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qu'à mes collaborateurs, le plus sympathique accueil, me recevant personnellement comme une ancienne connaissance amie.
Le Gouverneur général était précisément, en effet, l'ancien soussecrétaire d'Etat à la Marine, chargé des Colonies, qui en septembre i885, ni avait accordé la création d'une école d'indigènes indo-chinois à Paris. Iprsqu'arrivant en France avec treize Cambodgiens, je lui en avais somiii^ la proposition. Quel plaisir j'avais éprouvé en apprenant sa nomination, et envoyant qu'il constaterait par lui-même, les excellents résultais donnés par celle école, et quels services avaient déjà rendus ses premiers élèves qui pour la plupart avaient constamment marché avec moi. Mais combien surtout, connaissant son mérite et sa haute valeur administrative, je fus heureux, à la pensée que l'Indo-Chine serait dirigée par ce chef, très écouté en France. Aussi avec quel empressement et quelle vénération respectueuse je me mis à sa disposition pour le règlement, rendu possible par 1 achèvement de ma mission, des questions dont elle avait préparé la solution.
Nous eûmes tout d'abord à examiner les dispositions que comportait la nouvelle de l'occupation deMuong Sing, le 5 mai, par un détachement de la garnison anglaise de Xieng-ïoung. Cet acte au sujet duquel le Gouvernement fiançais venait de protester à Londres, était en contradiction avec la conclusion de la Commission franco-anglaise, de laisser aux deux gouvernements le soin de trancher la question territoriale. 11 ne pouvait nous émouvoir outre mesure, les rapports des commissaires n'étant pas parvenus en Europe. M. Rousseau se borna en conséquence à la création de postes de milice dans les localités voisines de cette légion.
Pour achever de renseigner notre ministre en Chine sur la mission sur les frontières, le passage par Pékin de M. Lefèvre-Pontalis, qui rentrerai! ensuite en France par l'Amérique, m'avait paru nécessaire. En quittant Luang-Prabang. j'avais lélégraphiquemcnt pris l'avis de M. Gérard à ce sujet, il avait partagé ma manière de voir, et le Ministre des Affaires étrangères l'avait approuvée. Quoiqu'un télégramme de M.Gérard, du 21 mai, nous apprît que la convention concernant la déli-
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mitation qu il avait soumise au Gouvernement chinois avait été intégralement acceptée, le voyage de mon compagnon fut maintenu d'accord avec M. Rousseau. En remettant les cartes des opérations de la frontière à notre ministre en Chine, il le mettrait au courant des conditions dans lesquelles cette mission s'était accomplie dans des limites de temps, si courtes, qu'il avait semhlé à plusieurs, impossible qu'elle réussît. Il lui donnerait notre avis sur la ligne de conduite à observer de part et d'autre, au point de vue commercial, sur des frontières déterminées avec l'acceptation si unanime des populations, qu'il ne pouvait surgir de ce chef, aucune difficulté dans l'avenir. Il lui exposerait également toutes les raisons en faveur de la construction rapide du télégraphe devant relier le centre commercial chinois de Semao à notre réseau. A ces motifs, M. Rousseau le pria d'en ajouter un autre, d'un intérêt également immédiat. Depuis longtemps déjà, des bandes chinoises armées, commanditées par des banquiers chinois des grandes villes rapprochées des frontières, avaient organisé en industrie lucrative l'enlèvement d'Européens, qu'ils transportaient en lieu sûr et ne rendaient aux autorités françaises que contre une forte rançon. Il y avait moins d'un mois qu'un enlèvement de ce genre avait eu lieu et qu'une famille française avait été capturée. M. Rousseau, résolu à ne pas subir ces procédés, jugea ce moment où nos frontières étaient partout fixées, propice pour faire mettre fin, par la Chine ellemême, à ce genre d'exploitation. Il prit toutes les dispositions que comportait la situation pour que la bande ne se réfugiât pas sur notre territoire, et il chargea mon compagnon, qui lui en sut un gré particulier, de porter à M. Gérard, avec sa manière de voir, ses propositions pour amener la Chine à concourir désormais à la police des frontières et à la répression de la piraterie1. M. Lefèvre-Pontalis que je ne devais retrouver qu'en France, quitta en conséquence Hanoï dans les premiers jours de juin 2.
i. L'attitude de M. Rousseau, soutenue par M. Gérard, eut un complet succès. Les captifs furent rendus sans rançon et le fait ne se renouvela pas. 2. Voir vol. V, page 3 12.
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Cette question de l'insécurité de la frontière se rapportait seulement à la région à l'Est du fleuve Rouge. Depuis la soumission et la retraite des Pavillons Noirs en 1888 et 1880 '. la région à l'Ouest de ce cours d'eau avait joui de la plus complète tranquillité: <'n présentant Déovantri au Gouverneur général, je fis connaître à M. Rousseau, mon avis, que les garnisons de Laï-Chau et de Van Bou, maintenues sur la demande de Déovantri en attendant l'achèvement de la délimitation, devenaient désormais inutiles, et que les milices locales suffiraient à assurer l'ordre de l'extrémité Ouest du delta jusqu'au Mé-Khong. Le Gouverneur prit en conséquence la décision à laquelle il donna suite peu après, de laisser ces territoires à la seule autorité civile.
Pendant ce temps, le commandant Tournier, accompagné de M. Lugan, terminait sa mission dans la vallée moyenne du Mé-Khong. Ses télégrammes en cours de route, nous avaient journellement répété, qu'il faisait, relativement à l'exécution du Traité, les mêmes constatations et les mêmes protestations (pu avaient marqué mon propre voyage, l'année précédente. Le Gouverneur général de son côté, recevait des plaintes de toutes les parties du Laos. Nos communications au Gouvernement sous ce rapport, furent donc identiques.
Examinant la question de l'organisation de la rive gauche du Mé-Khong, M. Rousseau maintint la division du pays en deux régions, comme je l'avais préparée, le Nam-Kadinh formant la séparation. Il voulut aussi conserver ou nommer dans le cadre de fonctionnaires qu'il instituait pour l'administrer, ceux de mes compagnons qui en faisaient déjà provisoirement paitie, ou qui désirèrent y entrer: MM. Tournier et Varie devant devenir les chefs du Ras-Laos et du Haut-Laos, MM. Lugan, Sandre, Macey et Garanger y devant remplir les fonctions de commissaires du Gouvernement.
A ce moment où ma mission sur le terrain étant achevée, je procédais à la dislocation de ses memhres, la triste nouvelle de la mort de notre malheureux compagnon le capitaine Rivière, nous parvint; malgré