RENTRÉE EN FRANCE
H) mai au 7 septembre.
Pendant ce voyage de retour, accompli en un mois, et au cours duquel MM. Thomassin, Seauve, Caillât et Sainson s'étaient réunis à
Fit:. 153. — Muonç Ntroï
nous, nous séjournâmes successivement à Muong Ngoï, dernier centre du Laos sur notre route, où le Nam-Hou circule dans un cadre mer-
ACHÈVEMENT DE LA MISSION 385
veillèux d'énormes soulèvements calcaires, et où je m'étais si souvent arrêté depuis les jours critiques d'avril 1887' ; à Muong Theng, dont, depuis le même temps, l'immense plateau lacustre était devenu repeuplé et prospère ; et dans ces grandes haltes obligées : Muong Laï, Tackoa et Ghobo, sur ce cours d'eau indompté, aux bords grandioses et pittoresques, qu'est la rivière Noire.
Après la période active qui venait de s'achever, je repassais, l'esprit tranquille et reposé, dans ces anciennes étapes de ma vie de voyageur. fixant passionnément les yeux sur le sol et les gens, sur toute cette nature que je ne reverrais plus, voulant conserver, parfaites en moi, ces images aimées, illustrations d'une longue et palpitante action vécue, fortement empreinte dans ma mémoire où leurs noms étaient les lilres d'épisodes que je rêvais d'y rechercher plus tard pour les revivre et les redire.
Déovanlri, dont la part avait été si grande dans l'organisation de nos différents convois et dans le succès de leur marche, était avec nous : il m'avait demandé, à notre passage à Muong Laï, de nous accompagner, désireux d'être, jusqu'à notre départ du ïonkin, près de Lcfèvre-Pontalis cl de moi qu'il prévoyait voir pour la dernière fois,
A Hanoï, nous avions trouvé MM. Mailluchet, Sandre et Oum, activement occupés à la rédaction, près d'être achevée, de la carte de notre délimitation avec la Chine.
A ce moment la colonie venait de recevoir un nouveau chef. Depuis les premiers jours de 1 année, le gouvernement de la République avait confié le soin de la diriger à M. Armand Rousseau, sénateur, ancien sous-secrétaire d'Etat, qui près de la fin d'une longue carrière, toute employée au service du pays dans de hautes situations, avait accepté de consacrera l'Indo-Chine les fruits de sa grande expérience.
Arrivé depuis quelques semaines au Tonkin avec son fils aîné, M. Emmanuel Rousseau, ingénieur des Constructions navales, et son neveu, M. Le Coz, inspecteur au Ministère des Finances, il me fit, ainsi