‹ Mission Pavie, Indo-Chine, 1879-1895Chapitre 112 sur 125 · I. Voir vol. IV, page 227 et · texte numérisé non relu

I. Voir vol. IV, page 227 et

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où je m'éloignais vraisemblablement pour toujours de cette Indo-Chine où vingt-huit années de ma vie s'étaient écoulées, M. Rousseau, bien plus âgé que moi, y entreprenait, plein de résolution et d'énergie, avec confiance, un dur labeur. En lui exprimant mes vœux ardents de santé

et de succès, j'éprouvais quelque confusion d'aller vers le repos quoique je fusse aux limites extrêmes de la fatigue, et je ne pouvais me défendre d'une grande émotion ; il me devenait cher par l'entraînement qu'il subissait pour ce pays captivant, pour lequel je continuerais à travailler, cl que je sentais qu'il aimerait peutêtre plus encore que moi !

Avec quelle joie je le revis un peu

M. Armand Rousseau, plus tard Cil France

où il vint dépenser ses facultés, son dévouement, ses forces pour obtenir pour notre grande colonie, désormais pacifiée, les moyens d'entrer dans la voie de progrès économique pour laquelle elle était prête. Heureux du résultat de cet effort qu'il venait d'accomplir, plus épuisant sans doute qu'un séjour là-bas, et content de le voir repartir satisfait en Indo-Chine, accompagnécetle fois, en outredes deux collaborateurs passionnés qu'étaient

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son fils et son neveu, par M"" Rousseau et leur plus jeune fille, toutes remplies de sollicitude pour lui, j'étais loin de prévoir que comme Paul Bert, il y succomberait au devoir, et que bientôt, aux côtés de sa veuve et de ses enfants éplorés, je suivrais, consterné, son cercueil.

La suite de mon voyage vers Saigon fut marquée par un cruel malheur : pendant un arrêt du paquebot à Tourane. un de mes compagnons, le capitaine Maillucbet, qui rapatrié, avait aussi pris passage à son bord, fut enlevé en quelques heures par un accès pernicieux. Sa mort ainsi survenue, sans que rien l'eût fait prévoir si proche, à peine quelques jours après celle du capitaine Rivière, et à ce moment où ma mission se terminait sur le terrain, m'affecla douloureusement. Officier d'un grand mérite, rempli de courage et de volonté, Maillucbet n'avait passé que peu de temps en exploration, mais il avait rendu les pins uliles services. Sa collaboration avait entièrement porté sur la délimitation avec la Chine, et la rédaction delà carte de l'itinéraire du groupe qu'il avait dirigé était son œuvre personnelle1. Il fallut laisser sa dépouille à Tourane où elle repose depuis.

Arrivé le i3 juin à Saigon, je traversai la Cochincbine en chaloupe à vapeur, et prenant passage le 17 a Haticn sur la canonnière « Vipère », je me trouvai à Bangkok deux jours après.

M étant rendu auprès du Ministre des Affaires Etrangères du Siam dès mon arrivée, je lui signalai les principales violations du Traité que j avais été en mesure de constater, appelant sa plus sérieuse attention sur les conséquences d'une pareille attitude; je lui annonçai mon prochain retour en France pour aller rendre compte de la situation à mon Gouvernement, lui disant combien j'attacherais un grand prix à régler, avant mon départ, les questions actuellement pendantes. Je reçus de lui, les meilleures assurances de bonne volonté du Gouvernement siamois d'arranger pour le mieux toutes les questions en voie d'examen.

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