, du Laos et du Siam, un volume de Recherches sur L'histoire de ces mêmes pays et un volume de recherches sur L'histoire naturelle de l'Indo-Chine. De plus, un quatrième volume, « Ethnographie el Linguistique », résultai des éludes de plusieurs membres de la mission doil terminer celle série.

Dans l'introduction qui précède j'ai raconté comment après un long séjour en Gochinchine, je me suis, dans une région du Cambodge où le hasard m'avait placé, intéressé aux indigènes plus que je ne l'avais fait jusqu'alors, comment séduit peu à peu, conquis en quelque sorte par eux, je pris goût à courir leur canton, à vivre de leur vie, el j'en arrivai à être obsédé du désir de visiter d'autres contrées, de connaître el de l'aire connaître les pays inexplorés de l'Indo-Chine orientale, de servir mon pays en me rendant utile à leurs populations, comment enfin je devins explorateur.

On y a vu sous l'impression de quels sentiments j'étais parti, j'ai à dire par quelle remarquable collaboration j'ai été secondé.

En relevant en Lndo-Chine le coins supérieur du Mékhong. la mission Doudart de Lagrée ' y avait établi pour les explorateurs qui marcheraient sur ses traces, une magnifique base d'études géographiques qu'Henri Mo uhot avait précédemment reliée au golfe de Siam2 et que M. Harmand n'avait pas tardé à joindre à la mer de Chine'.

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C'était une chose hardie que d'envisager le travail restanl à faire avec l'idée d'entreprendre de l'accomplir. Aussi après l'avoir rêvée, après avoir opéré sur la carte le fractionnement des terres à explorer, je mêlais mis en roule avec le simple espoir d'avoir longtemps des forces.

\\ant à justifier tout d'abord la confiance que le Gouvernement a\ ail dans le succès des missions <pi il me confiait, j'avais dû reconnaître, au bout de longues aimées de marche', qu'il ne me serait pas possible en serrant les mailles de mes itinéraires, comme je les avais serrées au Cambodge et au Siam. de faire aller de front les études géographiques avec les missions don! j'étais chargé et je résolus de parcourir de grandes lignes qui seraient autant de hases particulières pour moi plus tard ou pour mes continuateurs si je ne parvenais pas à terminer L'œuvre à laquelle je m'étais attaché.

C'est ainsi que j'exécutai mon premier voyage du Siam au Mékhong puis au Tonkin '.

Mais dans ce même temps les événements modifièrent la situai ion dans les pays où j'opérais; les solutions de questions territoriales rendirent plus urgent l'examen des régions disculées et des frontières, alors il arriva que je pus m'entourer de collaborateurs jeunes et ardents' jaloux de prendre part à une mission utile. Leur activité et leur courage facilitèrent singulièrement ma lâche et, sept ans après, je leur devais de lavoir achevée, .le leur dois aussi, ce dont je m'acquitte avec bonheur, de pouvoir, dans le repos, donner ici le témoignage reconnaissant que mérita leur vaillance.

Cinq d'entre eux ont succombé au cours de la mission : MM. Combaluzier, Nicole, Massie, Rivière et Mailluchet ; siv sont morts après l'avoir quittée : MM. Biot, Launey, Lerède, Dugast, Nicolon et Garanger; presque tous les autres sont en Indo-Chine ou dans nos possessions lointaines, travaillant au développement, à la prospérité cl à la grandeur de rempire colonial de la France.

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Je me suis attaché à les présenter chacun à sa place et à mettre en relief les qualités qui me les ont fait apprécier voulanl à La lois saluer encore de toute mon amitié inconsolée ceux qui ont disparu et aider à incltre en lumière par la connaissance de leurs aptitudes et des services qu'ils oui rendus, ceux dont l'avenir est ouvert.

Les noms de tous, inscrits ici dans l'ordre chronologique, se retrouveront en tête de chacun des volumes de la publication.

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